D'une grande qualité, cette arme à double feu, décrite avec précision sur l'Inventaire de la Couronne sous le numéro 31, est d'une belle élégance de lignes et offre de plus un superbe travail de ciselure. Le canon travaillé à huit pans sur l'ensemble de sa longueur, complété d'un système de visée, est signé « COLOMBO » sur le pan supérieur. Ce patronyme pourrait correspondre à celui de Gerolamo (Ieronimo) Colombo appartenant à une famille d'arquebusiers mentionnée en 1595 sur une commande du duc de Mantoue. En 1627, le maître tenait une boutique réputée à Brescia et son activité se serait exercée entre 1575 et 1650. Il convient de préciser que les canons étaient à l'époque réalisés dans les ateliers de Val Trompia, à Gardone, dans les environs de Brescia et signés par les artisans qui en assuraient la finition.
Le mécanisme est équipé de doubles chiens affrontés conçus pour un usage alternatif, le corps enveloppé de feuilles d'acanthe et les mâchoires coupées à angle vif s'achevant en pointe vers l'arrière. Le bassinet prend appui sur une base ciselée de motifs précieux, la bride du rouet semi-circulaire, légère, ne cerne que la seule partie inférieure du disque. La plaque de platine, de dimensions considérables, ornée sur ses deux faces, agrémentée d'une bordure travaillée en doucine ciselée de festons et de fleurons, s'achève sur un masque de bonne venue. Le poinçon Stöckel b 1824 insculpé à l'intérieur du mécanisme correspond aux lettres initiales « AC » séparées par une fleur de lys.
Les garnitures, la sous-garde, la détente, la plaque de couche, la queue de culasse et les ressorts du mécanisme sont également en acier découpé ciselés de fleurons, rinceaux, masques d'une remarquable exécution. La monture de profil ovale travaillée dans un noyer précieux est accompagnée d'une suite d'appliques en métal travaillé, soutenant les anneaux de suspension. La plaque de couche insère un élément également ciselé. La clef pour le remontage du rouet, mentionnée sur l'Inventaire a disparu. Sans atteindre le faste et le luxe « oriental » de certaines pièces contemporaines ou plus tardives, réalisées à Brescia ou à Naples vraisemblablement pour l'importation, cette arme doit être considérée et évaluée au regard des autres pièces brescianes dont l'appartenance à Louis XIII est avérée, tel l'ensemble célèbre offert par le Sénat de Venise au roi en 1639.
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