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Armure de Louis XIV, Francesco et Giovan Battista da Garbagnate, Brescia, 1668 Vue de face

Francesco Da Garbagnate (Engraver) and Giovan Battista Da Garbagnate (Armourer)

Musée de l'Armée - Hôtel des Invalides

Musée de l'Armée - Hôtel des Invalides
Paris, France

Le présent à Louis XIV de cette armure procède à l'évidence d'une intention politique et son décor est destiné à la fois à louer et à célébrer la gloire militaire toute nouvelle du jeune roi. Depuis longtemps, la République de Venise tentait de se concilier l'appui de la Cour de France, nous avons des témoignages de présents diplomatiques échangés à diverses occasions. En 1603, Henri IV a envoyé aux Vénitiens une de ses armures, conservée depuis au sein de « l'Armeria del Palazzo ducale » ; Louis XIII avait de son côté fait don au Sr Morosi, représentant officiel de la Sérénissime, d'une épée réalisée par l'orfèvre parisien Léger Colson, et nous connaissons le célèbre envoi d'armes à feu au roi, l'année 1639. L'objet du présent de 1668 était de stimuler l'aide du Très Chrétien, aussi bien en argent qu'en hommes, pour combattre les Turcs à Chio et le roi, qui avait également reçu en 1673 plusieurs gondoles pour le grand canal, à Versailles, a pu écrire « Venise engagée dans la guerre contre le Turc entretenait avec ... mon alliance ... ».
Les critères d'appréciation de cette oeuvre varient selon que l'on considère sa construction ou ses décors. L'armure signée par Giovan Battista da Garbagnate correspond aux harnois élaborés dans la seconde partie du XVIIe siècle, dont l'objet est d'assurer, sans considération esthétique particulière, la sécurité de son destinataire ; les armureries dynastiques européennes conservent de tels harnois aux formes lourdes, sommaires, pour ne pas dire détestables [« Armure de pied d'un membre de la famille Martinengo », Brescia, v. 1660 ; Turin, Armeria Reale, inv. C 38]. En revanche, le décor est d'un extrême intérêt et d'une grande qualité. La défense de tête correspond à une capeline au timbre hémisphérique prolongé par un important couvre-nuque, latéralement de joues découpées parsemées de fleurs de lys. La pièce, anciennement pourvue d'un nasal, est équipée d'un porte-plumail fleurdelisé, le soleil radié et la devise « Nec pluribus impar » apparaissent en bonne place.
Destiné à un homme de taille moyenne et d'une certaine corpulence, ce harnois a contribué à écarter l'image traditionnelle d'un Louis XIV à la frêle allure. Présent diplomatique de la République de Venise destiné à obtenir l'aide (en argent et en hommes) du Roi de France pour combattre les Turcs, l'armure, réalisée dans les ateliers de Brescia par les frères Garbagnate, n'a vraisemblablement jamais été portée par le Très Chrétien, l'usage de l'armure complète ayant été abandonné à la guerre depuis une quinzaine d'années.
L'intérêt de cette armure réside davantage dans sa décoration que dans sa conception. Signée de Giovan Battista da Garbagnate, sa construction très massive, aux formes lourdes et sommaires, semble en effet déjà désuète au milieu du XVIIe siècle. En revanche, le programme iconographique réalisé par son frère Francesco est remarquable tant du point de vue esthétique qu'historique.
Pour rappeler son prestigieux destinataire, la devise latine de Louis XIV, « Nec Pluribus Impar », et son emblème, un soleil à visage humain, ont été gravés au burin sur la capeline au-dessus de la visière. Une fleur de lys géante se détache également sur le plastron et la dossière de l'armure. Des médaillons illustrant les principaux épisodes de la guerre de Dévolution contre les Pays-Bas espagnols (1667-1668), à laquelle le souverain avait participé, sont disséminés sur l'armure. L'action débute en mai 1667 avant de s'achever le 5 mai 1668 avec la signature de la paix d'Aix-la-Chapelle. En raison de la faiblesse des effectifs du gouverneur espagnol des Pays-Bas, le marquis Castel Rodrigo, elle correspondit principalement à une suite de sièges dont la plupart sont évoqués sur l'ornementation de cette pièce. Les diverses compositions sont placées dans des médaillons eux-mêmes insérés dans les fleurons de deux grands lys qui s'épanouissent au centre du plastron et de la dossière. Le programme iconographique, que complètent des légendes, se développe sans souci de chronologie et de localisation, il débute sur le timbre de la capeline par l'évocation de la « defatte de Marsin » et du siège de Lille dont l'épisode est répété au centre du plastron, légendé de la sorte : « La Prise de la Ville de Lille en Flandre » ; sur cette représentation on remet au roi les clés de la cité, le 28 août 1667 ; figurent également les prises de « Douay » [2 juillet 1667], « Oudenarde » [1er août 1667], « Alost » [2 août 1667] par le maréchal d'Aumont. Sur la dossière sont disposées les conquêtes, également réalisées sous le commandement d'Aumont, de « Bergues », « Furnes », « Armentières » et « Courtray ».

Details

  • Title: Armure de Louis XIV, Francesco et Giovan Battista da Garbagnate, Brescia, 1668 Vue de face
  • Creator: Francesco Da Garbagnate (Engraver), Giovan Battista Da Garbagnate (Armourer)
  • Date Created: 1668
  • Location Created: Brescia (Italy)
  • Physical Dimensions: With support: 0,87 (w) x 1,75 (h) x 0,55 (l) m, 27 kg
  • Provenance: acquisition date: June 29, 1872 (allocation); previous collection: Collection de la Couronne
  • Subject Keywords: Protection, Fleur-de-lis, sun
  • Type: Bourguignotte
  • Rights: Photo (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Yves et Nicolas Dubois
  • Medium: Fer, Textile, Cuir, Gravé
  • Inventory: 986 I

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