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Yakshagana. Marionnettes du Karnataka. Yakshagana. Marionnettes du Karnataka.

Kamath, Bhasker Kogga1999-03-26

Maison des Cultures du Monde

Maison des Cultures du Monde
Vitre, France

Yakshagana bombeyaata, marionnettes
Rangoli, Kolam, invocation graphique.

Marionnettistes: Bhasker Kogga Kamath, Vishwanath Shanbhogue, Hemmady Dinaker Bhat, Mypadi Manjunath
Narrateurs-dialoguistes: Narayana Billava, Rama Balegar
Chanteur et musiciens: Shankar Narayana Shanbhogue, Nagoor Mahabaleshwar Shet, Halldy Mogera Shankara
Tracé du kolam: Hemalatha Rao
Coordination: Leela Upadhyaya

Le yakshagana bombeyaata
Née au XVIIIe siècle dans le village du Kundapura, cette forme particulière de « chant des êtres célestes » s'appuie sur le même répertoire que celui des autres yakshagana ainsi que sur la musique et la danse, celle-ci étant exécutée par de grandes marionnettes de bois à fils, au lieu d'acteurs en chair et en os.
Cet art devenu presque moribond dans les années cinquante est revivifié par un homme, Devanna Padmanabha Kamath. Il initie son fils, Kogga Kamath (âgé aujourd'hui de soixante-et-onze ans), à la manipulation, la musique, la danse et la sculpture des poupées.
Grâce au Festival des Arts Traditionnels de Rennes qui, en 1978, invite la troupe de marionnettes et organise une tournée européenne, les modestes artistes ruraux reçoivent à leur retour dans le sud du Karnataka, des marques d'encouragement des autorités indiennes. Ils peuvent ainsi continuer à faire vivre cette tradition.
Les marionnettes sculptées dans deux bois de densités différentes mesurent entre quarante et soixante centimètres de hauteur. Leurs costumes, leurs ornements, leur maquillage sont les répliques de ceux du yakshagana bayalaata. Celui qui donne la vie aux poupées, le maître-marionnettiste (sutradhara) conte le récit par la parole et le mouvement. Un ensemble de musiciens l'aide à donner vie aux marionnettes qui dansent. Comme dans le yakshagana bayalaata, le baghavata dirige les joueurs de chande et de madale.
Les marionnettes se présentent sur une scène (rangasthala) encastrée dans des rideaux masquant les manipulateurs qui restent invisibles pendant toute la durée du spectacle. Celui-ci se déroule après le coucher du soleil, à proximité des temples ou bien dans les maisons de familles aisées qui contribuent ainsi à subvenir aux besoins des marionnettistes. Pendant la mousson, les marionnettistes travaillent dans les champs. Certains sculptent ou habillent des marionnettes. Avant de mourir, le père de Kogga Kamath fit venir son fils et ses amis villageois et leur dit : « Donnez à votre art le meilleur de vous-même. Il vous exaltera. Il vous montrera la valeur de la vie. Ne soyez pas mesquins et réclamez qu'il vous nourrisse et qu'il vous habille. »
La pièce, extraite du Mahabharata, s'intitule Narakasura (Histoire du démon Naraka).

Le Rangoli ou Kolam
Le terme rangoli ou kolam signifie "manifestation". Celle-ci peut-être gestuelle, musicale ou simplement visuelle. Dans l'État du Karnataka, le rangoli ou dessin symbolique tracé par une femme à l'aube, apporte à la famille et à l'entourage une bénédiction dont l'effet durera toute la journée. Equivalente à une prière, l'invocation graphique émanant à l'origine des entités féminines ambiguës (à la fois terrifiantes et apaisantes) des régions du sud de l'Inde possède la privilège de chasser les mauvais esprits hors de la demeure, où la femme rurale s'enfermera jusqu'au coucher du soleil. Sur le seuil de la maison, ou bien à l'intérieur, dans la pièce-sanctuaire où veillent les petites divinités de bois, d'argile ou de métal, la mère ou la grand-mère vont tracer avec patience, une série de motifs et d'entrelacs qui évoqueront pour tous ceux qui franchiront le seuil, le monde créé. Elles prennent un mélange de poudre de riz séché et pilé et de poussière de marbre blanc et entre le pouce et l'index, comme pour saler un met, elles laissent glisser une ligne fine et régulière qui se change en losanges imbriqués, en cercles concentriques, en pétales de fleurs étranges, en lune et en étoiles, en oeil de divinité, en chariot céleste, en serpent noués en seize, en huit ou en quatre etc� Le dessin blanc apparaît nettement sur la terre battue recouverte de la bouse de vache purificatrice.
La créatrice qui possède des schémas enseignés par les femmes de la famille, se recueille un moment puis, lorsque le jour est celui d'une cérémonie ou d'un fête de famille, elle ajoute des couleurs. Celles-ci, peu nombreuses (jaune, rouge et noir surtout) sont chargés de sens. Au cours de la journée, chaque adulte veille à contourner le dessin mais si les pieds nus d'enfants, les sabots ou les pattes d'animaux effacent les lignes savantes et brouillent les aplats de poudre, la bénédiction se trouve renforcée car le dessin se purifie et en outre, il danse.

Details

  • Title: Yakshagana. Marionnettes du Karnataka. Yakshagana. Marionnettes du Karnataka.
  • Creator: Kamath, Bhasker Kogga, Robert, Marie-Noëlle
  • Date Created: 1999-03-26, 1999-03-26
  • Location: Inde, Inde

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