L'histoire du château

Château d'Azay-le-Rideau

Azay-le-Rideau se situe au cœur du Val de Loire, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Dans cette région de forêts, de vignobles et de châteaux, l’Indre, affluent de la Loire qui coule ici, permettait de charroyer les pierres.

Au XIIème siècle, un chevalier de Philippe Auguste, nommé Hugues-le-Ridel, est seigneur d’Azay-le-Rideau. On lui doit, probablement, l’édification d’une forteresse défensive pour protéger sa ville. Au fur et à mesure des siècles, le nom de Ridel s’est transformé en Rideau.

Fuyant Paris, aux mains des bourguignons et des anglais, le roi Louis XI s’établit au château du Plessis-les-Tours et règne sur la France depuis la ville de Tours. Ses deux successeurs – son fils Charles VIII et le cousin de ce dernier Louis XII – règneront également sur la France depuis la Touraine. Afin d’être connus et reconnus de leurs souverains, les grands du royaume vont construire à proximité des demeures royales, comme Gilles Berthelot le fera à Azay-le Rideau.

Vue sur la façade Sud du château, 2011.

Au Moyen-Âge, à la place de cette demeure, s’élevait une place forte. Au début du XVIème siècle, Gilles Berthelot, l'un des financiers de François Ier, est le seigneur des lieux.
Aidé par son épouse, Philippe Lesbahy, il entreprend la construction d’un tout nouveau château entre 1518 et 1524.

Vue aérienne du château, 1999.


Pour asseoir sa légitimité, Gilles Berthelot conserve la tour du Moyen-Âge, située au Nord-Ouest. A cette dernière, il fait accoler l’aile en retour à l’Ouest, puis continue par l’élévation du corps de logis au centre. Le corps de logis rejoignait alors l’aile médiévale en retour à l’Est. Cette ancienne aile s’est écroulée en 1704.

Le pavillon chinois accolé à l’angle Nord-Est du château


Au XVIIIème siècle, venant de Chine, puis d’Angleterre, une nouvelle mode apparaît en France. Désormais, on aime les kiosques, les fabriques, les pavillons chinois et les jardins irréguliers. Suivant cette mode, un pavillon chinois est édifié dans l’angle Nord-Est du château. Il est détruit par les propriétaires du XIXème siècle, tout comme la grande tour médiévale. Souhaitant donner une unité de style à leur château, ils font édifier en 1848 et 1856 les deux tours néo-Renaissance encore visibles aujourd’hui.

L'architecture
L’architecture du château d’Azay-le-Rideau associe des éléments du Moyen-Âge et de la Renaissance.

Le chemin de ronde, meurtrières et machicoulis, 2010.

Du Moyen-Âge, le château conserve son pont-levis à l’actuel emplacement du pont dormant, ses meurtrières, ses mâchicoulis, son chemin de ronde, ainsi que la présence continue de tours et de tourelles, de toitures pentues et des travées d’ouvertures. C’est l’alignement vertical de ces ouvertures qui confère au monument son élan ascensionnel et lui offre son élégance.

Vue du chemin de ronde, meurtrières et machicoulis, 2015.

Les ouvertures larges et nombreuses autour desquelles s’établit un jeu de lignes horizontales et verticales sont, elles, représentatives de la Renaissance. Les bandes de pierres horizontales et les bandeaux permettent l’ordonnancement de la façade. Les pilastres, les colonnes qui encadrent les fenêtres, marquent la verticalité.

Vue sur la façade Ouest, 2011.

Détail de la grande lucarne de la façade Sud, 2011.


Plus généralement, les décors des façades des châteaux du XVIème siècle s’inspirent des temples antiques :

- les pilastres, les pilastres cannelés et les colonnes engagées sont omniprésents ;
- on retrouve les frontons qui ornaient les temples antiques au-dessus des lucarnes ;
- les coquilles concaves surmontent les frontons.

Fronton de la grande lucarne, pilastres cannelés et décors en coquilles, 2011.

D'une grande innovation architecturale, l’escalier d’honneur est la pièce majeure du château d’Azay-le-Rideau.

L'escalier d'honneur, 2010.

Les escaliers du Moyen-Âge, construits en vis, sont situés à l’extérieur des logis, sur les côtés et dans les tours. A Azay-le-Rideau, l’escalier est à l’intérieur du logis, il est central, droit et construit rampe sur rampe, comme en Italie. Il s’agit de l’un des premiers escaliers droits de France. Il se compose de paliers et de repos, également nommés loggias. Depuis l’escalier, les propriétaires pouvaient voir et être vus de leurs invités.

L'escalier d'honneur, 2010.

Rampe droite de l’escalier, 2000.

Il est orné de niches, de colonnes engagées, de pilastres. Dans les chapiteaux, les initiales de Gilles Berthelot (commanditaire des travaux au début du XVIème siècle) et de Philippe Lesbahy, son épouse, sont sculptés. Plusieurs arcs rythment l’escalier, en plein cintre ou en anse de panier.

Arc en plein cintre de l'escalier d'honneur, 2007.

La Salamandre et l'Hermine

Détail sculpté de la grande lucarne de l'escalier, la salamandre, emblème de François Ier, 2015.

La Salamandre est l’emblème de François Ier. La devise du souverain « Nutrisco et Extingo » signifie « Je me nourris et j’éteins ».

Détail sculpté de la grande lucarne de l'escalier, l’hermine emblème de Claude de France, 2015.

L’Hermine est l’emblème de Claude de France, fille d’Anne de Bretagne et de Louis XII, et épouse de François Ier. Sa devise est inscrite en enroulement dans le dais de la niche « Un Seul Désir ».

A l’intérieur de l’escalier, le décor est constitué de plafonds à caissons richement ornés, notamment des portraits de Rois et de Reines de France.

Plafond à caissons orné de médaillons (portrait des Rois de France), 2010.

L'histoire des propriétaires
Place forte au Moyen-Âge, Azay-le-Rideau change de visage au début du XVIème siècle avec l'installation de Gilles Berthelot et son épouse. Il  est l’un des financiers de François Ier. D’abord maître de la Chambre des Comptes en 1511, Gilles Berthelot en devient le Président douze ans plus tard. Aidé par son épouse, Philippe Lesbahy, il entreprend la construction d’un tout nouveau château à partir de 1518. La construction est achevée en 1524. Tous deux rêvent d’un château où s’entremêlent  les innovations venues d’Italie et l’art de bâtir à la française.

Portrait de François Ier, peintre inconnu.

En 1525, François Ier subit le désastre de Pavie : l’armée française y est décimée et le roi est maintenu captif à Madrid par l’empereur Charles Quint.

A son retour, les caisses royales sont vides et le roi examine les comptes de ses financiers. Gilles Berthelot est accusé de malversation et s’enfuit. François Ier lui confisque ses biens et les redistribue.

Le second propriétaire du château est Antoine Raffin, compagnon d’armes du roi, capitaine de la garde royale pendant les guerres d’Italie et Sénéchal de Normandie. Les descendants Raffin en seront propriétaires pendant deux siècles.

Les Raffin sont des courtisans. Antoinette Raffin (1571-1629), petite-fille d’Antoine, est demoiselle d’honneur de la reine Margot.

Portrait présumé de Marguerite de Valois (ou de Navarre) dit la Reine Margot, peintre inconnu, 1590.

Son fils, Artus de Lansac, gouverneur de la Maison Royale de Plessis-les-Tours, a l’honneur de recevoir le roi Louis XIII au château au mois de juin 1619.


L’une de leurs descendantes, Marie de Lusignan (1651-1684), est élevée aux côtés du roi Louis XIV.
Le roi Soleil est d’ailleurs témoin au mariage de Marie avec Henri François de Vassé.

Portrait de Louis XIV, Pierre Mignard, 1660.

Agaçant la cour et le roi, Louis XIV exile Monsieur de Vassé et son épouse dans leur « petit » château de Touraine. C’est vraisemblablement lors de cette période que les communs sont édifiés et que la grande allée est tracée. Ruiné, le dernier descendant Raffin vend le domaine en 1791.

Vue sur les communs, 2011.

Le château est alors acquis par le marquis Charles de Biencourt, député de la Haute Marche aux Etats Généraux. Il traverse la Révolution sans trop d’inquiétude.

Au cours du XIXème siècle, les descendants des marquis de Biencourt créent le parc paysager et les miroirs d’eau qui entourent le château et modifient encore son architecture.

Ruiné par le krach boursier de l’Union Générale de 1882, le dernier marquis de Biencourt vend le domaine au Comte de Larocque-Latour, lequel n’honore pas ses engagements financiers, puis à Monsieur Arteau, un avocat de la ville de Tours.

Depuis le 11 août 1905, le château appartient à l’Etat. Il accueille, en 1939-1940, la Direction Générale de l’Education Nationale. Il est aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux.

Le parc paysager, 2010.

Vue sur le miroir d'eau façade Sud, 2010.

Crédits : histoire

Cette exposition virtuelle a été réalisée par les équipes du Centre des monuments nationaux, avec la contribution des équipes du Château d’Azay-le-Rideau, l’appui des équipes du pôle images et la coordination du pôle numérique.
Les images sont extraites de Regards - Banque d’images des monuments © Centre des monuments nationaux

Remerciements : tous les supports
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