VISITE GUIDÉE DE LYON PRESQU'ILE

Historical Cities

Parcours des quartiers de la Presqu'Ile au sein du secteur Unesco de Lyon, France

LA PRESQU'ILE DE LYON

De l'époque gallo-romaine et jusqu'au XVIIIème siècle, la Presqu'Ile s'arrêtait au Sud au niveau de la rue des Remparts d'Ainay et de la rue Bourgelat, et au Nord vers les Terreaux. Elle regroupe aujourd'hui, au sein du secteur Unesco du Nord au Sud, les quartiers des Terreaux, Saint-Nizier, Cordeliers, Grolée, Jacobins, Bellecour, Ainay et Perrache. C'est une des parties les plus intéressantes de Lyon sur l'architecture aux XVIIIème et XIXème siècles.

A la Renaissance, au début du XVème siècle et grâce aux foires lyonnaises, Lyon va progressivement prendre une importance européenne. Ce sont les italiens, maîtrisant de nouvelles techniques de paiement (lettres de change), qui vont dynamiser les activités économiques et les échanges sur la place de Lyon. La ville devient cosmopolite et reçoit par exemple un grand nombre d'espagnols et d'allemands.

C'est à partir de 1743 que, grâce à Barthélémy Buyer, l'imprimerie se développe à Lyon, dynamisant la Presqu'Ile. La ville comptera, en 1500, 50 imprimeries. La soierie prend son essor au XVIème siècle dans la Presqu'Ile, à Saint-Georges sur la rive droite de la Saône puis plus tard sur les pentes de la Croix-Rousse. Ce fut l'époque de la "Grande Fabrique" textile jusqu'en 1880.

Et enfin, eut lieu la mise en place progressive de nouvelles rues plus larges modifiant profondément la vie sociale. Ces grands travaux se terminèrent par les aménagements du préfet VAÏSSE sous le Second Empire.

PLACE BELLECOUR

Vous êtes à coté de l'Office de Tourisme du Grand Lyon, sur la célèbre place Bellecour, une des plus grandes places d'Europe (6 hectares). Elle a été aménagée au début du XVIIe siècle. Cette place, symbole de l'Ancien Régime, a été détruite à la Révolution. C'est le seul exemple en France de la destruction d'une place publique. C'est Napoléon Bonaparte qui redynamisa la ville en lançant un projet de reconstruction des façades. Les deux pavillons (Desjardins, 1852) abritent l’accueil et les bureaux de l’Office de Tourisme et des Congrès du Grand Lyon. En faisant un tour sur vous -même pour voir l'ensemble des bâtiments de la place, vous aurez également un aperçu de la basilique de Fourvière et de la tour métallique. Tout au long de la visite, vous découvrirez les places qui ponctuent l'espace urbain que représente le secteur entre Bellecour et les Terreaux.

IMMEUBLE DE L'HÔTEL ROYAL

A l'angle de la place et au croisement avec la rue de la Charité, l'immeuble à rotonde est l'Hôtel Royal qui a été conçu par Léon Delaroche. Il s'appelait à l'origine Hôtel de Bellecour. Observez l'angle traité en rotonde.

PLACE ANTONIN PONCET

Face à vous, à l'Est, la place Antonin Poncet qui prolonge la place Bellecour. Elle doit son nom au chirurgien lyonnais Antonin Poncet (1849-1913) qui exerçait à l'hôpital de l'Hôtel Dieu. Le clocher est celui de l'ancien hôpital de la Charité construit en 1622 et détruit en 1934 pour permettre la construction de l'Hôtel des Postes, au Sud de la place, édifié sur les plans de l'architecte Roux-Spitz. L'hôpital de la Charité était le deuxième plus important de la ville après celui de l'Hôtel Dieu, seul son clocher a été conservé. Sur la place vous avez le mémorial du génocide arménien érigé en 2006 à la mémoire des victimes dans l'Empire ottoman en 1915 et les années suivantes. Il a été conçu par Leonardo Basmadyian et comprend 36 morceaux de béton blanc pris en charge par des pierres de l'Arménie. Des poèmes de Kostan Zarian sont écrits sur les morceaux de béton.

IMMEUBLE THIBIÈRE

Observez maintenant le développement latéral de la façade Est de la place Antonin Poncet. Cette façade est l'oeuvre de l'architecte Jean-Marie-Gabriel Thibière qui la réalisa entre 1806 et 1814. Elle s'inscrit à la suite des façades monumentales de la place Bellecour réalisées par Robert de Cotte en reprenant les quatre niveaux, le rythme et l'emprise au sol, mais il rejette les baies cintrées, l'ordre composite et le grand fronton triangulaire.

RUE DES MARRONNIERS

Dirigez vous tout droit et empruntez la rue des Marronniers. Percée au XVIIIe siècle et piétonne depuis la fin du XXe siècle, cette rue tire son nom des marronniers qui bordaient l'Est de la place Bellecour. Aujourd'hui la rue est principalement dédiée à la restauration : vous y trouverez plusieurs bouchons qui vous feront découvrir les spécialités gastronomiques lyonnaises.

RUE DE LA BARRE

Vous voici maintenant rue de la Barre. Cette large artère relie le pont de la Guillotière à la place Bellecour en aboutissant place Le Viste. Elle doit son nom à la barrière qui se trouvait à l'endroit où se percevait l'octroi mis en place par le roi Philippe V de France dit Philippe le Long en 1320 sur les marchandises qui entraient en ville par le pont du Rhône. Dirigez vous vers le Rhône par la droite, à l'Est.

HÔTEL-DIEU

L'ensemble monumental à l'angle de la rue de la Barre et du quai Jules Courmont est l’hôpital de l'Hôtel Dieu. Il remonterait au XIIe siècle et accueillait les pauvres de la ville et les voyageurs malades au Moyen Âge et à la Renaissance. Rabelais y exerça la médecine de 1532 à 1534. Il fut agrandi au XVIIe siècle par les échevins. La façade occidentale et les deux clochers ont été réalisés en 1655. Au XVIIIe siècle, l'hôpital fut agrandi par l'architecte Jacques-Germain Soufflot dès 1741. On lui doit la façade monumentale sur le quai Jules Courmont. C'est son élève Toussaint Loyer de 1757 à 1768 qui réalisa le dôme. Aujourd'hui, l'Hôtel Dieu est en cours de reconversion. Retournez maintenant vers la rue de la République à l'Ouest.

RUE DE LA RÉPUBLIQUE

Anciennement rue Impériale, la rue de la République fut réalisée entre 1853 et 1859. Il s'agit du premier projet de percement d’une grande artère entre la place Bellecour et la place de la Comédie. Durant le Second Empire, des cafés et grands magasins rythmaient le parcours de la rue Impériale. La partie Nord était dédiée aux établissements bancaires dont la Banque de France. Les façades richement ornées traduisent l'importance de la bourgeoisie à l'époque. Tout comme Haussmann à Paris, le préfet Claude-Marius Vaïsse fut nommé à Lyon pour remodeler la ville afin d'en faire la capitale du Sud-est de la France, tout en luttant contre l'insalubrité. Il lança ensuite une opération de régénération du centre ville.

IMMEUBLE 68 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

L'immeuble au n° 68 à l'angle est une construction de Joseph Ricour et a été réalisé en 1861. Les éléments en fonte permettent d'accentuer les divisions horizontales et d'assombrir les façades blanches. Sur la façade côté rue de la République, vous pouvez observer l'importance du balcon. A l'étage noble, il permet de structurer la partie centrale et, sous la forme d'un balcon d'attique, il souligne le sommet. On le retrouve même sur l'angle arrondi au dernier étage. A noter : le sommet de la façade prolonge la composition générale avec l'ajout d'un étage dans la toiture qui devient un étage à part entière (visible grâce aux lucarnes).

IMMEUBLE 85 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

En 1894 le journal « Le Progrès » quitte la place de la Charité pour installer son siège 85 rue de la République (rue Impériale à cette époque). Immeuble gardé par deux cariatides. Aujourd'hui, ce bâtiment est occupé par la Fnac Bellecour.

RUE SIMON MAUPIN

Vous passez sur votre gauche devant la rue Simon Maupin. Simon Maupin était 'voyer' (directeur de la voirie) de la Ville et a été l'architecte de l'Hôtel de Ville. Il est mort à Lyon en octobre 1668.

IMMEUBLE PATHÉ

L'édifice imposant sur votre droite est le bâtiment du cinéma Pathé. Ce bâtiment réalisé en 1932 est remarquable du fait qu'il s'agit d'un des rares exemples du style Art déco à Lyon. Il occupe la place de l'ancien casino Kursaal. Observez le coq à son sommet, emblème de la société Pathé.

RUE DES ARCHERS

Vous laissez sur votre gauche la rue des Archers. Elle doit son nom à une compagnie d'archers du roi qui se trouvait dans ce lieu : vous pourrez d'ailleurs trouver des sculptures d'archers au n°15. Prenez ensuite la rue de Louis Paufique, célèbre ophtalmologue lyonnais mort en 1981. La maison la plus remarquable de cette rue, au numéro 28, est celle où naquit Louise Labé, femme de lettres, en 1526, surnommée la Belle Cordière, en raison du métier de son père, puis de son mari, dont la rue voisine a pris le nom de cette profession. Cette maison possède une porte magnifique entourée de deux belles arches et surmontée d’une superbe imposte où trône la tête de la belle. Vous arrivez alors place de l'Hôpital.

PLACE DE L'HÔPITAL

Vous êtes devant l'entrée monumentale de l'Hôtel-Dieu sur son coté Ouest, du début XVIIIe siècle. A droite, la chapelle Notre-Dame de la Pitié. Prenez vers le Nord la rue Gabriel Rivière qui, en passant devant l'Hôtel des Ventes Nogaret et Ravier de Lyon 2e datant de 1884, vous mènera place de la République.

PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Durant le Second Empire, plusieurs places nouvelles furent créées dans le secteur de la Presqu'île : ici, la place de la République, anciennement place Impériale accueillait une fontaine et des parterres de verdure. Longtemps elle fut ornée de la statue du Président Carnot.

RUE JEAN DE TOURNES

A votre gauche, la rue Jean de Tournes. Elle doit son nom au célèbre imprimeur Jean de Tournes mort à Lyon le 7 septembre 1564 et qui résidait dans cette rue.

QUARTIER GROLÉE

A votre droite à l'Est, le quartier Grolée : réalisé entre 1887 et 1896, il est un parfait exemple d'un ensemble haussmannien, bien que réalisé sous la IIIe République. Les architectes Delamarre et Ferrand ont adopté une monumentalité visible dans l’importance donnée aux soubassements et aux lignes de perspectives. Ils offrent aussi un genre nouveau par l’usage d’angles marqués par une rotonde à des points clefs de la rue Président Carnot. La ville avait imposé un usage quasi exclusif de la pierre de taille pour le parement des façades, d’où le soin accordé à l’appareillage de la pierre et l'usage de la sculpture en haut relief pour les agrafes et les masques, les atlantes et les cariatides.

PASSAGE DE L'ARGUE EST

Vous vous trouvez devant l'entrée d'un passage couvert réalisé à l'emplacement de maisons et d'un ancien atelier de filage d'or et d'argent en 1826, par les architectes Farge et Falconnet. Observez l'entrée rue de la République et sa magistrale serlienne en pierres de taille de grand appareil. Le passage est couvert d'une verrière métallique à la mode parisienne et est bordé de boutiques au dessus desquelles s'élèvent des immeubles. Dans la rotonde centrale était présenté un Mercure ailé, disparu, protecteur des commerçants et des voyageurs. Il s'agissait d'une copie d'une sculpture Renaissance de Jean de Bologne.

RUE FERRANDIÈRE

Vous passez au niveau de la rue Ferrandière. Son nom renvoie aux artisans qui travaillaient le fer durant le Moyen Âge.

IMMEUBLE 28 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

Cet immeuble est un exemple de l'oeuvre de Frédéric Giniez : on retrouve l'influence néo-byzantine de l'architecte qui est un exemple du mouvement orientaliste à Lyon à la suite de l'architecte Pierre Bossan (Basilique de Fourvière). Cette influence s'observe notamment dans l'encadrement des baies. A Lyon, les baies sont très nombreuses sur les façades, c'est une vraie particularité de l'architecture lyonnaise. Les vides priment sur les pleins et on a tout un jeu d'encadrement et de décor pour rompre avec la nudité du mur. Mais cette abondance de baies s'est petit à petit estompée jusqu'à la fin du XIXe siècle.

IMMEUBLE 33 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

Ce bâtiment réalisé par l'architecte Baudet est un exemple de l'utilisation de la ferronnerie qui rompt avec la monotonie de la façade en pierres de taille. Le métal est le matériau moderne à l'époque par excellence. La présence de l'art industriel renforce la qualité de l'édifice en l'inscrivant dans une certaine modernité décorative dès le milieu du XIXe siècle. C'est la fonte d'ornement qui était utilisée dès le début du XIXe siècle. Elle reprend même les principes de hiérarchisation et le registre de la sculpture en pierre. Vous la retrouvez ici dans les garde-corps, les lambrequins et les balcons.

IMMEUBLE 24 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

L’immeuble au numéro 24 a été réalisé par Frédéric Giniez. Il est l'architecte de neuf autres immeubles dans cette rue. Notez la qualité et le soin apporté à l'ornementation et au choix des matériaux. Sur cet édifice, la porte d'entrée est particulièrement intéressante pour ses décors. Il s'agit d'une porte inscrite dans une embrasure en arcade avec un entablement en plein-cintre. Le tympan de pierre est décoré de deux putti assis. Les sculptures de putti, de griffons ou bien encore de visages sont très courantes dans l'architecture privée lyonnaise. C'est un véritable particularisme local qui amena plusieurs sculpteurs à s'installer à Lyon.

GRAND BAZAR

L'immeuble à votre droite à façades en verre en face de vous a été construit en 2005 par les architectes Jean-Pierre Buffi et Philippe de Fouchier à l'emplacement du premier grand magasin de Lyon de la fin XIXe siècle qui a donc malheureusement été détruit. Son nom fut d'abord 'A la ville de Lyon' et il avait été construit en 1886. Sa dernière version à deux étages datait de 1913.

PLACE DES CORDELIERS

Vous arrivez place des Cordeliers qui a été créée sur le terrain des religieux franciscains en 1557. Elle est aujourd'hui avec son prolongement la rue Grenette, la principale artère reliant le Rhône et la Saône. Elle est délimitée par le Palais du Commerce, le nouveau Grand Bazar et l'église Saint Bonaventure. Sur la droite au centre de la façade du Palais du Commerce, un groupe allégorique sculpté dans du marbre blanc représente le Rhône et la Saône.

LIEU DE L'ASSASSINAT DE SADI CARNOT

Sur la rue de la République, à l'angle Sud-ouest du Palais du Commerce, vous êtes sur le lieu où le Président Sadi Carnot fut assassiné le 24 juin 1894 par l'anarchiste italien Caserio. Une plaque et un pavé rouge au sol rappellent l'évènement.

PALAIS DU COMMERCE

Edifié de 1855 à 1862 par l'architecte René Dardel et le sculpteur Gustave Bonnet à la demande du préfet Vaïsse, le Palais du Commerce est représentatif du Second Empire. Il fut inauguré en 1862 par Napoléon III. L'édifice présente un riche décor sculpté entièrement dédié à la vie économique et sociale. Les réalisations monumentales de Gustave Bonnet ornent les façades Nord et Sud. La salle de la Corbeille est le point d’orgue intérieur de l’édifice et reçoit un riche programme de décoration tel que le plafond orné de l’allégorie de la Ville de Lyon. Les quatre pavillons d'angle s'organisent autour de cette salle. Le palais accueille aujourd'hui la Chambre de Commerce et d'Industrie.

ÉGLISE SAINT-BONAVENTURE

L'église Saint-Bonaventure a été édifiée entre 1327 et 1471 sur ordre des religieux franciscains des Cordeliers dans le style gothique tardif selon un axe nord-sud inhabituel, pour la protéger des crues du Rhône. Son nom vient d'un général de l'Ordre, mort en 1274 durant le second concile oecuménique de Lyon. La transformation de la façade XVe a été liée à un projet global de rénovation du quartier mais ne correspondait plus à la façade très sobre du XIVe siècle, elle a ainsi beaucoup été critiquée au XIXe siècle.

INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BONAVENTURE

Saisie pendant la Révolution et transformée en halle aux grains, l'église a été rendue au culte en 1803 et restaurée par l'architecte Claude-Anthelme Benoît dès 1838.

ANCIENS GRANDS MAGASINS DES CORDELIERS

Ce bâtiment triangulaire correspond aux anciens Grands Magasins des Cordeliers réalisés dans le cadre de la reconstruction du quartier Grolée en 1890. Il s'agit de trois immeubles juxtaposés de 2.680 mètres carrés. A l'origine, les immeubles étaient destinés à l'habitat bourgeois avec des boutiques en rez-de-chaussée. En 1895, une société fut formée puis transformée en 1899 en 'Grands Magasins des Cordeliers'. En 1919, les magasins devinrent Galeries Lafayette. Des travaux furent entrepris en 1924 sous la direction de Georges Trévoux, architecte de la Ville de Lyon, et Ferdinand Chanut, architecte des Galeries Lafayette pour donner l'aspect actuel. Les sculpteurs qui ont participé sont Bertola, Chorel, Larrivé et Renard.

RUE CLAUDIA

A la place de l'actuel parking entre la rue de la Bourse et la rue Claudia se trouvaient les halles Cordeliers jusqu'en 1971. Surnommées le palais de cristal, elles avaient été construites par l'architecte Tony Desjardins en 1859. Des échoppes, entourant à l'origine les halles, subsistent quelques restaurants.

RUE DE LA BOURSE

Empruntez la rue de la Bourse. La rue de la Bourse tient son nom de la Bourse de Lyon qui était active dans la salle de la Corbeille au sein du Palais du Commerce (Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon), côté Ouest, de 1860 à 1983. Sur ce même côté, on accède à la place de la Bourse, désormais entrée principale du bâtiment. Coté Est, on trouve le lycée Ampère datant de 1617 et sa chapelle dont l’intérieur est un superbe décor baroque, ainsi que le passage Ménestrier, menant au quai du Rhône Jean Moulin, quai situé sur la rive droite du Rhône. La rue de la Bourse, dont les deux cotés sont construits d'immeubles XVIIIe et XIXe siècles, est parallèle à la rue de la République et part en direction de l'Opéra.

IMMEUBLE 51 RUE DE LA BOURSE

Aux numéros 51 et 57, les façades des immeubles ont été réalisées par les architectes C. Echernier et L.-Et. Journoud entre 1858 et 1859. Elles illustrent le principe des étages en surcroît rare à Lyon, c'est-à-dire l'ajout d'un étage supplémentaire au dessus des autres et qui dépasse sur le brisis de toiture.

PLACE DE LA BOURSE

La place de la Bourse sert d'écrin au Palais du Commerce construit sous le Second Empire et dont l'entrée Nord ouvre sur la place. Sur la façade du numéro 2, vous pouvez voir deux cariatides symbolisant le Commerce et les Arts. Réalisées par le statuaire Guillaume Bonnet en 1857, elles répondent au décor du Palais du Commerce réalisé par le même sculpteur. Traversez la place pour admirer l'immeuble du 16 rue de la République à l'Ouest.

IMMEUBLE 16 RUE DE LA RÉPUBLIQUE

Cet édifice, anciennement grand hôtel des étrangers, réalisé par Frédéric Giniez, est particulièrement imposant grâce à l'utilisation d'une travée axiale. Sur trois étages, des colonnes d'ordre corinthien ou baguées encadrent les baies. Notez aussi la richesse des décors sculptés, par exemple les mufles de lions sur les consoles du balcon du premier étage. Les décors de la porte en bois sont également intéressants. Ce bâtiment hébergeait encore récemment la Banque de France. Prenez maintenant à gauche de l'immeuble la rue de la Poulaillerie.

MUSÉE DE L'IMPRIMERIE

Le nom de la rue de la Poulaillerie était en rapport avec les ventes de volailles au Moyen Âge. Les noms des rues rappellent la présence des anciens métiers du quartier (Fromagerie, Mercerie, Fleuriste (bouquetier), Poterie (Tupin), Marché aux grains (Grenette), Poulaillerie, Travail du fer (Ferrandière). Au n° 13, vous trouvez le musée de l’imprimerie, grand témoin de la Renaissance où une des activités principales de Lyon était l’impression. Il est situé dans l'ancien Hôtel de la Couronne qui fut le premier Hôtel de Ville de Lyon, édifié au XVe siècle : regardez l’allée, les galeries et la cour Maurice Scève. Passage possible vers la rue des Forces. Continuez ensuite vers la rue Président Edouard Herriot à droite vers le Nord.

RUE PRÉSIDENT EDOUARD HERRIOT

Anciennement rue de l’Impératrice, vous vous trouvez dans la deuxième percée importante de la presqu’île commencée en 1860, après la rue de la République. Elle a permis le doublement de l’axe Bellecour-Terreaux en ouvrant la perspective directement sur la façade Ouest de l’Hôtel de Ville et en homogénéisant le tissu urbain adjacent. Edouard Herriot (1882-1957) fut maire de Lyon de 1905 à 1957 et président de l'Assemblée Nationale. Continuez jusqu'à la rue Neuve sur la droite.

RUE NEUVE

Tournez à droite et empruntez la rue Neuve. Cette rue antérieure au XIIIe siècle, montre une partie ancienne à l'Ouest de la rue de la République et une partie XIXe siècle à l'Est. Prenez cette dernière direction jusqu'au passage Ménestrier vers le Rhône. La rue Neuve possédait au Moyen Âge une porte qui ouvrait sur le Rhône, vers un port.

PASSAGE MÉNESTRIER

Le passage couvert Claude-François Ménestrier doit son nom au jésuite et historien né à Lyon le 10 mars 1631. Réalisé par l'architecte des Jésuites le Père Martellange, il traverse les bâtiments du lycée Ampère, ancien Collège de la Trinité fondé en 1519, et relie la rue de la Bourse au quai Jean Moulin. La chapelle de la Trinité, proche, fut le lieu de la proclamation de la première république italienne proclamée par Napoléon 1er le 18 janvier 1802. Continuez jusqu'au quai Jean Moulin

QUAI JEAN MOULIN

Le quai Jean Moulin s'étire de la place des Cordeliers à la place Tolozan. Le nom de Jean Moulin fut attribué en 1946, le quai portait auparavant le nom de quai de Retz. Enjambant le Rhône, la passerelle du Collège qui date de 1845. De l'autre côté du fleuve, les quartiers de la rive gauche du Rhône ont subi plusieurs opérations urbaines au XIXe siècle, notamment la création du quartier des Brotteaux, de la Préfecture et des Universités. Allez jusqu'à la rue de l'Arbre Sec.

IMMEUBLE 9 QUAI JEAN MOULIN

Cet immeuble de logements du XXe siècle de la Soierie Rosset a été conçu par l'architecte Georges Curtelin et le sculpteur Louis Bertola en 1934. Ses deux tours, avec sept étages inspirées des gratte-ciel américains, rompent avec le paysage de la Presqu'île. Voir les bas reliefs présentant un groupe de femmes à la campagne et deux autres femmes décorant le portail métallique. Cet immeuble possède le Label Patrimoine XXe siècle (logotype conçu pour signaler les constructions protégées ou non au titre des Monuments Historiques ou des espaces protégés).

RUE DE L'ARBRE SEC

Avancez le long du quai et tournez à gauche rue de l'Arbre sec. Cette rue pavée vous rappelle que toutes les rues de la Presqu'île étaient ainsi avant les grands travaux du XIXe siècle. Elle date du Moyen Âge et il est supposé qu'elle doit son nom à une enseigne à cette époque. Continuez jusqu'à la rue de la République.

RUE DU GARET

Vous traversez la rue du Garet, ouverte en 1570 par Guillaume du Garet qui possédait des terrains dans ce secteur. Elle porta aussi le nom de Vert-Galand en 1737. Tournez ensuite à droite rue de la République.

OPÉRA, PLACE DE LA COMÉDIE

Avancez jusqu'à la place de la Comédie. L'Opéra sur votre droite se trouvait être à l'origine le théâtre édifié par Jacques-Germain Soufflot en 1756 et rénové par A.-M. Chenavard de 1825 à 1831. Une extension a été réalisée en 1990 par l'architecte Jean Nouvel. D'architecture néoclassique, la façade présente un rez-de-chaussée à arcades, un étage noble et un bandeau attique sur lequel sont représentées des têtes de sphinx reliées par des guirlandes de feuillage ainsi que des masques de théâtre à l'antique. Le tout est surmonté de huit statues de muses des Art et de Sciences. Elles sont traditionnellement neuf, mais la nécessité de symétrie des travées a amené à éclipser Uranie, muse de l'Astronomie.

HÔTEL DE VILLE

Vous voici face à l'Hôtel de Ville édifié dès 1646 sur les plans de Simon Maupin. La construction et la décoration sont achevées en 1672, mais le 13 septembre 1674, un incendie ravage le bâtiment. Vers 1680, il est provisoirement restauré par Robert de Cotte. En 1700, une nouvelle restauration est lancée et le Consulat fait appel à Jules Hardoin-Mansart, architecte du Château de Versailles. Le corps principal côté Terreaux est relevé, les toits sont modifiés et, une quasi horizontalité est établie, s’accordant ainsi avec le palais Saint Pierre. Après 1793, de nouvelles restaurations sont faites sous le préfet Claude-Marius Vaïsse. A noter que l'Hôtel de Ville renferme un bel escalier à vis suspendu à noyau vide.

PLACE DES TERREAUX

Vous vous trouvez maintenant sur la place des Terreaux aménagée à partir du début du XVIIe siècle. Elle tire son nom de l'époque où elle était bordée de fossés puisque 'terreaux' fait référence à la boue, en latin terralia. La place devient ensuite place de grève et place publique avec son siège administratif : l’Hôtel de Ville. Sur la face ouest de celui-ci, vous apercevez la statue équestre de Henri IV. Le beffroi comporte une horloge avec à la partie supérieure une boule demi-dorée devant indiquer les phases de la lune. Dès le XVIIIe siècle, c'est une place bourgeoise à la mode, ponctuée de cafés et de marchands. Elle devient, au lendemain de la révolution, place de la Liberté. A partir de 1838, le quartier de la Boucherie des Terreaux est remodelé, et des architectes tels que Desjardins, Dupasquier et René Dardel vont investir le site en réalisant des immeubles résidentiels. Sur la place, la fontaine Bartholdi. Elle représente la France (Marianne) et les 4 fleuves (les chevaux). Christian Drevet et Daniel Buren étaient chargés de la rénovation complète de la place en 1994. Des colonnes striées de blanc et de noir de Daniel Buren faisaient face au Palais Saint-Pierre à l’égal de la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris.

PALAIS SAINT-PIERRE

L'ancien monastère des Dames de Saint Pierre est devenu musée des Beaux-Arts en 1801. Inspiré des modèles italiens, le bâtiment se compose de quatre ailes ordonnées autour d'un cloître. En 1792, l'abbaye devient un lieu de conservation des tableaux, médailles et autres objets d'art. Tout au long du XIXe siècle, l'édifice répond à plusieurs fonctions : musées de peinture, d'archéologie, école des Beaux-Arts, bibliothèque de la ville, Bourse, Chambre du Commerce, ... Aujourd'hui, le musée des Beaux-Arts de Lyon est un des plus importants de France et d'Europe. Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés de 10h à 18h. Longez le bâtiment puis tournez à gauche rue Paul Chenavard. Le premier immeuble de la rue, côté impair, mérite une halte pour admirer les portraits en médaillons des grands hommes locaux : JM Montgolfier, Rouville, Cl Martin, JM Jacquard, Bellièvre, Fai Sathonay, JG Soufflot et Philibert Delorme. Si vous aimez les médaillons, ils continuent sur l’autre face, rue Constantine. L’ensemble est signé A Benoît Architecte MDCCCLIV. L’angle est souligné par une statue de Saint Pierre de pied, avec un livre et des clefs en main, une autre petite statue de sage fait l’angle de la place Meissonnier. A hauteur de la place Meissonier, l’une des plus belles portes de Lyon, avec un encadrement bicolore, de belles sculptures, l’imposte étant décorée du bonnet du pape magnifiquement sculpté dans le bois.

JARDINS DU PALAIS SAINT-PIERRE

Le cloître et ses jardins furent remaniés en 1884, pour leur donner leur aspect actuel, par les architectes René Dardel et Abraham Hirsch. Cet îlot de verdure, protégé des bruits urbains par les murs séculaires, couvre environ 1.200 m2. Les allées du jardin sont ombragées grâce au grand chêne, bouleaux et tilleuls odorants.

RUE DE LA PLATIÈRE

Prenez sur la droite la place Meissonier, du nom d'un peintre lyonnais du XIXe siècle, puis la rue de la Platière qui se nommait place de la Platière jusqu'en 1929. Depuis le XIXe siècle, des changements apportés aux largeurs des voies, des reconstructions et des démolitions d'immeubles ont amené à échanger le nom de place pour celui de rue. Continuez en direction du quai de la Pêcherie. Au numéro cinq, dépendance d'une église disparue vers 1865, Notre Dame de la Platière. Ce prieuré existait déjà au XIIe siècle.

RUE LANTERNE

Vous croisez ici la rue Lanterne, voie médiévale dont le nom vient du feu allumé la nuit en haut d'une tour qui éclairait cette partie de Lyon. Elle s'est aussi appelée au XVIIIe siècle dans sa partie Sud 'rue de l'enfant qui pisse'. On racontait même que, lors de certaines fêtes populaires, la statuette à l'origine du nom versait non pas de l'eau mais ... du vin.

MUR PEINT, RUE DE LA PLATIÈRE

Face à vous, le mur peint « La bibliothèque de la Cité ». Il a été réalisé par la Cité de la Création. Cette fresque figure des écrivains lyonnais, tel que Frédéric Dard, et des extraits de leurs écrits. Au rez-de-chaussée, trois boutiques et un facteur en trompe l'oeil sont représentés. Les murs peints sont devenus un symbole de la ville et sont la troisième raison de visite des touristes à Lyon, après Fourvière et le Vieux-Lyon. Prenez ensuite le quai de la Pêcherie sur votre gauche, les week-ends vous pouvez trouver les bouquinistes le long de la Saône.

RUE LONGUE

Prenez la rue Longue sur votre gauche. Elle devait son nom à sa longueur à l'époque du Moyen Âge. Elle s'est aussi appelée rue Tête de Mort et grande rue Longue. Allez jusqu'à la rue Chavanne que vous emprunterez alors sur votre droite.

RUE CHAVANNE

Cette rue médiévale doit son nom au médecin, poète, adjoint au maire en 1870 puis député du Rhône, Alexis Chavanne né à Lyon le 11 octobre 1822 (1822 –1911). Elle s'est aussi appelée rue du Four Saint-Pierre et rue Saint-Côme jusqu'en 1911.

IMMEUBLE 7 RUE CHAVANNE

Cet immeuble daté de 1851 serait une oeuvre de l'architecte Claude-Anthelme Benoit. La composition n'est en effet pas sans rappeler celle du 22 rue Constantine. La façade offre une abondance de décors sculptés et de ferronnerie (coquille, mufle de lion, tête humaine etc.). Le tout est structuré par une superposition de colonnes d'ordre composite.

PLACE D'ALBON

Créée au XIIe ou XIIIe siècle, cette place a d'abord porté le nom de place de l'Herberie et était dédiée au commerce. Elle reçu le nom d'Albon en 1812 et concentra de nombreux projets urbains à partir des années 1840 : quais, percée de la rue Centrale. La place offre un beau point de vue sur l'église Saint Nizier. D'autant que la dualité stylistique de l'église (façade présentant deux époques de construction) se répercute sur les deux immeubles de la place qui l'introduisent : immeubles Desjardins et Farfouillon.

IMMEUBLE DESJARDINS, 13 RUE CHAVANNE

Pour cet immeuble d’habitation du rentier J.-C. Blanchon construit en 1850, l’architecte Tony Desjardins a choisi d’appliquer le style néo-gothique à sa construction. Le néo-gothique (1830-1880) dénote d'un goût pour le Moyen Âge et le romantisme. Il existe alors une sorte d'idéalisation du Moyen Âge et de l'architecture gothique. Contrairement au néoclassicisme, le néogothique est l'expression des sentiments. Les artistes cherchent à faire revivre les formes médiévales pour rivaliser avec les styles classiques dominants de l'époque. Ici, vous retrouvez ce style dans la sculpture, la modénature et l’ornementation : choux frisés notamment, mais on observe aussi quelques moulures classiques telles que les rosaces.

IMMEUBLE FARFOUILLON, 1 RUE MERCIÈRE

Cet immeuble a été réalisé par François-Jacques Farfouillon en 1846 à la demande du marchand Jean-Pierre Lempereur. L'architecte s'est référé pour sa part à l’architecture classique de la Renaissance que l’on retrouve à travers des références italiennes dans le traitement des baies, des entablements et du travail d’incrustation : denticules, palmettes, rosaces. Les trois façades sur rue sont traitées de manière identique. A son achèvement, la construction est considérée comme une des plus remarquables de l'époque. On la compare même au travail de l'architecte italien Bramante.

PLACE SAINT-NIZIER

Empruntez la rue des Bouquetiers pour rejoindre l'église Saint-Nizier. Attestée en 1740, cette rue doit son nom à un marché aux fleurs qui y était installé. Cette place a certainement été créée au milieu du Moyen Âge et formait le parvis de l'église Saint-Nizier, cependant elle était bien plus petite. En effet, l'aspect de la place a beaucoup changé au XIXe siècle suite aux projets d'agrandissement et à de nouveaux alignements, notamment l'alignement de toute la partie Ouest de la ville sur la rive droite de la Saône.

ÉGLISE SAINT-NIZIER

Saint-Nizier donna son nom à l'église à la fin du VIe siècle. Le voûtement a été réalisé durant le XVe siècle. Le magnifique portail central en demi-rotonde réalisé par Jean Vallet est d'époque Renaissance (1579). Approchez-vous et observez le cul-de-four orné de visages d'anges et Dieu le père tenant le globe du monde. Quant aux parties centrales et méridionales de la façade, elles furent achevées au XIXe siècle selon un style néo-gothique par Claude-Anthelme Benoît qui se chargea de la restauration de l'église. Le pignon triangulaire est inspiré de la cathédrale Saint-Jean. Le clocher ajouré néo-flamboyant fut réalisé selon les plus beaux exemples d'architecture du nord de la France.

INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-NIZIER

La nef principale de l’église est divisée en six travées et bordée sur ses bas cotés (ou nefs latérales) de neuf chapelles. On retrouve également une chapelle de chaque côté du transept et de part et d’autre du choeur.

RUE DE BREST

Avec la rue Paul Chenavard, la rue de Brest constitue la rue Centrale créée dès 1850. Elle a été pendant plusieurs années considérée comme l'artère principale de la ville, bien avant les actuelles rue Président Edouard Herriot et rue de la République. Vous y découvrirez de riches demeures qui se développent autour d'allées larges communiquant avec des cours de belles dimensions. Les façades sont particulièrement ornées, de décors en stuc notamment. Les immeubles ont tous été construits après le percement de la rue Centrale. La rue doit son nom actuel à la ville du Finistère que Lyon a soutenue pendant la Seconde Guerre Mondiale. Tournez à droite rue Dubois puis à gauche à l'intersection avec la rue Mercière.

RUE MERCIÈRE

Dès la fin du Moyen Âge, la rue Mercière était la plus commerçante de Lyon. Elle a été réaménagée au XIXe siècle, mais elle conserve une architecture Renaissance propre à la ville de Lyon. La partie sud de la rue, proche de la place des Jacobins, est la plus remarquable et fréquentée. Vous y trouverez de nombreux restaurants qui occupent les rez-de-chaussée des immeubles. A noter : le numéro 56 traboule avec le 26 quai Saint-Antoine et offre un bel exemple d'architecture Renaissance.

RUE TUPIN

A votre gauche, la rue Tupin. Les tupins étaient des pots en terre dont les potiers étaient les tupiniers. Cette rue du XIVe siècle s'est aussi appelée rue Pépin et rue de la Lune. Son nom actuel vient du jeu de tupineis, jeu à cheval au Moyen Âge avec un tupin rempli d'eau.

PASSAGE DES IMPRIMEURS, 56 RUE MERCIÈRE

Ce passage, étroit et original, traboule entre le 56 rue Mercière et le 26 quai Saint-Antoine. Une moitié est couverte, l'autre est à ciel ouvert. Il est dédié aux imprimeurs qui y étaient installés au XVe siècle, venus d'Allemagne et d'Italie.

RUE DE LA MONNAIE

Vous passez à droite la rue de la Monnaie en léger arc de cercle. Elle date de la fin du Moyen Âge et tient son nom de l'hôtel de la Monnaie, atelier de fabrication de monnaies au XVe siècle. Elle s'est aussi appelée rue du Temple.

HÔTEL D'HORACE CARDON

Arrêtez-vous au niveau du 68 rue Mercière et entrez dans la cour, ouverte sur la rue, de l’hôtel d’Horace Cardon, trésorier du roi Henri IV. Admirez le très bel immeuble Renaissance : grandes arcades au rez-de-chaussée, trois étages de travée à droite et quatre étages avec fenêtres dont les meneaux ont disparus.

RUE THOMASSIN

Vous traversez la rue Thomassin du nom de Claude Thomassin, capitaine de la ville de Lyon et conservateur des foires au XVIe siècle. Elle s'est aussi appelée rue de la Rôtisserie et rue du Plat d'Argent. Elle date de 1550.

PASSAGE DE L'ARGUE OUEST

Prenez ensuite à votre gauche la deuxième partie du passage de l'Argue vers la rue Président Edouard Herriot. En un seul élément à sa conception, le passage a été coupé en deux en 1863. Comme l'autre partie, le passage est recouvert d'une verrière métallique et comporte des boutiques sur toute sa longueur. En sortant du passage et arrivant rue Edouard Herriot prenez à droite vers la place des Jacobins au Sud.

PLACE DES JACOBINS

Vous voici place des Jacobins qui tire son nom de l'ancien couvent des Jacobins établi en 1218 et revendu en 1790 lorsque l'ordre fut dissous. Cette place fut aussi l'emplacement de la Préfecture qui a été détruite en 1858. Les immeubles l'encadrant ont été construits dans le cadre des grands travaux 'haussmanniens', réalisés par le préfet Vaïsse à Lyon entre 1853 et 1864.

IMMEUBLE 79 RUE PRÉSIDENT EDOUARD HERRIOT

Observez la composition de la façade de cet immeuble. Le porche d'entrée amorce une travée axiale qui régit toute l'organisation de la façade. Le porche occupe une place très importante dans le travail des architectes et est par conséquent souvent abondamment orné pour annoncer l'identité de la construction. Notez que les deux immeubles voisins sont en symétrie de part et d'autre du numéro 79 et présentent de belles cariatides.

IMMEUBLE CHATRON, PLACE DES JACOBINS

De l'autre côté de la place et réalisé par J. Chatron, ce bel immeuble à rotonde et au toit en ardoises est particulièrement orné. Un balcon de pierre précède les deux étages centraux où les baies rectangulaires et en plein cintre sont superposées deux à deux et séparées par des colonnes corinthiennes. Ce système est également repris pour la composition des façades latérales. Observez le rose de la pierre et le soin apporté aux décors sculptés. Au Nord-Est de la place, empruntez la rue Jean Fabre pour rejoindre la place des Célestins.

FONTAINE DES JACOBINS

La fontaine au centre de la place a été réalisée entre 1878 et 1885 par Gaspard André. Dans un style éclectique, elle représente le génie créatif de la ville de Lyon en rendant hommage à quatre artistes lyonnais : Philibert de l’Orme (architecte 1510-1570), Gérard Audran (graveur 1640-1703), Guillaume Coustou (sculpteur 1677-1746) et Hippolyte Flandrin (peintre 1809-1864).

IMMEUBLE 4 PLACE DES JACOBINS

Il s'agit de la maison du peintre Paul Borel réalisée par Frédéric Giniez et Pierre Bossan en 1863. Observez le traitement de la pierre et du bois pour la porte d'entrée. Comme au 79 rue Président Edouard Herriot, on retrouve le système de la travée axiale qui organise le reste de la façade et, les influences néobyzantines des deux architectes.

PLACE DES CÉLESTINS

La place doit son nom aux religieux de l'Ordre des Célestins qui y étaient installés de 1407 à 1778. Le lotissement autour de la place a été créé entre 1791 et 1812. C'est J.-A. Morand qui en est l'architecte. Toute la ligne de maisons est identique, à quelques détails près : même hauteur des baies, même espacement, même petites baies quadrangulaires sous les combles parfois isolées parfois réunies par un bandeau, même corniche en bois. Le tout surprend par sa nudité, en effet il y a peu de détails décoratifs et les baies sont sans encadrement. Mais peut-être qu'un décor en trompe-l'oeil était prévu. Au centre de la place, un périscope "Sens dessus dessous" permet d'admirer un parking souterrain hélicoïdal réalisé par les architectes Michel Targe et Jean-Michel Wilmotte et l'artiste Daniel Buren (1995).

THÉÂTRE DES CÉLESTINS

Le théâtre a été édifié de 1873 à 1877 par Gaspard André et fut reconstruit à l'identique après un incendie en 1881. Il n'a subi que quelques modifications et a conservé sa machinerie intacte (cintres, grils...). La grande salle à l'italienne possède un plafond peint par J. Domer. Au début du XXème siècle le théâtre des Célestins affiche un répertoire comique et devient la première scène de comédie après la capitale. La façade côté Saône de l'ancien couvent a été restructurée par J.-A. Morand. Les décors intérieurs ont été réalisés par le peintre Joanny Domer : la salle est ornée d'un plafond dédié à Aristophane, auteur de comédies grecques.

IMMEUBLES 9-10 PLACE DES CÉLESTINS

L'immeuble du 9 a été réalisé par l'entrepreneur R. Feuga et le rentier P. Mathieu en 1822 puis, revendu en 1827 à un négociant de Paris. L'originalité de la façade se situe dans les portes-fenêtres couronnées d'une frise ornée d'une table lisse et d'une corniche portée par des consoles plates à gouttes qui se prolongent pour dégager un contre-chambranle, encore dans l'esprit du XVIIIe siècle. Réalisé en 1811, l’édifice du 10 offre un soubassement lisse et constitué de hautes travées rectangulaires à la nouvelle mode, tandis qu'aux étages perdure la liaison entre corniche et appui des baies qui accentue la verticalité propre au XVIIIe siècle.

RUE GASPARD ANDRÉ

L'architecte Gaspard André est né à Lyon le 16 mars 1840. Tout au long de la visite, vous avez pu découvrir différentes oeuvres de sa carrière. Au numéro 1, vous serez dans la cour de l'ancien cloitre des Célestins avec ses portes plein cintre. Allez au bout de la rue et tournez à gauche sur le quai des Célestins.

QUAI DES CÉLESTINS

Vous voici quai des Célestins du nom d’un couvent de frères Célestins de 1407 à 1779. Le quai date du XVIIe siècle dans une première version puis de 1818 dans sa configuration finale. A votre droite sur la Saône, la passerelle du Palais de Justice qui relie le quai des Célestins à la rive droite de la Saône, et en face le Palais de Justice récemment restauré. Longez maintenant le quai jusqu'à la place Antonin Gourju.

PLACE ANTONIN GOURJU

Légèrement en retrait du quai des Célestins, cette place est dédiée à Antonin Gourju né en 1847, avocat, conseiller municipal et sénateur en 1900. Cette place permet un agréable point de vue sur la colline de Fourvière et les quartiers Saint-Georges et Saint-Jean. Vous pourriez rejoindre ces quartiers grâce au pont Bonaparte.

RUE DES TEMPLIERS

Cette rue est ainsi nommée depuis 1921 car le célèbre ordre militaire était établi sur ces terrains. La voûte qui donne accès à la rue des Templiers est l’entrée de l’ancien couvent des Célestins. Dans une niche, une Vierge marque l'entrée de la rue qui relie la place Antonin Gourju et la rue d'Amboise par une voûte.

GRAND IMMEUBLE PLACE ANTONIN GOURJU

L'immeuble d'angle présente deux avant-corps latéraux et une certaine originalité dans le traitement des baies. En effet, observez les baies du dernier étage. Il s'agit de baies en plein cintre qui, jumelées, forment des séries d'arcatures. Elles sont utilisées conjointement à des baies rectangulaires.

RUE DU PLAT

Rejoignez la rue du Plat. Elle doit son nom au fait que le terrain était parfaitement plat. On l'appelait ainsi le 'Plat d'Ainay' car il appartenait à l'abbaye d'Ainay située à quelques rues d'ici.

IMMEUBLE 8 RUE DU PLAT

Exemple parmi tant d'autres des constructions de la rue du Plat, cet immeuble est jumeau avec le numéro 10. Il présente une cour ovale à l'image d'un hôtel particulier. Vous êtes face à une architecture de prestige comme toute la zone résidentielle au sud de la place Bellecour réalisée au XVIIIe siècle. Tournez à gauche rue Paul Lintier et rejoignez la place Bellecour.

IMMEUBLES OUEST PLACE BELLECOUR

A votre gauche, les façades monumentales des immeubles Ouest de Bellecour. Détruites en 1793, les façades Est et Ouest réalisées par Robert de Cotte ont du être réédifiées. Le but était alors de reconstituer l’écrin du monument équestre de Louis XIV qui venait tout juste d’être réinstallé. Ainsi, la reconstruction s'est faite dans un esprit de restitution des façades du XVIIIe siècle. Les deux façades monumentales correspondent à dix immeubles juxtaposés qui forment une unité. Longues de 150 mètres, elles distribuent cinq cours d'habitation. Ce sont les frères Hotelard, architectes représentants du Néoclassicisme qui se sont chargés du projet. Côté Saône, au Sud-Ouest de la place, la statue de l’aviateur poète Antoine de Saint-Exupéry et le Petit Prince, assis sur un socle (Christiane Guillaubery, 2000), rappelle que celui-ci est né à Lyon en 1900 (8 rue Saint-Exupéry).

STATUE DE LOUIS XIV, PLACE BELLECOUR

La statue au centre de la place a été réalisée par François-Frédéric Lemot en 1825. La statue en bronze représente Louis XIV à la romaine, donc "monte à cru". Les allégories du Rhône et de la Saône posées au pied du socle ont été réalisées par Guillaume et Nicolas Coustou de 1719 à 1721. Elles ont pu être conservées pendant la Révolution, car mises en dépôt à l'Hôtel de Ville. Notez que le Rhône est souvent représenté par un homme barbu. La visite est maintenant terminée. Merci à vous.

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