Apr 13, 2018 - Aug 26, 2018

Subodh Gupta

Monnaie de Paris

 Du 13 avril au 26 août 2018, le 11 Conti - Monnaie de Paris accueille l'exposition "Adda / Rendez-vous" de l'artiste indien Subodh Gupta

Voyagez avec Subodh Gupta
Sculptures, installations, vidéos, peintures, photographies… C’est au 11 Conti - Monnaie de Paris que Subodh Gupta vous donne rendez-vous jusqu’à la fin de l’été. Avec son exposition rétrospective, placée sous le signe du concept hindi "Adda" que l’on peut traduire par "échange" l'artiste indien, star de l'art contemporain, vous emmène en voyage !
01 | Le langage du commun
Du pain, de l’eau, des mangues. C’est un retour aux sources que nous offre Subodh Gupta dans cette première salle d'exposition. Qu'elles soient monumentales ou de petites tailles, ces œuvres ont pour langage commun les objets du quotidien. Mais gare aux trompes l'œil...

"Unknown Treasure prend une dimension particulière dans ce contexte architectural puisqu’elle évoque une corne d’abondance. La corne d’abondance est un ornement qui est très présent dans l‘architecture de la Monnaie de Paris (…) Cette sculpture est composée d’éléments du quotidien, d’objets de rebut que Subodh Gupta a choisi de réunir dans des fers à béton formant une sorte de filet qui semble jaillir de l’agrandissement d’un ustensile de cuisine traditionnel indien. C’est œuvre qui donne le signal de l’importance des éléments du quotidien et de la manière dont il en fait des œuvres en les réunissant ensemble."

Mathilde DE CROIX, Commissaire d'exposition

Eh non, A Glass of Water n’est pas composé de résine comme vous pourriez le penser, mais bien d’eau. Contrairement à toutes les œuvres de cette première salle, ce verre n’est pas un trompe-l'œil. Pour anecdote, l’artiste indien a trouvé ce tabouret aux Marché aux puces de Clignancourt pendant sa résidence à la Monnaie de Paris en février 2018. L’œuvre est placée face au Very Hungry God, comme une offrande.

À l’instar des autres œuvres précédentes dans ce premier chapitre la pâte à pain plus vraie que nature est faite de bronze ! Un aliment important en Inde que l’artiste transforme en trompe l’œil. Regardez de plus près chacune des œuvres vous verrez qu’elles sont en fait faites de bronze.

02 | Dieu insatiable
Vous vous sentirez petit dans le grand salon Dupré face à l'immense Very Hungry God. Cette majestueuse sculpture d'un peu plus d'une tonne est composée de milliers d’ustensiles de cuisine en inox que l'on retrouve dans les cuisines de toutes les familles indiennes. Depuis 1996, ces derniers sont la signature de l'artiste qui est fasciné par le contraste entre leur côté bon marché et leur aspect étincelant. 

“Dieu insatiable est une œuvre qui fait environ 4m de haut et 4m de profondeur. Elle est donc assez monumentale. (...) C’est d’une certaine manière une forme d’introduction à l’exposition car elle concentre tous les grands sujets de l’exposition. L’œuvre a été faite quelques mois après le tsunami de décembre 2004. La source est évidemment cette vanité classique mais c’est aussi un commentaire sur le tsunami (...) ça peut être un commentaire sur une société de la consommation ou sur le XXIème siècle, un siècle assez violent avec beaucoup de guerres et aussi une référence à la spiritualité qui est toujours présente dans le travail de Subodh Gupta”

Camille MORINEAU, Commissaire d'exposition
03 | There Is Always Cinema
Copie en métal ou objet original, saurez-vous les distinguer ? Projecteurs, bobines de films, pellicules ou toilettes ont été collectés par Subodh Gupta dans sa galerie à San Gimignano, installée dans un ancien cinéma. Avec ces matériels, il rend hommage tant au 7e art italien qu’il admire, qu’aux salles de cinéma de sa ville natale. Moteurs... Action !

Toujours plein d’humour, Subodh Gupta a récupéré les anciennes toilettes du projectionniste dans sa galerie à San Gimignano. Avec celles-ci il interroge le passage de l’objet banal à l’œuvre d’art, dans la tradition de Marcel Duchamp.

04 | Les dieux sont dans la cuisine
La nourriture est au cœur de l'œuvre de Subodh Gupta. Grand cuisinier, l'artiste aime jouer avec les contenants et contenus qui, pour lui, sont le langage de l'universel. 

Pour Subodh Gupta, l’ustensile de cuisine est une allégorie de l’univers. Dans ces deux peintures, les pots employés pour cuisiner se transforment en astres au fur et à mesure de leur utilisation qui les marque et les abîme.

Le dîner est un moment universel de partage mais a ses rites et ses codes, spécifiques à chaque pays, région ou ville. Dans cette installation, Subodh Gupta projette une vidéo d'un mariage où deux traditions se rencontrent. La vidéo du banquet est projetée sur la table, là où le repas est normalement servi et en dessous s’accumule la vaisselle utilisée à ces occasions.

“Faith Matters est une œuvre qui intrigue par la simplicité et en même la complexité qui se produit visuellement car il s’agit d’un quasi ballet mécanique des traditionnels lunch box, l'équivalent de nos tupperwares qui s’appellent en hindi “tiffin dabbas” et qui sont assemblés sur un circuit mécanique (...). C’est une synthèse passionnante de son travail, qui libère le champ des significations et qui laisse la possibilité d'imaginer ce que l’artiste cherche à symboliser.”

Mathilde DE CROIX, Commissaire d'exposition
05 | Voyage et exil
Vivant à Delhi mais montrant son travail partout dans le monde, Subodh Gupta se déplace en permanence. Il crée ici un dialogue entre mouvements quotidiens et locaux, et déplacements internationaux, du voyage à l'exil. Laissez-vous transporter en barque, vélo ou voiture...


“L’eau est dans le pot, le pot est dans l’eau est une œuvre assez monumentale. Cette barque est penchée, les pots dégringolent. Il y a quelque chose qui évoque une catastrophe possible, qui certainement peut faire basculer une œuvre assez jolie vers quelque chose de l’ordre du tragique. (...) Il y a quelque chose de très universel dans la représentation de cette barque que l’on associe au passage vers l’au-delà. (...) C’est aussi au XXIème siècle un objet qui évoque l’immigration, présente dans un peu tous les pays mais en particulier en Inde. Ici en plus il y a une référence poétique pour les indiens. C’est une œuvre importante qui fait bien le lien entre deux cultures.”

Camille MORINEAU, Commissaire d'exposition

Subodh Gupta montre sur deux écrans côte-à-côte des extraits de films Bollywood connus dans lesquels apparaissent toutes sortes de sacs et des valises de travailleurs indiens au Moyen-Orient s’apprêtant à rentrer dans leur famille. La comparaison axée sur les bagages est en fait une façon de symboliser la vie de leurs propriétaires.

06 | Corps célestes
Laissez-vous envoûter par une pâte à pain qui vole comme un corps céleste. Subodh Gupta aime à penser que certains objets du quotidien peuvent être des allégories de l'univers. Dans ce nouvel aspect de son travail, il cherche à matérialiser et à représenter le cosmos. Bienvenue dans une nouvelle dimension.

Cette vidéo est la plus ancienne œuvre de Subodh Gupta montrée dans l'exposition. Dans celle-ci, il se filme, enduit de bouse de vache, matière sacrée et purifiante en Inde, en train de se laver. En commençant la vidéo par la fin, l’artiste donne l’impression qu’au fur et à mesure de la douche, il en est encore plus couvert. Il questionne ainsi les perceptions que nous avons de la saleté et de la pureté en fonction de nos cultures et croyances.

"Se retrouver dans la salle des miroirs avec cette œuvre qui s’appelle Anahad peut créer la surprise. C’est une œuvre interactive puisqu’en tant que public nous sommes pris à parti (...). Le titre de cette œuvre Anahad correspond à une sorte de bruit du cosmos, un bruit que l’on pourrait entendre lorsque l’on se trouve dans état de méditation profond (...) Subodh Gupta transforme un signal sonore en intense vibration et très rapidement notre silhouette se brouille. C’est une œuvre essentielle dans le travail de Subodh Gupta car elle montre un nouvel axe : donner une forme au cosmos."

Mathilde DE CROIX, Commissaire d'exposition

Dans cette vidéo, Subodh Gupta filme des mangeurs d’Esprit : des personnes payées pour honorer le défunt et nourrir le divin en avalant des quantités pantagruéliques de nourritures. Ils abordent ensemble des aspects de leur vie et leur situation économique, pendant qu’ils effectuent leur rituel.

07 | Les œuvres dans les cours
Le parcours se prolonge dans les cours intérieures de la Monnaie de Paris, où vous aurez la chance de découvrir quelques sculptures grand format. Attention les yeux...

“L'arbre des gens est la pièce la plus monumentale de l’exposition. Elle fait 10m de large et plus de 7m de haut. Elle est faite en acier inoxydable comme la plupart des œuvres de Subodh Gupta, si ce n’est qu’ici c’est un inox particulier qui peut résister aux conditions climatiques. L’arbre c’est cet élément autour duquel on se rencontre et cette idée de rendez-vous est centrale dans l’exposition. C’est une œuvre qui a été réalisée pour notre site. L’arbre s’adresse à tout le monde car ses fruits sont des éléments en inox. C’est aussi un clin d’œil au fait qu’il y a assez peu d’arbres à Paris et à Delhi. C’est une manière de parler des grandes villes du monde.”

Camille MORINEAU, commissaire d'exposition

"Adda a donné son titre à l’exposition. Elle correspond à un concept indien qu’il est difficile de traduire, mais que l’on peut traduire de manière assez simple par le mot “rendez-vous”. C’est une œuvre constituée de trois colonnes qui reprend l’idée de la place publique, de l'Agora, d’un lieu où l’on se donne rendez-vous (...) pour débattre, discuter, converser, refaire le monde. C’est une œuvre qui est très importante pour Subodh Gupta parce qu'elle a été produite pour l’exposition et elle correspond à une bonne synthèse de son travail. (...) C’est une œuvre qui est très complète et qui est aussi sonore.”

Mathilde DE CROIX, Commissaire d'exposition

Vous pensez voir une voiture métallisée ? Détrompez-vous il s’agit d’une véritable voiture en fonte d’aluminium ! Subodh Gupta rend hommage à la célèbre "Ambassador Car" qui fut à une époque emblématique de l’Inde pour les touristes. Depuis disparue, du fait de l’arrêt de sa production, elle évoque ainsi autant le déplacement quotidien que les effets du commerce international.

08 | Les œuvres dans le musée
L’exposition se poursuit au 11 Conti. Une vidéo de l'artiste pendant sa résidence à la Monnaie de Paris et trois œuvres en lien avec les collections patrimoniales vous attendent dans le parcours muséal.

Subodh Gupta détourne l’étalon-or dans lequel l'unité de compte correspond à un poids fixe d'or, pour matérialiser le coût des guerres et passer un message politique.

Lors de sa résidence à la Monnaie de Paris en février dernier, Subodh Gupta a fabriqué la médaille "Garam Masala". Cette dernière conçue en plaqué or représentant un mélange d’épices (poivre noir, cumin, cardamone, coriandre et cannelle) met en parallèle les épices et la valeur des métaux précieux.

09 | Un rêve d'ailleurs...
Prolonger un peu votre visite : la Monnaie de Paris propose en parallèle dans son musée du 11 Conti une exposition thématique sur l’art des médailles et l’Inde, avec 45 objets (dont des médailles, des fontes d’art et la monnaie 1 KG or) qui font écho aux œuvres monumentales créées par l’artiste Subodh Gupta. De quoi vous faire rêver d’ailleurs !

“Dans les années 1950-1951, Roger BARON va choisir de représenter sur la face principale de sa médaille l’effigie de Le Corbusier (...) et au revers l’artiste va choisir de représenter la main ouverte. C’est ce symbole, cet emblème que l’on retrouve à Chandigarh sur un monument de 26 mètres de haut. Cette main ouverte, avec les lignes de la main, est en fait une girouette, c’est-à-dire qu’elle bouge au gré du vent pour délivrer un message symbole, un message de paix”.

Béatrice COULLARÉ, commissaire d'exposition

“Cette exposition est l’occasion aussi de présenter une monnaie d’exception autour du Taj Mahal (...) réalisée par le chef de l’atelier de gravure Yves SAMPO en 2010. Nous avons demandé à la Maison Cartier d’insérer des petits diamants de 52 carats qui tapissent entièrement le dôme du Taj Mahal pour lui donner une plus grande préciosité. Cette monnaie d’une valeur faciale de 5000 euros pèse un kilo d’euros d’or avec de l’or à 24 carats (...) C’est une référence à l’Inde et pas des moindres puisque tout le monde connaît le Taj Mahal”.

Béatrice COULLARÉ, commissaire d'exposition
Credits: Story

Commissaires :
Camille MORINEAU, directrice des expositions et collections à la Monnaie de Paris,
Mathilde DE CROIX, commissaire d'exposition à la Monnaie de Paris pour l'exposition "Adda / Rendez-vous",
Béatrice COULLARÉ, commissaire d'exposition à la Monnaie de Paris pour "Un rêve d’ailleurs".


Remerciements à Camille MORINEAU, Mathilde DE CROIX et Béatrice COULLARÉ qui ont commenté par leurs voix l'exposition et à Flora FETTAH pour ses commentaires explicatifs sur les œuvres présentées dans l'application.

Credits: All media
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