La Forteresse royale de Chinon en 5 VIP

Forteresse Royale de Chinon

L'histoire de la Forteresse de Chinon est associée à des personnages de grand renom.

Henri II Plantagenêt
Henri II Plantagenêt compte parmi ses illustres ancêtres Guillaume le Conquérant et Foulque Nerra. Né au Mans en 1133, il mène une vie itinérante, à la suite de ses parents, entre l’Angleterre et la France. En 1152, il épouse Aliénor, tout juste divorcée du roi de France et de dix ans son aînée. Elle lui apporte en dot l’Aquitaine. En 1154, il reçoit l’Angleterre par héritage maternel et devient roi sous le nom d’Henri II. Chinon est au centre de ses possessions continentales. Il choisit d’y entreposer le trésor royal et y séjourne fréquemment. Il y tient pour la dernière fois sa cour de Noël en 1172, entouré de sa femme et de ses fils, qui se disputent déjà son héritage territorial. Abandonné par ses enfants qu’il n’a pas su ni voulu associer à son pouvoir, malade et fuyant Philippe Auguste, il meurt à la Forteresse de Chinon en 1189.

Jacques de Molay
Jacques de Molay est le dernier grand maître de l’ordre du Temple, ce corps d’élite de moines soldats fondé au XIIe siècle pour assurer la sécurité des pèlerins désireux de se rendre à Jérusalem. Il dirige l’ordre de 1292 jusqu’à sa dissolution par le roi de France en 1312. Dès 1307, Philippe le Bel avait pris prétexte des déviances de l’ordre pour arrêter tous ses membres et les accuser d’hérésie. Plusieurs mois après cet épisode, Philippe le Bel accepte d’envoyer soixante-quinze Templiers devant le pape à Poitiers. Mais, en cours de route, le roi fait retenir à Chinon cinq dignitaires de l’ordre dont Jacques de Molay. Emprisonnés à la forteresse de juin à août 1308, ils ont laissé de nombreux graffiti dans la tour du Coudray. Entre le17 et le 20 août 1308, des émissaires du pape se rendent à la Forteresse pour auditionner les prisonniers dans le cadre de leur procès. Il en résulte un document important pour l’histoire de l’ordre, Le parchemin de Chinon, qui est conservé dans les archives secrètes du Vatican. A l’issue du procès, Jacques de Molay est exécuté sur le bûcher en 1314.

Charles VII
Depuis 1328, la guerre de cent ans oppose la couronne de France aux anglais qui revendiquent l’héritage Plantagenêt. En 1419, les Anglais s’emparent de Paris, forçant le dauphin Charles (futur Charles VII) à s’exiler à Bourges. Par le traité de Troyes, signé en mai 1420, les parents de Charles VII, sous l’influence du clan bourguignon allié des anglais, déshéritent leur fils au profit d’Henri V d’Angleterre. Le dauphin n’accepte pas ce traité et se fait proclamer roi de France, mais il ne peut être sacré à Reims, sous contrôle anglo-bourguignon. Son royaume, dit « royaume de Bourges », correspond à peu près à la France du sud de la Loire. Il célèbre son mariage avec Marie d’Anjou à Bourges en 1422. Chinon est alors pour lui une résidence estivale où la cour s’installe seulement en 1427. En mars 1429, il y reçoit Jeanne d’Arc venue le convaincre de se faire sacrer à Reims.

Jeanne d'Arc
Jeanne d’Arc est venue rencontrer Charles VII à la forteresse de Chinon. Cet épisode célèbre de l’épopée Johannique est généralement décrit comme une scène mythique et miraculeuse : « La Reconnaissance ». Il n’en est rien, car Il y eut non pas une, mais deux entrevues à Chinon. La première se déroule le 25 février 1429, deux jours après l’arrivée de Jeanne. Elle est menée jusqu’aux appartements du roi où celui-ci la reçoit en petit comité. Elle est logée dans le donjon du Coudray. Sa virginité est vérifiée par une assemblée de femmes, présidée par la reine de Sicile, Yolande d’Aragon. Puis Charles VII l’envoie à Poitiers pour que ses conseillers et docteurs en théologie puissent juger de sa bonne foi. A son retour, Jeanne est à nouveau reçue par le roi, entre le 27 mars et le 5 avril 1429. Cette seconde audience dite du « signe », prit l’aspect officiel et public qu’on attribue généralement à la première entrevue. Elle marque la fin de l’enquête de Poitiers et tient lieu de présentation officielle de Jeanne. Elle apporte alors au roi une couronne en or qui était « le signe » matériel de sa promesse de mener le roi au sacre, puis elle se retire dans une chapelle voisine.

Prosper Mérimée
Le premier inspecteur général des Monuments Historiques, Ludovic Vitet, est nommé en 1830 par le roi Louis-Philippe. Au gré de ses premières tournées en province, il rédige le rapport fondateur du Service des Monuments Historiques avant de céder sa place dès 1834 à Prosper Mérimée. Mérimée a pour adjoint le jeune Eugène Viollet-le-Duc. En 1839, Mérimée devient vice-président de la commission des Monuments Historiques, fonction qu’il conservera jusqu’à sa mort. Dès 1837, Mérimée propose la création d’une commission des Monuments Historiques composée de sept membres, la plupart familiers du roi Louis-Philippe. Ce service s’intéresse d’abord aux monuments et sites remarquables de la Préhistoire à la Renaissance. Une documentation (sous forme de notes, plans, dessins, photographies …) et des listes de sites sont constituées. Sur le terrain, les architectes attachés à la Commission des Monuments Historiques assurent le suivi des chantiers et l’entretien des édifices inscrits sur les listes. En 1840, la forteresse de Chinon est classée Monument Historique, mais les ruines restent dangereuses, et en 1854 la municipalité demande la démolition des bâtiments. Les chinonais en appellent à Napoléon III pour éviter ce projet et la mobilisation s’organise. L’intervention de Prosper Mérimée est décisive, en 1854. Dans un long rapport, il décrit l’état du château et déplore les dégradations faites sur le monument par les habitants eux-mêmes. En effet, des pierres ont été arrachées à la base des courtines pour fabriquer par exemple des marches d’escaliers. Grâce à Prosper Mérimée une subvention des Monuments Historiques est attribuée au château pour les restaurations qui commencent dès 1857.

En 1182, Henri Déverin, architecte en chef des Monuments Historiques présente le premier projet de restauration des logis royaux [cinq planches aquarelées], pour lequel il obtient une médaille d’argent au salon de Paris. Ces planches d'architecture sont réalisées dans l'esprit troubadour propre au XIXe siècle qui véhicule une vision fantasmée du Moyen-Age. Le projet de restauration comporte plusieurs erreurs dues à une étude archéologique insuffisante. Il est refusé dans sa globalité par la commission supérieure des Monuments Historiques pour son caractère trop audacieux. En 1905, Les amis du Vieux Chinon (aujourd'hui La Société d'Histoire de Chinon, Vienne & Loire) rencontrent Henri Déverin et se portent acquéreurs de ces nouvelles planches désormais exposées à la Forteresse. Sur la façade sud du côté de la Vienne, Henri Déverin a restitué une loggia de style Renaissance, tandis que sur le dessin intitulé Pignon et Perron de la grande salle, le pont menant au fort du Coudray est bien visible alors qu'il devrait être occulté par un passage couvert.

Forteresse royale de Chinon
Crédits : histoire

Conseil Départemental d'Indre-et-Loire
Christophe Raimbault - CD 37
Joël Pairis - CD 37
Frédéric Casanova
Benjamin Silvestre
La Société d'Histoire de Chinon Vienne & Loire

Remerciements : tous les supports
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