1914 – 1918

La Première Guerre mondiale 

Rmn - Grand Palais

« Qui eut dit, lors de sa création, lors de l’immense manifestation pacifique de l’Exposition universelle de 1900, que cet édifice, voué aux Muses (...) allait devenir (...) un refuge pour nos glorieux blessés de guerre, le temple de la Chirurgie et de l’Assistance Médicale consacrée à nos valeureux soldats ? » Henri Deglane

La mobilisation générale
Dès la mobilisation proclamée le 2 août 1914, le Grand Palais est réquisitionné par l'armée. Dans un premier temps, il sert à regrouper les soldats qui transitent par Paris avant de monter au front, et de garage aux véhicules réquisitionnés. 

Mi-août 1944, il devient une caserne car des fusiliers marins sont appelés en renfort pour défendre la capitale. Le Grand Palais est méconnaissable : les bruits des moteurs et autres appels du clairon résonnent sous la nef.

Les cuisines sont installées dans la colonnade qui « de pierre blanche avec sa décoration de mosaïques eut à subir les méfaits des eaux grasses et de la fumée des fourneaux », se souvient Henri Deglane.

Un hôpital militaire exemplaire
Les premiers combats sont meurtriers et les hôpitaux détruits ou débordés. Dès septembre 1914, il est décidé de faire du Grand Palais un hôpital militaire. Il faut adapter les lieux : nettoyer, installer des canalisations, des sanitaires, l'électricité, des poêles, du mobilier, de la literie... Les matériaux sont réquisitionnés, la main d’œuvre trouvée parmi les soldats présents, les équipements médicaux fournis par l'armée, la Croix Rouge et les dons de riches particuliers. Tout est prêt en un temps record de trois semaines ! 

Le 1er octobre 1914, l'hôpital militaire accueille ses premiers blessés, « artilleurs, zouaves, tirailleurs, fantassins, presque tous atteints dans les combats de la Marne », comme l'explique le journal "Le Petit Parisien".

La plupart des blessés étant touchés par des armes nouvelles (tirs d’artillerie et de shrapnel), la médecine doit intervenir sur des corps déchiquetés et mutilés. On opère jour et nuit.

On adapte les lieux aux besoins. On sert jusqu'à 2 000 repas, trois fois par jour.

Un personnel dévoué
Sous la direction du médecin-chef René-Charles Coppin, le personnel compte 400 personnes : 20 médecins et chirurgiens, 330 infirmiers, 40 masseurs, ainsi que du personnel administratif. Au fil du temps, des blessés ayant des connaissances médicales et déclarés inaptes au retour au front viennent compléter l'équipe.
Les anges blancs
110 infirmières bénévoles s'affairent également. Elles se sont engagées suite à l'appel du 4 août 1916 du président de la République aux « femmes munies de titres médicaux et étudiantes en médecine et pharmacie à rejoindre les services de santé » et ont suivi la formation donnée par la Croix Rouge. Le docteur Coppin admire leur courage et leur abnégation.

La presse surnomme les courageuses infirmières volontaires les « anges blancs ». Des cartes postales en font des icônes. Tous admirent leur dévouement.

Des soins d'avant-garde
La mission de l'hôpital est de recevoir des soldats blessés et de les soigner afin de les renvoyer au front. À partir de la fin 1915, l'hôpital se spécialise dans les séquelles motrices. Il développe un service de physiothérapie, c'est-à-dire de rééducation, et devient un établissement pionnier dans ce domaine.

À la création de l'hôpital, un masseur professionnel suédois propose bénévolement ses services. Les bons résultats obtenus amènent la direction du service de santé à s’intéresser à la rééducation motrice.

La rééducation motrice des blessés s’effectue, selon les séquelles, en différents protocoles. Ici, des soins d’hydrothérapie (soins par bains d’eau bouillonnante ou jets d’eau) sont prodigués.

Des protocoles plus expérimentaux sont aussi mis en pratique. Ici, la thermothérapie (soins par air chaud). L'hôpital est à la pointe de l'avant-garde et de la recherche.

Sauf en cas d’invalidité définitive, les séjours durent en moyenne trois à quatre mois. À la fin de leur traitement, 80 % des patients sont déclarés aptes à retourner au front.

Les soldats artistes
Cette triste période entraîne des progrès médicaux considérables : transfusion sanguine, greffes osseuses, reconstitution des chairs... Pour en garder la trace, le service de santé aux armées décide d'employer les talents de soldats artistes. Au Grand Palais, chaque blessé a un dossier comprenant des radios et des photos. Ces documents étant en noir et blanc, le peintre Paul Prévot est chargé de réaliser des aquarelles afin de pouvoir montrer en couleur la cicatrisation. Le sculpteur Fernand David réalise des moulages ou des sculptures en plâtre. Toute cette documentation servira à la formation du corps médical jusque dans les années 1950.
La rééducation professionnelle
L'armée se préoccupe très tôt du retour à la vie civile des mutilés. Au Grand Palais, une école de rééducation professionnelle est mise en place dès 1915 ; elle est aussitôt fréquentée par près de 150 handicapés. Pour répondre aux besoins, une véritable "École de rééducation professionnelle des mutilés de guerre" est organisée. Elle est plus connue sous le nom d’"Atelier du blessé franco-américain", en hommage au bienfaiteur américain William Nelson Cromwell qui la parraine. 

L’éventail des métiers proposés est large : cordonnier, menuisier, ferblantier, encadreur, tailleur, coiffeur, dessinateur industriel... La formation est assurée par des soldats en cours de traitement ou réformés ayant les compétences nécessaires.

Le retour au foyer
L'armistice est signé le 11 novembre 1918. Toutes les communes françaises se dotent d’un monument hommage à leurs soldats-héros. À Paris, au printemps 1919, un projet de sculpture est placé devant le Grand Palais. Sur un socle haut, un poilu va à la rencontre d’une femme portant un jeune enfant sur la hanche gauche. De la main droite, elle lui présente une branche de laurier. Le projet ne sera finalement pas réalisé.
La vie reprend
Après la victoire, la priorité est de relancer l’économie. Le Grand Palais doit être libéré afin que les entreprises puissent réorganiser leurs Salons. Les blessés en fin de traitement partent dès décembre 1918, mais les autres doivent attendre que des places se libèrent ailleurs. L’hôpital ferme en juin 1919.
Le Salon de l'automobile rouvre ses portes
Le "Salon de l'automobile de la paix" ouvre ses portes en octobre 1919. Pour l'occasion, une composition  monumentale est installée devant le Grand Palais : une Victoire de Samothrace dressée sur un tank Renault flanqué de deux lions. Autour, une guirlande de végétaux est ponctuée d'écussons portant le nom des villes martyrs de la guerre. 

Au Salon de l'auto de 1919, cinquante modèles sont à l'essai ! La mémoire de l'hôpital du Grand Palais disparaît.

Crédits : histoire

Nous souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à la conception de ce parcours Grand Palais et celles qui ont apporté gracieusement leur(s) information(s) et documents reproduits.

Remerciements : tous les supports
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