1924 - 2018

Stades

Pavillon de l'Arsenal

L’architecture des stades est une architecture vivante. Elle évolue au rythme de la popularité des clubs, de l’affluence des spectateurs et des besoins de la ville. Des tribunes sont ajoutées, supprimées, modifiées, des tracés perdurent, des mythes disparaissent et d’autres naissent…

Le Parc des Princes (1919). Le site du Parc des Princes doit son nom à l’aménagement par Colbert d’une ancienne réserve de chasse, la forêt de Rouvray. Ce grand parc aux allées rectilignes et convergentes, voulues par le roi Louis XIV, accueille dès 1897 une première enceinte sportive dédiée au vélo. 

Icône des parisiens, le stade

du Parc des Princes était à l’origine, en 1897, un vélodrome au centre duquel était installé un terrain destiné au football

et au rugby, entouré d’une tribune pouvant accueillir 3200 personnes. 

Stade Olympique Yves-du-Manoir (1924). Louis Faure-Dujarric, architecte. 

Le stade olympique Yves du Manoir, à Colombes, est le stade mythique des Jeux Olympiques de 1924, installé sur l’emprise d’un hippodrome de 1884. Acheté en 1907 par le journal quotidien Le Matin, l’hippodrome est transformé en stade, il adopte le nom de son propriétaire et accueille des compétitions d’athlétisme, de rugby et de football.  

40 000 spectateurs assistent en 1924 aux épreuves olympiques dans cette enceinte, choisie et agrandie pour être le stade olympique phare des Jeux à Paris. Dans les années 1990, la vétusté des trois quarts de ses tribunes et la croissante popularité du Parc des Princes aboutissent à une lourde démolition de ses installations. En 2009, le bon classement de l’équipe du Racing Paris permet tout de même la construction d’une nouvelle tribune de 4 900 places, pour une capacité totale de 14 000 places.

Stade Jean Bouin (1925). Jacques Lambert Gustave Saacké, Pierre Bailly, architectes. 

Stade Jean Bouin (1925). Jacques Lambert Gustave Saacké, Pierre Bailly, architectes. 

Stade de l'Union Sportive Métropolitaine à Antony (1928). Gaston Vrolix, ingénieur. 

En 1932, le Parc des Princes devient le centre du développement d’un quartier résidentiel desservi par de larges avenues, dont celle du Parc des Princes subsiste aujourd’hui. Plusieurs fois modifiée et agrandie, cette nouvelle enceinte est un haut lieu des compétitions sportives de la ville. 

La piste cyclable en béton de 666,66 m, surmontée d’une tribune de 3 200 places, accueille dès lors de nombreuses manifestations sportives, dont le mémorable match de boxe opposant Robert Charron à Marcel Cerdan (25 mai 1946), ainsi que chaque arrivée du Tour de France jusqu’en 1967, année où Raymond Poulidor remporte l’étape.

Tribunes du parc des Sports de Courbevoie (1936). F. Nanquette, architecte. 

Roland-Garros (1949). La première édition du tournoi a lieu en 1891. Le choix du site actuel du tournoi remonte à un des hauts faits d’armes du sport moderne français : la victoire, en finale de la Coupe Davis en 1927, de l’équipe de France et de ses « mousquetaires » sur les États-Unis, détenteurs du trophée depuis 1920... 

... Ce triomphe a pour conséquence, selon le principe du Challenge Round, que la France – qualifiée directement pour la finale l’année suivante – accueille le finaliste. Aucune structure existante n’étant adaptée, un stade est construit en neuf mois seulement ! 

Faure-Dujarric parvient ici aussi à édifier très vite un stade de cinq courts à l’orée du bois de Boulogne. Il impose une structure toute en béton avec des garde-corps en croisillons, dont la forme – une croix de saint André – est devenue l’élément d’identification de cette architecture sportive. Dès mai 1928, avec des tribunes démontables, ainsi que le matériel et les tentes en location, le stade est prêt à recevoir les Internationaux de France et adopte aussitôt le nom de Roland-Garros. 

En 1952, l'ensemble des tribunes du Parc des Princes sont couvertes. 

En 1972, l'architecte Roger Taillibert conçoit le nouveau Parc des Princes. Le passage du périphérique en dessous, a nécessité d’accomplir une véritable prouesse technique au niveau des fondations. Des piliers souterrains, encadrant le tunnel routier, offrent ainsi des points d’appui permettant de supporter les 77 000 m3 de béton et les 7 000 t d’acier de l’enceinte. 

Roger Taillibert construit une série de cinquante portiques, chacun de profil différent, reliés par un bandeau dont la projection en plan est proche des limites rectangulaires du terrain. Chaque portique est constitué d’un poteau en béton précontraint et d’un bras « en fléau » – caractéristique remarquable rythmant l’extérieur de l’enceinte – sur lequel le bandeau prend appui.  

À l’intérieur de l’enceinte, dont la capacité totale envisagée avoisine les 50 000 places, 25 km de gradins offrent une vue exceptionnelle sur l’aire de jeu en tous points. L’ambiance et les qualités spatiales du stade contribuent au mythe du « parc ». 

Le Palais Omnisport de Paris-Bercy (1984). Michel Andrault, Aydin Guvan et Pierre Parat, architecte avec Jean Prouvé, ingénieur. 

L'idée d'un projet d'aménagement de Paris-Bercy émerge au cours des années 1970 pour remplacer le Vélodrome d'hiver détruit en 1959 et élargir l'offre de loisirs et de spectacles dans la capitale. 

Le Palais omnisports de Paris-Bercy prend alors la forme d'une monumentale pyramide tronquée qui s'aligne horizontalement à la Seine, en prolongement du futur parc de Bercy, aménagé par Bernard Huet à partir de 1993. 

Ses parois inclinées recouvertes de pelouse se fondent avec la végétation du parc et cachent un volume impressionnant, rendu possible par une structure modulaire prodigieuse oeuvre de Jean Prouvé. 

Stade Sébastien-Charléty (1994). Henri et Bruno Gaudin, architectes. 

Stade de France (1998). Michel Macary, Aymeric Zublena, Michel Regembal, Claude Constantini, architectes. 

Inauguré en 2013, le nouveau stade de rugby Jean-Bouin (2010-2013) conçu par l'architecte Rudy Ricciotti peut accueillir 20 000 spectateurs. 

STADES 

Roland Garros (2015). Atelier d'architecture Chaix & Morel et associés / ACD Girardet et associés / Daniel Vaniche et associés 

Si le tournoi de Roland-Garros est devenu un événement majeur et un rendez-vous incontournable du sport professionnel mondial, le stade est victime de son succès, son triangle historique saturé. En 2010-2011, la Fédération française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi, lance un appel d’offres pour rénover ou déplacer le stade Roland-Garros. En février 2011, la FFT décide de rester à Paris.

Projet de rénovation du court central Philippe-Chatrier (ACD Girardet & Associés, Daniel Vaniche et Associés) 

Palais Omnisport de Paris-Bercy (2015). Daniel Vaniche et Associés + DDVD, architectes ingénieurs

Palais Omnisport de Paris-Bercy (2015).  Daniel Vaniche et Associés + DDVD, architectes ingénieurs

Aren'Ice (2016). Chabanne & Partenaire, architectes; Capterre, paysagiste. 

L’objectif de la communauté d’agglomération Cergy-Pontoise est d’ouvrir l’Aren’Ice, véritable temple du hockey sur glace, plaine des Linandes, en 2016. Ce futur équipement comprendrait deux patinoires aux normes internationales (d’une capacité globale de 4 200 spectateurs).

Aren'Ice (2016). Chabanne & Partenaire, architectes ; Capterre, paysagiste

Grand stade de la Fédération Française de Rugby (2018). Populous, architecte mandataire, Ateliers 234, architectes associés. 

Grand stade de la Fédération Française de Rugby (2018). Populous, architecte mandataire, Ateliers 234, architectes associés. 

Autant de projets qui, par leur échelle et leur multifonctionnalité, posent de réels défis à la fois aux concepteurs, qui se doivent d’inventer de nouvelles typologies, hybrides pour la plupart, n’ayant plus grand-chose à voir avec les stades et tribunes du passé, aux gestionnaires de ces gigan­tesques machines et aux planificateurs de l’Île-de-France.

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