1850 – 2013

Immortaliser Versailles 

Château de Versailles

Depuis le milieu du XIXème siècle, la photographie accompagne les destinées du château de Versailles. Elle nous rappelle que le château a évolué entre hier et aujourd'hui, tout en se faisant l'écho des continuités de l'Histoire.  Images d'archives ou expression artistique, les photographies concourent au dessein de Louis XIV: rendre Versailles immortel.

I. Le pouvoir en héritage 

Jusqu'au XXe siècle, des revues militaires se sont tenues sur la place d'Armes, comme sous l'Ancien Régime. Sur les photographies, l'évocation symbolique du château de Versailles renforce la mise en scène militaire - Revue pour le centenaire de la naissance du général Hoche, 1868. 

Mais la puissance militaire sert également l'image du château, comme dans un écho où il serait question du pouvoir - Pièces d'artillerie sur la place d'Armes, vers 1870. 

Sous l'Ancien Régime, le lit du souverain était un attribut du pouvoir - La chambre de Louis XIV à la fin du XIXème siècle. 

La chambre du roi, aujourd'hui.

En s'attardant sur les chambres des différents rois, empereurs et chefs d'Etat à Versailles, les photographes perpétuent, peut-être sans le savoir, cette tradition de la représentation - La chambre de Louis-Philippe au Grand Trianon à la fin du XIXème siècle.

Certes, le mobilier et les décors évoluent au gré des époques ou des chantiers de restauration - La chambre du général de Gaulle, dans les appartements aménagés au Grand Trianon en 1966. 

A l'époque contemporaine, le bureau de travail devient le lieu symbolisant la fonction de chef   d’Etat - Cabinet de travail de Napoléon Ier au Grand Trianon, vers 1870. 

Par leur similitude souvent saisissante, ces images évoquent la continuité du lien entre Versailles et le pouvoir - Bureau du général de Gaulle au Grand Trianon, 1966. 

Sous l'Empire comme sous la République, Versailles a servi de cadre à de nombreuses réceptions de chefs d'Etat étrangers - Réception pour la reine Victoria d’Angleterre dans la galerie des Glaces, en 1855.

Des reportages photographiques ont souvent été réalisés pour garder le souvenir des salons ameublés et décorés pour la circonstance - Réception en l’honneur du tsar Nicolas II de Russie dans la galerie des Batailles en 1896.

Absent de ces images, l'événement lui-même n'en est pas moins présent par suggestion - Réception en l’honneur de J.F. Kennedy, président des Etats-Unis, dans la galerie des Glaces en 1961. 

La galerie des Glaces aujourd'hui.

La présence des convives donnera lieu à d'autres prises de vue, que l'Histoire a le plus souvent retenues - La salle du Sacre aménagée pour le sommet des sept pays industrialisés (G7) à Versailles, juin 1982. 

II. Outrages

Les statues, sentinelles silencieuses de Versailles, sont-elles immobiles à jamais ? - Statue de Louis XIV  par Martin Desjardins dans l’Orangerie de Versailles.  

Certaines occasions nécessitent de les mouvoir pour les installer ailleurs, les restaurer ou les  protéger - Transport des statues de la galerie de pierre de l’aile du Nord à destination de la Grande Écurie, mars 1956. 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, elles furent retirées de leurs socles ou abritées des bombardements par des dispositifs très          élaborés -  Groupe sculpté d'« Apollon servi par les nymphes » par François Girardon et Thomas Regnaudin au XXe siècle. 

Les photographes qui saisissent ces instants délivrent des images émouvantes de ces oeuvres momentanément déchues, dont les expressions prennent alors une toute autre signification - Statue équestre de Louis XIV, dépose de la statue le 20 février 2006. 

En décembre 1999, une tempête d'une très grande violence mit à bas plus de 10 000 arbres du parc de Versailles - Vue du Grand Canal au lendemain de la tempête. 

Elle s'inscrivait à la suite d'une longue liste d'ouragans qui ont régulièrement porté atteinte à l'ordonnancement du jardin d'André Le Nôtre - Le Moulin et le lavoir du Hameau de la Reine détruits en novembre 1929.

Défi de la nature, revanche sur l'ouvrage qui prétendait la soumettre, ces épisodes ont contraint les hommes à une perpétuelle réparation - Les jardins de Versailles après la tempête de février 1990. 

Ne restent de ces événements que les images spectaculaires que le vent avait provoquées - Les bosquets du parc de Versailles, après la tempête de décembre 1999. 

Il n'est de monument qui ne subisse les injures du temps et ne se dégrade. Mais pour remettre en état le château de Versailles et lui rendre sa beauté, il faut d'abord le dépouiller de ses artifices -Remise en état des salles de l’attique Chimay au-dessus des appartements de la reine, 1953.

Défaire avant de refaire... Est alors révélé ce qui aurait dû rester caché : les armatures, la pierre, la charpente - La chambre de la reine d’Angleterre au Grand Trianon lors des travaux de restauration en 1963-1966. 

Boiseries, ors et stucs ne viendront qu'ensuite rétablir le monument dans sa dignité - Restauration du décor mural de la salle du Maroc, dans l’aile du Nord en 1960. 

III. Regards d'initiés 

Eugène Atget (1857-1927) est venu photographier Versailles en deux temps : de 1901 à 1906 puis dans les années vingt - Le bosquet de la Colonnade au début du XXème siècle. 

Tous ses clichés ont pour sujet le parc, dont le photographe cherche à déchiffrer les caractéristiques - Détail du bosquet de la Colonnade au début du XXème siècle.

De manière minutieuse et appliquée, il analyse la composition géométrique du paysage - Le parterre d’Eau au début du XXème siècle.  

Il met aussi volontiers en relation végétaux et œuvres sculptées, comme pour mieux exprimer leur complémentarité dans le jardin d'André Le Nôtre - Le bosquet de l’arc de Triomphe au début XXème siècle.

Le patrimoine artistique et architectural figure en bonne place dans le travail du photographe Pierre Jahan (1909-2003) - Escalier des premières cent marches, 1965. 

Il s'est intéressé aux lignes de fuite et perspectives qui font tant Versailles - « Versailles, ou la sortie du jeudi », 1965.

Dans les années 1960, Pierre Jahan opte pour une vision humaniste - Vieil homme assis au pied de la façade, côté parc. 

Il revient  à Versailles dans les années 1980 pour une expérience au Fish Eye - L’escalier de la terrasse du parterre d’Eau, 1982. 

Vasco Ascolini (1937), qui a débuté comme photographe de théâtre, voit en Versailles un espace scénique - Les appartements de Versailles, vers 1990. 

Il met en avant les effets de miroirs, les jeux d'ombre et les contrastes - Le salon de l'Abondance, 1990. 

Le salon de l'Abondance, aujourd'hui.

Il révèle la sensualité de la pierre  comme du    marbre - Voûtes de l’Orangerie, vers 1990. 

Ses photographies célèbrent ainsi la beauté de Versailles avec respect et délicatesse - La cour des Princes, passage vers les jardins, vers 1990. 

Crédits : histoire

Présidente du château de Versailles — Catherine Pégard
Directeur du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon  — Béatrix Saule
Commissaire de l'exposition — Karine McGrath
Administrateur général — Thierry Gausseron
Directrice de la Communication — Ariane de Lestrange
Chef de projet multimédia sur l'exposition — Maïté Labat

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
Traduire avec Google
Accueil
Explorer
À proximité
Profil