1638 – 1715

Louis XIV

Château de Versailles

La construction d'une image politique
Sous Louis XIV, l’art est officiellement organisé pour servir la gloire du prince et devient instrument du pouvoir. Une philosophie de la souveraineté  s’élabore à partir d’arguments puisés dans l’histoire antique et d’une idée du gouvernement, inspirée de Machiavel.
Portrait officiel de Louis XIV

La représentation du roi, de ses actions et de ses bienfaits, participe à l’exaltation de la grandeur du souverain.

Louis XIV est l’homme le plus portraituré du royaume. La multiplication de ses images permet leur diffusion sur tout le territoire.

I. Le roi, l'homme et la postérité

Louis XIV est représenté, à l’âge de 15 ans environ, en vêtement militaire de parade. 

Que Bernin, architecte et sculpteur de Rome, accepte de se rendre en France, n’est pas anodin : il est attiré par l’effervescence créatrice dès le début du règne de Louis XIV tant à Paris qu’à Versailles. 

Antoine Benoist, « peintre du Roi et son unique sculpteur en cire coloriée », exécuta au moins  onze portraits de Louis XIV. Celui-ci, réalisé vers 1705, surprend par son réalisme sans concession. Il est vraisemblable que l’artiste a pu l'élaborer à partir de plusieurs empreintes directes sur le visage du roi.

Portrait en cire de Louis XIV par Antoine Benoist

L’image sert à la fois d’aide-mémoire et de substitut à la personne vénérée. 

La gravure fournit le moyen le plus facile pour la diffusion et l’utilisation médiatique. 

La presse, et notamment « La Gazette », s’empare immédiatement  des images à des fins publicitaires.

Vers 1670, Jean Nocret représente Louis XIV et la famille royale par le biais du travestissement.

La monarchie s’inscrit dans le temps. Les arts participent à la célébration d’une mémoire du pouvoir.

Ainsi le lien avec les règnes antérieurs, de César à Saint Louis, est affirmé ; tout autant que l’est le principe dynastique du prince et de sa descendance.

La Renommée tenant la trompette présente au temple de l’immortalité le nom du souverain inscrit sur un phylactère : « Ludovicus XIV victor immortalis  » ; elle triomphe du temps, personnifié par un vieillard portant la faux.

II. Images symboliques : le recours à l'allégorie

Statue de Louis XIV par Jean Warin

Le XVIIe siècle est une période littéraire où règne la métaphore. La culture est fondée sur les références au passé.

L’héritage de l’Antique et les modèles de la Renaissance fournissent un répertoire d’images symboliques et de mythes. L'aura du dieu ou du demi-dieu déteint sur le roi.

Un mythe que le roi a voulu se réserver prend tout son sens à Versailles : le soleil.

L’image du dieu Apollon est liée à celle du soleil, centre de l’univers, source de chaleur et d’harmonie. Le parallèle entre l’ordre de la nature et l’ordre politique est d’une lecture évidente pour les contemporains.

Le thème se décline sur les murs du  Château comme dans les jardins de Le Nôtre. 

La grotte de Thétis, aujourd'hui disparue,  se réfère au mythe cosmique de la course du soleil, de l'aurore à son coucher. 

III. Le « roi gouverne » :  pouvoir temporel et pouvoir sacré

La monarchie absolue est religieuse. En France, elle cherche à susciter autour de la personne royale un sentiment d’admiration et de ferveur qui rejoint l’émotion religieuse.

La diplomatie à Versailles : 

Les réceptions des ambassadeurs donnent lieu dans la galerie des Glaces à des festivités raffinées, remarquées de la cour.

Réparation faite à Louis XIV par le doge de Gênes, dans la galerie des Glaces de Versailles, le 15 mai 1685

La lutte contre le protestantisme :

Louis XIV révoque l'édit de Nantes en 1685. Le sculpteur Thomas Gobert représente le roi écrasant l'hérésie sous les traits d'une vieille femme.

Allégorie à la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV en 1685

IV. Images historiques : le roi de guerre et le roi de paix

Les représentations guerrières restent plus nombreuses  que les images commémorant la paix.

Après les mythes antiques et mythologiques, le nouveau mythe de

Louis XIV repose sur une rhétorique moderne du langage historique.

Le récit de l'Histoire du Roy est un moyen pour le monarque d'affirmer son pouvoir sur l'histoire.

Louis XIV aime passionnément la gloire militaire. Il n'a de cesse d'agrandir la France aux dépens des Habsbourg d'Espagne. La guerre de Dévolution (1667-1668), close par la paix d'Aix-La- Chapelle et celle de Hollande (1672-1678), terminée par le traité de Nimègue, donnent à la France une partie de la Flandre et la Franche-Comté.

En 1671, Louis XIV décide de rentrer en guerre contre les Hollandais. Charles Le Brun immortalise ce haut fait de guerre dans la galerie des Glaces.
En 1674, Louis XIV conquiert pour la deuxième fois la Franche-Comté. Charles Le Brun représente le roi immobile au milieu du tumulte de la guerre.

Pierre Mignard, rival de Charles Le Brun, peint à son tour Louis XIV devant le siège de Namur en 1692.

Louis XIV explique au Dauphin le choix de sa devise  « Nec pluribus impar » dans ses Mémoires : 

« Ceux qui me voyaient gouverner avec assez de facilité et sans être embarrassé de rien, dans ce nombre de soins que la royauté exige, me persuadèrent d’ajouter le globe de la terre, et pour âme nec pluribus impar : par où ils entendaient ce qui flattait agréablement l’ambition d’un jeune roi, que, suffisant seul à tant de choses, je suffirais sans doute encore à gouverner d’autres empires, comme le Soleil à éclairer d’autres mondes, s’ils étaient également exposés à ses rayons ».

V. Le monarque, prince des arts et des sciences

Allégorie de Louis XIV, protecteur des Arts et des Sciences
Protection accordée aux Beaux-Arts

L’organisation pyramidale des arts converge vers le roi, en son sommet.  Le système des académies répond à cette volonté d’encadrer toutes les formes de pensées au service de la glorification du monarque. Charles Le Brun est le grand ordonnateur de ce système.

A la Manufacture royale des meubles de la couronne, plus de 250 personnes travaillaient à la réalisation des meubles, objets, tentures,  destinés à décorer les maisons royales.

Rien n’est assez beau pour le souverain. Né de la volonté personnelle du Roi, Versailles requiert toutes les attentions et devient le lieu de tous les possibles.

Le roi pose au milieu des membres de l’Académie des Sciences. Globe, sextants, traités scientifiques, plan du canal des Deux-Mers illustrent les objets d'étude de la nouvelle académie.

Sur son lit de mort le 1er septembre 1715,

Louis XIV aurait prononcé les mots suivants :

“Je m'en vais , mais l'Etat demeurera toujours”

Crédits : histoire

Présidente du château de Versailles — Catherine Pégard
Directeur du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon — Béatrix Saule
Commissaire de l'exposition en ligne — Béatrice Sarrazin
Administrateur général  — Thierry Gausseron
Directrice de la communication  — Ariane de Lestrange
Chef de projet multimédia sur l'exposition — Maïté Labat

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
Traduire avec Google
Accueil
Explorer
À proximité
Profil