1650 – 1830

 Indiens des plaines

Musée du quai Branly - Jacques Chirac

Les peaux peintes, entre abstraction et figuration

Avant l'introduction des vêtements en tissu, importés par les Européens, les indiens portaient des peaux tannées de cerf, de caribou ou de bison. La plus ancienne date de 1550. Le musée du quai Branly possède une exceptionnelle collection de robes du XVIIIème siècle. Selon la tradition des indiens des plaines (parmi lesquels figurent les célèbres Sioux, Cheyenne, Crows, Comanches et Pawnees), les femmes dessinaient des motifs géométriques abstraits tandis que les hommes réalisaient des pictogrammes figuratifs. Pourtant, la plupart des robes combinent ces deux motifs : leur signification est souvent mystérieuse. 

A première vue, ce dessin est purement abstrait. On y trouve l'habituel triangle allongé, qui renvoie à la fois à la plume et à la lance, et les couleurs traditionnelles (noir, rouge, ocre).

En regardant plus attentivement, on distingue au centre un cercle rouge accompagné d'un petit triangle rouge. On reconnaît alors l'oeil, le bec de l'oiseau tonnerre et ses deux grandes ailes déployées. 

L'oiseau tonnerre est un animal totémique primordial dans la culture indienne. Ses plumes allongées accentuent la ressemblance avec la foudre. L'orientation inhabituelle de celui-ci semble montrer qu'il s'abat du haut du ciel sur sa proie, ou sur des hommes ?

Cette robe mêle encore motifs géométriques (au centre) et figuratifs (hommes et animaux). Aux triangles et losanges s'ajoutent des lignes, des croix, des pointillés et des cercles.

Parmi les animaux, on trouve de nouveau des oiseaux de proie. Les indiens louent leur rapidité et leur vision perçante, surplombante.

Parmi les insectes est dessiné un papillon, qui occupe une place de choix dans les visions et les rêves des indiens, en tant que symbole de transformation, de conscience de soi.

Deux hommes aux corps ornés de peintures, emportés par leur danse, secouent des hochets, brandissent des calumets avec des pendentifs de plumes. C'est la danse du calumet pratiquée par les indiens Illinois, au cours de laquelle était mimé un affrontement entre le calumet et un guerrier armé. Le calumet est un objet sacré, porteur de paix et de cohésion.

Certaines peaux peintes retracent les combats glorieux des guerriers, attisent leur bravoure. Celle-ci se lit de droite à gauche et retrace les prouesses de deux grands guerriers Lakotas, en 14 épisodes, avec 60 personnages. 

De nombreux guerriers sont à cheval. Celui-ci a fait son apparition en 1519 lors que les Espagnols ont envahi le Mexique avant de chevaucher vers le nord pour coloniser le Nouveau-Mexique. A partir de l'arrivée du cheval, la guerre fait partie du quotidien des plaines. Les tribus s'affrontent sur les terrains de chasse, les guerriers lancent des raids pour acquérir des chevaux et se battent pour remporter prestige et honneur.

Les Lakotas sont représentés avec une tête ronde et un chignon sur le front. Chez les indiens des plaines, le torse humain est toujours représenté sous forme d'un long trapézoïde avec des bras maigres et noirs et de longues jambes fuselées.

Cette robe, bien que figurative, ne présente aucune indication d'éléments paysagers. Pas de montagne, ni même d'arbres qui pourraient figurer un lieu. La scène a un caractère intemporel qui permet au conteur de contextualiser l'action à sa guise.

Après l'arrivée des Européens, les peaux peintes ont changé de style puis disparu. Celle-ci présente une double imagerie indienne et européenne, ainsi que des textes : c'est la robe dite des trois villages.

En haut de la peau peinte, on distingue quatre maisons de type européen : une croix domine leur toiture. 

Une bataille se déroule en bas de la peau : des guerriers nus défendent une dizaine de huttes coniques face à des guerriers habillés de pagnes.

Un scalp est aussi présent sur cette peau. Cette pratique traditionnelle de guerre ou de vengeance visait à menacer l'accès de la victime à la vie éternelle. 

Le soleil et la lune sont au centre de cette peau peinte. Avec la terre, ce sont les puissances primordiales qui donnent à la forme ronde une place de choix dans l'esthétique des indiens des plaines. Le soleil était notamment célébré lors des danses du soleil, une fois par an pendant le solstice d'été, durant huit jours.

Crédits : histoire

Directrice du développement culturel — Hélène Fulgence
Conception de l'exposition en ligne — Cécile Renault, adjointe au directeur du développement culturel
Cette présentation a été réalisée à l'occasion de la présentation au musée du quai Branly de l'exposition Indiens des Plaines, du 8 avril au 20 juillet 2014  — Commissaire : Gaylord Torrence

Remerciements : tous les supports
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