1867 – 1934

Marie Curie

Musée Curie

“Je suis de ceux qui pensent que la Science a une grande beauté.”
Marie Curie, citée par Ève Curie in "Madame Curie", 1938

La vie entière de Marie Curie est consacrée à la Science et son parcours est celui d’une pionnière : après avoir découvert, avec Pierre Curie, deux nouveaux éléments chimiques radioactifs (1898), elle est la première femme professeur à la Faculté des Sciences de la Sorbonne (1906), à siéger aux Conseils de Physique Solvay (1911-1933), membre de l’Académie de médecine (1922), deux fois lauréate du prix Nobel (1903 et 1911)...

L'évocation de sa vie et de son oeuvre scientifique permet de redécouvrir un pan majeur de l'histoire du XXème siècle.

Les enfants Sklodowski dont Maria au centre, 1872
Maria, son père et ses soeurs, 1890

Varsovie – Paris 1867>1895

Maria Sklodowska est le cinquième enfant d’une famille d’enseignants polonaise. Elle naît en 1867 à Varsovie, capitale de l’ancien royaume de Pologne annexée par la Russie.

Malgré des résultats scolaires brillants, le règlement de l’Université de Varsovie ne permet pas aux jeunes filles d’accéder aux études supérieures. Maria donne des leçons particulières pour subvenir aux besoins de sa famille, notamment de sa sœur Bronislawa, étudiante en Médecine à Paris.

Elle la rejoint à Paris en 1891 et s’inscrit à la Faculté des Sciences de la Sorbonne.

Maria Sklodowska à Paris en 1892
Pierre Curie en 1904
Pierre Curie parmi un groupe d'enseignants de l'EMPCI, 1894

Pierre Curie est un physicien confirmé.

Il est connu dans la communauté scientifique pour ses travaux sur la piézoélectricité, le magnétisme et la symétrie. Il est également apprécié pour ses talents d’expérimentateur et son esprit vif.

Professeur à l’École municipale de Physique et Chimie Industrielles de la ville de Paris, il y enseigne la physique générale.

Marie et Pierre Curie pour leur mariage en 1895

Maria Sklodowska entreprend en 1894 une étude sur les propriétés magnétiques de certains aciers.

Elle rencontre Pierre Curie, spécialiste du magnétisme.

Ils se marient le 26 juillet 1895 à Sceaux, dans l’intimité.

Ils auront deux enfants : Irène en 1897 et Ève en 1904.

“Ce serait cependant une belle chose à laquelle je n’ose croire, que de passer la vie l’un près de l’autre, hypnotisés dans nos rêves ; votre rêve patriotique, notre rêve humanitaire et notre rêve scientifique.”

Lettre de Pierre à Marie, août 1894
Marie et Pierre Curie dans leur laboratoire, vers 1898

Une oeuvre commune 1895>1905

Sur les conseils de Pierre Curie, Marie décide d’étudier les propriétés des rayonnements découverts par Henri Becquerel. Elle donne le nom de radioactivité au phénomène qu’elle observe.

En 1898, Pierre et Marie Curie découvrent ensemble deux nouveaux éléments chimiques radioactifs, présents en très faible quantité dans des minerais d’uranium : le polonium et le radium.

En juin 1903, Marie Curie soutient sa thèse de doctorat d’Etat sur “les nouvelles substances radioactives”.

Pierre et Marie Curie sortent de l’anonymat quelques mois plus tard lorsqu’ils deviennent les lauréats, avec Henri Becquerel, du prix Nobel de physique : leurs travaux scientifiques contribuent à une nouvelle conception de l’atome et de la matière.

Cette distinction bouleverse la vie du couple de savants et récompense leurs recherches communes.

Pierre et Marie Curie dans leur laboratoire, vers 1898

“Nous croyons donc que la substance que nous avons retirée de la pechblende contient un métal non encore signalé. Si l’existence de ce nouveau métal se confirme, nous proposons de l’appeler « Polonium », du nom du pays d’origine de l’un d’entre nous.”

P. Curie et M. S.-Curie, Comptes rendus à l’Académie des Sciences, 18 juillet 1898

Malgré la notoriété acquise avec le prix Nobel, les conditions de travail du couple ne sont pas satisfaisantes et la séparation chimique du radium est longue et délicate.

En 1904, une chaire de physique est créée à la Faculté des Sciences de la Sorbonne.

Pierre Curie y est nommé professeur. Pierre et Marie Curie installent un petit laboratoire dans une annexe de l’Université, rue Cuvier. 

Le 19 avril 1906, Pierre Curie est victime d’un accident mortel, en se rendant à pied à une séance de l’Académie des sciences, à Paris. Il avait 46 ans. 

Il laisse Marie seule avec ses deux filles pour poursuivre leurs recherches.

Ève, Marie et Irène Curie, 1908
Carte de visite de Marie Curie après l'obtention de sa chaire de professeur à la Sorbonne en 1908

Après le décès de Pierre Curie, tout en prenant soin de l’éducation de ses deux filles, Marie Curie continue ses recherches.

Elle reprend l’enseignement de physique de son mari, à l’endroit où il l’avait interrompu, et devient la première femme professeur à la Sorbonne. 

C’est une période éprouvante pour Marie Curie.

Elle obtient cependant une reconnaissance scientifique internationale : en 1911, le prix Nobel de chimie lui est attribué.

“Le travail chimique qui avait pour but d’isoler le radium à l’état de sel pur et de la caractériser comme un élément nouveau, a été effectué par moi, mais se trouve intimement lié à l’œuvre commune.”

Marie Curie, conférence Nobel, 1911

Épreuves et succès 1906>1918

Institut du Radium, pavillon Curie dans les années 1920
Marie et Irène Curie et leurs élèves du corps expéditionnaire américain, 1919

Marie Curie obtient enfin la création d’un laboratoire destiné aux recherches sur les rayonnements et aux études de leurs effets biologiques : l’Institut du radium est inauguré en 1914. Irène y rencontrera son futur mari Frédéric Joliot.

Pendant la Première Guerre mondiale, Marie Curie participe à l’organisation du service radiologique des armées.

Elle équipe des véhicules, surnommées les « petites Curie », avec du matériel mobile et forme les équipes de manipulateurs.

Marie Curie au volant d'une "petite Curie", 1917

Une figure internationale 1918>1934

De part son statut de personnalité scientifique incontournable, Marie Curie participe à de nombreux congrès scientifiques et médicaux dans le monde entier. 

Son laboratoire est un modèle dans l’étude des corps radioactifs et l’utilisation des radiations dans la lutte contre le cancer se développe.

Marie Curie au premier Conseil Solvay, 1911

Grâce au Dr. Regaud, elle crée d'ailleurs en 1920 la Fondation Curie qui va rapidement devenir une référence internationale dans le traitement des cancers par les rayonnements.

Malheureusement, le radium est précieux et rare, bien que nécessaire à la poursuite de ses recherches. 

En 1921, une collecte est organisée par une journaliste américaine pour offrir un gramme de radium à Marie Curie. Elle se rend aux Etats-Unis où elle est accueillie triomphalement.

En 1922, Marie Curie est élue membre de l’Académie de médecine et de la Commission internationale de coopération intellectuelle de la Société des Nations.

Marie Curie et le Président américain W.G. Harding, 1921
Visite de l'Institut du Radium par le Président français G. Doumergue, 1928

“Les membres soussignés pensent que l’Académie s’honorerait en élisant comme membre associé libre Madame Curie, en reconnaissance de la part qu’elle a prise à la découverte d’une nouvelle médication: la curiethérapie.”

Académie de médecine, 7 février 1922

La reconnaissance se fait internationale. Marie Curie est amenée à visiter de nombreux pays pour défendre les activités scientifiques de son laboratoire et rencontrer ses homologues savants.

Marie et Irène Curie à Rio de Janeiro, 1926
Marie Curie plantant un arbre à l'Institut du Radium de Varsovie, 1932
Institut du Radium de Varsovie, 1930

Sous la direction de Marie Curie, les recherches sur les radiations se développent à l'Institut du Radium. Sa fille Irène et son gendre Frédéric Joliot y découvrent la radioactivité artificielle en 1934.

Elle ne verra cependant pas leurs travaux récompensés par le prix Nobel de chimie en 1935 : Marie Curie s'éteint le 4 juillet 1934 en Haute-Savoie.

À travers sa vie et son œuvre, Marie Curie incarne à la fois la réussite féminine et le dévouement à la science.

Elle fait partie des grandes figures scientifiques du XXème siècle.

Marie Curie sur la terrasse du Laboratoire Curie à l'Institut du Radium, 1923
Crédits : histoire

R. Huynh, Directeur du Musée Curie
N. Pigeard, Responsable des archives du Musée Curie
A. Massiot, Archiviste aux archives du Musée Curie
X. Reverdy-Théveniaud, curateur adjoint

Remerciements : tous les supports
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