Parcours thématique : Héros

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Partez à la rencontre de figures héroïques réelles ou légendaires, à travers douze œuvres des collections du musée, de l’Antiquité au XXe siècle. Découvrez des héros mythologiques, singularisés par leurs fabuleuses aventures et leurs liens étroits avec le monde divin, aux combattants - parfois controversés - de l’Histoire, qui ont marqué leur temps par leurs actes politiques ou guerriers. La portée narrative et symbolique de leurs destins en a fait d’inépuisables sources d’inspiration pour les artistes. Les pistes audio qui alimentent la galerie sont issues de l'audioguide du musée.

Œnochoé, Héraklès et le lion de Némée
Grèce, Athènes, 1er quart du Ve siècle avant J.-C., céramique à figures noires et rehauts colorés.

Parmi les 12 travaux réputés irréalisables que lui impose le roi de Tirynthe, Héraklès doit combattre le lion de Némée, qui terrorise la région d’Argolide en dévorant ses habitants. Il parvient à le vaincre à mains nues, en l’étouffant, à la suite d’un combat acharné.

Héraklès est la seule figure mythologique honorée dans toutes les régions du monde grec antique. Il est aussi le seul à se voir accorder l’immortalité et à siéger parmi les dieux de l’Olympe.

Sur la panse de cette œnochoé, vase utilisé dans l’Antiquité pour le service du vin, est représenté Héraklès (Hercule pour les romains) luttant avec un lion.

Au-dessus d'Héraklès et du lion sont suspendus les attributs du demi-dieu: massue et peau léonine.

Statère de Vercingétorix
Gaules Milieu du 1er siècle avant J.-C., Or

Vercingétorix, bien que vaincu, a été érigé en héros au sortir des temps troublés de la révolution, période durant laquelle la France exalte un sentiment national et redécouvre son passé.

Ce statère en or, frappé pendant la conquête des Gaules par Jules César, a été découvert dans le Puy-de-Dôme en 1852. C’est l’une des plus célèbres monnaies gauloises. Les dernières lettres du nom du chef gaulois Vercingétorix -RIXS- sont encore lisibles au pourtour de cette monnaie très rare.

Cette monnaie ne montre pas à proprement parler le portrait de Vercingétorix le chef gaulois : elle a pour modèle une monnaie grecque ou romaine représentant Apollon.

Revers du statère

Ce statère en or est l'une des plus célèbres monnaies gauloises... Il a été frappé en 52 avant J.-C. à l'époque de la conquête des Gaules par César...
Saint Georges terrassant le dragon
Lucien Bégule et Eugène Grasset, 1889, verre et plomb

Au Moyen Âge, saint Georges incarne l’idéal chevaleresque et le symbole de la victoire du bien sur le mal.

Georges, officier de l’armée romaine, traverse un jour une cité terrorisée par un dragon insatiable qui exige un tribut quotidien de jeunes personnes tirées au sort.

Entendant au loin les pleurs de la princesse, désignée à son tour pour subir ce funeste destin, Georges décide d’affronter le monstre, qu’il terrasse d’un coup de lance.
Acclamé, il déclare qu’il est l’envoyé de Dieu. Face à ce miracle, le peuple accepte alors de se convertir au christianisme.

La légende de saint Georges et le dragon
Scène de bataille
Francesco Bassano, 1585-1590, Huile sur toile

Le peintre vénitien Francesco Bassano met ici en scène la prise de Naples par le roi de France Charles VIII, désireux de reconquérir cette ancienne province française. Or, cette bataille n’a jamais eu lieu...

Le 22 février 1495, Charles VIII se voit remettre les clés de la ville sans avoir à combattre, puisque le roi d’Espagne Ferdinand II, détenteur du royaume de Naples, a fui devant l’arrivée de ses troupes.

En représentant le roi de France en combattant valeureux, l’artiste fabrique un héros. Il accentue le caractère imaginaire de la scène en la plongeant dans une atmosphère ténébreuse à l’éclairage irréaliste.

David rendant grâce à Dieu après la mort de Goliath
Anonymous, 1st half of the 17th Century, Oil on canvas

Le combat de David contre Goliath, thème très apprécié des artistes et commanditaires, représente la supériorité du courage et des valeurs morales sur la force physique.

Cet épisode biblique tiré de l’Ancien Testament se déroule pendant la guerre entre le peuple d’Israël et les Philistins.

Alors que les deux armées se font face, le géant Goliath, champion des Philistins, défie les soldats adverses dans un duel qui déterminera l’issue du combat.

Seul le jeune berger David, venu apporter des vivres à ses frères aînés au front, accepte, au nom de Dieu, de se mesurer à lui, armé de sa fronde.

Parvenu à assommer le géant, il s’empare de son épée et lui tranche la tête.

L’imposante dépouille de Goliath, peinte en raccourci, occupe les deux tiers de la composition.

David, agenouillé, lève les bras vers les cieux en signe de remerciement alors qu’à l’arrière-plan, la bataille fait rage.

Achille parmi les filles de Lycomède
Adrien Dassier, 1669, Huile sur toile

Achille incarne le héros guerrier préférant une vie brève et glorieuse à une existence longue et paisible, mais sans éclat.
Qui est cette jeune fille qui regarde l’homme au turban qui lui fait face, tout en sortant la lame de son fourreau d’un geste vigoureux et assuré ?

Ulysse, déguisé en marchands d'étoffes, vient de démasquer Achille alors que celui partageait paisiblement la vie des filles du roi Lycomède.

Héros de la Guerre de Troie, contée par Homère dans l'Iliade, Achille a été caché par sa mère, la nymphe Thétis, à qui un oracle a prédit la mort de son fils devant les remparts de Troie.

Parti combattre à Troie, Achille meurt atteint au talon par l’une des flèches de Pâris, guidée par Apollon.

Le Tournoi
Pierre Révoil, 1812, Huile sur toile
Écoutez le commentaire audio de l'oeuvre

Au début du XIXe siècle, les héros médiévaux incarnant les valeurs chevaleresques sont remis au goût du jour par la littérature puis par les arts figurés.

Cette scène de tournoi dépeint la première joute durant laquelle s’est illustré le jeune Bertrand Du Guesclin, à Rennes, en 1337.

Bravant l’interdiction paternelle, il s’inscrit anonymement pour concourir, après s’être fait prêter un équipement. Il vainc tous ses adversaires successifs jusqu’à remporter la victoire finale.

Le dernier combattant parvient à soulever la visière de son heaume avec sa lance et révèle son identité.

Du Guesclin devient une grande figure de la Guerre de Cent Ans, pendant laquelle il commande l’armée royale française.

Le peintre Pierre Révoil figure minutieusement les détails, témoignant d’une volonté de précision archéologique.

Choisissant pour sujet un épisode du Moyen Âge, il s’inscrit dans le « genre anecdotique », dit peinture « troubadour ».

Judith aux portes de Béthulie
Jules Ziegler, 1847, Huile sur toile

Judith incarne l’image de la femme valeureuse et libératrice, au courage exemplaire, et la victoire du faible contre le fort.

L’histoire de Judith, extraite du livre de Judith dans l'Ancien Testament, est le sujet de nombreux tableaux de Botticelli, Le Caravage ou Gustav Klimt.

Dans cette scène tirée de l’Ancien Testament, Judith brandit la tête tranchée d’Holopherne, général assyrien dont l’armée assiège la ville de Béthulie. Elle vient, par cet acte meurtrier, de libérer sa cité et de sauver son peuple.

Parvenue à pénétrer dans le camp ennemi, cette jeune veuve séduisit Holopherne, qui organisa un banquet en son honneur, puis profita de son ivresse pour l’exécuter.

Semblant encore habitée par son geste, elle regarde droit devant elle, volontaire et déterminée. À l’exception de la goutte de sueur perlant sur son front, son visage ne trahit pas la moindre émotion.

Une puissante diagonale reliant la tête d’Holopherne à l’arme qui l’a décapité anime la composition. La lumière venant de la gauche éclaire le visage de la jeune femme, que soulignent les bijoux orangés et le vêtement brodé couleur crème.

Épisode de la campagne de Russie
Nicolas Toussaint Charlet, 1836, Huile sur toile

Rompant avec les codes traditionnels de la peinture de bataille, le peintre choisit de mettre en avant de simples soldats plutôt que le général à la tête de ses troupes.

L’artiste n’élude rien de la souffrance de ces hommes plongés dans le dur climat hivernal...

... sous un ciel d’apocalypse qui évoque le concept romantique du sublime et la petitesse de l’homme face à la nature.

Exposé au Salon de 1836, ce tableau, élevant le peuple au rang de nouvel acteur de l’Histoire, a suscité l’admiration de nombreux contemporains, comme Alfred de Musset, Eugène Delacroix ou Victor Hugo.

La Communion de Jeanne d'Arc
Maurice Denis, 1909, Huile sur toile

En marge d’un champ de bataille, Jeanne d’Arc, agenouillée, s’apprête à recevoir le sacrement de la communion.

Le peintre a choisi un cadrage serré, une palette aux couleurs franches et un jeu de verticales qui concentrent l’attention sur cette scène solennelle.

Figure emblématique de la Guerre de Cent Ans, Jeanne est née vers 1412 à Domrémy (Lorraine), dans une famille de paysans aisés.

Affirmant avoir entendu des voix surnaturelles lui ordonnant de délivrer la France, elle parvient, en 1429, à persuader le dauphin Charles VII d’envoyer une armée à Orléans, assiégée par les Anglais.

Parvenue à libérer la ville, elle fait sacrer roi Charles VII à Reims. Capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, elle est conduite à Rouen, où elle est jugée hérétique et brûlée vive en 1431.

Achevée en 1909, cette œuvre relève d’une certaine actualité : béatifiée par le pape Pie X cette année-là, Jeanne d’Arc, héroïne à la fois mystique et guerrière, sera canonisée en 1920.

Persée et la Gorgone
Laurent Marqueste, 1890, Marbre
Le mythe de Méduse la Gorgone...

Pour l’aider à mener à bien cette dangereuse entreprise, les dieux lui offrent sandales ailées, bouclier, épée...

... et casque d’invisibilité !

Dans une vaine tentative de riposte, elle hurle de colère et d’effroi.
La torsion de son corps se poursuit jusqu’à sa chevelure serpentine, dont l’une des têtes s’enroule autour du poignet de Persée.

En tuant Méduse, puis en débarrassant la Terre d’autres monstres, Persée devient pour les Grecs anciens un héros protecteur du Cosmos, c’est-à-dire de l’ordre du monde.

Héraklès tue les oiseaux du lac de Stymphale
Antoine Bourdelle, 1909-1924, Bronze partiellement doré

Le mythe d’Héraklès, figure héroïque par excellence, a été une source d’inspiration pour de nombreux artistes, de l’Antiquité à nos jours.

Pour expier le meurtre de son épouse et de ses fils, commis dans un moment de folie, Héraklès est contraint de réaliser 12 travaux presque impossibles qui lui sont imposés par son ennemi, le roi de Mycène...

Témoignage de l’impact de cette sculpture, son image est déclinée au début du 20e siècle à travers la publicité jusque sur les cahiers d’écolier.

Crédits : histoire

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Mise en page Stéphane Degroisse, webmestre et chargé des nouveaux médias.
stephane.degroisse@mairie-lyon.fr
Photos en gigapixels © Gilles ALonso
contact@gillesalonso.com
Photos: © MBA Lyon - Alain Basset, Stéphane Degroisse, Mathilde Hospital

Remerciements : tous les supports
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