2016

Acquisitions 2016 du Musée de la musique 

Philharmonie de Paris

En 2016, de nouveaux instruments de musique, documents graphiques et œuvres d’art ont rejoint les collections du Musée de la musique.

Fabriqué vers 1780, ce piano carré allemand communément appelé pantaleon est bien caractéristique de la facture germanique dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Instrument de belle facture, arborant de plus un décor peint de qualité, il est parvenu jusqu’à nos jours dans un état remarquable, ayant été très peu utilisé.

Témoin emblématique de la facture de piano austro-allemande, maillon essentiel de l’histoire du piano, il permettra d'évoquer un répertoire rarement entendu sur instruments d’époque.

Datant du début du XIXe siècle, cet instrument d’une grande rareté illustre une période charnière dans la facture des instruments à vent de la famille des bois, en particulier celle des clarinettes. Émanant d’un inventeur à la production très diversifiée, cette clarinette de belle facture arbore une finition de qualité, chaque corps en buis étant séparé par une virole d’ivoire. Outre les habituelles cinq clés carrées, conformes à l’instrument du XVIIIe siècle, l’on note également la présence d’une sixième clé ronde, facilitant l’émission du do # / sol #, élément de modernité à cette époque.

Il s'agit d'un instrument d‘exception, construit sur le modèle du "piano cabinet" anglais, qui diffère notamment du piano droit par son volume plus important. Destiné principalement à l'exportation, ce type d'instrument constituait un modèle d'apparat pour la maison Pleyel et ne fut fabriqué qu'à très peu d'exemplaires (8 pianos verticaux parmi les quelque 3000 instruments construits par cette manufacture entre 1830 et 1335). Au sein de cet ensemble, 5 exemplaires ont été vendus en Angleterre, 1 à New York. 1 au compositeur Rossini.

Le "taus" (paon en persan) que l’on nomme aussi "mayuri" (paon en sanscrit) est un instrument à cordes frottées qui apparaît pour la première fois dans un traité musical indien publié en 1856. Il se compose d’un manche semblable à celui du sitar et d’une caisse de résonance représentant un paon, recouverte d’une peau tendue. Oiseau hautement symbolique dans la tradition religieuse hindouiste, le paon incarne aussi une image de paix et de fertilité et a toujours été regardé comme un insigne du pouvoir et de la royauté. Le "taus" connut une très grande popularité dans la seconde moitié du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle. Son usage d’accompagnement était principalement destiné à soutenir le chant dans les répertoires savants et populaires.

Vraisemblablement l’un des tout premiers instruments de ce type conçus par Sébastien Érard (1752-1831) et l’un des plus anciens de cet auteur qui soient parvenus jusqu’à nous. Cette harpe reprend le vocabulaire esthétique propre à la fin du règne de Louis XVI : caisse, colonne et console en acajou, colonne cannelée, chapiteau orné de feuilles d’acanthe et de rinceaux. Signe de la qualité de l’instrument, le chapiteau arbore trois aigles argentés, offrant un élégant contrepoint à la dorure à l’or fin des feuilles d’acanthe.
L’instrument comporte 37 cordes et 7 pédales, conformément aux harpes de la fin du XVIIIe siècle. Il présente une mécanique à double fourchette, antérieure à celle brevetée par Érard en 1794.

Ce violon est un bel exemple de la facture mirecurtienne autour de 1800. Il est signé Jean-Baptiste Grand-Gérard, et présente la particularité d’avoir ses éclisses et sa tête réalisées dans un bois fruitier, et non pas en érable comme usuellement.

Ce portrait d'un clarinettiste est bien connu des spécialistes des instruments à vent car il est un témoignage rare et important de la facture de Saget, artiste du début du XIXe s. dont on ne connaît que peu d’éléments biographiques et peu d’instruments.

Ensemble de cinq instruments traditionnels offerts au musée de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris par le National Gugak Center de Séoul, institution consacrée à la préservation et la transmission du patrimoine des arts traditionnels de Corée.
Ce don témoigne des échanges franco-coréens déjà remarquablement illustrés dans nos collections par le lot d’instruments offerts à l’Etat français lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900.

Dans les années 1920, l’idée d’électrifier la guitare hawaïenne donna lieu à diverses expérimentations mais c’est à la fin de l’été 1932 que la firme Rickenbacker Electro commercialisa sous la marque Ro-Pat-In sa première guitare hawaiienne électrique. Gibson prit conscience des enjeux économiques de l’énorme potentiel commercial de cette révolution et, en 1935, mit au point en quelques mois un instrument clairement inspiré de celui de son concurrent car doté à la fois d’un ensemble corps/manche en aluminium et d’un micro de type électro-magnétique.

Cet instrument, qui porte le numéro de série 135, estompé sur le talon du manche, est la dixième guitare électrique produite par la célèbre firme américaine. Le premier exemplaire de cette production fut livré le 14 novembre 1935 et celui-ci quelques jours plus tard, le 19 novembre. Gibson remplaça ce modèle en aluminium par un instrument entièrement en érable à partir de janvier 1936.

Datée de 1913, clarinette basse émane de la maison Buffet Crampon, toujours en activité de nos jours, qui, dès la seconde moitié du XIXe siècle, s’est spécialisée dans l’élaboration de clarinettes destinées aux musiciens professionnels. La finition exceptionnelle de cet instrument (choix de l’ébène, qualité et diversité du clétage comme des assemblages, forte épaisseur de l’argenture déposée sur maillechort, soin apporté dans les réglages…), très inhabituelle, même sur un instrument professionnel, laisse supposer que cette clarinette a fait l’objet d’une commande particulière.

L’existence de ce tambour sur cadre est attestée dès la plus haute antiquité au Moyen-Orient et de nombreuses représentations iconographiques le montrent dans des contextes variés mais qui se rapportent tous aux cultes de la fertilité. Comme tous les tambours sur cadre, le "daira" se compose d’un cadre circulaire en bois à l’intérieur duquel sont fixés des anneaux métalliques et des grelots. Une peau animale (ici du chevreau) est collée sur le pourtour du cadre.
Principalement joué par les femmes, le "daira" accompagne une grande variété de chants et danses dont on ne dénombre pas moins d’une quinzaine de styles régionaux à travers la Géorgie.

Ce violon est un assez bel exemple d’un luthier peu connu, Franz Seiz, travaillant à Mittenwald au milieu du XVIIIe siècle.

Le "panduri" est un petit luth à trois cordes, essentiellement joué en Géorgie dans les régions montagneuses frontalières avec la Russie et de l’Azerbaïdjan. Autrefois omniprésent dans chaque foyer, le "panduri" jouissait d’un statut particulier était considéré comme un bien de grande valeur, ostensiblement exposé dans la maisonnée à la vue de tous et joué à l’occasion de festivités profanes ou religieuses. Le panduri était rarement fabriqué à des fins commerciales mais plutôt pour être offert et/ou constituer un héritage familial, symbole de bonheur et de gaité. Le "panduri" accompagne aujourd’hui le chant féminin solo ou en chœurs mais également certaines berceuses destinées à convoquer les esprits protecteurs pour lutter contre les maladies infantiles.

Cet ensemble peut être considéré comme une ‘time capsule’ exceptionnelle de l’an 1899.
Il s’agit d’un violon, accompagné de tous ses accessoires et de son étui, réalisés par Léon Bernardel ; le deuxième violon qu’il ait signé de son nom, lors de l'installation de son propre atelier après 28 années a œuvrer dans l'atelier de son père et son oncle, chez Gand & Bernardel frères.

Credits: Story

L'équipe de conservation et restauration du Musée de la musique.

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