Le Jardin du musée des Beaux-Arts de Lyon

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Petit miracle de paix au cœur de la ville, espace intermédiaire entre la cité et le musée, le jardin du palais Saint-Pierre est une introduction à la découverte du lieu. Sous les frondaisons des tilleuls, des bouleaux et du grand chêne, les allées du jardin retentissent du rire des enfants et des conversations des flâneurs. Cet ancien cloître témoigne de l’histoire passée des lieux, tandis que la fontaine centrale, les sculptures en bronze, les groupes en marbre et les moulages d’après l’antique évoquent déjà l’archéologie et l’histoire de l’art.

L'histoire du jardin
L’histoire de l’ancienne abbaye remonte au VIIe siècle, et le lieu a depuis beaucoup évolué. Le jardin était jadis un cloître réservé à des religieuses lyonnaises : jusqu’en 1792, le palais Saint-Pierre était un couvent de sœurs bénédictines. "Un soldat soigné par une religieuse dans un cloître", Claudius Jacquand, 1822.

Peu après la Révolution française, l’édifice fut racheté par la Ville, en 1802, après la rédaction du décret de fondation du musée de Lyon.

Il s’agissait alors de rappeler à tous le prestigieux passé gallo-romain de la ville et de proposer des modèles à la fabrique de la soie. Sous les arcades étaient disposés de nombreux vestiges antiques.

Au centre du jardin, une fontaine vous accueille. L’un des éléments la composant fait partie de cet héritage que promouvait le musée à ses débuts.

Il s’agit du réservoir, un sarcophage lyonnais de l’Antiquité gallo-romaine, massif et taillé dans le marbre, que l’on a percé de trois trous afin que l’eau s’en écoule.

Explorez le jardin des arts !

"L'Ombre" d'Auguste Rodin (1902)
Parmi les nombreuses œuvres exposées dans le jardin du musée des Beaux-Arts de Lyon, vous pouvez admirer "L'Ombre" d'Auguste Rodin (1902) illustrant Adam, l’un des personnages damnés de "L’Enfer", un poème rédigé au XIVe siècle par Dante Alighieri. Au départ, cette sculpture a été conçue à une plus petite échelle pour être placée en trois exemplaires à l’entrée d’un musée des arts décoratifs à Paris. L’artiste décide ensuite d'exposer un modèle en plâtre plus grand que nature, dont la ville de Lyon lui acquiert un tirage en bronze en 1904. Selon la volonté de l’auteur, cette sculpture ne possède pas de main droite pour souligner l'expression d'impuissance. Cet inachèvement novateur est caractéristique du travail de Rodin, qui ne recherche pas un rendu réaliste de la nature mais privilégie l’expressivité.

Le modèle initial de "L’Ombre" ne possède pas de mains. Le bronze du musée des Beaux-Arts, exécuté par Eugène Rudier semble être l’unique épreuve fidèle au modèle original.

Rodin, craignant que cette amputation ne soit mal comprise, interrogea le président de la commission des musées de Lyon à ce sujet.

Ce dernier le laissa libre de réaliser la commande avec ou sans les mains, bien que cet inachèvement ait constitué une des objections opposées par la commission des musées pour l’acquisition.

Ce serait après l’achat de Lyon, en 1904, que Rodin aurait fait ajouter les mains par un sculpteur tchèque, Joseph Maratka, pour éviter les interrogations du public.

"Gilliatt et la pieuvre" d’Émile Joseph Carlier (1880-1890)
Cette œuvre fait référence au passage sur « La pieuvre » dans l’ouvrage "Les travailleurs de la mer" de Victor Hugo, écrit durant son exil dans l'ïle anglo-normande de Guernesey et publié en 1866. Gilliat est le personnage principal de ce roman.

"Gilliatt était dans l'eau jusqu'à la ceinture, les pieds crispés sur la rondeur des galets glissants (...)"

" (...) le bras droit étreint et assujetti par les enroulements plats des courroies de la pieuvre, et le torse disparaissant presque sous les replis et les croisements de ce bandage horrible. (...)"

"(…) Gilliatt n'avait qu'une ressource, son couteau. (…) "

"Chactas méditant sur le corps d'Atala" de Francisque Duret (1835)
Cette sculpture s’inspire du roman romantique de Chateaubriand "Atala", ou "Les Amours de deux sauvages dans le désert" publié en 1801. Cette œuvre qui représente un « sauvage » avant sa conversion au catholicisme s’inscrit dans la lignée iconographique des figures de la Mélancolie par l’attitude corporelle. Elle est à la fois classique par sa composition, exotique et romantique par son sujet. On ignore les raisons de son achat par le Ministère de l’Intérieur et de son envoi rapide à Lyon. Peut-on supposer que cette statue moralisatrice a été placée à Lyon pour y jouer un rôle d’édification, après les désordres causés par les Canuts en 1834 ?

Un jeune indien, Chactas, est assis sur un rocher.

Il médite sur la tombe de sa bien-aimée Atala, dont le nom est inscrit sur une des deux croix posées à ses pieds.

L’épisode se situe au lendemain des funérailles : «Je m’assis sur la terre fraîchement remuée. Un coude appuyé sur mes genoux, et la tête soutenue dans ma main, je demeurai enseveli dans la plus amère rêverie.»

"Castalie" ou "Source de la poésie" d'Eugène Guillaume (1883)
C’est la source de toute poésie que l’artiste a voulu symboliser dans cette image de la fille du dieu fleuve Achéloüs.

Castalie, poursuivie par le dieu Apollon, préféra se jeter dans une fontaine que de céder à ses avances.

Assise sur une roche saillante du Parnasse, la nymphe tient une lyre.

Le bras gauche est posé sur l’urne traditionnelle d’où s’échappent les eaux généreuses qui donnent le don de poésie et de divination.

On peut y voir un petit génie ailé en train de s’y désaltérer.

"Agar et Ismaël" de François Sicard (1897)
Cette sculpture représente un épisode du "Livre de la Génèse".

Agar et son fils Ismaël, chassés par Abraham et Sarah, errent dans le désert.

N'ayant plus d'eau ni de nourriture, Agar dépose son enfant sous un arbuste et s'en éloigne pour ne pas assister à sa mort.

Un ange vient alors les secourir en leur indiquant un puits.

Inspiré par les principes esthétiques développés par la sculpture de Rodin à partir de la fin des années 1890,...

... François Sicard procède ici à l’inachèvement du marbre, qui devient en quelque sorte un langage conventionnel à cette époque.

"Giotto enfant dessinant une tête de bélier" de Jean-François Legendre-Héral (1842)
Cette œuvre s’inscrit dans le cadre d’un renouveau d’intérêt pour la légende de Cimabue et son élève Giotto, formé à Florence, relatée par Vasari dans les « Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes », premier recueil d’histoire de l’art publié en 1550 à Florence.

Alors que Giotto enfant gardait les chèvres de son père, « il passait son temps à dessiner sur les pierres, sur la terre ou le sable, ce qu’il avait sous les yeux ou ce que lui inspirait son imagination."

"Un jour Cimabue qui se rendait pour affaires de Florence à Vespignano trouve Giotto qui faisait paître les moutons et dessinait une brebis d’après nature sur une pierre plate."

"Cimabue s’arrêta émerveillé et lui demanda s’il voulait venir avec lui. Après accord de son père, Giotto accepta."

Le sculpteur a pris pour modèle son fils, Charles, pour représenter Giotto enfant.

"Carpeaux au travail" d'Antoine Bourdelle (1827-1875)
Ce portrait tout en mouvement de Carpeaux, grand sculpteur du Second Empire qui a notamment réalisé "La Danse" pour la façade de l’Opéra Garnier, évoque l'acte de création du sculpteur.

Debout, vêtu d'une ample blouse de travail,...

il tient d’une main une boule de terre glaise,...

de l'autre la première ébauche...

et un maillet repose à ses pieds.

Bourdelle rend ici hommage à l'artiste et à son œuvre.

"Faune ivre" de Louis Cugnot (18­­63)
Louis-Léon Cugnot (Paris 1835, Paris 1894) obtint le Prix de Rome en 1859, conjointement avec Alexandre Falguière. Il a été pensionnaire de la Villa Médicis à Rome de 1860 à 1863. Ce "Jeune faune ivre" est sont dernier envoi de Rome. L’œuvre a été exposée aux Salons de 1864 et de 1870, puis acquise par la ville de Lyon cette même année.

L’œuvre représente un jeune faune titubant au retour d’une fête de Bacchus (dieu romain du vin et de l’ivresse),...

... accompagné par une panthère.

Le jeune âge du personnage et sa désinvolture lui ont beaucoup été reprochés.

"Démocrite méditant sur le siège de l'âme" de Léon-Alexandre Delhomme (1868)
Démocrite d’Abdère (460 av. J.-C. - 370 av. J.-C.), est un philosophe grec considéré comme matérialiste en raison de sa conviction en un Univers constitué d'atomes et de vide. Il rejette tous les attributs sensibles des choses (apparence, couleur, odeur, etc.) du côté de la subjectivité. Il n’existe que peu de renseignements sur la vie de ce philosophe dont l’œuvre a en grande majorité disparu. Delhomme remporta une médaille d'or pour ce bronze lors de l'Exposition Universelle lyonnaise de 1872.

Cette œuvre se réfère à un épisode de la fable de La Fontaine, «Démocrite et les Abdéritains».

Les habitants d’Abdère, ville natale de Démocrite, s’inquiétaient de son attitude solitaire et mélancolique lors de son étude sur les causes de la folie. Ils avaient fait appel à Hippocrate pour tenter de le ramener à la raison.

Démocrite est ici représenté perdu dans ses pensées, la tête dans sa main,...

... contemplant désespérément un crâne humain, comme s’il attendait de lui une réponse.

"Discobole au repos" dit "le Discophore"
En 1844, 16 statues « en pierre factice » (dite mastic de Dyle) moulées sur l’antique sont achetées pour rompre la monotonie des façades du cloître. Aujourd’hui 10 moulages d’après des sculptures antiques célèbres en ornent les niches. Parmi elles, on trouve ce "Discobole au repos" (ou "Athlète au disque") qui reproduit un original en bronze, aujourd'hui perdu, créé par le sculpteur grec Naucydès au début du 4e siècle av. J.-C.

L’œuvre témoigne d’une esthétique idéalisée du type de l'athlète au repos.

L'athlète est saisi dans l'instant qui précède le lancer du disque.

La concentration de son regard...

... et la crispation de ses orteils trahissent sa tension.

"Artémis" dite "Diane de Gabies"
Parmi les moulages d'après des sculptures antiques célèbres qui ornent les niches du cloître, "Artémis" dite "Diane de Gabies" est un moulage d'une sculpture romaine (14-37 après J.-C.) en marbre, découverte lors des fouilles menées par G. Hamilton en 1792 à Gabies (Italie). L’œuvre originale est conservée au musée du Louvre.

La tunique courte et les sandales permettent d'identifier Artémis, déesse de la chasse.

Elle attache son manteau sur l'épaule droite à l'aide d'une fibule.

Cette statue devient très populaire au XIXe siècle : une réplique en marbre rejoint les autres copies d'après l'antique qui ornent la cour Carrée du Louvre.

Des répliques en taille réduite, en terre cuite ou en porcelaine, sont également commercialisées à l'intention des amateurs.

"Aphrodite du Capitole"
"L’Aphrodite du Capitole" est un type de statues de l'Antiquité (époque hellénistique) représentant la déesse Aphrodite, dont l'un des meilleurs exemplaires est conservé aux musées du Capitole, à Rome, d'où son nom.

Ces statues, dont il existe de nombreuses copies, représentent la déesse Aphrodite cachant sa nudité.

Elles diffèrent généralement par le choix du support contre lequel la déesse est appuyée.

Au Capitole, il s'agit d'un vase sur lequel est posé un linge, ailleurs, ce peut être un dauphin et/ou un Éros (petit personnage ailé), ou un tronc d'arbre.

La richesse décorative de la coiffure et le traitement sensuel des chairs font référence au IIIe ou au IIe siècle avant J.-C.

Horaires d'ouverture
Le jardin du musée des Beaux-Arts de Lyon est en accès libre. Il est ouvert aux horaires d'ouverture du musée : tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi et les jours fériés, et le vendredi de 10h30 à 18h.
Crédits : histoire

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Réalisation : Mathilde Hospital - service communication.
Photos : © MBA Lyon - Alain Basset, Stéphane Degroisse, Mathilde Hospital

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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