Villa Arson, terrasses

Villa Arson

« Il m'a semblé indiqué de sauvegarder d'avantage le site et la végétation que les constructions anciennes dont l'esprit pouvait être retrouvé avec des constructions récentes […]. C'est ainsi que j'ai simplement rehaussé les terrasses existantes d'environ cinq mètres afin d'y loger des ateliers et conserver pour la récréation la partie du jardin la plus ombragée. [...] Devant l'importance du programme j'ai cru bon de respecter d'avantage le site que le monument historique » (Michel Marot, lettre du 18 février 1965). Le profil descendant de la colline génère une succession de niveaux et de terrasses. En donnant une lecture valorisante de la topographie du lieu, l’ensemble architectural se déploie à l’horizontal, reprenant la disposition en escalier des jardins du domaine ancien. Les terrasses apparaissent alors comme un élément prévalant mais pas uniquement pour des raisons esthétiques. Michel Marot y voit aussi un projet pédagogique : « Pas le lieu géométrique clos et classique de toutes les écoles « silo » dont la formation artistique n’est pas le premier souci », pas de « verticalité criminelle ».

Ces élévations permettent de percevoir parfaitement le déploiement horizontal de l'architecture, épousant la colline à la manière des jardins étagés du domaine originel. « La volonté de faire disparaître les constructions dans la verdure m'incita à l'étaler comme un lézard au soleil » (Michel Marot).

Élévations sans la végétation

La construction de la partie ouest est très avancée, la partie est totalement absente, occupée par le stockage et le chantier.
Les deux parties sont séparées par le grand hall, bâtiment 3, et la rue centrale qui traverse le bâtiment 4 du nord au sud.

Au premier plan, les volumes sombres sont les éléments des plafonds à caissons que l’on retrouve dans presque toutes les salles de la Villa Arson.
À droite, le labyrinthe inspiré de ruines antiques. Pour Michel Marot, ce labyrinthe « développe le secret » et « instille chez l'étudiant et l'enseignant le sentiment d'appartenance ».

Travaux d'étanchéité avant la pose du dallage.
Les volumes cubiques au premier plan sont les sources de l’éclairage zénithal avec, au milieu de chacun une lame brise-soleil pour diffracter la lumière. Ils accueilleront des lanterneaux en pointe de diamant appelés « pyramidions ».

Travaux d'étanchéité avant la pose du dallage.
Le puits de lumière au premier plan est directement inspiré des mastabas égyptiens. Il assure l’éclairage zénithal de l’étage en dessous.

Terrasse du bâtiment 5 et façade du bâtiment 4

Travaux d'étanchéité avant la pose du dallage.
Au centre, un ensemble de volumes en béton brut forment un labyrinthe sur les terrasses.
Au fond, les gradins d'un des trois amphithéâtres de plein-air.
La partie est du domaine est utilisée comme chantier avant la construction, sur toute la largeur de la colline du reste des bâtiments.

Terrasses du bâtiment 4, vues vers le sud-ouest

Les panneaux sont composés manuellement au sol dans un coffrage en bois puis relevés et plaqués sur la structure.

À droite, l'est du bâtiment 4.
Deux ouvriers préparent le coffrage des poutres du futur atelier de scénographie à l'extrémité sud-est du bâtiment 4. Les poutres obliques disposées en étoile accompagnent la pénétration de la lumière dans l'espace et supportent l’amphithéâtre en angle situé sur les terrasses intermédiaires.

Au premier plan, la partie sud des frontons qui couronnent l'ancienne villa.
Inspirés des frontons d'origine, ils sont réalisés en béton coulé. La face extérieure sera enduite et peinte, la face intérieure demeurera brute de décoffrage.
Création en soupente d’un étage supérieur qui servira d'atelier pour le directeur de l'établissement. Il est aujourd'hui occupé par des bureaux de l'administration.

Les terrasses du bâtiment 3 et 4 offrent une vue panoramique sur les collines, la ville et la mer. L’ensemble est surplombé par d’immenses pins parasols conservés le long des bâtiments.

Au second plan, la façade sud du bâtiment 4 évoque celle d'une forteresse par son côté massif et le crénelage qui la coiffe.
Cette impression se retrouve sur les façades est et ouest du domaine. Des renfoncements verticaux abritent les fenêtres, procédant de l'attention particulière que porte Michel Marot à la maîtrise de la lumière, tant pour la composition des volumes que pour l’habitabilité du lieu.

Début de la pose de Véronico, terrasse du bâtiment 5

Pose de Véronico, terrasse du bâtiment 5

Véronico posés sur la terrasse du bâtiment 5

L'ancienne villa est couronnée de frontons inspirés des frontons d'origine mais réalisés en béton brut. Le niveau +1 de l'ancienne villa communique avec la terrasse qui l’entoure par des passerelles côtés nord et sud et des portes côtés est et ouest.

Terrasse supérieure sur les toits nord du bâtiment 3

Au premier plan un ensemble de volumes en béton brut au motif strié constituent un labyrinthe.
Les lames horizontales et rectangulaires qui rythment la composition difractent la lumière pour les éclairages zénithaux enchâssés dans chaque volume.
Au second plan, une forme pyramidale à ciel ouvert directement inspirée des mastabas égyptiens assure le passage de la lumière pour l’étage en-dessous.
Enfin, le pourtour de la terrasse ménage des fenêtres qui, inspirées de la forme des sheds de l’architecture industrielle pourvoient également à l’éclairage zénithal de l’étage en dessous.

Les lanterneaux dits « pyramidions » placés au fond des structures en béton strié éclairent l’étage au dessous. Les lames rectangulaires horizontales captent et reflètent la lumière venant du sud.

À droite, l'est du bâtiment 4 est quasiment achevé. Au second plan, l’amphithéâtre de plein air en angle couvre l'atelier de scénographie.

Terrasses hautes jouxtant l’ancienne villa : les murets des jardins sont construits sur l’étanchéité de la terrasse supérieure qui va être prolongée vers l'est.

Au premier plan la terrasse supérieure autour de l'ancienne villa, au second plan les terrasse du bâtiment 4, dites terrasses intermédiaires scindées par la rue principale qui distribue les ateliers. Cette rue sera partiellement couverte par un chemin qui l’abrite et permet de déambuler dans les jardins suspendus.

Fenêtres zénithales avant la pose des lanterneaux.
Au second plan, deux tours biseautées émergent du niveau inférieur. Elles habillent les cheminées de l'atelier céramique.

À gauche, un escalier permettant de rejoindre le niveau inférieur qui abrite l'école.
À droite, deux tours biseautées émergent du niveau inférieur. Elles habillent les cheminées de l'atelier céramique. Au fond, l'ancienne villa avec la surélévation d'un étage sous le toit.

On perçoit bien l'escalade des volumes jusqu’à l’enchâssement de l'ancienne villa dans la nouvelle architecture.
Les puits de lumière au sol ne sont pas encore équipés des lanterneaux pyramidaux qui éclairent les ateliers de l’école à l’étage inférieur.

Terrasses sur les toits du bâtiment 4 vues vers le nord-ouest.
Sur la gauche, ensemble de volumes cubiques qui constitue un labyrinthe au milieu des jardins suspendus. Typique de tout le bâtiment, la construction conserve l'emprunte des veines et nœuds du bois de coffrage.

Ensemble du bâtiment 4, dont le plan est canalisé par la végétation conservée, pins parasols et cyprès.

Le phénix, emblème de la famille Arson, surplombe le domaine que Marot identifie à un « lézard tourné vers la mer ».

Évoquant des exèdres grecques, les trois amphithéâtres de plein air se dressent en proue vers la mer.

La terrasse nord-ouest du bâtiment 3 recouvre une partie des salles d'exposition éclairées par des fenêtres dont la forme est inspirée des sheds de l'architecture industrielle. Plusieurs patios permettent également l’éclairage des galeries.

Au premier plan, le garde-fou est rythmé par le haut des piliers qui partitionnent les jardinières. Ces volumes juxtaposent parements de galets et béton brut de décoffrage qui conserve l'emprunte des veines et nœuds du bois de coffrage.

Vue des terrasses du bâtiment 4 vers le sud-est depuis la terrasse supérieure

Les lanterneaux en pointe de diamant, dits « pyramidions », couvrent les éclairages zénithaux. Deux tours biseautées émergent du niveau inférieur. Elles habillent les cheminées de l'atelier céramique.

Les lanterneaux en pointe de diamant, dits « pyramidions », couvrent les éclairages zénithaux.
Cette partie devait accueillir un grand bassin où se refléterait le ciel pour rappeler la présence de la mer au loin. Jamais mis en eau, la chape s’est fissurée. Un jardin suspendu a remplacé ce projet.

Terrasses sur les toits du bâtiment 4 vues vers le nord-est.
Devant, les lanterneaux en pointe de diamant, dits « pyramidions », couvrent les éclairages zénithaux. Cette partie devait accueillir un grand bassin où se refléterait le ciel pour rappeler la présence de la mer au loin. Jamais mis en eau, un jardin suspendu a remplacé ce projet.

Amphithéâtre de plein air, fin de la terrasse intermédiaire, côté est

Amphithéâtre de plein air, fin de la terrasse intermédiaire, côté ouest

Vue sur les trois amphithéâtres de plein air situés à la fin des terrasses intermédiaires. Les fenêtres du volume au centre éclairent le niveau inférieur.

Évoquant des exèdres grecques, les trois amphithéâtres de plein air au sud des terrasses du bâtiment 4 se dressent en proue vers la mer.

Ensemble de volumes cubiques qui constitue un labyrinthe au milieu des jardins suspendus. Typique de tout le bâtiment, la construction conserve l'emprunte des veines et nœuds du bois de coffrage.

On remarque le caractère semi-couvert de la rue centrale qui dessert les ateliers de l'école sur un axe nord-sud.
À l’étage au dessus, l’accès aux terrasses suit la progression de la rue centrale en assurant cette couverture. Des passerelles perpendiculaires permettent, par un jeu complexe de cheminements, une exploration des jardins suspendus.
Le jeu des volumes, des textures et de la lumière maîtrisée est exemplaire du reste du domaine.
À droite, deux tours enchâssent les cheminées de l'atelier céramique et émergent au niveau supérieur.

Pour dessiner les plans, Michel Marot s'inspire des villages méditerranéens. Il crée des ruelles, des places publiques, des lieux de rencontre, des amphithéâtres extérieurs, des labyrinthes. Ici la rue centrale qui dessert les ateliers de l'école.

Les élèves qui posent pour la photographie donnent une échelle au lieu. Outre la complexité de l’agencement des volumes, le caractère labyrinthique de l'architecture est dû au fait qu’il offre presque toujours plusieurs accès pour un même lieu.

Au premier plan, la rambarde qui borde la terrasses accueille les fenêtres, éclairage zénithal des ateliers en dessous.
Le passage descendant est la continuation, sur le côté ouest, de la rue centrale qui traverse plus haut le bâtiment 4.

Un ensemble de volumes en béton brut au motif strié constitue un labyrinthe.

Dite « allée des amphithéâtres », cette coursive sépare les bâtiments 3 et 4.
Les passerelles permettent d'accéder aux terrasses sur le toit du bâtiment 4.
À gauche des jardinières en porte-à-faux couronnent la façade du bâtiment 3.
Ces dispositifs donnent un caractère aérien à ce passage monumental et ménagent des chemins de circulation ombragés.

Chemin d'accès principal aux terrasses du bâtiments 4, dans l'axe du grand hall du bâtiment 3. Au fil de sa progression vers le sud, le passage bifurque, se sépare, offrant une diversité de parcours plus étroits.

Au centre de la photographie, Michel Marot a joué de l'interruption des volumes pour dessiner une ligne en creux et en plein. Cet interstice discret structure la composition et sépare les corps ouest et est du bâtiment, construits successivement.

Vue des terrasses du bâtiment 4 vers le sud depuis la terrasse supérieure

Labyrinthe, ruine antique, vaisseau futuriste, forteresse moderne : tous termes employés par de nombreux commentateurs de la réalisation de Michel Marot.

Amphithéâtre de plein air sud-ouest à la proue des terrasses du bâtiment. Des artistes chorégraphes, danseurs, performeurs s'approprient souvent le plan incliné dans la scénographie de leur œuvre.

Au sommet des murs de façade, un crénelage horizontal accompagne la scansion des gradins que le promeneur gravit pour contempler pleinement la vue vers la ville et la mer.
Se retournant, il est face à la scène, exposée plein sud et à la perspective des terrasses balisée, plus loin, par la façade rouge de l’ancienne villa.

Répétition théâtrale dans l’amphithéâtre de plein air sud-est. Le volume au centre de l'image, mi-clos, est une loge ou une arrière-scène pour les artistes.

La disposition des murets sur les terrasses guident le promeneur dans une multiplicité de parcours propices à la contemplation.

La diversité des volumes, l'alternance des textures, l'usage de la végétation donne un aspect foisonnant à l'ensemble organisé le long de lignes directrices affirmées.

Les forts contrastes de cette photographie accentuent la composition des volumes.
L'ancienne villa est une déclinaison du répertoire de parallélépipèdes qui lui servent de socle, son toit surélevé fait écho aux formes pyramidales sur les terrasses. L'architecte a réussi à créer une symbiose entre moderne et ancien.

Les volumes ciselés, disséminés dans la végétation, la variété des textures juxtaposées donnent à l'ensemble une certaine élégance.

On perçoit, suivant le projet de Michel Marot, comment la végétation canalise l'implantation des constructions, avant de distinguer l'architecture qu’elle abrite.

« Simple » surélévation des terrasses originelles, les jardins suspendus mêlent végétation et minéral.

Crédits : histoire

Direction
Jean-Pierre Simon

Responsable du projet
Cédric Moris Kelly

Questions juridiques
Alain Avena

Numérisation
Sous la conduite de Patrick Aubouin

Rédaction
Patrick Aubouin
Cédric Moris Kelly

Traduction
Claire Bernstein

Versement dans l'interface Google Cultural Institute
Cédric Moris Kelly

La capture des espaces par l'équipe Google Street View a été rendue possible grâce à la mobilisation des équipes techniques de la Villa Arson :

Accueil, surveillance & maintenance
Joël Jauny

Accueil, surveillance intendance & hébergement
Isabelle Clausse
Dave Dhurmajee
Marlène Lebrusq
Jean-Pierre Vitry

Service technique / Bâtiments
Jean-Paul Carpentier
Gérard Maria
Pascal Rigaux
Michel Serve

Jardins
Patrice Lorho
Pascal Pujol
Kévin Serviole

Merci à Michel Marot pour la gracieuse autorisation d’utiliser le fonds d’archives Marot Tremblot Architecture (MTA)

Avec le support du Ministère de la Culture et de la Communication et des équipes Google Street View et Google Cultural Institute

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
Traduire avec Google
Accueil
Explorer
À proximité
Profil