LA COLLECTION DE LA FONDATION CARTIER POUR L'ART CONTEMPORAIN AU SEOUL MUSEUM OF ART

Fondation Cartier pour l’art contemporain

HIGHLIGHTS : LA COLLECTION DE LA FONDATION CARTIER POUR L'ART CONTEMPORAIN
Le Seoul Museum of Art (SeMA) présente Highlights une exposition majeure de la Collection de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Réalisée en étroite collaboration avec le SeMA, institution publique réputée pour sa programmation internationale située au centre de Séoul, cette exposition permet au grand public de découvrir les œuvres d’artistes tels que Ron Mueck, David Lynch, Sarah Sze, Raymond Depardon, Chéri Samba, Claudia Andujar ou encore Jean-Michel Othoniel. Des œuvres majeures ou spécialement réalisées pour l’exposition par les artistes coréens Park Chan-wook et Park Chan-kyong (PARKing CHANce), Lee Bul et Sunwoo Hoon sont également présentées, instaurant un dialogue avec les œuvres de la Collection de la Fondation Cartier. Occupant les trois étages du SeMa, le parcours de l’exposition conçu par la scénographe coréenne Catherine Seyoung Lee_nonstandard studio alterne moments de découverte, de réflexion, de lecture, d’écoute et d’émerveillement. L’exposition Highlights donne à voir l’essence de la Collection de la Fondation Cartier : des œuvres uniques et des univers forts issus d’une programmation riche et multidisciplinaire, des commandes faites aux artistes, et une volonté d’ouverture sur le monde et sur la société actuelle. Le SeMA conçoit son programme sur les mêmes valeurs de curiosité et d’ouverture. La collaboration entre les deux institutions est basée sur ces intentions communes.Créée en 1984, la Fondation Cartier pour l’art contemporain constitue un exemple singulier de mécénat d’entreprise en France. Installée à Paris depuis 1994 dans un bâtiment réalisé par l’architecte français Jean Nouvel, la Fondation Cartier développe une programmation d’expositions d’art contemporain à l’identité forte. Résolument multidisciplinaire, elle entraîne le visiteur vers des territoires inattendus et provoque des rencontres surprenantes entre artistes, scientifiques, philosophes, musiciens et architectes. Au fil de ces expositions, la Fondation Cartier a constitué sa Collection. Initiée dès sa création, la Collection compte aujourd’hui 1 500 œuvres de plus de 350 artistes, de près de 50 nationalités différentes. Nées de la relation toujours directe avec les artistes, de nombreuses œuvres sont issues de commandes lors des expositions, et constituent l’originalité et l’unicité de la Collection. La Collection fait régulièrement l’objet de prêts et de grandes expositions dans les musées du monde entier.De ses rencontres avec artistes, penseurs et créateurs, la Fondation Cartier se fait le moteur de la création d’œuvres nouvelles en accompagnant la programmation des expositions par des commandes. PARKing CHANce – duo artistique composé de Park Chan-wook, cinéaste, et de son frère Park Chan-kyong, artiste – réalise, à l’occasion de cette exposition, une installation 3D originale et immersive, présentée pour la première fois au public. L’artiste Sunwoo Hoon crée un webtoon, diffusé dans l’exposition et sur Internet, retraçant les événements marquants de l’actualité coréenne.Dans le monumental hall d’entrée, les artistes français Jean-Michel Alberola et Marc Couturier proposent des œuvres in situ, conçues pour les espaces du SeMA, le premier utilisant la couleur pour créer un lien entre les différents étages, et le second agissant à même les murs des coursives.La Fondation Cartier élargit constamment le champ de la curiosité en agissant dans les domaines les plus divers de l’art et de la connaissance et ouvre ses portes à des thèmes rarement traités dans les musées.Les visiteurs sont ainsi invités à découvrir des œuvres majeures de la Collection de la Fondation Cartier qui questionnent notre société, qu’il s’agisse des problématiques écologiques avec Le Grand Orchestre des Animaux – fruit de la collaboration entre le musicien et bio-acousticien américain Bernie Krause et le studio londonien United Visual Artists – ou de mouvements de population dans l’installation vidéo immersive Exit des architectes new-yorkais Diller Scofidio+Renfro, sur une idée du philosophe français Paul Virilio. Le rapport à la terre natale est également évoqué avec force dans les œuvres réalisées par le photographe et cinéaste français Raymond Depardon avec Claudine Nougaret, et les photographies de l’artiste brésilienne Claudia Andujar. L’œuvre Heaven and Earth de Lee Bul, figure majeure de la scène artistique coréenne – présentée à la Fondation Cartier à Paris en 2007 lors de l’exposition personnelle de l’artiste – évoque avec beaucoup de poésie les questions liées au territoire et à la mémoire collective dans le paysage coréen. La programmation et la Collection de la Fondation Cartier sont résolument internationales. Du Congo de Chéri Samba au Paraguay de Juana Marta Rodas et Julia Isidrez, de l’Italie d’Alessandro Mendini à la Chine de Cai Guo Qiang, l’exposition Highlights est tournée vers toutes les cultures artistiques contemporaines.De nombreuses expositions personnelles programmées à la Fondation Cartier ont permis de révéler l’univers onirique, troublant et exceptionnel d’artistes dont les œuvres sont ensuite venues enrichir la Collection telles que les sculptures aux dimensions hors normes et impressionnantes de réalisme du sculpteur australien Ron Mueck, le film d’animation La Planète encore du dessinateur français Moebius, les sculptures en verre et en soufre travaillées au cœur de la matière du sculpteur français Jean-Michel Othoniel ou Polaroid Polaroid une installation unique du photographe japonais Daido Moriyama. Les visiteurs sont également invités à découvrir les œuvres d’artistes internationalement reconnus sous un jour inédit: la poésie et l’intensité visuelle de la Coral Sea Room de la musicienne américaine Patti Smith, les dessins et lithographies du cinéaste américain David Lynch ou encore le bestiaire en céramique du cinéaste japonais Takeshi Kitano. Enfin, le visiteur est invité à poursuivre sa découverte ou re-découverte de la Fondation Cartier et de sa Collection dans des Lounges, grands espaces confortables situés à chaque étage, avec plus d’une centaine de portraits d’artistes, philosophes et figures majeures ayant marqué l’histoire de la Fondation par l’artiste japonais Tadanori Yokoo, des interviews filmées d’artistes, des catalogues d’expositions et l’actualité parisienne de la Fondation Cartier.

Jean-Michel Alberola
Eclairage en groupe (2014)

Pour l’exposition de la Fondation Cartier au Seoul Museum of Art, Jean-Michel Alberola investit le hall du musée avec un projet spécifique de peinture murale visible depuis tous les étages du musée.

Chéri Samba
J'aime la couleur (2010)

Chéri Samba
J'aime la couleur (2010)

Véritable ambassadeur de l’art africain dans le monde, le peintre congolais Chéri Samba rencontre la Fondation Cartier pour l’art contemporain en 1990 lors d’une résidence d’artiste. En 2004, la Fondation Cartier présente la première exposition rétrospective de l’artiste, faisant ainsi découvrir au public parisien la « griffe sambaïenne », dont la toile J’aime la couleur est emblématique : des autoportraits ponctués de textes, associés à des couleurs vives et, depuis la fin des années 1980, rehaussés de paillettes. Un style que l’artiste développe à partir de 1975 lorsque, délaissant son premier métier de peintre d’enseignes et de publicités, il ouvre son propre atelier à Kinshasa et devient, selon ses propres termes, le « grand maître de la peinture populaire ».

Chéri Samba
La Vraie Carte du Monde (2011)

Souvent chargée d’humour, la peinture de Chéri Samba apparaît également comme un art engagé. Si ses premières sources d’inspiration étaient le quotidien de Kinshasa, il aborde désormais des sujets plus universels ou politiques, comme en témoignent ses toiles comme La Vraie Carte du monde.

Diller Scofidio + Renfro
Exit (2008 - 2015)

Créée en 2008 à l’initiative de la Fondation Cartier pour l’art contemporain pour l’exposition Terre Natale, Ailleurs commence ici, EXIT a été conçue d’après une idée du philosophe et urbaniste français Paul Virilio par les artistes et architectes Diller Scofidio + Renfro en collaboration avec l’artiste et architecte Laura Kurgan, l’artiste et statisticien Mark Hansen, ainsi qu’avec un groupe de scientifiques de diverses disciplines. Composée d’une série de cartes dynamiques générées à partir de données statistiques, cette installation immersive présente les migrations humaines et leurs principales causes dans une projection à 360°. La rotation continue d’un globe terrestre tout autour de la salle déploie visuellement les différentes données migratoires sous forme de cartes, de textes et de trajectoires selon six scénarios : Population et migrations urbaines ; Des flux d’hommes et d’argent ; Réfugiés politiques et migrations forcées ; Des mers qui montent, des villes qui disparaissent ; Catastrophes naturelles et Déforestation et langues en danger. En 2015, à l’occasion de la Conférence sur le changement climatique des Nations Unies (COP21) organisée à Paris, l’œuvre a été intégralement mise à jour, dévoilant ainsi l’évolution alarmante des données depuis sa première présentation.

Diller Scofidio + Renfro
Exit (2008 - 2015)

Raymond Depardon La France (2004-2010)

Privilégiant le goût du réel et les géographies les plus variées, Raymond Depardon réalise des reportages photographiques à travers le monde, qu’il associe souvent à du texte et des notes. Son désir d’explorer de manière exhaustive un territoire ou une idée constitue un aspect important de son œuvre. Ainsi, de 2004 à 2010, il sillonne les routes du territoire français, ses régions, ses pays, muni uniquement de sa chambre 20×25.

Raymond Depardon La France (2004-10)

Lee Bul
Heaven and Earth (2008)

Lee Bul est l’une des figures majeures de la scène artistique contemporaine coréenne, célèbre depuis les années 1980 pour son travail radical et engagé sur le corps et ses performances provocatrices pour lesquelles elle crée des costumes extravagants. En 2007, elle présente une exposition personnelle à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Le projet qu’elle conçoit pour cette exposition est une réflexion sur l’espace architectural du bâtiment de Jean Nouvel, tout en transparence. Son travail de recherche sur l’architecture prend dans ce contexte une ampleur particulière et entre en résonnance avec le bâtiment et l’histoire coréenne. Son œuvre Heaven and Earth renvoie aux paradoxes de l’histoire. « Le titre vient du nom du lac situé au centre du mont Baekdu, considéré comme une montagne sacrée dans la mythologie nationale coréenne. Le Baekdu se situe dans l’actuelle Corée du Nord, ce qui signifie que les Sud-Coréens nés après-guerre ne l’ont jamais vu, à part dans leur imagination. Pour eux, c’est une espèce d’image idéale, presque une abstraction. Dans cette œuvre, la baignoire géante à l’aspect usé, emplie d’encre noire et bordée de sommets neigeux, constitue une synecdoque visuelle faisant référence à toute une époque, à ses idéaux et à ses combats idéologiques, ainsi qu’au recours à la torture pour réprimer la libre-pensée. »

Lee Bul
Sternbau No.16 (2008)

Cai Guo-Qiang
The Earth Has Its Black Hole too (1993)

Cai Guo-Qiang
The Earth Has Its Black Hole too (1993)

Depuis le milieu des années 1980, l’artiste chinois Cai Guo-Qiang explore les propriétés de la poudre à canon dans des dessins et des performances pyrotechniques à grande échelle qui sont devenus sa marque de fabrique. Cai Guo-Qiang entretient une relation forte avec la Fondation Cartier depuis sa résidence d’artiste en 1993. Il réalise à l’époque le dessin The Earth Has Its Black Hole, Too.

Cai Guo-Qiang
The Vague Border at the Edge of Time/Space Project (1991)

Cai Guo-Qiang
The Vague Border at the Edge of Time/Space Project (1991)

En 2000, la Fondation Cartier lui consacre une exposition personnelle. Il y présente ses Projets pour les Extraterrestres ainsi qu’une série de paravents réalisés en 1991 au Japon, dont The Vague Border at the Edge of Time/Space Project.

Cai Guo-Qiang
White Tone (2016)

En 2016, pour l’exposition Le Grand Orchestre des Animaux, Cai Guo-Qiang crée l’immense fresque White Tone, rappelant les peintures rupestres qui ornaient les parois des cavernes. « Cette œuvre est l’un des dessins les plus détaillés que j’aie jamais réalisés. Tout comme les hommes, les animaux revêtent autant d’attitudes que de formes différentes : muscles, os, fourrure… Il faut être très précis lorsque l’on applique la poudre explosive afin de pouvoir représenter le mouvement des animaux se penchant au-dessus de l’eau. Réaliser un dessin avec cette technique reste quelque chose de très délicat à cause du processus d’explosion. J’ai imaginé cet endroit comme le dernier vestige naturel restant sur Terre, l’ultime héritage laissé aux animaux. Ces derniers ne sont plus dans une logique de prédation ; ils se penchent doucement au-dessus d’un point d’eau pour boire une dernière gorgée. Comme dans un conte de fées, la scène illustrée constitue une vision belle et émouvante mais elle cache une facette bien plus obscure. Le point d’eau est calme et silencieux : c’est un vortex, un vide blanc qui aspire tout ce qui l’entoure et donne naissance à un néant silencieux, une image de laquelle tout bruit a disparu ou s’apprête à disparaître. »

Raymond Depardon et Claudine Nougaret Donner la parole (2008)

En 2008, Raymond Depardon conçoit avec l’urbaniste et essayiste français Paul Virilio l’exposition Terre Natale, Ailleurs commence ici pour la Fondation Cartier pour l’art contemporain, pour laquelle il réalise avec Claudine Nougaret le film Donner la parole. Dans cette œuvre traitant de la question de l’enracinement, de la relation qu’entretient une population avec sa terre, sa langue et son histoire, des nomades, des paysans, des îliens, des Indiens prennent la parole dans leur langue maternelle.

Daido Moriyama
Polaroid Polaroid (1997)

Figure majeure de la photographie japonaise, Daido Moriyama invente dès le milieu des années 1960 un langage visuel frénétique et tourmenté, privilégiant le flou, le grain et la déformation du réel. Témoins des changements spectaculaires qui marquent le Japon de l’après-guerre, ses photographies expriment les contradictions d’un pays où une tradition séculaire persiste au sein des pratiques contemporaines. Souvent floues, vertigineusement inclinées, envahies par les gros plans, ces images révèlent une proximité et une relation particulière au sujet. Ses photographies de Tokyo, en particulier du quartier aux rues étroites de Shinjuku, offrent une vision dure et crue de la vie urbaine, et illustrent le flux constant de la vie tokyoïte. La Fondation Cartier pour l’art contemporain a présenté deux expositions personnelles de Daido Moriyama en 2003 et 2016. L’installation Polaroid Polaroid propose une reconstitution de l’atelier de l’artiste à travers 3 262 clichés polaroid. Cette œuvre offre une vision vertigineuse de l’intimité de son espace de création. On y reconnaît certaines de ses œuvres emblématiques, disséminées dans son atelier parmi les objets du quotidien et ses outils de travail et de recherche.

Alessandro Mendini
Il Cavaliere di Dürer (2011)

De son exposition Fragilisme en 2002 à ses participations à plusieurs expositions collectives en tant qu’artiste et scénographe, Alessandro Mendini est une figure incontournable de l’histoire de la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Plusieurs œuvres monumentales de ce grand artiste, architecte et designer italien sont conservées dans sa collection. En 2015, ces œuvres ont été présentées à Séoul dans une exposition monographique au Dongdaemun Design Plaza (DDP), notamment Il Cavaliere di Dürer.

Marc Couturier
Dessin du quatrième jour (2017)

Marc Couturier
Dessin du troisième jour (2017)


Marc Couturier engage dans ses œuvres une réflexion sur le passage du matériel à l’immatériel. À travers des sculptures ou des dessins imprégnés de spiritualité, il ne cesse d’évoquer le dialogue entre la nature et le divin. Les liens entre Marc Couturier et la Fondation Cartier pour l’art contemporain sont très forts depuis la résidence de l’artiste en 1987. Pour l’exposition au Seoul Museum of Art, l’artiste réalise plusieurs dessins muraux rappelant ceux de sa série Les Dessins du troisième jour, commencée en 1991, régulièrement enrichie et comprenant à ce jour plusieurs milliers de dessins. Frôlant l’abstraction, ces dessins évoquent le jour de la création de la nature selon la Genèse. La nature étant créée avant la lune et le soleil, ces dessins demeurent rigoureusement en noir et blanc.

Marc Couturier
Dessin du troisième jour (2017

Ron Mueck
In Bed 2005

Les personnages solitaires et pensifs sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Ron Mueck à l’image des œuvres Ghost (1998), Seated Woman (1999) ou encore In Bed. Ces sculptures aux yeux grands ouverts immortalisent un moment d’introspection, de repli sur soi.


Ron Mueck
Woman with Sticks (2009-10)

By contrast, Woman with Sticks is intent and purposeful. She is focused on her task, the meaning of which remains deliberately ambiguous.

Ron Mueck
Woman with Shopping 2013

Woman with Shopping semble illustrer une scène de vie classique du quotidien, alors que le véritable sujet relève davantage de la relation complexe entre une mère et le nouveau-né qu’elle porte.

La Fondation Cartier pour l’art contemporain a organisé deux expositions personnelles de Ron Mueck à Paris en 2005 et en 2013 avant de voyager en Amérique du Sud pour être vue par près de 1,4 million de visiteurs.

Jean-Michel Othoniel
Paysage amoureux (1997)

Le parcours de Jean-Michel Othoniel croise l’histoire de la Fondation Cartier pour l’art contemporain lors d’une résidence d’artiste en 1989. Les sculptures de l’artiste que la Fondation Cartier conserve dans sa collection illustrent les différentes périodes de création qui ont marquée son œuvre, déterminées par la recherche de nouvelles iconographies et la découverte de nouvelles techniques et matières. Les premières œuvres de Jean-Michel Othoniel explorent ainsi des matières insolites comme le souffre, qui se prête à être creusé à l’aveugle, devenant à la fois une œuvre et le moule d’une œuvre qui n’existe pas. Ses œuvres plus récentes, réalisées au CIRVA de Marseille, dans le sud de la France, ou à Murano, où les techniques traditionnelles sont encore couramment pratiquées par les artisans locaux, explorent quant à elles les propriétés du verre. Toutes évoquent et suscitent le désir, comme Paysage amoureux, rideau fait de perles de verre dont les formes en cœur ou en anneau suggèrent des ex-voto ou des objets érotiques.

Jean-Michel Othoniel
L'Unicorne (2003)

Extravagante et baroque, sa sculpture L’Unicorne évoque pour sa part un baldaquin de procession et un corps absent, oscillant entre le théâtral et le religieux. Ces deux sculptures ont été présentées à la Fondation Cartier lors de l’exposition personnelle de l'artiste Crystal Palace en 2003.

Sarah Sze
Everything That Rises Must Converge (1999)

Pour son exposition personnelle à la Fondation Cartier pour l’art contemporain en 1999, Sarah Sze, alors jeune artiste, sort pour la première fois de son échelle habituelle. Travaillant jusqu’alors dans de petits espaces, elle crée une gigantesque installation pour le bâtiment de Jean Nouvel à Paris, jouant avec l’architecture, la transparence et la relation entre intérieur et extérieur. Avec Everything That Rises Must Converge, elle transforme une multitude d’objets quotidiens en une construction tourbillonnante en suspension. Dispersées en constellations dans l’espace, ses sculptures changent de forme et se renouvellent à chaque installation. Une configuration originale a été conçue par l’artiste pour le Seoul Museum of Art : en suspension entre deux étages, l’œuvre est visible depuis chaque coin du bâtiment.

Sarah Sze
Everything That Rises Must Converge (1999)

Timelapse de l'installation

Bernie Krause et United Visuel Artists (UVA)
Le Grand Orchestre des Animaux (2016)


En 2016, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Le Grand Orchestre des Animaux. Inspirée par l’œuvre de Bernie Krause, musicien et bio-acousticien américain, cette exposition invite à une méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal aujourd’hui de plus en plus menacé par les activités humaines.

En près de cinquante ans, Bernie Krause a collecté aux quatre coins du monde plus de 5 000 heures d’enregistrements sonores d’habitats naturels sauvages, terrestres et marins, peuplés par près de 15 000 espèces d’animaux. Son approche est unique : il contemple le monde naturel en poète, écoute les vocalisations des animaux en musicien et, à travers ses enregistrements, les étudie scientifiquement. Les représentations graphiques – ou sonogrammes – des enregistrements qu’il réalise révèlent que les sonorités du monde animal, souvent perçues comme un simple bruit de fond confus, sont en réalité aussi soigneusement orchestrées que la partition musicale la plus complexe.

Pour présenter l’œuvre de Bernie Krause, le collectif londonien United Visual Artists (UVA) a créé une installation immersive mettant en valeur l’extraordinaire richesse de ces enregistrements. Consacrée à sept paysages sonores enregistrés au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en République centrafricaine, au Zimbabwe et dans les océans, cette installation offre à la fois une expérience esthétique inédite et un outil de connaissance précis. Un entretien avec Bernie Krause, réalisé par Raymond Depardon et Claudine Nougaret et présenté au début de l’installation, permet de découvrir l’incroyable personnalité de l’auteur de ces enregistrements qui immergent le visiteur dans la beauté, la diversité et la complexité du langage des animaux sauvages."

Bernie Krause
Le Grand Orchestre des Animaux (2016)
Vidéo en 360°

Vue de l'exposition, 2ème étage

Vue de l'exposition, 2ème étage

Claudia Andujar
Identité, Wakatha u

Au début des années 1970, Claudia Andujar rencontre les Indiens Yanomami dans la forêt amazonienne brésilienne et décide d’abandonner sa carrière de photojournaliste pour s’installer avec eux. Membre fondateur de l’ONG brésilienne Comissão Pró Yanomami (CCPY), elle a joué un rôle fondamental aux côtés des Yanomami dans la reconnaissance de leur territoire par le gouvernement brésilien. En 1975-1976, à la suite du projet de construction de la route Perimetral Norte, elle apporte son aide au poste de santé et réalise la série de portraits Identité, Wakatha u, destinés à recenser la population Yanomami. Elle prend dans le même temps des images de scènes de vie ou de sessions chamaniques. La rencontre entre Claudia Andujar et la Fondation Cartier pour l’art contemporain est à l’origine de l’exposition Yanomami, l’esprit de la forêt en 2003, qui mettait en relation la vision du monde d’artistes contemporains et la pensée des chamans d’un village yanomami.

Vue de l'exposition, 2ème étage

Juana Marta Rodas
Sculpture en céramique (1993)

Au Paraguay, les aïeules transmettent à leurs filles – et celles-ci, à leur tour, aux leurs – le secret de l’argile et la beauté des formes, tournées à la main. Juana Marta Rodas et sa fille Julia Isidrez comptent parmi les céramistes contemporaines les plus réputées d’Amérique latine. Leur art marie l’héritage guarani avec les influences jésuites apportées par la colonisation. Juana Marta Rodas et Julia Isidrez ont chacune développé un style original et un langage personnel. Bien qu’issues de la même technique et de la même tradition immémoriale héritée des ancêtres, leurs céramiques présentent des traits zoomorphes inattendus et des contours bombés, s’éloignant de leurs fonctions utilitaires pour devenir de véritables sculptures.

Julia Isidrez
Scultpture en céramique (2013)

Alessandro Mendini
Vase visage (2002)

À propos de ses Vases visages en céramique, l’artiste déclare : « Il existe depuis des millénaires une fascinante histoire d’objets aux apparences anthropomorphes. De la joaillerie à l’architecture, des styles recherchés à l’art populaire, l’homme s’est toujours reproduit dans les objets qu’il fabrique, il les façonne à son image afin de les faire amies. Ces vases qui ressemblent à des visages nous fixent avec un regard profond, depuis toutes les civilisations possibles ». Alessandro Mendini a réalisé la scénographie de toutes les œuvres en céramique présentées au Seoul Museum of Art pour l’exposition Highlights.

Takeshi Kitano
The Animal and Flower Vases (2010)

Cinéaste à la filmographie imprégnée de violence et de mélancolie, homme de télévision, peintre, Takeshi Kitano est un artiste aux multiples facettes. En 2010, il conçoit pour la Fondation Cartier l’exposition personnelle Gosse de peintre, un projet inédit et hors normes dans lequel s’expriment toute sa fantaisie et son inventivité. À cette occasion, il crée une série de vases zoomorphes associant une fleur à un animal dans un détournement amusé de l’art de l’ikebana.

David Lynch
Binder Works #1 and #2 (1970-2006)

Formé aux beaux-arts de Philadelphie, connu principalement pour ses films, David Lynch est l’auteur d’une œuvre polymorphe, poétique et troublante à la fois, mêlant peintures, sculptures, dessins et installations. Entre 1970 et 2009, l’artiste a réalisé un ensemble exceptionnel de 259 dessins sur les supports les plus divers, de la pochette d’allumettes au post-it. Ces Binder Works ont rejoint la collection de la Fondation Cartier pour l’art contemporain en 2011.

David Lynch
Binder Works #1 and #2 (1970-2006)

David Lynch
Binder Works #1 and #2 (1970-2006)

David Lynch
Sans titre (2007 - 2010)
60 lithographies sur papier japonais

En 2007, à l’occasion de son exposition The Air is on Fire à la Fondation Cartier, David Lynch découvre l’atelier de lithographie Idem dans le quartier Montparnasse à Paris et tombe littéralement amoureux de ce lieu historique et de cette technique traditionnelle. Il passe dès lors de longs séjours à Paris et s’empare de ce savoir-faire en voie de disparition ; il participe à la vie de l’atelier et réalise lui-même chaque année ses lithographies dans lesquelles on retrouve ses inspirations, son style sombre et son humour noir.

Patti Smith
The Coral Sea Room (2008)

En 2008, la Fondation Cartier présente Land 250, une exposition personnelle de l’artiste et musicienne américaine Patti Smith, révélant les multiples facettes de sa production artistique : ses photographies prises avec son vieil appareil Polaroid Land 250, ses films ainsi que ses affinités électives avec quelques grandes figures de la littérature française. Pour cette exposition, Patti Smith crée The Coral Sea Room, une installation dans laquelle elle rend hommage à l’artiste et photographe Robert Mapplethorpe, disparu en 1989, qui fut l’un de ses plus grands amis et mentor. Cette installation est composée d’un poème de Patti Smith, d’une bande son conçue avec Kevin Shields (Bloody Valentine) et d’une double projection d’images puissantes de nature, tournées par le réalisateur Jem Cohen sous la direction de Patti Smith. «Après sa mort, j’ai voulu lui donner autre chose que des larmes, alors j’ai écrit The Coral Sea» explique Patti Smith à propos de Robert Mapplethorpe.

PARKing CHANce
Decades Apart (2017)

PARKing CHANce est un duo d’artistes coréens formé par deux frères, le cinéaste Park Chan-wook et l’artiste Park Chan-kyong. Le nom du duo, PARKing CHANce, qui signifie littéralement « trouver une place où se garer », repose sur l’association du nom de famille « Park » et de la première syllabe commune aux prénoms des deux frères, « Chan ». Comme leur nom l’indique, les PARKing CHANce s’intéressent avant tout à des projets qui se distinguent de ceux qu’ils mènent individuellement. Ils créent ainsi des projets uniques et expérimentaux comme des films courts, des documentaires et des clips. Pour leur œuvre Decades Apart, commandée par la Fondation Cartier pour l’art contemporain pour l’exposition Highlights, les PARKing CHANce ont imaginé une installation immersive en 3D, à la fois sonore et visuelle. Les images ont été prises sur le plateau du tournage du film Joint Security Area (JSA), réalisé par Park Chan-wook en 2000, et le son a été travaillé de manière à proposer au visiteur une expérience unique et surprenante : « Les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont dégradées depuis la sortie du film Joint Security Area (JSA), il y a dix-sept ans. Le sentiment d’espoir qui régnait à l’époque a disparu. Tel le reflet du contexte actuel, Panmunjeom, le décor qui a été créé pour le tournage du film, s’est délabré et sera bientôt démoli. Grâce à l’utilisation de la 3D et au montage de la bande-son originale, le visiteur erre au milieu de cette maison hantée, à mi-chemin entre rêve et réalité, quelque part entre le présent et le passé ».

Jean Michel Alberola
La main de Cédric Villani (2011)

En 2011, pour l’exposition Mathématiques, un dépaysement soudain à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Jean-Michel Alberola réalise La Main de Cédric Villani (la conjecture de Cercignani) , une vidéo montrant le mathématicien français Cédric Villani présentant sur un tableau noir le problème pour lequel il a obtenu ses premiers résultats significatifs : la conjecture de Cercignani. Cédric Villani esquisse successivement l’énoncé finalement démontré, sa preuve et ses implications.

Sunwoo Hoon
The Flat is Political (2017)

Sunwoo Hoon débute sa carrière de webtooner avec l’œuvre Damage Over Time créée pour le portail web coréen Daum. En 2015, il reçoit le Prix de l’artiste émergent de l’année lors du Seoul International Cartoon and Animation Festival (SICAF) ainsi que le Prix du meilleur critique de cartoons pour son rôle très actif dans leur univers décerné par le webzine M. Racontant la survie d’un individu au sein d’un camp militaire coréen infesté de zombies, Damage Over Time dénonce les conditions de vie extrêmes des jeunes militaires coréens. Sunwoo Hoon s’est inspiré de la vue isométrique et du graphisme des jeux vidéo, et a choisi le titre Damage Over Time, issu de la terminologie des jeux vidéo, en référence aux dégâts infligés par un personnage pendant un temps donné. Pour l’exposition Highlights, Sunwoo Hoon a imaginé le projet The Flat is Political destiné à être présenté dans les espaces lounge du SeMA. Ayant chacun leur propre style narratif et dépourvus d’une chronologie linéaire, ces nouveaux webtoons racontent la société coréenne contemporaine à travers des images et des dialogues ambigus invitant à de multiples interprétations. Ces webtoons présentent ainsi la signature de l’artiste : la transmission d’un message clair à travers les histoires les plus banales de notre époque.

Tadanori Yokoo
113 portraits (2014)

D’abord illustrateur et grand maître de l’art graphique au Japon, créateur de décors et de costumes de kabuki, Tadanori Yokoo décide en 1980, après avoir visité à New York une exposition de Picasso, de se consacrer essentiellement à la peinture. Citant volontiers dans ses œuvres les peintres occidentaux comme Francis Picabia ou le Douanier Rousseau, il cultive « une grande variété de genres et de manières » et fait de l’éclectisme son style pictural. La Fondation Cartier a organisé en 2006 la première exposition en Europe de Tadanori Yokoo. En 2014, à l’occasion de son trentième anniversaire, elle confie à l’artiste la réalisation de plus d’une centaine de portraits d’artistes, penseurs, scientifiques ou chaman qui ont marqué son histoire. Réalisés avec des styles picturaux différents, ces portraits rappellent que derrière chaque œuvre, chaque exposition surgit un visage, une présence et une relation. Ils soulignent les liens forts et durables tissés par la Fondation Cartier avec chacun, la fidélité et la continuité au fil de plus de trente ans de mécénat.

Vue de l'exposition, 2ème étage

Crédits : histoire

Seoul Museum of Art wishes to express our deepest
gratitude to the Fondation Cartier pour l'art contemporain;
Hervé Chandès, Grazia Quaroni, Lauriane Gricourt,
Corinne Bocquet, Alanna Minta-Jordan.

We express our appreciation to Fabien Penone, France's
Ambassador to South Korea; Anthony Chaumuzeau,
Cultural Director and Counselor; and Diane Josse,
Cultural attaché, from the French Embassy in South Korea.

This exhibition would not have been possible without
the involvement of the Maison Cartier. We would
like to express our gratitude to the directors and
representatives of Cartier, especially Cyrille Vigneron,
President and CEO, and to offer our warmest thanks to
the staff of Cartier International and Cartier Korea for
their energy and unstinting support.

We extend our warmest thanks to the lenders:
Pierre Bun, BUF, Paris
Studio Lee Bul and PKM Gallery, Seoul
Isabelle Giraud, Paris
As well as all the lenders who wish to remain anonymous.
Most of the works presented are part of the Collection
and some have been specifically produced for High/ights
and are being shown for the very first time.

We sincerely thank Catherine Seyoung Lee_
nonstandard studio for the design of the exhibition.
For the graphie design of the exhibition catalog,
communication and signage, we thank fnt studio .
A special thank to Heesun Kim and Jaemin Lee.
For the executive production, we thank Kyeong Ki Hong
from Artcenter IDA.

We thank all those who, through their advice and
support, helped this project corne to fruition, especially
Philippe Boutté, Ronald Chammah, Gérard Chiron, Kim
Hong-hee, André Magnin, and David Yoon.
For their generous contribution, SeMA would like to
thank Judith Goldnadel, CEO of Art, Assurance et
Réassurances techniques (subsidiary of the SIACI SAINT
HONORE group), which specializes in insuring fine art
and valuable items.

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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