Elsie MacGill, la première femme ingénieure en aéronautique

Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Faites connaissance avec Elsie MacGill - ingénieure, femme d’affaires, défenseure des droits des femmes… et première femme ingénieure en aéronautique au monde.

Elsie Muriel Gregory MacGill, ingénieure en chef à la Canadian Car and Foundry Co. ltd., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Elsie MacGill - un carrière de « premières »
En 1938, une Canadienne nommée Elizabeth (Elsie) MacGill est devenue la première femme à obtenir un poste d’ingénieur en chef en aéronautique. Ayant dû lutter sur plusieurs fronts — tant dans sa vie personnelle que professionnelle —, elle cumulait déjà de nombreuses « premières » dans sa carrière : elle a été la première Canadienne à obtenir un diplôme en génie électrique (Toronto, 1927), la première Nord-Américaine diplômée en génie aéronautique (Toronto, 1929), la première femme à avoir conçu les plans d’un aéronef, et la première candidate féminine à avoir été acceptée à l’Institut canadien des ingénieurs.
Elsie Muriel Gregory MacGill, ingénieure en chef à la Canadian Car and Foundry Co. ltd., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Ses réalisations ne se limitent pas au seul domaine de l’ingénierie : Elsie MacGill a également été une véritable chef de file dans le mouvement des droits des femmes, et a considérablement contribué aux travaux de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, de 1967 à 1970.

Avion Hurricane XII de Hawker, Musée de l'aviation et de l'espace du Canada., vers 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Elsie MacGill a été responsable de la production en série du Hawker Hurricane, un monoplan à une place que des Canadiens ont piloté tant au sein de la Royal Air Force (RAF) que de l’Aviation royale canadienne (ARC) au cours de milliers de sorties de combat.

Couverture de la bande dessinée Queen of the Hurricanes, Elsie MacGill., janvier 1942, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Bien que son histoire soit bien connue des adeptes canadiens de l’aviation, sa contribution à la technologie et à la société dépasse largement la brève période où on l’appelait affectueusement « la reine des Hurricane ».

Elsie MacGill, devant l’avion d’entraînement Maple Leaf II., Unknown, 1938, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Difficultés et triomphes
Elsie MacGill a survécu à la poliomyélite, ayant contracté la maladie en mai 1929. Bien que les médecins lui avaient annoncé qu’il était possible qu’elle ne marche jamais plus, elle a travaillé fort pour retrouver l’usage de ses jambes. Elle a toutefois eu besoin d’utiliser des cannes pour se déplacer après la maladie.
Extrait de Queen of the Hurricanes, Elsie MacGill., janvier 1942, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Un modèle Ford Roadster des années 1930, semblable à celui que conduisait Elsie MacGill., Ford Motor Company of Canada LTD, 1932, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Farouchement autonome malgré son handicap physique, Elsie n’a jamais cessé de conduire sa voiture Ford Roadster, soulevant sa jambe avec ses mains pour pouvoir enfoncer la pédale d’embrayage.

Le Super 71 de Fairchild, testé par Elsie MacGill, 1938, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Après son rétablissement, en 1934, Elsie MacGill a fait son entrée dans l’industrie de l’aviation privée, ayant obtenu un poste à Montréal, à la Fairchild Aircraft ltée. À titre d’adjointe au chef ingénieur en aéronautique, elle a participé aux travaux de conception de nouveaux aéronefs et aux épreuves de résistance des appareils.

Le Maple Leaf II, un avion d’entraînement conçu par Elsie MacGill et produit., 1938, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

En 1938, Elsie MacGill est devenue ingénieure en chef en aéronautique à la Canadian Car & Foundry (CCF) à Fort William (aujourd’hui Thunder Bay), en Ontario, où on lui a demandé de concevoir un avion d’entraînement qui serait utilisé au Mexique.

Elsie MacGill, devant l’avion d’entraînement Maple Leaf II., 1938, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Le Maple Leaf II a décollé pour la première fois en 1939, Elsie MacGill à son bord comme passagère.

Le premier Hawker Hurricane construit au Canada., Dans les années 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

La Canadian Car & Foundry n’a malheureusement pas réussi à vendre cet avion à l’Aviation royale canadienne — mais avec l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux défis allaient distraire l’ingénieure de cette déception.

Premier Hawker Hurricane construit pas la Canadian Car and Foundry Co. Ltd., 1939-12-24, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
La reine des Hurricane
Peu de temps après le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe, la Canadian Car & Foundry a été sélectionnée par la Royal Air Force et l’Aviation royale canadienne pour construire des chasseurs Hawker Hurricane.
L’élaboration de procédés de fabrication en série pour le Hawker Hurricane, Unkonwn, 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Elsie MacGill était responsable d’élaborer des procédés de production en série qui permettraient de construire plus de mille aéronefs en peu de temps.

L’élaboration de procédés de fabrication en série pour le Hawker Hurricane, 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
La revue Canadian Aviation mettant en vedette le premier Hawker Hurricane construit au Canada, Thorp-Hambrock Co. Ltd, février 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Le premier Hurricane s’est envolé en janvier 1940, comportant des modifications pensées par Elsie MacGill pour assurer que le chasseur pourrait voler par temps froid.

Foule autour du premier Hawker Hurricane construit au Canada., Unknown, 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Des foules se sont déplacées pour voir ce Hurricane, le premier de plusieurs autres, prendre son envol.

La construction d’avions Hawker Hurricane, Unknown, 1940/1943, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Une ingénieure… au féminin
Sous la supervision d’Elsie MacGill, l’usine de la Canadian Car & Foundry a produit plus de 1 400 appareils Hurricane, de 1940 à 1943.
Une membre du Service féminin de l'ARC fait du soudage sur un avion., Dans les années 1940, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Pour pouvoir répondre à la demande, les effectifs de l’usine sont passés de 500 à plus de 4 500 travailleurs, dont plus de la moitié étaient des femmes.

Une chaîne de montage d’appareils Hawker Hurricane à la Canadian Car & Foundry., Unknown, 1941, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Toutefois, malgré ces grands changements, peu de femmes occupaient des postes de gestion, voilà pourquoi Elsie MacGill était si populaire dans les journaux et les magazines.

Une travailleuse dans la cabine d'un Bristol Bolingbroke à une usine de Fairchild Aircraft., Unknown, 1942, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Son travail a fait l’objet d’une vaste couverture médiatique pendant tout le début des années 1940.

Des chasseurs Hawker Hurricane volant en formation pendant la Seconde Guerre mondiale., Dans les années 1940., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Bien que, dans les années 1940, son travail était axé sur la guerre, Elsie MacGill considérait qu’elle contribuait plutôt à la paix.

Briser le cercle — des appareils Hawker Hurricane en plein vol., Frank Wootton, 1982, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Dans un article paru en 1940 dans la revue The Engineering Journal, Elsie MacGill a écrit « Le défi de gagner la guerre a été carrément confié aux ingénieurs canadiens… Nous visons non seulement la satisfaction de voir gagner les alliés, mais aussi la gloire d’avoir accéléré le retour de la paix dans le monde. »

La production d’appareils Curtiss SBW Helldiver à la Canadian Car & Foundry., Inconnu, 1943, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Passer de l’usine aux tables de comités
Lorsque la production du Hawker Hurricane a cessé, à l’été 1943, Elsie MacGill était connue du public comme étant « la reine des Hurricane ».
Les employées de la Canadian Car & Foundry construisent le Curtiss SBW Helldiver., Ken Johnson, 1943, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Malgré le grand succès de son projet Hurricane, Elsie MacGill a rencontré plusieurs problèmes de conception hors de son contrôle lorsqu’elle a entrepris la fabrication du Curtiss SBW Helldiver, toujours à la Canadian Car & Foundry.

La production d’appareils Curtiss SBW Helldiver à la Canadian Car & Foundry., Inconnu, 1943, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Le rythme de production trop lent a contribué à la mise à pied d’Elsie MacGill.

Le Canadair North Star issu d’un des projets sur lesquels a travaillé Elsie MacGill à titre de conseillère., Inconnu, Dans les années 1940., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Après son départ de la Canadian Car & Foundry, Elsie MacGill a ouvert un bureau d’experts-conseils en aéronautique à Toronto — une autre première pour une femme au Canada. Dans ses nouvelles fonctions, elle a travaillé sur de nombreux projets, dont la conversion de l’avion de transport militaire Douglas DC-4 en aéronef civil.

Elizabeth « Elsie » MacGill., 1941, Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Dans les années 1950, Elsie MacGill s’est engagée dans plusieurs luttes féminines, comme celles pour les garderies et les congés de maternité. Elle a été nommée commissaire à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada en 1967. À son décès, à 75 ans, elle était l’une des ingénieures les plus respectées au pays.

Une travailleuse assemblant des pièces d’aéronef., Dans les années 1940., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Tout au long de sa vie professionnelle, Elsie MacGill n’a jamais cessé de ressentir de la résistance de la part des grandes sociétés d’ingénierie — une industrie à forte dominance masculine. En guise de riposte, elle a intégré plusieurs organismes et groupes professionnels afin de contribuer aux efforts de réforme juridique et sociale.

Elsie MacGill a été intronisée au Panthéon canadien des sciences et du génie en 1992., Provenant de la collection : Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Que l’on pense à Elsie MacGill en tant qu’ingénieure, entrepreneure, auteure ou défenseure des droits des femmes, le récit de sa carrière continue d’inspirer les Canadiens et Canadiennes d’aujourd’hui.

Parmi les prix et reconnaissances qu’elle a reçus figurent son intronisation au Panthéon canadien des sciences et du génie ainsi qu’au Panthéon de l’Aviation du Canada, quatre doctorats honorifiques, la médaille Gzowski de l’Institut canadien des ingénieurs et son admission dans l’Ordre du Canada.

Musée de l’aviation et de l’espace du Canada
Crédits : histoire

Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, 2018

Crédits : tous les supports
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