Parcours thématique : Noir

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Partez à la découverte de la couleur noire dans les collections de peinture du musée. De la Renaissance au XXIe siècle, vous apprécierez la diversité d’utilisation du noir par les artistes, employé tant pour ses qualités plastiques que pour sa portée symbolique ou sociale. Les pistes audio qui alimentent la galerie sont issues de l'audioguide du musée.

Portrait d'un jeune homme
Joos Van Cleeve, vers 1520, Huile sur toile

Cet homme vêtu de noir se détache sur un fond bleu, au dégradé modulé par la lumière. La clarté du visage et des mains, peints avec minutie, s’oppose à l’étendue noire, presque monochrome, du vêtement.
Au XVIe siècle, la bourgeoisie s’approprie la mode du noir, signe de distinction sociale.

Au XVIe siècle, la bourgeoisie s’approprie la mode du noir, signe de distinction sociale.

Difficile à obtenir et donc très coûteuse, cette teinte n’est pas soumise aux règlements vestimentaires de l’époque, qui réservent aux Princes le port de certaines couleurs, comme les somptueux rouges écarlates et bleus paons.

La clarté du visage et des mains, peints avec minutie, s’oppose...

... à l’étendue noire, presque monochrome, du vêtement.

La sobriété du noir traduit ici l’élégance du personnage, probablement un négociant italien installé à Anvers.

Le Repentir de saint Pierre
Jusepe de Ribera, XVIIe siècle, Huile sur toile

Le fond sombre du tableau crée un fort contraste avec le visage pâle de saint Pierre qui, comme le relate le Nouveau Testament, a renié le Christ. Cette opposition prend une intensité symbolique : l’obscurité domine.

Mais le regard plein de larmes du saint est dirigé vers le haut, cherchant la lumière et le pardon.

Le clair-obscur - ou ténébrisme - est caractéristique de l’influence du Caravage sur les peintres espagnols du XVIIe siècle.

Il permet d’insister sur certains détails très réalistes, comme ici les mains marquées d’artisans.

En bas à droite, on distingue une pierre, un livre usagé et une clef. L’identité du saint est confirmée par ces attributs, les clefs du Paradis et la pierre rappelant le texte des Évangiles dans lequel le Christ déclare :

« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église. »

Portrait de femme
Michiel Jansz Miereveld, 1625, Huile sur bois

Cette jeune inconnue, au visage pâle et fin, semble figée dans son costume. Le noir, en vogue dans la Hollande majoritairement protestante du début du XVIIe siècle.

Le noir est modulé par de subtils effets de lumière qui font chatoyer le satin et les plumes de l’éventail.

La sobriété du fond met d’autant plus en valeur les détails décoratifs, attirant
le regard par leur magnificence : les bijoux et le corsage de brocart, la dentelle des manches et de l’imposante fraise autour du cou.

Ces atours, tout comme le choix du peintre, portraitiste favori de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, indiquent le rang social élevé du modèle.

Celle-ci pose tournée vers la droite, sans doute en direction du portrait de son époux, aujourd’hui disparu.

Les peintres protestants privilégient la sobriété, le noir et les tons sombres, ainsi que les jeux de camaïeux. Ce rejet des couleurs vives les distingue des peintres de la Réforme catholique, qui préfèrent employer une palette chromatique très riche.

Le Poème de l'âme : le mauvais sentier
Louis Janmot, 1854, Huile sur toile

Dans cette scène à l’architecture inquiétante, deux jeunes adolescents gravissent un escalier sous le regard inquisiteur de personnages vêtus de la robe noire des professeurs, alignés dans des niches, et d’une vieille femme assise.

Qu'est-ce que le cycle Le Poème de l'âme de 18 tableaux de Louis Janmot, conçus entre 1854 et 1892

Cette peinture fait partie d’un cycle de dix-huit peintures de même format, complété par un second cycle de seize dessins, illustrant un poème de plus de deux mille huit cents vers.

Pour l’artiste, la peinture doit convaincre le spectateur par des scènes remplies de symboles. Ici, le noir symbolise les dangers de l’enseignement laïc qui menacent la foi chrétienne des deux héros du Poème de l’âme.

La Princesse Marie Cantacuzène1
Pierre Puvis de Chavannes, 1883, Huile sur toile

Dignité et mélancolie se dégagent de ce portrait de Marie Cantacuzène, compagne et muse du peintre Pierre Puvis de Chavannes.

Son vêtement est peint d’un seul aplat noir, à l’exception du ruban noué et du voile couvrant sa chevelure, mis en relief par un léger jeu de lumière.

Ce noir accentue la pâleur des mains et du visage, dont le traitement en pleine pâte souligne la profondeur et l’intensité du regard.

Ici, le noir n’évoque pas le deuil, mais exprime la psychologie du modèle. Le peintre déclare : « Cette personne n’est pas une veuve (...). C’est un esprit sérieux, très élevé et très bienveillant. (...)
Les gens réfléchis ne pensent pas gaiement mais pour le cas présent, il n’y a aucune douleur immédiate. »

Mer agitée à Étretat
Claude Monet, 1902, Huile sur toile
De près, on ne distingue que touches et traces de pinceaux sur cette toile, mais en reculant de quelques pas...

De tous les peintres impressionnistes, Claude Monet est celui qui a été le plus attiré par l'atmosphère changeante des paysages de bords de mer, en particulier ceux de Bretagne ou de Normandie.

C’est lors d’un séjour en Normandie que Claude Monet peint ce tableau. Comme tous les artistes impressionnistes, il multiplie les paysages peints en plein air, sur le motif.

Cette vue d'une plage cadrée depuis la fenêtre d'un hôtel est celle d'Étretat que Monet peint en série en février 1883.

Vision hivernale, par gros temps.

Pour eux, les couleurs de la nature laissent peu de place au noir : ainsi, dans cette œuvre, le noir issu des pigments traditionnels fait place à des « presque noirs » issus du bleu, du rouge ou du vert, riches de nombreuses nuances.

Les impressionnistes sont influencés par les théories scientifiques d’Isaac Newton, qui affirme que le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, et par celles d’Eugène Chevreul, montrant comment une couleur se trouve modifiée au contact d’une autre.

Les impressionnistes rejettent souvent le noir de leurs palettes.
Auguste Renoir dit d’ailleurs : « Un matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme était né !»

Crédits : histoire

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Production : Stéphane Degroisse, webmestre et chargé des nouveaux médias.
stephane.degroisse@mairie-lyon.fr
Gigapixels : © Gilles Alonso - contact@gillesalonso.com
Photos : © MBA Lyon - Alain Basset, Stéphane Degroisse, Mathilde Hospital

Remerciements : tous les supports
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