1 nov. 2016

LIVE ! La retransmission des Jeux Olympiques

Le Musée Olympique

De la fin du 19e siècle à aujourd’hui, Live! vous propose de suivre les principales étapes de l’épopée technologique qui a favorisé l’accès des JO hors du stade : 1900, 1920, 1936, 1960, 1970, 1980, et 2012. Grand tourbillon fait de pionniers et de trouvailles insoupçonnées, la retransmission des Jeux Olympiques raconte en réalité bien plus que les innovations techniques : c’est toute l’histoire moderne qui s’y révèle.

1900 : Le cinéma, tout premier diffuseur des Jeux !
Les Jeux naissent en même temps que le cinéma, à la toute fin du 19è siècle, et occupent glorieusement les fameuses Actualités cinématographiques, qui tiennent lieu, dans les salles obscures, de journal télévisé. Malgré un différé de plusieurs semaines, les cinéphiles adorent se sentir téléportés dans les tribunes des stades, avant de vibrer tous ensemble, à l’arrivée du parlant, grâce à l’emphase des commentateurs.

Voici les plus vieilles images animées olympiques disponibles! Dans une salle obscure, des spectateurs découvrent tous ensemble ce stade de Saint-Louis (Etats-Unis). Gageons cependant que les Actualités de l’époque ne rendent pas compte des polémiques associées à ces Jeux, dont 523 des 651 athlètes sont Américains, d’où sont absentes les équipes olympiques françaises et britanniques, et où des « journées anthropologiques » mettant en scène des « tribus sauvages » (dont Geronimo !) provoquent l’ire de Pierre de Coubertin.

En 1904, à Saint-Louis, sur la piste d’athlétisme.

C’est signé Pathé. Il n’existe pas de film plus ancien d’un 100 m olympique.
En ce mois de juillet, sur la terre battue du White City Stadium, construit en dix mois après que Londres a récupéré in extremis les Jeux de 1908, des hommes luttent pour la victoire : et notamment le Sud-Africain Reginald Walker (médaille d’or), l’Américain James Rector (argent). Les images tremblent, les silhouettes sont imprécises, mais l’émotion est intacte.

En 1908, à Londres, avec les gagnants du 100 m.

Pas de retransmission à la télévision ou à la radio. Le seul moyen de vivre les JO en direct, c’est évidemment de s’y rendre physiquement ! Cette publicité pour les Jeux de Londres est destinée aux Français, à qui l’on suggère de passer par Douvres, ou par Ostende, en Belgique. L’affiche mentionne l’Exposition franco-britannique, une initiative pour commémorer l’Entente cordiale de 1904, dans ces années précédant la Première Guerre mondiale. L’imagerie antique (la couronne de lauriers) a toujours la cote.

Londres 1908, en passant par Ostende ou Douvres!

Celui qui a bénéficié de ce ticket pour le stade olympique londonien, le 24 juillet 1908, a probablement assisté à l’incroyable issue du marathon. Arrivé le premier, l’Italien Dorando Pietri, dopé à la strychnine, s’écroule cinq fois, se trompe de sens, se fait aider par des organisateurs. La médaille sera donc remise au deuxième, l’Américain John Hayes !

Un ticket pour le marathon, Londres, 24 juillet 1908.
Années 1920 : et la radio inventa le direct
Ce joli meuble de style Art déco, c’est une radio, et les familles (ici, aux Etats-Unis vers 1935) se réunissent autour du poste comme devant un feu de bois. En 1924, les Jeux Olympiques de Paris passent par la radio ! Radio Paris, née un an avant, invente le commentaire sportif en direct avec le journaliste Edmond Dehorter, et la BBC résume chaque soir les événements du jour. Des années 30 aux années 60, la radio est le média numéro un pour les Jeux, avant de céder sa place à la télévision...

Ces postes de radio, magnifiquement dessinés (comme ce Stewart-Warner de style « Art nouveau », ou cet Atwater-Kent, du nom d’un inventeur américain qui sponsorise aussi des shows de radio) commencent à se vendre à la fin des années 20, au moment même où les Jeux prennent de plus en plus d’importance au niveau mondial.
Aux États-Unis, alors que la pauvreté galopante des années 30 empêche les familles de se rendre au cinéma ou de sortir dîner, la radio devient l’unique distraction, permet de se tenir au courant de la Grande dépression ou d’écouter les paroles rassurantes du président Roosevelt. La retransmission des JO de Los Angeles tient les auditeurs en haleine, même en l’absence d’images... Le règne de la radio durera jusqu’aux années 60, avant de laisser place à la télévision.

Le poste de radio, média et compagnon

Ces postes de radio, magnifiquement dessinés (comme ce Stewart-Warner de style « Art nouveau », ou cet Atwater-Kent, du nom d’un inventeur américain qui sponsorise aussi des shows de radio) commencent à se vendre à la fin des années 20, au moment même où les Jeux prennent de plus en plus d’importance au niveau mondial.
Aux États-Unis, alors que la pauvreté galopante des années 30 empêche les familles de se rendre au cinéma ou de sortir dîner, la radio devient l’unique distraction, permet de se tenir au courant de la Grande dépression ou d’écouter les paroles rassurantes du président Roosevelt. La retransmission des JO de Los Angeles tient les auditeurs en haleine, même en l’absence d’images... Le règne de la radio durera jusqu’aux années 60, avant de laisser place à la télévision.

Le poste de radio, média et compagnon

Edmond Dehorter, le « Parleur inconnu », le père du commentaire sportif:
6 octobre 1923, un match de boxe à la salle Wagram, à Paris. Sur Radiola, qui deviendra bientôt Radio-Paris, Edmond Dehorter (ou le « Parleur inconnu », son pseudonyme) commente un match en direct, pour la première fois dans l’histoire des médias.
Pour les Jeux de 1924 à Paris, le même Edmond récidive. Il commente les principales épreuves en direct, et tente même l’exploit de le faire depuis la nacelle d’un ballon, dominant à la fois le Vélodrome d’Hiver et le stade de Colombes... Intéressé par l’affluence, Peugeot appose des publicités sur les flancs de la nacelle !

Edmond Dehorter, le « Parleur inconnu », le père du commentaire sportif

Que de spectateurs pour applaudir les coureurs du 100 m, le Britannique Harold Abrahams ou l’Américain Jackson Scholtz... Les organisateurs craignent que les retransmissions en direct, qui commencent modestement cette année-là au micro de Radio Paris, ne vident les tribunes. En Grande-Bretagne, les propriétaires de journaux, inquiets pour la survie de leurs titres, imposent à la BBC de ne pas diffuser de bulletins d’information avant 18h !

A Paris, en juillet 1924, dans les starting blocks du 100 m

Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Anvers (Belgique), 1920:
Les photographes, plus nombreux, travaillent désormais en groupes. Le défi médiatique commence.

Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Anvers (Belgique), 1920

La photo... Le film d’Actualités au cinéma... Les débuts de la radio... Oui, mais le dessin est encore très présent dans les journaux des années 20. Cela autorise le dessinateur à fréquenter les pistes et les tribunes aux Jeux de 1924 à Paris.

Le journaliste-dessinateur
Années 1930 : Vus à la télé !
C’est l’après-guerre. Les Jeux de Londres annoncent la fin des jours sombres, mais aussi un élan vers la modernité. La télévision s’invite dans les salons du monde occidental, pour ne plus les quitter. Si la technologie télévisée a fait ses premiers pas dans le Berlin olympique de 1936, elle va s’épanouir en 1948, dans la capitale britannique. C’est cette année-là que des images olympiques atterrissent directement dans les foyers. Déjà, on va au-delà de la simple retransmission factuelle des exploits du jour. On filme en direct; on multiplie les angles et les perspectives; on raconte une histoire. De collective (les Actualités cinématographiques, les salles de télévision à Berlin), l’expérience du spectateur devient familiale.

D’abord, le coup du pistolet, puis la clameur, et enfin la victoire. Jesse Owens, 23 ans, d’une stupéfiante vélocité, remporte non seulement le 100 m, mais aussi le 200 m, le saut en longueur et le relais du 400 m ! Des images et du son pour un moment mythique. Malgré l’affront (un Noir triomphe), Hitler salue Owens d’un geste de la main. Owens racontera plus tard, à rebours de tous les commentateurs de l’époque et non sans provocation, s’être senti plus valorisé par Hitler que par l’Amérique ségrégationniste qu’il a retrouvée au retour des Jeux.

Berlin 1936 : Jesse Owens, l’Afro-américain qui contredit les théories d’Hitler

La technique du condensateur est encore utilisée aujourd’hui, et considérée comme particulièrement apte à retransmettre une ambiance.

Berlin 1936 : un microphone à condensateur utilisé pendant les Jeux

Berlin 1936 marque les débuts de la retransmission télévisée des Jeux. 25 « auditoires publics" et halles à bière équipés d’écrans ouvrent à Berlin, Potsdam et Leipzig.
Ces lieux permettent à très exactement 162 228 spectateurs de suivre gratuitement les compétitions. C’est l’occasion rêvée, pour le régime nazi, d’exhiber sa modernité et de calmer provisoirement les inquiétudes internationales. Au même moment, la cinéaste Leni Riefenstahl, proche d’Hitler, entame le tournage de son documentaire « Les Dieux du Stade », qui magnifie les corps des athlètes olympiques et invente une manière de filmer le mouvement.

Berlin, 1936 : des Jeux télévisés et instrumentalisés

Opportunément nommé « Olympic », ce petit téléviseur se retrouve dans de très nombreux salons britanniques pendant les Jeux de 1948 à Londres.

L’Olympic !
Années 60 : la télévision sur le podium
La radio ? Toujours là. Les actualités au cinéma ? Encore un peu. Mais la télévision, stimulée par les Jeux Olympiques, entame son marathon sans fin d’avancées technologiques et mondialisées. C’est l’ère des premières fois. Rome 1960 : premières retransmissions en direct dans de très nombreux pays d’Europe. Tokyo 1964 : premières retransmissions par satellite. Mexico 1968 : premières caméras couleur, à la main et sans fil ! Les audiences se chiffrent en centaines de millions, et les téléspectateurs exultent.

40 caméras noir et blanc, 11 unités mobiles et 11 magnétoscopes permettant des ralentis : à Rome, en 1960, la télé fait un bond, eet devient le média numéro un des Jeux.
Mais pour l’heure, seule l’Europe bénéficie du direct. Les cassettes sont envoyées chaque jour par avion aux États-Unis, puis en train jusqu’au centre de New York, et enfin « réchauffées sous les aisselles » par le commentateur d’ABC, Jim McKay, puisqu’elles sont encore froides d’avoir passé des heures dans la soute au-dessus de l’Atlantique !
Le 100 m est remporté par l’Allemand Armin Hary, qui représente à la fois l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest, illustration de la promesse de paix incarnée par les Jeux.

Rome 1960 : la finale du 100 m hommes, en noir et blanc

Voici une caméra de télévision équipée d'un tube image-orthicon, utilisée pour couvrir les Jeux d’hiver de 1956 à Cortina d’Ampezzo (Italie).
On ne se contente pas de retransmettre, on veut aussi raconter une histoire avec plusieurs caméras, au point qu’il est plus excitant de regarder les compétitions devant son téléviseur que depuis les tribunes !
Cet hiver-là, quatre caméras sont installées le long de la piste de bobsleig, permettant aux téléspectateurs de suivre la quasi intégralité de la course.

Cortina d’Ampezzo 1956 : bobsleigh et caméras

Jeux d’hiver de 1956 à Cortina d'Ampezzo (Italie): insigne officiel destiné à la radio et à la télévision.

L’insigne « radio-TV »

Dans le village olympique des Jeux de 1964, à Tokyo, des athlètes regardent leurs camarades lors d’une retransmission des compétitions à la télévision.
C’est la première fois que des Jeux sont organisés en Asie. Le pays investit des sommes considérables dans l’organisation, notamment médiatique, pour montrer au monde entier qu’il s’est relevé de la Seconde Guerre mondiale.

Les collègues à la télévision

En couleur, en gros plan, au ralenti... Les vidéos du 100 m hommes de Tokyo 1964 montrent le champion afro-américain Robert (Bob) Hayes sous toutes les coutures. Avait-on déjà vu les muscles d’une cuisse avec une telle précision ?
La télévision offre au mordu de sport une proximité inédite avec les athlètes.

Bob Hayes en gros plan, Finale Tokyo 1964, 100 m

Au centre de presse de Mexico. Entre 400 et 600 millions de téléspectateurs profitent du spectacle en direct, et cette communion planétaire inédite génère un espoir pour le monde, ainsi que l’écrivent des téléspectateurs à la chaîne américaine ABC :
« Votre couverture devrait nous motiver en ces temps troubles. Les Jeux Olympiques prouvent qu’en s’engageant il est possible de mettre ses différences de côté et tendre vers la perfection » ou bien « Nous fûmes remplis d’espoir pour l’avenir du monde. »
C’est l’heure des petites caméras, plus légères, couleur, et portatives. Le cameraman filme de près, s’approprie la réalité, lui donne un sens. L’organisation devient le maître-mot. Mexicains, Japonais, Américains et Européens montent des équipes communes de tournage pour les compétitions les plus importantes. 45 caméras retransmettent les événements en cours sur 18 sites.

Mexico 1968 : avènement de la caméra portative
Années 70 : Les Jeux en couleur sur les cinq continents
Au salon, la télé est en couleur. Sur l’écran, toutes les compétitions sont en direct. La terre entière est désormais branchée sur les Jeux, happée par le suspense, ébahie par les performances.

Certains cameramen accompagnent les coureurs... en courant, maintenus et guidés par un collègue placé juste derrière. Et de la vitesse, il en faut pour suivre le 100 m hommes du 1er septembre 1972, aux Jeux de Munich.
Le médaillé d’or est le Soviétique Valeryi Borzov, « l’homme le plus rapide du monde », qualifié aussi de « machine humaine », de « robot », en référence à son mental d’acier, à sa technique parfaite.

Munich, 1972 : filmer Borzov

Munich 1972. 25 sites de compétition sont équipés de caméras de télévision, et les dix autres de matériel de cinéma... utilisé pour la télévision.

Une caméra de télévision couleur équipée de trois tubes Plumbicon

Jeux d’hiver de 1972 à Sapporo, au Japon. L’homme porte une mini-caméra sur son casque et va filmer en skiant la descente (épreuve de ski alpin). La miniaturisation du matériel rapproche les caméras des athlètes, et permet aux téléspectateurs d’être au coeur de l’action.

L’homme-caméra

L’armée des cameramen en blouson orange, à l’esthétique très « seventies ». La miniaturisation leur permet de filmer tout, n’importe où, dans toutes les positions !

Montréal, 1976

L’emblème de cette Olympiade a marqué la mémoire collective. Le voici gravé sur une radio portative, signifiant là encore l’histoire d’amour entre les Jeux et les médias.

Jeux de Moscou, 1980
1980s and 1990s: The Games in High Definition and in stereo 
There are spectators and TV viewers. The former are carried by the enthusiasm of the crowd, and are excited by the feeling of being at the heart of the action. Those who remain on their couches now benefit from an incredible multiplicity of viewing angles… and a remote control, i.e. the best way of personalising their passion for sport. 

African American Carl Lewis won four gold medals: his results in the 100m, 200m, 4 x 100m and long jump were impressive. Cameras filmed King Carl from very close up, his muscles rolling under his skin, his jaw square and determined. The TV viewers were enthralled by his performance
Record-breaking Los Angeles Games! Two-and-a-half billion people watched the competitions on television for at least one minute. But 7.8 million tickets were sold: the emotion felt in the stands remains an irreplaceable experience.

Los Angeles 1984 : filmer le roi Carl

A total of 6,838 press armbands were needed for the journalists and media technicians who had come to cover the competitions!

Jeux d’hiver de 1988 à Calgary, au Canada

When Seoul hosted the Games in September 1988, South Korea was enjoying impressive economic growth and taking the route of democracy. The imminence of the competitions forced the government to take the mass demonstrations of 1987 into account. A success for Olympism.
However, despite intense negotiations led by the IOC, North Korea boycotted the Games. To meet the growing needs of the electronic media, public TV channel KBS built an ultra-modern complex with nine storeys and of almost 64,000 m2, which hosted four TV studios, 14 radio studios and a 2,000-seat auditorium. Enough to do justice to the performances of these Games, including those of Steffi Graf (tennis) and Matt Biondi (swimming). Canadian sprinter Ben Johnson, who tested positive for steroids, lost his gold medal in the 100 metres. He was the first famous athlete to be disqualified for doping.

Séoul 1988 : des Jeux, des caméras, de la démocratie

For the first time in 20 years, following the disappearance of the Eastern Bloc, there was not a single boycott. For the first time in 30 years, with the end of Apartheid, South Africa was allowed to compete. To celebrate this African reconciliation, Ethiopian runner Derartu Tulu performed a lap of honour with her South African rival, Elena Mayer. An Olympic moment par excellence! It was also in Barcelona that CDD cameras, normally used in astronomy, made their appearance, as did digital video recorders. Another new feature was touchscreens, which allowed the sports commentators to obtain information immediately and in real time. A foretaste of the arrival of the Internet! Some 3.5 billion people watched the Games on television that year.

Barcelone 1992 : l’esprit olympique souffle sur 3 milliards et demi d’humains

Until 1994, the Winter Games took place in the same year as the Summer ones. But for financial reasons linked to advertising, the TV networks informed the IOC of their wish for the Summer/Winter Games to alternate every two years, which was accepted and would give the Winter Games greater visibility. They were no longer the poor relation of the Summer Games. In 1994, the Lillehammer Winter Games were broadcast in more than 120 countries, and on the African continent for the first time.
1988 Olympic Winter Games in Calgary. The microphone on the camera is no longer enough to reproduce atmospheric sound faithful to reality. Behind the cameraman, in a one-piece ski suit, the sound recorder and his boom play a decisive role.

Jeux d’hiver : l’essor médiatique

Quelle sophistication ! Si Pierre de Coubertin découvrait cette photo de caméras sur nacelles pivotantes au-dessus du stade olympique, il n’en reviendrait pas.

Atlanta 1996 : caméras flottantes
Années 2000: Moi, mes Jeux et Internet
Comment un événement aussi mondial, universel et collectif que les Jeux Olympiques peut-il se transformer en expérience individuelle ? Une seule réponse : Internet! Autre innovation technologique de ce début de millénaire: la troisième dimension, la 3D. Les Jeux confirment leur vocation de terrain de jeu technologique.

Le sprinteur jamaïcain Usain Bolt regarde le téléspectateur au fond des yeux, goguenard, mimant la course avec son index et son majeur. Ses rivaux ont tour à tour fait un petit numéro de clown devant la caméra lorsque leur nom a été prononcé par le speaker dans un stade olympique bondé et survolté. C’est un spectacle; ils en sont les acteurs, et l’incroyable proximité de la caméra leur permet de rentrer directement en contact avec leurs fans. Usain Bolt pose un doigt sur sa bouche en souriant pour intimer aux spectateurs de se taire, fait le signe de croix et la course commence. Il l’emporte, avec le deuxième chrono le plus rapide de l’histoire.

Londres 2012, Usain Bolt superstar

L’arrivée d’Internet va bouleverser les habitudes des fans de sport. Ils peuvent désormais suivre l’action où qu’ils soient et choisir le sport qu’ils préfèrent. Par la télévision, les Jeux étaient entrés dans les salons familiaux ; les voici désormais partout, dans les bureaux, les chambres, les écoles, ou les cybercafés.

La déferlante numérique

Pudgy le pingouin porte sur son ventre l’adresse de FanM@il, une plateforme d’IBM qui permet aux spectateurs d’envoyer leurs e-mails de félicitation aux athlètes. Les Jeux de Nagano sont les seconds à bénéficier d’un site Internet dédié, après ceux d’Atlanta en 1996.

Jeux d’Hiver de 1998 à Nagano (Japon)

Depuis 2001, le Comité International Olympique a mis en place son propre service de tournage et de transmission, l’Olympic Broadcasting Service, l’OBS. La couverture des Jeux ne dépend donc plus uniquement du pays-hôte.

Londres 2012

Neuf millions de billets vendus, des moments forts incarnés par le nageur américain Michael Phelps et le sprinteur jamaïcain Usain Bolt, une organisation impeccable… et des expériences technologiques notables: la 3D, le son multicanal, les caméras 8K. Londres 2012, c’est aussi 3,6 milliards de téléspectateurs, et, dans les coulisses, 20 000 journalistes et techniciens des médias!

Londres 2012: les coulisses d’une Olympiade réussie

C’est à Londres, pendant les Jeux de 2012, que la retransmission live en 3D est expérimentée pour la première fois. Cérémonies d’ouverture et de clôture, 100 m hommes, entre autres, bénéficient de cette technologie nouvelle, qui nécessite une diffusion sur un canal télévisé spécifique.
Ces spectateurs regardent la retransmission des Jeux en 3D dans une salle spéciale du Parc olympique, le « Panasonic full HD 3D Theatre ».

Bienvenue dans la troisième dimension

C’est historique ! Aux Jeux d’hiver de 2014 à Sotchi, Internet bénéficie de plus d’heures de retransmission que la télévision. L’usage des médias sociaux décolle véritablement, avec plus de 2,2 millions de nouveaux suiveurs sur toutes les plateformes, et 7,7 millions de fans sur Facebook.

Sotchi 2014 : quand le numérique dépasse la télévision
Demain les Jeux.
La troisième dimension (3D), la haute définition (HD), c’est déjà dépassé! Attention à ces signes : 4K, 8K, HFR, HDR... Grâce à l’épanouissement des nouvelles technologies, les Jeux se veulent encore plus émouvants, encore plus immersifs, encore plus cinématographiques. Les Jeux des années 2010 vont permettre à l’internaute de composer son propre programme, de connaître en direct les enthousiasmes des autres internautes, de se pâmer devant une image de plus en plus précise, de plus en plus fidèle à la réalité.

L’Olympic Broadcasting Services (OBS) n’a de cesse de rapprocher les Jeux de leurs fans. Depuis 2014, lors des Jeux d’hiver de Sotchi, l’application OVP, ou « Système vidéo olympique », permet aux internautes de composer eux-mêmes leur programme ! Disponible sur ordinateur, smartphone ou tablette, OVP donne libre accès aux épreuves et aux statistiques, avec un choix bien plus vaste qu’à la télévision.

Ma diffusion à moi

C’est un laboratoire géant ! Et dans cette ruche d’innovations et de développements spécialisés, le travail tout particulier des étudiants et chercheurs du « Multimedia signal processing group », du « Human computer interaction group » et du « Microelectronic Systems laboratory » pourra servir à rendre la diffusion des Jeux Olympiques encore plus étonnante et plus personnalisée.

L’École Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)

La caméra panoptique est faite d’une multitude de caméras miniatures. Elle filme en temps réel à 360°. Elle voit tout. Ainsi le téléspectateur pourrait-il choisir tel ou tel angle de vue, telle ou telle image, et voir les Jeux à sa façon ! Reste à résoudre quelques obstacles : les écarts lumineux, l’augmentation du nombre d’images à la seconde, ou l’acheminement d’une somme colossale d’informations aux quatre coins du monde…

Mon oeil, à 360°

Je twitte, nous twittons... Chacun derrière son écran, les addicts des Jeux communiquent leur adhésion à tel sport ou tel athlète, leurs émotions lors des compétitions. Et si on les faisait se rejoindre ? L’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a conçu un programme capable de trier les tweets échangés et de les classer par ordre d’émotion. Des graphiques affichent de manière simple et instantanée le ressenti de toute une communauté ! Les diffuseurs peuvent choisir de retransmettre telle ou telle épreuve selon la masse de tweets, l’intensité des émotions. Les téléspectateurs sont invités à comparer leurs ressentis, tout en affirmant leur appartenance à la communauté olympique virtuelle.

Emotion Watch : Vibrer ensemble à nouveau
Crédits : histoire

Production
The Olympic Museum - Culture and Education Programmes Unit (Lausanne, Switzerland).
Development and design
Westudio (Lausanne, Switzerland).
Photos
1900: Swiss Film Library collection.
1920-2000: IOC archives and Getty.
Tomorrow: “Panoptic Camera, EPFL-LSM, Sylvain Hauser; “Emotion watch”, EPFL-HCI; aerial view of the EPFL, EPFL, Alain Herzog.
Audio
1920: National Library of France with the authorization of the SACEM.
Vidéos
1900-tomorrow: IOC archives.

Remerciements : tous les supports
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