L'Opéra Comique - 300 ans que ça dure !  

Opéra Comique

À l’Opéra Comique, on parle, on chante, on joue la comédie. On danse aussi parfois. Trois cents ans que ça dure, et plus de 2400 créations au compteur depuis que Louis XIV a officialisé le genre en 1714. Ce genre qui est en quelque sorte l’ancêtre de la comédie musicale...   

Les « tubes » du répertoire
Le répertoire de l'Opéra Comique compile d'innombrables « tubes », connus dans le monde entier. « Carmen » en est l'exemple phare. Composé par Georges Bizet et créé à l'Opéra Comique en 1875, c'est l'ouvrage lyrique français le plus joué.

CARMEN, opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet, créé à l'Opéra Comique de Paris le 3 mars 1875.


Anna Caterina Antonacci dans le rôle de Carmen (mise en scène : Adrian Noble) ©Pierre Grosbois.

Carmen (enregistré à l'Opéra Comique en juin 2009)

LAKMÉ, opéra en trois actes de Léo Delibes, créé en 1883 à l'Opéra Comique.

Sabine Devieilhe et Frédéric Antoun dans les rôles de Lakmé et Gérald (mise en scène : Lilo Baur) ©Pierre Grosbois.

Lakmé (enregistré à l'Opéra Comique en janvier 2014)

PELLÉAS ET MÉLISANDE, drame lyrique en cinq actes de Claude Debussy, créé en 1902 à l'Opéra Comique.

Phillip Addis et Karen Vourc'h dans les rôles de Pelléas et Mélisande (mise en scène : Stéphane Braunschweig)
©E.Carecchio

Pelléas et Mélisande (enregistré à l'Opéra Comique en juin 2010)

CIBOULETTE, opérette en 3 actes de Reynaldo Hahn, créée au Théâtre des Variétés en 1923.

Mélody Louledjian dans le rôle de Ciboulette (mise en scène : Michel Fau).
©Vincent Pontet

Ciboulette (enregistré à l'Opéra Comique en mai 2015)
L’histoire du théâtre mérite d’être racontée
En 1697, Louis XIV ordonne le renvoi des Comédiens Italiens des rues et des salles de Paris, punis pour s’être moqués de Madame de Maintenon dans leur pièce « La Fausse prude ». Dans les petits théâtres des foires saisonnières de Saint-Germain (l’actuel 6e arrondissement de la capitale) et Saint-Laurent (l’actuel 10e arrondissement), des comédiens français récupèrent canevas et personnages pour inventer de nouveaux spectacles d’esprit parodique, qui combinent pantomime, théâtre et chants en vaudeville. La bonne humeur est de mise, on se moque des puissants et des sots, on boit, on se plait, on s’aime.

Dans la rue ou sous des habitations de fortune, au milieu du petit peuple de Paris, le genre prend son envol. En même temps que les théâtres se construisent, le public s’étoffe. En août 1713, deux troupes de forains menées par Saint-Edme et la Veuve Baron s’associent sous le nom d’Opéra-Comique.

Les « Favart »
Parmi les dizaines de milliers d’artistes et de collaborateurs au service de l’Opéra-Comique, difficile d’échapper aux Favart : Marie-Justine et Charles Simon. Elle chanteuse, excellente comédienne et surtout la première à se couvrir d’un costume réaliste, en lien avec son personnage. 

Lui, d’abord régisseur, puis auteur, fervent défenseur du genre, résumant bien ce qu’a toujours été l’Opéra-Comique : « On nous reproche qu’il y a trop d’esprit ; mais je réponds à cela que nous n’avons pas le temps d’être bêtes… »

Déménagements et tribulations
Si le théâtre s'installe sur le terrain du Duc de Choiseul dans le 2e arrondissement de Paris en 1783, son histoire géographique va être mouvementée. Ainsi au début du XIXe siècle, l’institution ne cesse de déménager en même temps que son répertoire s’étoffe des plus grands chefs-d’œuvre. La concurrence fait rage entre les établissements mais rien n’y fait, ni les incendies, ni les faillites n'empêchent les créations : « La Dame Blanche », « Le Pré aux Clercs », « La Fille du régiment », « Manon », sont joués des milliers de fois, sous les hourras d’un public de plus en plus connaisseur.

Vue de l'Opéra Comique (Salle Ventadour)

En 1838, un terrible incendie, dû au système de chauffage détruit le théâtre après une représentation de « Don Giovanni » de Mozart. On reconstruit la salle en 1840, sur le même emplacement mais voilà qu’elle flambe à nouveau dans la nuit du 25 au 26 mai 1887, pendant une représentation de « Mignon ». Ci-contre, la salle totalement détruite après le second incendie.
L'Opéra Comique rouvre ses portes en 1898, avec les meilleurs compositeurs réunis : Hérold, Auber, Massé, Gounod, David, Thomas, Bizet, Saint-Saëns, Massenet et Delibes. De l’esprit et de l’élégance à tous les étages. « Le génie musical français c’est quelque chose comme la fantaisie dans la sensibilité » disait Debussy. On ne saurait mieux dire...
Le théâtre vu de l'intérieur
Il faut s’asseoir dans la salle et grimper dans les étages pour admirer l’œuvre créé par l'architecte Louis Bernier. Et si le décor se simplifie au fur et à mesure que le spectateur s'élève vers les niveaux supérieurs, l'acoustique quant à elle s’améliore. 

Il faut aussi se promener dans le Foyer du public, pour y admirer, entre autres merveilles, les peintures d’Albert Maignan et Henri Gervex. Deux lustres majestueux illuminent le tout. Les ampoules s'exposent fièrement : l'Opéra Comique est le premier théâtre d'Europe à obtenir l'électricité.

La Ronde des notes, Albert Maignan
(Plafond du Foyer du public de l'Opéra Comique).

Favart fait peau neuve 
Les premières campagnes de restauration de l’ère moderne ont commencé en 1932, et se termineront à l'aube de l'année 2017. Cette dernière tranche de travaux visent à améliorer la ventilation et les réseaux scéniques. 
Une fabrique d'absolu...
Malgré une histoire pleine de tribulations et de drames, on aurait bien tort d’en rester au seul patrimoine : Favart n’est pas qu’un musée. L'Opéra Comique, ce sont d’abord des voix d’aujourd’hui, des artistes en mouvement, des musiciens, des expressions et des intonations. Ce sont aussi...
Des costumes
Né sur la scène de l’Opéra Comique, le costume a su allier réalisme et fantaisie. L’Opéra Comique est l’un des rares théâtres lyriques français à disposer encore d’un atelier de création de costumes. Cet atelier est reconnu pour son excellente compétence en matière de coupe, de recherche de matières, de couleurs nouvelles. En 2012, les procédés de teinture naturelle se sont développés. L’utilisation de pigments naturels a considérablement enrichi la démarche créative et le dialogue entre le concepteur et le réalisateur des costumes.
Des décors
S’il est une chose dont on est fier à l'Opéra Comique, ce sont bien les décors ! L’exiguïté des locaux, le manque d’espace de rangement et l’extrême difficulté à manier les éléments pendant une représentation sont autant de défis sans cesse relevés. Les meilleurs décorateurs du monde entier se succèdent et se plient à ces contraintes.  
Des artistes
Des musiciens dans la fosse d'orchestre et des chanteurs sur le plateau. Qui se souvient de Georgette Leblanc, de Lucine Fugère, de Denise Duval ou Georges Thill ? Qu’ils fussent dans une troupe ou de passage ces chanteurs auront marqué de leur empreinte les soirées de Favart.  
La liste des 2400 créations n’est pas close : à chaque saison son lot de nouvelles partitions  
Ci-contre : « Contes de la Lune vague après la pluie », un opéra de chambre de Xavier Dayer d’après le scénario du film de Kenji Mizoguchi. Sur la scène de l'Opéra Comique en mars 2015 ©D.R.

RE ORSO, légende musicale de Marco Stroppa sur un livret de Catherine Ailloud-Nicolas et Giordano Ferrari d'après la fable d'Arrigo Boito.
Création à l'Opéra comique, le 19 mai 2012
(mise en scène : Richard Brunel).
© E.Carecchio

Re Orso (enregistré à l'Opéra Comique en 2012)

ROBERT LE COCHON ET LES KIDNAPPEURS, opéra-comique de Marc-Olivier Dupin sur un livret d'Ivan Grinberg
Création à l'Opéra Comique le 13 juin 2014
(mise en scène : Ivan Grinberg).
© E.Carecchio

Robert le cochon et les kidnappeurs (enregistré à l'Opéra Comique en 2014)

AU MONDE, opéra de Philippe Boesmans, sur un livret de Joël Pommerat d’après sa pièce éponyme.
Créé au Théâtre Royal de La Monnaie le 30 mars 2014. Coproduction Opéra Comique.
© E.Carecchio.

Au Monde (enregistré à l'Opéra Comique en février 2015)
Et bientôt : « Kein Licht »
« Kein Licht », c'est une commande passée à Philippe Manoury pour la musique, Nicolas Stemann pour la mise en scène, sur un texte du prix Nobel Elfriede Jelinek. Nous sommes aux prémices d'une aventure qui s’étalera sur deux ans. L'oeuvre est en cours de création, elle prendra forme en France et chez nos coproducteurs en Allemagne, en Croatie, au Luxembourg, avant de voir le jour sur la scène de la salle Favart en octobre 2017. Pour la toute première fois, l'Opéra Comique a lancé autour de ce projet une opération de financement participatif. L'occasion pour le public-mécène de suivre l’évolution du spectacle de l'intérieur. 
Théâtre National de l'Opéra Comique
Credits: Story

Plus d'informations sur l'Opéra Comique :
Opéra Comique

Credits: All media
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