1940 – 1972

Le Chemin des Etoiles 1940-1972

Opéra national de Paris

Ballet de l'Opéra national de Paris
Partie 1 : 1940-1972 

Le terme « étoile » est associé aux meilleures solistes du Ballet de l’Opéra de Paris dès la fin du XIXe siècle. Il souligne alors les qualités et l’aura exceptionnelles d’une interprète. Serge Lifar, maître de ballet (directeur artistique), chorégraphe et danseur à l’Opéra de Paris de 1930 à 1945 puis de 1947 à 1956, cherche à tirer la compagnie vers le haut en officialisant puis en sacralisant le titre d’ Étoile à travers la mise en place progressive, à partir de 1940, d’une cérémonie de nomination publique au sein du Ballet : Lycette Darsonval et Solange Schwarz sont les premières à être nommées Étoile en 1940. L’instauration du titre d’Étoile transformera profondément le Ballet de l’Opéra de Paris, insufflant un esprit d’émulation qui servira jusqu’aujourd’hui l’excellence artistique de la Compagnie.

Solange Schwarz est la première danseuse à être nommée Étoile sur la scène du Palais Garnier (à rideau fermé, devant les autres danseurs de la Compagnie) à l’issue d’un spectacle. Il s’agit alors de la création d’Entre deux rondes, de Serge Lifar, dont elle a interprété l’un des deux rôles principaux (la Petite Danseuse), avec Serge Lifar lui-même (la Statue).

En 1941, Serge Peretti, qui a participé à de nombreuses créations de Serge Lifar depuis le début des années 1930, est le premier homme à recevoir le titre d’Étoile.

Véritable consécration, l’accession au rang d’Étoile, le plus haut dans la hiérarchie du Ballet de l’Opéra de Paris, ne relève pas de la promotion par concours, à la différence des grades de Quadrille, Coryphée, Sujet et Premier danseur : les Étoiles sont nommées par le Directeur de l’Opéra sur proposition du maître de ballet en charge de la Compagnie jusqu‘en 1972 puis, à partir de cette date, sur proposition du Directeur de la danse (poste créé en 1972).

Aux côtés de Solange Schwarz, Lycette Darsonval et Serge Peretti, Yvette Chauviré participe aux grandes créations de Serge Lifar pendant la guerre : Joan von Zarissa, Les animaux modèles et Suite en blanc. Elle est nommée Étoile en 1941 à l’issue de la première d’Istar, chorégraphié pour elle par Serge Lifar.

Lorsqu’il est nommé Étoile, en 1946, Michel Renault a seulement dix-neuf ans.

La responsabilité d’une Étoile est immense : le titre consacre certes excellence technique et dramatique, mais engage à briller dans l’interprétation des plus grands rôles du répertoire, les plus longs et les plus difficiles.

Roger Ritz est nommé Étoile en 1947, à l’issue de la première création de George Balanchine pour le Ballet de l’Opéra de Paris : Le Palais de Cristal.

En 1947, Serge Lifar donne sa forme définitive au Défilé du Ballet inauguré en 1926 par le grand maître de ballet Léo Staats : si le Corps de ballet défile en lignes, les Étoiles s’avancent seules vers l’avant-scène, de la plus récemment nommée à la plus ancienne.

Si les Étoiles sont le plus souvent issues du Ballet de l’Opéra, certaines sont nommées alors qu’elles ne font pas partie de la Compagnie. C’est le cas de Nina Vyroubova, la première à intégrer le Ballet directement comme Étoile en 1949 après des débuts à Caen, puis un passage aux Ballets des Champs-Élysées de Roland Petit et Janine Charrat.

En 1950, alors qu’elle n’a que dix-neuf ans, LianeDaydé est nommée Étoile.

Devant remplacer au pied levé Liane Daydé dans le rôle-titre de Blanche-Neige qu’elle n’a pas répété, Madeleine Lafon est nommée Étoile en 1952.

Danseur atypique, concevant la dansenon comme un métier mais comme « un état », Jean Babilée, formé àl’École de danse, est nommé danseur Étoile après seulement quatre années passéesà l’Opéra de Paris : après sa nomination, il ne dansera que neuf mois surla scène du Palais Garnier, quittant le Ballet pour fonder sa propre compagnie.

Comme Nina Vyroubova avant eux, l’Allemand Peter van Dijk, et l’Américaine Marjorie Tallchief intègrent le Ballet directement comme Étoiles en 1955 et 1957. À l’époque, quelques années seulement après la Seconde Guerre mondiale, l’accession au rang d’Étoile du Ballet de l’Opéra de Paris d’un danseur allemand fait polémique.

Claude Bessy participe à de nombreuses créations, notamment Les Noces fantastiques de Serge Lifar, avant d’être nommée Étoile en 1956. Victime d’un grave accident de voiture en 1967, elle parvient à remonter sur scène seulement neuf mois plus tard.

En 1957, Serge Lifar propose à Josette Amiel de créer Chemin de lumière avec Peter van Dijk : elle interprète la Jeune Fille. C’est dans ce rôle, devenu fétiche, qu’elle sera nommée Étoile l’année suivante.

George Skibine débute en dansant le cancan au Bal Tabarin en 1936. Après un passage au Grand Ballet du Marquis de Cuevas, où il signe ses premières chorégraphies (1950-1956), puis au Chicago Ballet de Ruth Page (1956 et 1958-1959), il est nommé danseur Étoile à l’Opéra de Paris puis, en 1958, y devient maître de Ballet, fonction qu’il exercera pendant quatre ans.

Michel Descombey, ancien élève de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, entre dans le Ballet en 1947. Premier danseur en 1959, il est maître de ballet de 1962 à 1969, poste qu’il occupera par la suite à Zurich et au Ballet Teatro del Espacio de Mexico, dont il deviendra codirecteur et chorégraphe principal en 1977.

À la demande du ministre de la Culturede l’époque, André Malraux, Attilio Labis est nommé Étoile par George Skibine àl’issue d’une représentation de Pas de dieux de Gene Kelly.

Jacqueline Rayet est nommée Étoile à l’issue de son interprétation de Giselle (d’après Coralli et Perrot).

La responsabilité des danseurs Étoiles va au-delà de la scène : pris comme modèles par les autres danseurs de la Compagnie, ils y entretiennent un esprit d’émulation et participent à la transmission des techniques et des méthodes de travail.

Une Étoile garde son titre toute sa vie, même une fois sa carrière d’interprète achevée. Passé l’âge de la retraite, fixé aujourd’hui à 42 ans, certains poursuivent leur travail dans la Maison, transmettant leur expérience et leur connaissance.

Certains d’entre eux rejoindront l’École de danse de l’Opéra de Paris comme professeurs : entre autres, Christiane Vaussard, Max Bozzoni, Jean-Guillaume Bart, Carole Arbo, Fanny Gaïda, Wilfried Romoli.

Maître de Ballet et chorégraphe du Grand Ballet du Marquis de Cuevas entre 1948 et 1957, puis assistant de George Balanchine au New York City Ballet, poste qu’il occupera jusqu’en 1983, l’américain John Taras fait un passage comme maître de ballet à l’Opéra de Paris en 1969-1970.

En 1971, Claude Bessy est nommée responsable du Ballet par intérim puis, un an plus tard, Directrice de l’École de danse : elle la réformera profondément, notamment en instaurant un régime d’internat et en obtenant son installation dans de nouveaux locaux construits à Nanterre.

Jean-Pierre Franchetti crée L’Oiseau de feu de Maurice Béjart en 1970 au Palais des sports de Paris, ballet dans lequel il sera nommé Étoile sur la scène du Palais Garnier l’année suivante.

D’autres poursuivent une carrière au sein de l’encadrement du Ballet, comme Serge Peretti, maître de ballet entre 1946 et 1947, Patrice Bart, maître de ballet associé à la Direction de la danse de 1990 à 2012, ou Laurent Hilaire, également maître de ballet associé à la Direction de la danse depuis 2005.

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