1915

Au champ d’honneur

Canada 150

100e anniversaire de la rédaction du poème par Lieutenant-colonel John McCrae
Musée canadien de la guerre In Flanders Fields, imprimé en 1918 par Heliotype Co. Ltd. Ottawa.   http://www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/remember/flandersfields_f.shtml

AU CHAMP D'HONNEUR

________

Au champ d’honneur, les coquelicots 

Sont parsemés de lot en lot 

Auprès des croix; et dans l’espace 

Les alouettes devenues lasses 

Mêlent leurs chants au sifflement 

Des obusiers.

_________

Nous sommes morts 

Nous qui songions la veille encor’ 

À nos parents, à nos amis, 

C'est nous qui reposons ici 

Au champ d'honneur.

« À vous jeunes désabusés

À vous de porter l’oriflamme 

Et de garder au fond de l’âme 

Le goût de vivre en liberté. 

Acceptez le défi, sinon 

Les coquelicots se faneront 

Au champ d’honneur. »

__________

(Lieutenant-colonel John McCrae a composé ce poème en mai 1915)

(Adaptation française du major Jean Pariseau)

1915 : Au champ d’honneur

«  Au champ d’honneur, les coquelicots 

Sont parsemés de lot en lot,

Auprès des croix; »

Au Canada, dans les pays du Commonwealth et aux États-Unis, le coquelicot symbolise le souvenir et l’espoir.

Cette fleur comme symbole doit son importance au poème Au champ d’honneur, le poème le plus lu et le plus cité de la Première Guerre mondiale (1914-1918).

Le soldat et médecin canadien John McCrae a composé ce poème en mai 1915 pendant son service à titre de chirurgien de campagne au milieu de la sanglante Deuxième bataille d’Ypres, dans les Flandres (Belgique).

Champ de coquelicots Site Web de la Légion canadienne http://www.legion.ca/fr/honneur-memoire/la-campagne-du-coquelicot/ 

Répondre à l’appel

«  …et dans l’espace 

Les alouettes devenues lasses 

Mêlent leurs chants au sifflement 

Des obusiers. »

Le 4 août 1914, la Grande-Bretagne décrétait l’état de guerre avec l’Allemagne. En raison de son statut de dominion britannique, le Canada était donc aussi en guerre.

Aux mois d’août et septembre, les nouvelles recrues canadiennes reçurent un entraînement de base à un camp rapidement érigé à Valcartier, au Québec. 

Des navires transportèrent le premier groupe de soldats du Corps expéditionnaire canadien vers la Grande-Bretagne : 32 000 soldats canadiens et 500 soldats de Terre-Neuve.

 

À l’époque, personne ne connaissait encore les horreurs qu’engendrerait la guerre industrialisée du 20e siècle au cours des quatre années suivantes.

Un bataillon s’élance des tranchées. Photo : Bibliothèque et Archives Canada / PA-142 http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/history/first-world-war/historical
Le sergent Bertram John Parker montre sa botte boueuse, en posant avec deux autres soldats pour un instantané photographique, aux environs de 1914.   Collection George Metcalf / Musée canadien de la guerre 20120179-019   Les soldats canadiens s’entraînèrent pendant quatre mois sur la plaine de Salisbury, au sud de l’Angleterre. Ils souffrirent du froid et de la boue pendant l’un des hivers les plus humides depuis plusieurs décennies.

Au front

«  Nous sommes morts 

Nous qui songions la veille encor’ 

À nos parents, à nos amis »

Les soldats canadiens arrivèrent en grand nombre en Europe au début de 1915.

Lors de la Deuxième bataille d’Ypres qui débuta en avril 1915, la Division canadienne combattit désespérément pour empêcher les Allemands de saisir cette petite ville de Flandres, en Belgique.

Très inférieurs en nombre et tourmentés par des gaz toxiques, utilisés pour la première fois dans la guerre moderne, les Canadiens retardèrent l’avancée de l’ennemi, au prix de presque 6 000 morts, blessés ou prisonniers.

De ce fait, ils se méritèrent la réputation d’être parmi les meilleurs soldats de l’Empire britannique.

Un soldat et son cheval portent des masques protecteurs, au Quartier général, Corps vétérinaire de l'armée canadienne, à Shorncliffe, en Angleterre, aux environs de 1916.   Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada 3194261   À Ypres, les Canadiens furent surpris par l’utilisation de gaz toxiques. En 1916, les soldats canadiens étaient munis d’un petit masque à gaz, comme celui qu’on voit ici.
Carte de la Belgique indiquant l’emplacement d’Ypres. Musée canadien de la guerre CGR02-V9
Trou d'obus de 5 mètres sur la Grande place, Ypres. Brigadier général Burstall et capitaine Papineau. Ypres, Belgique, juillet 1916. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-000335

Lieutenant-colonel John McCrae

«  C'est nous qui reposons ici 

Au champ d'honneur »,

John McCrae naquit à Guelph, en Ontario, le 30 novembre 1872. À 15 ans, il devint joueur de clairon de l’Artillerie canadienne de campagne et, à 17 ans, s’enrôla dans l’unité d’artillerie locale commandée par son père, le lieutenant-colonel David McCrae.

En 1893, il devint sous-lieutenant et, en 1899, il se porta volontaire pour un déploiement avec le deuxième contingent canadien pour participer à la guerre des Boers en Afrique du Sud avec l’Artillerie canadienne de campagne. Il était un chef populaire et attentionné qui était à la fois compétent et courageux pendant les combats. John McCrae démissionna de l’artillerie après avoir été promu major en 1904.

Après avoir obtenu son Baccalauréat ès Arts à l’Université de Toronto, il poursuivit des études en médecine et, après avoir terminé son internat, fut nommé pathologiste résident à l’Hôpital général de Montréal, en 1902. Après des études plus poussées en Angleterre, il revint au Canada et, en 1910, il fit partie de l’expédition du gouverneur général, à titre de médecin, à la baie d’Hudson.

John McCrae, avec sa mère Janet Simpson Eckford McCrae, sa sœur Geills et son frère Tom.
Chirurgie dans une ambulance canadienne de campagne, en octobre 1916. Collection George Metcalf / Musée canadien de la guerre 19920085-102   Des améliorations en chirurgie de combat, comme les transfusions de sang, augmentèrent les chances de survie des soldats blessés.   Plus de la moitié de tous les médecins canadiens servirent outre-mer afin de répondre aux besoins des blessés graves.

Horribles champs de gaz

«  …nous qui reposons ici 

Au champ d'honneur. »

En septembre 1914, John McCrae se porta volontaire pour se battre à la Première Guerre mondiale. Il fut déployé outre-mer avec le premier contingent canadien avec le grade de commandant adjoint et de chirurgien de la 1re brigade de Morrison, l’Artillerie canadienne de campagne. Dans son rôle de chirurgien de la brigade, il traita des centaines de soldats canadiens blessés ou mourants.

En mars 1915, sa brigade fut déployée à Ypres. Le major McCrae établit son poste de secours près du front, d’où il pouvait voir les tirs d’artillerie des champs voisins.

En juin 1915, après la Deuxième bataille d’Ypres, John McCrae fut muté à l’Hôpital général canadien no 3, à Dannes-Camiers, où il devint chef des services médicaux avec le grade de lieutenant-colonel, traitant des blessés des batailles de la Somme, de la crête de Vimy, d’Arras et de Passchendaele.

« J'ai l'impression de vivre un cauchemar. Les combats sont horribles. Pendant 17 jours et 17 nuits, aucun d'entre nous n'a pu changer de vêtements, ni même enlever ses bottes, si ce n'est qu'à l'occasion. Pendant tout ce temps où je n'ai pas dormi, le bruit des fusils et des mitrailleuses n'a jamais cessé, même pas pour 60 secondes... Et comme toile de fond permanente, il y a la vue des morts, des blessés, des mutilés et la terrible angoisse que la ligne cède. » [Traduction] 

(Prescott. In Flanders Fields: The Story of John McCrae, p. 98)

Le lieutenant-colonel John McCrae en uniforme, avant son départ pour service en temps de guerre en Europe, en 1914.   Photographie : William Notman & Son. Avec la permission de McCrae House, Guelph Civic Museum.
Bibliothèque et Archives Canada Online MIKAN no. 3192003 John McCrae avec son chien Bonneau, aux environs de 1914.
John McCrae sur son cheval Bonfire.   John McCrae envoya à ses jeunes neveux et nièces des lettres qu'il prétendait être écrites par Bonfire et signées avec l'empreinte d'un sabot

Le poème

«  À vous jeunes désabusés 

À vous de porter l’oriflamme 

Et de garder au fond de l’âme 

Le goût de vivre en liberté. »

En mai 1915, touché par le décès de deux de ses frères d’armes et les funérailles de son ami le lieutenant Alexis Helmer pendant la Deuxième bataille d’Ypres, John McCrae composa le poème In Flanders Fields.

Publié dans la revue Punch en décembre 1915, le poème devint rapidement devenu populaire auprès des militaires et des civils.

John McCrae se rendit compte que son poème avait touché de nombreuses personnes et avait connu un franc succès. Peu après sa publication, il devint le poème le plus populaire de la Première Guerre mondiale et fut traduit en plusieurs langues.

Le manuscrit du poème In Flanders Fields, composé par John McCrae et publié dans la revue Punch le 8 décembre 1915. Bibliothèque et Archives Canada 179238   Remarquer le mot « grow » au lieu de « blow » à la fin de la première ligne. John McCrae fit plusieurs copies manuscrites du poème en utilisant le mot « grow », mais il le changea éventuellement sur le conseil de son éditeur.

Après son transfert sur le front français en 1915, il devint de plus en plus malade et une pneumonie l’emporta le 28 janvier 1918.

Le jour des funérailles « …était une bien belle journée de printemps, aucun de nous ne portait de pardessus et la brume jaillissait des montagnes à Wimereux. J'étais vraiment reconnaissant que l’auteur du poème In Flanders Fields repose là au soleil, en pleine campagne, qu'il aimait tellement... » 

[Traduction] (Prescott. In Flanders Fields: The Story of John McCrae, p. 129)

Page 1 de l’introduction d’une édition limitée d’un livre contenant un poème illustré, In Flanders Fields, 1921
Les funérailles de John McCrae. Bonfire aux funérailles de John McCrae, 30 janvier 1918  © Guelph Museums   Les bottes de John McCrae sont placées en sens inverse dans les étriers de son cheval Bonfire, signifiant le décès du cavalier. http://www.mccord-museum.qc.ca/en/collection/artifacts/M972.5.5.1?Lang=1&accessnumber=M972.5.5.1

Au pays

«  Acceptez le défi, »

Les Canadiens au pays fournirent des contributions importantes à l’effort de guerre.

In Flanders Fields fut utilisé sur des panneaux-réclame pour faire la promotion des premières Obligations de la victoire au Canada en 1917.

La bonne volonté des Canadiens à prêter de l’argent à leur propre gouvernement pour financer la guerre dépassa toutes les attentes.

L’ensemble des achats d’Obligations de la victoire pendant la guerre dépassa les deux milliards de dollars (l’équivalent de 26 milliards aujourd’hui).

Cette affiche fait référence au poème In Flanders Fields de John McCrae pour encourager les Canadiens à soutenir financièrement l’effort de guerre.   If Ye Break Faith, 1918. Affiche de collecte de fonds conçue par Frank Nicolet.
Parade d’ouvrières en munitions, Vancouver Engineering Works Ltd., Vancouver, C.-B. Bibliothèque et Archives Canada Online MIKAN no. 3371151   La Commission impériale des munitions, le plus important employeur civil du Canada, fut le principal fabricant de navires, d’aéronefs et de près du tiers des cartouches utilisées par les Forces britanniques. Au plus fort de la production, elle employait 289 000 personnes, dont 15 000 femmes.

Une génération de service

«  …sinon 

Les coquelicots se faneront »

La Première Guerre mondiale fut l’un des événements les plus traumatiques et eut l’impact le plus considérable dans l’histoire du Canada.

La plupart des Canadiens qui servirent en temps de guerre n’étaient pas des militaires professionnels ou des infirmiers de champs de bataille. Ils étaient plutôt de jeunes hommes et de jeunes femmes venant de la ville, de villages et de fermes.

Les communautés pleurèrent et honorèrent leurs morts lors de cérémonies commémoratives partout au pays.

Le retour des soldats, Poste de dispersion « I », Toronto, Ontario, 1919.   Collection du ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada 3642881   Plus de 173 000 Canadiens revenant de batailles en Europe étaient blessés; plusieurs avaient des handicaps physiques permanents ou souffraient de traumatismes en raison des bombardements.

Fleur du souvenir

«  Au champ d’honneur. »

Influencée par le poème de John McCrae, la Légion américaine adopta le coquelicot en 1920 comme symbole officiel du souvenir. Des groupes d’anciens combattants au Canada, en Grande-Bretagne, en Australie et en Nouvelle-Zélande lui emboîtèrent le pas l’année suivante.

Aujourd’hui, en lisant le poème de John McCrae et en portant le coquelicot, nous nous souvenons et réfléchissons aux tragédies et aux réalisations non seulement de la Première Guerre mondiale, mais de toutes les guerres.

Des coquelicots sont déposés sur la Tombe du soldat inconnu, à la suite des cérémonies du Jour du souvenir au Monument commémoratif de guerre du Canada, à Ottawa, Ontario, le 11 novembre 2011. Photographie : Adrian Wyld.    Canadian Press Images 01602781
La sépulture du sapeur Ivor Beynon, tué pendant la Deuxième bataille d’Ypres, photographie prise en novembre 1917.   Collection du ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada 3403359   Le poème In Flanders Fields fait référence aux sépultures temporaires derrière la ligne du front et dans les champs voisins. Elles ont été relocalisées dans de grands cimetières de sépultures de guerre du Commonwealth en France et en Belgique.

L’artilleur, le médecin, le poète…l’héritage

Aujourd’hui, de nombreuses personnes continuent de rendre hommage à l’auteur du poème In Flanders Fields en visitant McCrae House, la petite maison en calcaire où il est né, à Guelph, en Ontario. La maison a été préservée comme musée. Près de la maison se trouvent un cénotaphe et un jardin du souvenir.

Au cours des années, des pièces de monnaie et des billets de banque ont présenté des coquelicots ou des extraits du poème. Il a été mis en musique et interprété par des chorales d’enfants dans le monde entier.

Entre 2001 et 2005, le billet de dix dollars canadien comprenait des images de coquelicots et le poème In Flanders Fields.  
Une piëce en argent commèmorative soulignant le 100e anniversaire du poëme « Au champ d'honneur »
Un timbre commémoratif par Postes Canada soulignent le 100e anniversaire du poëme «Au champ d'honneur »

Le 3 mai 2015, le 100e anniversaire de la composition du poème, le Régiment royal de l’Artillerie canadienne (ARC) dévoilera une statue du lieutenant-colonel John McCrae au Monument national aux artilleurs sur l’île Verte à Ottawa. La statue est l’œuvre de la sculptrice canadienne renommée, Ruth Abernethy.

La reproduction de la statue de bronze sera placée à Guelph et dévoilée en juin 2015.

Le coquelicot symbolique et les poèmes de John McCrae restent associés, et les voix de ceux qui sont morts à la guerre continuent de se faire entendre chaque Jour du souvenir.

Cette statue de John McCrae a été dévoilée le 3 mai 2015 à Ottawa.
John McCrae Statue Project (Video 1 - English) -- Ruth Abernethy describes the artistic process behind the John McCrae statue project.
Le projet de statue de  John McCrae (vidéo 1 - français)  -- Ruth Abernethy décrit le processus artistique utilisé pour le projet de statue de John McCrae
John McCrae Statue Project (Video 2 - English) -- Who was John McCrae?
Le projet de statue de  John McCrae (vidéo 2 - français) -- Qui était John McCrae?
John McCrae Statue Project (Video 3 - English) -- John McCrae was a great Canadian and  we recognize his contribution with this statue. LGen (Ret'd) Michael Jeffery.
Le projet de statue de  John McCrae (vidéo 3 - français) -- John McCrae était un grand Canadien et nous soulignons sa contribution au moyen de cette statue. Lgen (ret) Michael Jeffery
Une section du monument McCrae à Guelph.
La ville de Guelph est propriétaire et gestionnaire de McCrae House, en collaboration avec le Guelph Civic Museum. John McCrae est né à Guelph le 30 novembre 1872 et a vécu dans cette maison avec sa famille.
Crédits : histoire

Canada150th — Government of Canada
Canada150e — Gouvernement du Canada

Remerciements : tous les supports
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