L'Opéra Comique à découvrir en famille

Opéra Comique

L’Opéra Comique c’est quoi ?
Eh bien l’Opéra Comique, c’est un théâtre où l’on donne des spectacles d’un genre de musique très particulier, entre l’opéra et le théâtre : on y chante aussi bien qu’on y joue la comédie. Les œuvres sont chantées en français (contrairement à l’opéra qui est souvent en italien ou en allemand). Avant d’être officialisé sous le règne de Louis XIV, il a eu une histoire mouvementée : l’Opéra et la Comédie-Française voulaient en effet lui interdire de donner des spectacles qui faisaient concurrence à leur privilège royal.
Une solution a été trouvée : au lieu de chanter tout le temps (comme à l’opéra) ou de parler uniquement (comme à la Comédie-Française), l’opéra-comique a choisi de mélanger le parlé et le chanté. Finalement, c’est un peu l’ancêtre de la comédie musicale !

L’Opéra Comique : ça fait rire ?
Vous connaissez sûrement Carmen de Georges Bizet ? Ce n’est pas une histoire très drôle… et pourtant, c’est bien un opéra-comique ! En fait le mot « comique » s’utilise dans le sens de « comédie » ou « théâtre ».

L’émotion des voix
Imaginez qu’il y a un longtemps, les opéras étaient des lieux de rencontre où la lumière restait allumée pendant le spectacle. Les spectateurs ne cessaient d’entrer, de sortir et de parler pendant les représentations. Pour se faire entendre – sans sonorisation – il fallait donc que les chanteurs aient du coffre, beaucoup de coffre. Car ils n’avaient pas de micro ! Aujourd’hui encore, les chanteurs chantent sans micro. Ils doivent donc exercer leur souffle à la façon de sportifs de haut niveau.

Les chanteurs ont des voix différentes, du plus grave au plus aigu : on appelle cela la « tessiture ». Selon le caractère du personnage de l’histoire, le compositeur choisit donc d'écrire pour une voix d’homme (basse, baryton, ténor et contre-ténor) ou de femme (contralto, mezzo-soprano et soprano).

L’Opéra Comique est aussi surnommé « salle Favart ». C’est le nom d’un librettiste qui a rendu célèbre l’Opéra Comique au XVIIIe siècle. Le théâtre a été construit en 1783 sur le terrain que le Duc de Choiseul a offert au roi en échange d’une loge à vie dans le théâtre… et ses descendants l’utilisent encore aujourd’hui ! Il se situe sur une petite place cachée, dans le 2e arrondissement de Paris : la place Boieldieu.

L’Opéra Comique a brûlé deux fois. Notamment parce que tout y fonctionnait au gaz et à la bougie. Le théâtre que vous pouvez visiter aujourd’hui a été reconstruit exactement au même emplacement en 1898 qu’auparavant, mais cette fois-ci entièrement équipé à l’électricité ! C’était alors le premier théâtre d’Europe à fonctionner ainsi.

La salle Favart, salle de l’Opéra Comique est une salle à l’italienne, c’est-à-dire en forme de fer à cheval. Grâce à cette forme, le public est tourné vers la scène mais aussi vers les autres spectateurs. À l’époque de sa construction, la télévision et Internet n’existaient pas. On allait au théâtre pour voir un spectacle mais aussi pour se montrer et observer les autres. D’autant que la salle restait éclairée pendant toute la représentation !

Les étages dans la salle s’appellent les « balcons » ; certains d’entre eux sont divisés en « loges » dans lesquelles on pouvait se retrouver en famille. Au niveau le plus bas, le niveau de l’orchestre, on trouve aussi des « baignoires ». Des baignoires à l’Opéra Comique ? Elles désignent ces loges situées à l’orchestre : rien à voir avec le fait de se laver, mais il y régnait une chaleur telle qu’on se serait cru dans un bain chaud… d’où leur nom : « les baignoires »!

Et pourquoi tant de dorures ? Parce que c’est beau et chic, et surtout parce que l’or diffuse formidablement bien la lumière, ce qui était très important lorsqu’on éclairait la salle seulement à la bougie.

Le plateau
Voici le cœur du théâtre, l’âme sacrée de ce vieux bâtiment, la scène! Même si ses dimensions restent petites par rapport à d’autres opéras, la proximité de la scène avec la salle permet une intimité entre les artistes et le public tout à fait exceptionnelle.

Ici, pour que le spectacle se déroule bien, il y a certains codes à respecter. Par exemple, pour éviter que les artistes ne se trompent de côté au moment d’entrer en scène, on ne parle pas de « droite » ou de « gauche », mais de « cour » ou de « jardin ». Ces mots désignent toujours le même endroit de la scène (la « cour » se situe à droite lorsque l’on regarde la scène depuis la salle et le « jardin » à gauche).

Les cintres
Invisibles depuis la salle, les cintres se situent au-dessus du plateau. Tout là haut, on trouve des passerelles, des perches et le gril, auxquels sont suspendus les décors, les projecteurs et certains accessoires. Ainsi, lorsque l’on voit un décor ou un personnage « descendre du ciel », il est en fait accroché aux cintres. Pendant des années, des marins étaient recrutés pour s’occuper de la manipulation des décors, la « machinerie », car il fallait les monter et les descendre à la main, grâce à des cordes qui ressemblent beaucoup à celles utilisées sur les bateaux.

Les coulisses

Lieu de toutes les angoisses et de toutes les émotions, c’est l’endroit où les régisseurs de scène veillent au bon déroulement du spectacle, où les chanteurs attendent avant d’entrer en scène, et où les décors et accessoires sont entreposés. Les régisseurs sont responsables de ce qui s’y passe. Ils animent le ballet des équipes techniques, qui actionnent projecteurs et machines, et règlent, à la seconde près, l’entrée et sortie des artistes sur scène. A l’Opéra Comique, les coulisses sont si étroites qu’il est parfois difficile d’y ranger des accessoires ou des décors et que les chanteurs attendent parfois dans l’escalier avant d’entrer en scène!

La fosse d’orchestre
C’est le lieu où jouent les musiciens de l’orchestre pendant un opéra. Celle de l’Opéra Comique peut accueillir entre 50 et 60 musiciens. Le chef d’orchestre tourne le dos au public pour diriger à la fois les musiciens dans la fosse et les chanteurs sur la scène.
La fosse d’orchestre de l’Opéra Comique peut se remonter pour atteindre différents niveaux et par exemple celui de la scène, ce qui permet de l’agrandir (elle s’appelle alors « proscenium »). Ainsi, lors des grands concerts, les musiciens sont installés sur la scène et sur le proscénium : le « trou » de la fosse n’existe alors plus.

Le petit théâtre
Il est situé au 6e étage, juste au-dessus du plafond bleu de la salle (peint par Benjamin Constant). C’est une grande salle de répétition qui respecte scrupuleusement les dimensions et la pente du plateau. Pendant que les décors sont installés sur la scène, les chanteurs, comédiens, danseurs et musiciens peuvent ainsi commencer à répéter dans un lieu qui y ressemble de très près.

Le central costumes
A côté du petit théâtre, toujours au 6e étage, on trouve le « central costumes » ou l’atelier costumes. À l’Opéra Comique, la plupart des costumes sont fabriqués sur place. Comme dans une bibliothèque, ils sont répertoriés dans de vastes armoires en bois. C’est ici que les artistes découvrent et essayent les costumes qu’ils vont porter. Ces moments partagés avec les couturières sont essentiels pour adapter leur costume à leur taille et à leur besoin de mouvement pour chanter.

Le foyer
Si le cœur du théâtre est bien la salle de spectacle, le foyer est un des passages obligés lors d’une soirée. Impossible de passer à côté des dorures de ce lieu, conçu pour accueillir le public à l’entracte. Restauré en 2013, on y voit mieux aujourd’hui toutes les peintures et les dorures qui avaient été noircies (notamment par la fumée de cigarette, car avant 2007, il était encore possible de fumer dans les lieux publics). Sur l’une de ces peintures, l’histoire de la naissance de l’Opéra Comique dans les foires est racontée.

Opéra Comique
Credits: Story

Plus d'informations sur l'Opéra Comique :
Opéra Comique

Credits: All media
The story featured may in some cases have been created by an independent third party and may not always represent the views of the institutions, listed below, who have supplied the content.
Translate with Google
Home
Explore
Nearby
Profile