Parcours thématique : Femmes

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Partez à la rencontre de femmes célèbres ou anonymes à travers treize oeuvres des collections du musée. De l’Antiquité au XXe siècle, découvrez l’importance de la femme, inépuisable source d’inspiration pour les artistes. Parfois réduite à un idéal de beauté éveillant fantasme et désir, son image peut être aussi celle d’un être combatif, valeureux ou de pouvoir. Les pistes audio qui alimentent la galerie sont issues de l'audioguide du musée.

Sainte Catherine d’Alexandrie
Simon Guillaume ; Stuc ; Seconde moitié du XVIIe siècle

Martyre du IIIe siècle, sainte Catherine d’Alexandrie est identifiable à la roue hérissée de pointes de fer qui figure à ses côtés et à l’épée qu’elle tenait autrefois à la main, instruments de son supplice.

Cette sculpture fait partie d’un ensemble décoratif qui orne l’ancien réfectoire de l’abbaye bénédictine que deux abbesses dirigèrent pendant la seconde moitié du XVIIe siècle.

Glorifiant la figure de la femme, cette sculpture était, comme l’ensemble du décor, mise au service du prestige de son commanditaire : l’abbesse Antoinette de Chaulnes, qui succéda à sa sœur Anne en 1672.

Aux côtés d’autres représentations de saintes, de femmes « fortes » de l’Ancien testament et d’allégories féminines, Sainte Catherine d’Alexandrie contribuait ainsi à offrir aux religieuses un modèle de vertu, de courage et de perfection.

Odalisque
James Pradier ; 1841 ; Marbre
Il ne s'agit pas d'un portrait de femme mais bien de la représentation d'une odalisque >...

Le mouvement du corps et du visage de cette femme invite à la découverte progressive de sa nudité. Assise sur un drapé à même le sol, elle semble surprise dans son intimité.

Sa coiffure, composée d’un turban et ornée de roses, ainsi que son éventail en plumes d’autruche évoquent une odalisque.

Dérivant du turc ODALIK, ce terme désigne une femme vivant dans un harem. Ainsi, l’oeuvre rappelle la fascination des artistes occidentaux du XIXe siècle pour des sujets inspirés de l’Orient...

... Un « ailleurs » souvent fantasmé, comme le révèle ce nu aux formes voluptueuses...

... dont le sculpteur James Pradier a souligné la sensualité par un travail du marbre d’une grande virtuosité.

Isis-Hathor
Égypte ; XXVIe dynastie (vers 650-525 avant notre ère) ; bronze

Isis-Hathor. Cette statuette de femme assise représente la déesse Isis. Sœur et épouse d’Osiris, elle symbolise, dans l’Égypte ancienne, les vertus de l’épouse aimante.

La position de ses bras indique qu’à l’origine, elle allaitait leur fils Horus (aujourd’hui disparu), incarnant par ce geste la figure maternelle et symbolisant la transmission de la royauté.

L’inscription « Isis donne la vie à Bik, fils d’Amenardis », gravée sur le socle, indique que cette statuette était donnée en offrande à la déesse, témoignant ainsi de l’importance de son culte.

Elle est ici assimilée à la déesse nourricière Hathor, dont elle porte la couronne composée de cornes de vache enserrant un disque solaire.

Buste de l’impératrice Julia Domna
Provenance inconnue ; fin du IIe - début du IIIe siècle ; Marbre

Ce portrait sculpté de femme représente Julia Domna († en 217), princesse originaire de Syrie et épouse de Septime Sévère, empereur romain de 193 à 211.

Ses sourcils jointifs et son abondante chevelure - sans doute un postiche - aux mèches crantées, ramenées en chignon plat à l’arrière de la tête, sont caractéristiques des représentations de l’impératrice.

Le visage traité avec réalisme et le regard tourné vers la droite expriment force et sérénité. Ce portrait officiel était destiné à un lieu public, participant ainsi à la diffusion de l’image du couple impérial.

Au XIXe siècle, un antiquaire assembla la tête féminine à un buste fragmentaire d’homme drapé.

La propagande politique par les portraits impériaux se faisait aussi par la circulation monétaire. Julia Domna apparaît ainsi sur une monnaie, conservée dans le médaillier du musée.

Médaille de Louis XII et d’Anne de Bretagne
Nicolas Leclerc, Jean de Saint Priest et Jean Lepère ; France ; 1499 ; bronze

Cette médaille, la première fondue en France, a été réalisée à Lyon en 1499 à l’occasion du passage des époux royaux dans la ville...

... Comme le rappelle le lion représenté sous leur buste...

... Et l’inscription au revers : « Lorsque la République de Lyon se réjouissait du second règne de la bonne reine Anne, je fus ainsi fondue ».

Couronnée deux fois reine, cette dernière a été au cœur des luttes d’influences qui aboutiront, après sa mort, à l’union du duché de Bretagne au royaume de France.

Si la figure de Louis XII, sur l’avers, se détache sur un champ de fleurs de lys...

...Celle d’Anne de Bretagne, au revers, se distingue par la présence associée d’hermines, symbole de son duché.

Sur chaque pendant, roi et reine, dans une stricte égalité, arborent tous deux une pose de profil, mettant en avant leur couronne, insigne royal.

Buste de femme en médaillon
France ; 1535 ; Calcaire
Taillé dans un beau calcaire blond, un buste de femme émerge d'une draperie >...

Une femme au buste dénudé semble émerger de ce médaillon. Ses yeux mi-clos et ses lèvres entrouvertes renvoient une image troublante et sensuelle.

Élégamment coiffée d’une toque à plume, ses cheveux sont retenus par une résille, à l’exception d’une mèche nouée au-dessus de son front, orné d’une ferronnière. Cette dernière apporte une touche de raffinement renforcée par le large collier.

La rondeur des épaules, l’ovale du visage, l’inclinaison de la tête, la plume recourbée et la sinuosité du drapé font écho à la courbe du médaillon.

Cette oeuvre du XVIe siècle, à la présence si singulière, rappelle les thèmes de la femme et de l’amour chers aux poètes Pierre de Ronsard et Louise Labé.

Sa réplique en bois surmonte l’entrée du musée, place des Terreaux.

Élément décoratif répandu dans l’architecture de la Renaissance française, cette sculpture ornait à l’origine la façade d’une maison de Vienne (Isère).

César remet Cléopâtre sur le trône d’Égypte
Pierre de Cortone ; Vers 1637 ; Huile sur toile

Cette scène d’une grande théâtralité se tient dans un décor d’architecture romaine. Au centre, vêtu d’une cape rouge et couronné de lauriers, l’empereur Jules César accueille Cléopâtre et l’invite à gagner un trône sur lequel reposent sceptre et couronne.

Une autre femme, le visage empreint de colère, descend les marches, s’apprêtant à quitter les lieux. Il s’agit d’Arsinoé, sœur et rivale de Cléopâtre, reconnue reine d’Égypte par la population d’Alexandrie puis chassée du trône par César.

Cléopâtre, d’origine grecque, est représentée avec un physique européen, les cheveux blonds et la peau claire. Elle apparaît ici douce et soumise.

La trame de l’histoire est sous-tendue par la palette : les deux principaux protagonistes arborent des tenues aux couleurs vives, tandis qu’Arsinoé est vêtue de teintes sourdes.

Portrait de Juliette Récamier
Joseph Chinard; 1805 ou 1806 ; Marbre

Les yeux baissés, un léger sourire aux lèvres, Juliette Récamier apparaît à la fois pudique et provocante.

Le jeu de son voile, cachant et révélant à la fois sa nudité, souligne ce charme ambivalent.

Coiffée « à la psyché », ses cheveux relevés sont retenus par un peigne, dont quelques boucles profondément creusées dans le marbre retombent au sommet de sa tête.

Son bandeau décoré de putti, petits amours ailés, rappelle le goût pour la mode antique à cette époque.

Ainsi, l’artiste évoque la beauté de Juliette Récamier, femme également célèbre pour son esprit, comme en témoigne l’animation de son salon où elle reçoit les personnalités importantes de ce début du XIXe siècle.


Muse, commanditaire, collectionneuse et initiatrice d’un nouveau goût dans l’art, cette lyonnaise d’origine a été une personnalité incontournable de la société de son temps.

Œuvre la plus célèbre de Joseph Chinard, ce portrait sculpté a été souvent reproduit, contribuant par sa diffusion à construire une image quasi mythique de Juliette Récamier.

Portrait de femme, dit La maraîchère
France ; Fin du XVIIIe siècle ; Huile sur papier marouflé sur toile

Une forte présence se dégage de cette femme aux bras croisés, à l’expression et au regard affirmés. Son visage lumineux, rehaussé par le rouge vif de son châle et le blanc du bandeau passé dans ses cheveux, se détache sur un fond neutre et sombre.

Le tissu grossier de sa robe, le tablier, la peau hâlée, l’apparence de sa coiffure révèlent une femme du peuple, d’une beauté sans artifices.
Selon l’historien d’art Henri Focillon, la puissance de cette peinture en fait « le portrait d’une classe, d’un temps, de leurs sombres vertus ».

En peignant cette inconnue, l’artiste, également anonyme, en souligne la valeur et rappelle le rôle prépondérant joué par les femmes lors des événements de la Révolution française.

Judith aux portes de Béthulie
Jules Ziégler ; 1847 ; Huile sur toile

Debout face au spectateur, Judith brandit la tête tranchée d’Holopherne, général assyrien dont l’armée assiège la ville de Béthulie. Dans cette scène de l’Ancien Testament, elle vient, par cet acte meurtrier, de libérer sa cité et de sauver son peuple.

Encore habitée par son geste, elle regarde droit devant elle, volontaire et déterminée.
Exceptée la goutte de sueur perlant sur son front, son visage ne trahit pas la moindre émotion.

Une puissante diagonale, reliant la tête d’Holopherne à l’arme qui l’a décapitée, anime la composition et en accentue l’impression de force.

La lumière venant de la gauche éclaire le visage de type oriental de la jeune femme, souligné par les bijoux orangés et le vêtement brodé couleur crème.

Image de la femme valeureuse, au courage exemplaire face à son destin, Judith est une figure représentée par de nombreux artistes.

La Petite niçoise
Berthe Morisot ; 1889 ; Huile sur toile

Vêtue d’une blouse bleue décorée d’une rose à la boutonnière, une jeune fille observe le spectateur.

Reprenant un dispositif cher aux artistes de la Renaissance, elle est représentée à mi-corps, assise au premier plan au sein d’un paysage montagneux à l’horizon bleuté.

Sans doute inspiré de l’arrière-pays niçois, où l’artiste Berthe Morisot a l’habitude de séjourner, ce dernier est peu détaillé...

... Conduisant le regard à s’attarder sur la jeunesse et le naturel du modèle, simplement parée de boucles d’oreilles et de rouge à lèvres.

La touche mesurée utilisée pour le visage et les mains contraste avec celle plus esquissée employée pour le vêtement.

Berthe Morisot est, avec Mary Cassatt et Eva Gonzalès, une femme peintre du groupe impressionniste.
Son œuvre privilégie la représentation de scènes familiales, où figurent souvent femmes et enfants, qu’elle aime à dépeindre avec une facture affirmée.

Son beau-frère Édouard Manet a réalisé plusieurs portraits d’elle.

Légende image : Édouard Manet, "Berthe Morisot au bouquet de violettes", 1872. Crédit images : Wikicommons The Yorck Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei. DVD-ROM, 2002. ISBN

Qu'est-ce que l'impressionnisme ? Réponse en vidéo (2 mn)

Crédits : histoire

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Réalisation : Stéphane Degroisse, webmestre et chargé des nouveaux médias.
stephane.degroisse@mairie-lyon.fr
Photos : © MBA Lyon - Alain Basset, Stéphane Degroisse, Mathilde Hospital

Remerciements : tous les supports
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