Architecture

Monnaie de Paris

Fondée en 864 par Charles le Chauve avec l’Edit de Pîtres, la Monnaie de Paris assure, depuis 1150 ans, la mission régalienne de la frappe de la monnaie courante. Elle a déménagé à multiples reprises jusqu'à son emplacement actuel sur la rive gauche de la Seine, au 11 quai de Conti. Destiné à accueillir la Monnaie de Paris, le bâtiment a été construit par Jacques-Denis Antoine sous le règne de Louis XV (1715-1774) et inauguré le 20 décembre 1775.

Architecture royale, le processus industriel marque néanmoins le plan du bâtiment. Au lieu d'être traditionnellement organisé autour de la chapelle, ce dernier est conçu en fonction du process industriel de l'époque centré autour du Grand Monnayage, lieu de frappe des monnaies. Ayant conservé sa destination originelle jusqu’à nos jours, la Monnaie de Paris demeure la dernière usine en activité au cœur de la capitale.

Un édifice néoclassique
La Monnaie de Paris offre un exemple privilégié de l’architecture néoclassique française. Elle est un des premiers grands bâtiments publics parisiens à adopter le nouveau style «à l’antique» à la mode dès les années 1750. Renouant avec le vocabulaire architectural de l’antiquité, Jaques-Denis Antoine est plus proche de l’architecture classique du règne de Louis XIV que du style rocaille en vogue de la Régence aux débuts du règne de Louis XV. Jacques-Denis Antoine opte pour des formes rectilinéaires et pour un répertoire ornemental inspiré de l’antique.
Un décor sculpté
Chacune des colonnes ioniques de la façade est surmontée par une statue allégorique. Celles-ci sont les œuvres de sculpteurs parmi les plus talentueux de l’époque: Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), Louis-Philippe Mouchy (1734-1801) ou Félix Lecomte (1737-1817). Jean-Denis Antoine (1735-1802), le frère de l’architecte, est l’auteur des autres sculptures ornementales de la façade.

L’arcade centrale de l’avant-corps est percée d’une porte monumentale à panneaux grillés au chiffre de Louis XV, accompagnés de heurtoirs à tête de lion en bronze. Le tympan est occupé par un groupe sculpté, œuvre du frère de l’architecte, Jean-Denis Antoine, et représentant Mercure, dieu du commerce, et Cérès, déesse des richesses de la terre et de son sous-sol.

Le vestibule
Immense réussite technique, le prestigieux vestibule se compose de cinq galeries. Voûtes en berceau ornées de caissons et voûtes plates incombustibles y alternent harmonieusement, et sont supportées par pas moins de vingt huit colonnes doriques.

Les deux travées intermédiaires sont couvertes de voûtes plates pareilles à celles que développera plus tard l’architecte Victor Louis pour les galeries du Palais Royal. Le portique est soutenu par six rangs de colonnes doriques aux fûts partiellement cannelés, témoignages d'une connaissance érudite du vocabulaire architectural antique.

L'escalier d'honneur
L’escalier d’honneur traduit, par ses dimensions et sa richesse décorative, un désir d’architecte qui ne pouvait se réaliser que dans le cadre d’une commande royale. Cet escalier de la Monnaie de Paris représente l’idée-même d’un escalier d’honneur tel qu’on l’imaginait sous le règne de Louis XV.

Cet escalier est couvert d’une coupole percée d’un jour central et décorée de caissons en trompe-l’œil. Il mène au premier étage, piano nobile. La galerie entourant l’escalier présente de nombreux éléments décoratifs. En dessus-de-porte et de fenêtres, des bas-reliefs exécutés par Jean-Denis Antoine représentent des femmes assises, la Chimie et la Richesse, entourées de chérubins.

L'antichambre du salon Guillaume Dupré
L'antichambre donne accès à la grande salle d’honneur, le salon Guillaume Dupré, qui abrita de 1833 à 1983 le premier Musée monétaire. Une frise décorative en orne les murs sur tout le pourtour supérieur. Commandée par la Monarchie de Juillet, elle donne à voir les blasons des villes de France ayant possédé un atelier monétaire de François Ier à Napoléon Ier. Un groupe sculpté, œuvre de Jean-Denis Antoine, met en scène deux anges couronnant un globe, où les fleurs de lis, supprimées en 1793, ont été remplacées par un soleil rayonnant.

A partir de Philippe Auguste (1180-1223) et surtout de Saint Louis (1226-1270), la monnaie royale gagne du terrain sur les zones féodales, limitant les privilèges des seigneurs locaux. Bien que certaines monnaies disparaissent, quelques ateliers féodaux continuent de fonctionner jusqu’au XVIIIe siècle. Sous l’Ancien Régime, l’atelier monétaire repose sur un contrat passé entre le roi et un marchand. Dans cette logique, le roi prête le bâtiment et fixe les normes de production alors que le marchand est en charge de trouver le métal et de diriger la frappe de la monnaie.

La frise du vestibule recense les villes françaises ayant possédé un atelier monétaire. Certains de ces ateliers tels que celui de Bordeaux ou de Nantes, ont fait partie de ceux ayant été reconstruits par Jacques-Denis Antoine après que ce dernier eut achevé la Monnaie parisienne.

Le salon Guillaume Dupré 
Le grand salon porte le nom de Guillaume Dupré (1576-1643), l’un des grands protagonistes de l’art de la médaille en France. Celui-ci était à l’origine destiné à abriter la Cour des Monnaies, cour souveraine d’ancien régime compétente pour juger de tous les litiges ayant trait à l’usage de métaux précieux et à la fabrication des monnaies. Avant la fin de l’Ancien Régime, Balthazar-Georges Sage y obtient l’autorisation d’y donner un cours public de chimie, qui sera institutionnalisé avec la création de l’Ecole des Mines en 1783. Lui succède en 1833 le premier Musée monétaire inauguré par Louis Philippe. De dimensions remarquables, la surface au sol du salon Dupré atteint les 200 mètres carrés pour une hauteur sous voûte de 13 mètres.

Au dessus de chacune des portes latérales de la salle Dupré, des médaillons donnent à voir les initiales de trois contrôleurs généraux et d’un intendant des finances, ici Monsieur de Fleury; ailleurs, Messieurs de L’Averdy, de La Boulaye et d’Ormesson. De part et d’autre des médaillons, des petits génies ailés s’adonnent à des opérations chimiques, rappelant l’usage que Balthazar-Georges Sage fit de cette salle.

Deux bustes en plâtre, dessinés par Nicolas-Pierre Tiolier (1784-1853) et exécutés par Etienne-Pierre-Adrien Gois (1731-1823) se trouvent au-dessus de la cheminée et de la porte qui lui fait face, à l’abri de niches décorées d’une couronne de feuillage et de branches de chêne. Ils représentent respectivement Louis XVIII et Louis XVI.

Au plafond, une toile monumentale du peintre d’Histoire Jean-Joseph Weerts (1847-1927) est venue remplacer en 1893 le faux ciel d’origine. On y voit le pont d’Iéna et le Palais des Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1889, tandis que dans le ciel, des allégories féminines de la Paix et du Commerce répandent la pluie d’or de la Fortune sur une scène de liesse. Par cette peinture, Jean-Joseph Weerts illustre le triomphe de l’Exposition Universelle de 1889 et symbolise le relèvement moral de la France après la défaite de 1870.

Composés d’un palais en bordure de Seine et d’une manufacture en fond de parcelle, les bâtiments conçus par Jacques-Denis Antoine pour abriter la Monnaie de Paris se développent sur une superficie de 35 000 mètres carrés. Espace intermédiaire, la cour d’honneur marque depuis le péristyle une transition entre les pièces d’apparat du Palais et les ateliers de production de la manufacture. Au fond de la cour d’honneur, un portique à quatre colonnes marque l’entrée du Grand Monnayage, lieu historique de la frappe monétaire.

Parcours architectural
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