1750 – 1950

15 variations autour du sari : le drapé emblématique de l'Inde

Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (CSMVS)

L'histoire du textile indien racontée à travers la collection du musée CSMVS

Le mariage, la famille et le sari
Les textiles sont des matières productives. Ils symbolisent la croissance point après point, rang après rang, une transmission de fil en aiguille et de mère en fille.

Le sari a connu plusieurs styles au fil des années. Il existe des variantes régionales, ainsi que des styles de drapés répondant à des exigences professionnelles. Le plus souvent, il est porté de manière que plusieurs plis soient présents sur le devant et que son extrémité recouvre l'épaule.

Hormis les drapés, il existe un très grand nombre de variations au niveau du tissage du sari. Dans ce portrait, la femme porte un sari chandrakala.

Le grihastha (chef de famille) représente non seulement la famille, mais également la communauté. Il exerce des responsabilités sociales en prenant part aux rituels et aux cérémonies célébrant la vie. Les textiles sont une composante essentielle de ces célébrations. Le mariage est une étape importante de la vie d'un chef de famille. Les textiles associés aux cérémonies de mariage sont propres à chaque religion, région et communauté. Les mariages sont très colorés en Inde, le rouge et le jaune étant les couleurs les plus significatives. Le rouge symbolise l'espoir et un nouveau commencement, tandis que le jaune représente le bonheur et la connaissance. Tout en laissant derrière elle sa vie de jeune fille, ainsi que de tendres souvenirs, la mariée emporte avec elle des textiles en guise d'héritage, auxquels se joignent les vœux et l'amour de ses parents et de ses proches. C'est de cette manière que les textiles traditionnels sont transmis de génération en génération, en tant que symbole d'amour et d'attention.

Sari paithani

Pièce essentielle des cérémonies de mariage dans l'État du Maharashtra, le sari paithani tire son nom de la ville de Paithan, dans le district d'Aurangabad. Paithan (autrefois appelée Pratishthan) était un ancien carrefour commercial. Ces saris sont tissés à la main au moyen de fils de soie très fins.

Le sari paithani se caractérise par l'utilisation d'une technique d'entrecroisement, ainsi que par sa bordure et son pallu, qui contrastent généralement avec son butidar (fond uni). Le pallu en jari comporte un motif tissé dans de la soie. Un effet dhoop-chav (ombre légère) est obtenu en associant deux fils de couleurs différentes lors du tissage.

Comme d'autres styles régionaux de tissage, le paithani est également un artisanat familial qui se transmet de génération en génération. De minuscules motifs minakari utilisant diverses couleurs sont tissés dans le pallu à l'aide de plusieurs fuseaux, ce qui rend la tâche très laborieuse et compliquée. Les textiles paithani servent essentiellement à fabriquer des vêtements (saris, pugdis, dhotis et dupattas), les saris étant bien sûr les modèles les plus élaborés. En général, le sari comporte des bordures en brocart et un grand pallu doré parsemé de motifs colorés floraux ou autres. Parfois, le fond est orné de fins buttis en or. Le pallu est richement décoré à l'aide d'une palette de motifs (asavali, akroti, bangdimor, huma parinda et lotus ajanta). Certains saris arborent un motif représentant une pièce de monnaie (connue sous le nom d'ashrafi) sur la totalité de leur surface.

Paithani de Jambhul Rang

Les saris paithani étaient très prisés des familles régnantes de l'État du Maharashtra. Les Peshwa, notamment, s'habillaient dans des textiles paithani. Leur engouement pour ces derniers est perceptible dans de nombreuses lettres de commande concernant des dhotis, dupattas ou turbans de couleurs et de types variés. Ces documents attestent de leur préférence pour les dhotis unis comportant des motifs brodés de fil d'or et d'argent, pour les turbans verts, ainsi que pour les dupattas présentant des motifs d'asavalis ou de naralis de couleur rouge, rose, orange et verte. Outre Paithan, de nombreux autres centres régionaux se mirent à tisser des textiles paithani. L'un d'eux, Yeola, devint célèbre pour ses motifs représentant des mangues. Le paithani n'était pas seulement prisé des Marathas. Il était également apprécié par le Nizam d'Hyderabad et sa famille, qui avaient visité le centre de Paithan à plusieurs reprises. Sa belle-fille, Begum Nilofar, introduisit même de nouveaux motifs sur la bordure et sur le pallu.

Traditionnellement connu sous le nom de paithani de Jambhul Rang, ce modèle de couleur violette appartenait initialement à la famille du Nizam, comme le rapporte elle-même la collectionneuse. Des buttis en jari représentant du jasmin (jai phul) sont tissés sur la quasi-totalité de la surface. Ils sont particulièrement serrés à proximité du pallu. Les larges bordures sont ornées de motifs de naralis. Sur le fond, près du pallu, apparaissent huit buttis guldasta en forme de mangue, ainsi qu'un diapre de cartouches contenant des fleurs réalisées dans un jari argenté. On peut observer une belle interaction entre l'or et l'argent dans les motifs argentés en forme de mangues sur le pallu doré. Ce dernier comporte également une bordure représentant une vigne qui court tout le long.

Shela (étole, style prisé dans l'État du Maharastra)

Dans l'État du Maharashtra, aucun trousseau de mariage ne peut être considéré comme complet sans un sari paithani et un shela (étole), les plus beaux modèles que la famille est en mesure d'offrir. Ces vêtements deviennent ensuite des biens de famille, conservés et portés génération après génération, et évocateurs de souvenirs. En général, le shela est transmis par une belle-mère à sa belle-fille pour symboliser le transfert de la responsabilité d'une famille.

À l'époque, l'État de Faridkot entretenait des relations cordiales avec les Britanniques. Ce modèle semble avoir été commandé spécialement pour être offert à un personnage officiel britannique, ou inversement.

Shela (angavastra)

Ce shela reproduit un motif shikargah sur le fond. Des animaux tels que des antilopes, des éléphants, des tigres et divers oiseaux sont traqués par des chasseurs entre des plantes rampantes brodées avec style pour représenter la forêt. Aux deux extrémités du shela, un brocart dense dépeint des scènes de forêt. Sur les bandes, on peut observer une alternance entre les armoiries de l'État princier de Faridkot (représentant des lions) et celles de la Compagnie britannique des Indes orientales.

Indian Beauty

Picture Postcard depicting a Woman wearing a Nine-yard Brocade Sari

Gharcholu, sari de mariage (style de Gujarat)

Ce type de sari gharcholu traditionnel est porté par les communautés de marchands hindous et jaïns de Gujarat lors des mariages. Il est offert à la mariée par sa belle-mère. Le sari gharcholu est tissé dans du coton ou de la soie très fine, et se distingue par son quadrillage en bandhani (couture et teinture) ou en jari.

Ces modèles sont principalement fabriqués dans les régions de Kutch et Saurashtra.

Le tissage en patola se caractérise par le fait que les fils sont teints en fonction du motif voulu avant d'être tissés. La technique utilisée est appelée ikat.

Le terme "ikat" vient de l'expression malaisienne-indonésienne "mangikat" qui signifie lier, nouer ou enrouler. En général, il faut huit mois pour tisser un sari en patola.

Sari patola

Le sari patola est une tenue très prisée par les mariées de la région de Gujarat. Il est généralement porté par la mère de la mariée lors de la cérémonie de mariage.

La mariée revêt un panetar blanc (sari de mariage) qui comporte une bordure en patola rouge. Dans certaines communautés, le patola sert à réaliser le nœud qui unit les mariés pour éloigner le mauvais œil. La mariée porte cette étoffe à l'issue de la cérémonie, une fois qu'elle accède au statut de femme mariée.

Sari de temple en brocart (variante de Kornad)

Ce magnifique sari en brocart doté d'une large bordure est une variante du sari de Kornad (localité située dans le district de Tamil Nadu). Il est plus connu sous le nom de sari de temple. Techniquement, tout sari tissé pour être offert à la divinité d'un temple est un sari de temple. Ce sari en brocart inclut un pallu lourd qui comporte 13 bandes ornées de motifs représentant des fleurs et des animaux (tigres, cerfs et paons). Le fond est orné de buttis floraux. Les saris de temple sont également portés lors de mariages et d'occasions spéciales.

La couleur rouge symbolise le désir et la passion. Elle est également un signe de bon augure, car elle reflète des qualités liées à l'émotion et à la fertilité, ce qui en fait une couleur tout à fait adaptée aux femmes qui viennent de se marier ou qui sont sur le point de le faire.

Sari de Kanchipuram

Le sari de Kanchipuram tire son nom de l'ancienne ville du même nom qui abrite des temples, dans le district de Tamil Nadu. Le fond de ce sari présente un motif à carreaux doré. Il se caractérise par une large bordure et un pallu riche en brocarts représentant des plantes rampantes à fleurs, des éléphants et des paons.

Portrait d'une femme dégustant sa boisson
Vers 1630

Le portrait de cet femme est intéressant, car il déconcerte les spécialistes qui tentent de déterminer son identité. Les interprétations possibles vont de la princesse à la courtisane. En l'absence d'inscription, son identité ne peut que faire l'objet de conjectures basées sur l'environnement qui l'entoure et sur ce qu'elle porte.

Elle est vêtue d'un sari rayé doté de splendides brocarts, tissé dans un style kashta qui rappelle un dhoti. Le sari est également enroulé par-dessus son épaule gauche et se termine par un magnifique pallu sur le devant. Les manches de son corsage comportent de riches ornements. Ses bracelets de chevilles cloutés de couleur dorée sont particulièrement remarquables, car ils sont une prérogative exclusive des familles royales. Ils ne sont autorisés que par une faveur spéciale du roi.

Le décor représente un palais disposant de niches qui abritent des vases, d'autres ornements, ainsi qu'un rideau vert parsemé de motifs dorés. L'immense traversin en brocart sur lequel elle se tient est souvent dépeint sur les tableaux représentant les membres d'une famille royale.

Tanchoi

Le tanchoi, symbole de l'âge d'or de la communauté parsie du XIXe siècle, s'est développé en tant que textile indochinois, tout comme le gara. Vers 1856, Sir Jamshetji Jeejeebhoy, premier baronnet indien, confia trois tisserands de la famille Joshi de Surate au maître tisserand Chhoi de Shanghai. Ils avaient pour objectif d'apprendre un art particulier du tissage de la soie chinoise. À leur retour, après avoir acquis une maîtrise considérable dans cette forme d'artisanat, ils empruntèrent le nom de leur maître. Le textile ainsi tissé fut appelé tanchoi.

Avec l'apparition du métier à tisser mécanique et l'évolution des goûts, le tissage du tanchoi passe de mode au début du XXe siècle.

Pièce de tissu pour la confection de sapaat (chaussons)

Les Parsis issus de familles fortunées utilisaient également le tanchoi pour fabriquer des chaussures. Les femmes parsies adoptèrent cette mode venue de Chine. Cette pièce de tissu a été réalisée par le maître tisserand Kaikhushro S. Joshi, un descendant de la famille Joshi. Il tenta, sans succès, de relancer le tissage du tanchoi dans le sillage du mouvement Swadeshi de Mahatma Gandhi. Il mit sur pied une grande usine à Surate et recruta des tisserands. Son usine produisit un grand nombre de pièces magnifiques. Malheureusement, Joshi dut la fermer faute d'acheteurs.

Chemisier

Le tanchoi a également servi à broder des chemisiers.

Chemisier

Le tanchoi a également servi à broder des chemisiers.

Sari de style ikat

Voici un bel exemple d'ikat, communément appelé sari sambalpuri.

Sari kadhuva (brocart de Bénarès)

Les saris en brocart de Bénarès sont communément portés en tant que saris de mariage à travers l'Inde. Dans la vaste palette des textiles indiens, le brocart de Bénarès occupe une place à part. Cette étoffe splendide est synonyme de luxe et de beauté. Composés de soie aux couleurs vives, et de fils d'or et d'argent, ces brocarts présentent les motifs les plus variés.

Avec cette technique, les fils d'or et d'argent sont tissés de façon si dense que le tissu utilisé pour le fond est à peine visible. Les motifs représentent des fleurs, des animaux et des oiseaux.

Sari en brocart de Bénarès

Ce type de sari en brocart de Bénarès est plus connu sous le nom de Ganga Jamuna. Les fils d'or et d'argent (ou toute autre combinaison de couleurs) sont utilisés pour le tissage.

Le fond de ce sari comporte six buttis de pétales argentés et dorés sur toute sa surface. Le pallu présente un dessin cachemire stylisé au cœur d'un motif de plantes rampantes à fleurs densément tissé. Sur le fond du sari, dans le coin, figurent des motifs de mangues.

Sari en brocart

Ce sari en brocart est une pièce unique qui comporte une palette d'animaux et d'oiseaux reproduits de façon très réaliste sur le fond de couleur magenta (cerfs, éléphants, lions, tigres, béliers, chevaux, vaches, chameaux, lapins, perroquets, pigeons, paons, paonnes, poissons et crocodiles). À certains endroits, des chimères telles qu'un lion ailé sont également incluses. La bordure large est composée de rangées de perroquets et d'éléphants, avec une plante rampante à fleurs en guise de séparation. La bordure supérieure, qui n'est pas visible lorsque le sari est drapé sur l'épaule, est tissée dans des fils de soie jaunes, bleus verts et blancs. La bordure inférieure est en jari doré et argenté. Le pallu présente deux grands motifs de kuyri (mangues) le long du motif du fond.

Saris de style batik

Le batik est l'une des plus anciennes méthodes utilisées pour créer des motifs sur les étoffes. Les avis divergent sur son origine. Selon certains spécialistes, cette méthode serait apparue en Chine, tandis que d'autres situent son origine en Inde et sur l'île de Java. Elle est plus connue sous le nom d'impression à la cire, un art javanais.

Les motifs sont créés au moyen d'un processus de teinture par réserve utilisant la cire. Cette dernière retient la couleur de l'étoffe d'origine dans les motifs une fois la matière teinte. La technique fut oubliée jusqu'à ce que l'Université de Shantiniketan la fasse renaître vers 1923. Pratima Tagore apprit la technique du batik à Paris avant de lancer des ateliers à Shantiniketan.

Sari de style batik

Ce sari est un exemple unique de la technique du batik. Il a été créé spécialement vers 1940 par Nandalal Bose, un artiste renommé de l'École du Bengale.

Le sari a été fabriqué en motia ou en soie fine de couleur blanc cassé. Les motifs étaient dessinés à l'aide d'un pinceau, d'un outil appelé tjanting et d'un récipient en cuivre rempli de cire chaude. Un flux de cire s'écoulait lentement par le bec afin de dessiner un motif à main levée. Le sari en soie marron arbore des motifs de plantes rampantes à fleurs sur le pallu, la bordure et au centre, à l'endroit où se forment les plis.

Smt Sushila Asher, vêtue d'un sari de style batik

Smt Sushila Asher portant le même sari de style batik (numéro d'acquisition 97.12/2). Cette scène est extraite du célèbre drame dansé Shyama, ainsi que de "Natir Puja", en 1940, en présence de Gurudev Tagore.

Cette pièce, issue de la collection de Sushila Asher, a été offerte au musée par son mari, Shri Bansi Mehta.

Sari en kuruppur

Le kuruppur était une étoffe exquise réalisée par les tisserands de la ville de Tanjore, dans le sud de l'Inde, un art qui n'existe plus de nos jours, malheureusement. La technique de fabrication impliquait de savoir tisser à la perfection le fil de jari dans la trame avec la chaîne de la fibre de coton, de le teindre par réserve, puis de le surimprimer. Généralement teint à l'aide de manjishtha (Rubia Cordifolia ou garance indienne), le kuruppur présente une couleur bordeaux foncé ou tirant sur le brun. Cependant, il est parfois disponible non teint, avec sa couleur naturelle.

Le kuruppur, dont l'utilisation s'est probablement développée durant le règne des Bhoslas de Tanjore, a permis d'élargir la palette déjà étendue des textiles produits en Inde avec une autre étoffe d'un grand raffinement. Outre des saris, il permettait également de fabriquer des pagdis.

Sari de style Deccan

Cette pièce de tissu unique mesure neuf mètres de long. Elle combine avec imagination la technique de l'ikat, le tissage jamdani, ainsi que la réalisation de brocarts.

Cette pièce de tissu unique mesure neuf mètres de long. Elle combine avec imagination la technique de l'ikat, le tissage jamdani, ainsi que la réalisation de brocarts.

Le fil fait main de la chaîne et de la trame est tout d'abord teint en bleu foncé afin d'obtenir des rayures verticales et horizontales qui forment des carrés blancs et noirs sur le fond. Le large pallu arbore un motif géométrique complexe magnifiquement dessiné. Celui-ci est encadré par des bordures présentant les mêmes ornements. Les petits carrés bleu foncé sont remplis d'étoiles tissées en fil doré selon la technique jamdani. Un motif en forme de dôme s'étend sur toute la largeur au début du pallu. De couleur marron et or, il est tissé selon la même technique, ce qui crée une forte ressemblance avec le pallu de style paithani. La bordure présente également un motif de noix de coco de style paithani, dans des teintes marron et or.

La pièce a sans aucun doute été soigneusement et élégamment conçue à partir de motifs et de dessins traditionnels. Elle a été réalisée dans une étoffe en coton filé et tissé à la main, qui est fabriquée dans l'État d'Andhra. Le motif étoilé de couleur noire est typique de la région du Deccan. On l'observe dans les saris de style chandrakala, à l'exception des bandes de couleur crème, répétées quatre fois à intervalles réguliers dans ce modèle. La couleur bleu foncé du sari constitue également une variation par rapport au style chandrakala qui est toujours noir. Ce type de sari est généralement porté le jour où l'on célèbre Makara Sankranti.

Ce sari ayant été tissé à l'aide de différentes techniques, il est difficile de déterminer sa provenance exacte. La technique d'entrecroisement associée au style paithani de l'État du Maharashtra et celle de l'ikat utilisée dans l'État d'Andhra Pradesh pourraient laisser penser qu'il a été réalisé par un maître tisserand de la région du Deccan.

Biens de famille
Un bien de famille est un objet détenu depuis des années et transmis de génération en génération. En Inde, il existe une très vieille tradition liée à la transmission des étoffes par héritage. Les femmes conservent leurs saris spéciaux aussi soigneusement que des biens de famille, avant de les transmettre aux générations suivantes. Ces traditions sont toujours considérées comme un symbole d'honneur ou un signe de bénédiction pour celui qui reçoit l'objet.

Baluchari sari

The Museum has this sari in its collection from the heirloom of the Tagore family. It is a beautiful Baluchar sari which belonged to Jnanadanandini Devi (1850-1941), wife of Satyendranath Tagore (1842-1923), elder brother of Gurudev Rabindranath Tagore. Jnanadanandini Devi gifted it to her daughter-in-law Sanga Devi, wife of Surendranath Tagore (1872-1940). Later on Sanga Devi gifted it to her daughter Joyasree Sen (nee Tagore) during her wedding in 1927. Joyasree married Kulprasad Sen. Gurudev Rabindranath Tagore was the acharya for this marriage.
The Museum acquired this sari from Haimanty Dattagupta who is daughter of Joyasree Sen. It was presented to her in her wedding in 1963 by Joyasree Sen.

Le sari baluchari est le sari traditionnel du Bengale, confectionné en brocart ou en soie. Il tire son nom du petit village de Baluchar, près de Murshidabad, dont il provient. La chaîne de soie tressée était aussi lourde que la trame et souvent composée de couleurs contrastées.

Bien que le sari de style baluchari soit fabriqué dans la région du Bengale, la composition de ses motifs décoratifs est typique de l'État du Gujarat. Les saris du Bengale mettent l'accent sur les ornements de la bordure, tandis que le pallu reste généralement assez simple. Au Bengale, la façon de draper un sari souligne la beauté de la bordure plus que les extrémités du pallu. À l'inverse, les femmes du Gujarat arborent leur sari de manière à mettre en avant ce dernier. Un grand nombre de marchands du Gujarat se sont installés dans la région de Murshidabad, d'où proviennent ces saris. Il est possible qu'ils aient commandé ces saris de style baluchari pour leurs épouses. Cela expliquerait l'introduction d'un pallu large et richement décoré dans ce type de sari fabriqué au Bengale.

La chaîne de soie tressée était aussi lourde que la trame et souvent composée de couleurs contrastées. Ce modèle est un exemple classique de sari de style baluchari traditionnel. Le fond violet est orné de petits motifs blancs, crème, rose foncé, verts, bleus et marron de type kalga, disposés en diagonale. Une large bordure encadre les fleurs roses stylisées à la façon d'un méandre continu. Au centre du pallu, très travaillé, figurent cinq grands motifs de type kalga ou cachemire, dont quatre sont tissés avec de la soie rose et marron. Uniquement confectionné en soie marron, le cinquième motif est appelé nazarbatu. Il s'agit d'un dessin imparfait. Les tisserands de Baluchar laissaient volontairement apparaître un nazarbatu (ou défaut) dans la couleur ou le motif pour éloigner le mauvais œil. Le motif qui entoure la rangée centrale de kalgas dépeint une scène contemporaine incluant une locomotive à vapeur et un train, qui devaient être des innovations à l'époque. Des passagers européens portant des hauts-de-forme sont assis dans les wagons à étage d'un train. Entre ces wagons apparaissent également des chimères et des personnages. Dans son livre sur les motifs décoratifs et l'artisanat en Inde ("Decorative Designs And Craftsmanship of India"), Enakshi Bhavnani évoque également un sari similaire sur lequel est représentée une scène en lien avec les chemins de fer.

Sari maheshwari

Ce sari maheshwari appartient à Chimanabai Saheb Gaekwar II (1872-1958), originaire de la ville de Vadodara dans l'État du Gujarat.

Sari maheshwari

Ce sari maheshwari appartient à Chimanabai Saheb Gaekwar II (1872-1958), originaire de la ville de Vadodara dans l'État du Gujarat.

Sari kashida

Conservé en tant qu'héritage familial, le kashida ou kasuti est une broderie traditionnelle réalisée par des femmes du district de Dharwar, dans l'État du Karnataka. Cette technique laborieuse nécessite la compréhension des motifs géométriques, car les dessins ne sont pas tracés. En effet, on réalise la broderie en comptant les fils de la matière. Une erreur de comptage peut entraîner une légère variation dans la longueur du point et altérer la symétrie du motif. La réalisation de broderies aussi minutieuses sur un fond en coton noir était très pénible pour les yeux du karigar (artisan).

En fait, il s'agit d'un point avant orienté verticalement, horizontalement et en diagonale, de telle manière que le motif soit identique des deux côtés. Les motifs sont réalisés en blanc, en orange et dans d'autres couleurs vives, sur des nuances sombres contrastées de bleu et de noir.

Le répertoire du karigar inclut des motifs inspirés de la mythologie et de l'architecture, de la faune et de la flore, et de scènes de la vie quotidienne. Chaque motif se voit attribuer un nom spécifique, tel que padma, gopura, tulasivrindavan, etc. La broderie kasuti est réalisée le long de la bordure, du pallu richement décoré et du corps même du sari. La taille des motifs et des buttis du corps du sari diminue, et leur nombre décroît progressivement à mesure que l'on se rapproche des plis.

La coutume voulait que la mariée possède un sari noir de style chandrakala orné de broderies kasuti. Dans l'État du Karnataka, une jeune mariée se voit communément offrir un sari de style kashida doté d'un khan pour son corsage. Pour la mariée, recevoir ce sari des mains de sa belle-famille et de leurs proches est considéré comme un honneur. De nombreuses femmes le conservent aussi soigneusement qu'un bien de famille, avant de le transmettre aux générations suivantes. Il est également offert aux futures mères en tant que présent de bon augure.
Ce sari de style irkali navvari (long de neuf mètres) a été confectionné dans du coton bleu foncé. Il présente une large bordure marron, avec des motifs de diamants tissés en fil de soie. Le pallu ne comporte que des bandes horizontales grises et violettes. À côté du pallu, sur le fond bleu, figure un motif brodé complexe représentant un lotus, un couple de paons, des animaux, des personnages et des arbres en fleurs tissés avec des fils blancs, orange, violets et verts. Deux bandes de motifs floraux géométriques sont disposées parallèlement au pallu. Le corps du sari présente des ornements en fil de coton blanc connus sous le nom de buttis roomali phul. Le motif de plante rampante, très élaboré, sépare le pallu du fond. La broderie a été réalisée à l'aide de la technique dosuti kasuti, dans laquelle la longueur du point correspond exactement à deux fils de l'étoffe.

Sari akho garo

Ce sari appartenait à la famille du poète Ardeshir Khabardaar (1881-1953).

Le garo est devenu un symbole d'identité pour les femmes parsies. Il se porte pour les grandes occasions et lors des mariages. Amateurs de broderies chinoises, les marchands parsis achetaient de la soie brodée pour leur famille, et commandaient des bordures de sari, des saris, des corsages et des pantalons brodés. La broderie était réalisée sur différentes étoffes de soie provenant de Chine.

Au fil du temps, le mot "garo" (terme gujarati désignant le sari) fut associé aux saris ornés de broderies chinoises.

Sari akho garo

Ce sari appartenait à Meheren Bhabha, la mère du grand physicien Sir Homi Bhabha.

Amateurs de broderies chinoises, les marchands parsis achetaient de la soie brodée pour leur famille, et commandaient des bordures de sari, des saris, des corsages et des pantalons brodés. Beaucoup de ces motifs ont une signification symbolique. La pivoine et le magnolia représentent le printemps. Les champignons et le bambou font référence à la longévité. Le cerf et la grue symbolisent une longue vie. Les papillons sont l'emblème du bonheur.

La collection du musée inclut plusieurs pièces textiles transmises par héritage. Les familles auxquelles elles appartenaient ont offert ces biens avec le sentiment que le souvenir de leurs proches serait préservé à jamais. Pour elles, le musée était le meilleur endroit pour les conserver, et permettre aux générations futures de découvrir et d'appréhender la richesse des différentes traditions.

Le sari en tant que vecteur de l'identité sociale
Ce sari chanderi unique, spécialement confectionné sur commande, traduit le sentiment patriotique de la personne qui le porte. Le fond est intégralement parsemé de buttis en forme d'étoiles tissés en jari doré et argenté. Le slogan "Vande mataram" est tissé avec du resham (fil de soie) vert et marron sur les buttis, ainsi que le long de la bordure.

Cette chanson révolutionnaire a été écrite en 1882 par Bankim Chandra Chattopadhyay. Elle s'est rapidement transformée en un slogan exaltant pour les combattants de la liberté. La chanson est interprétée pour la première fois dans un contexte politique par Rabindranath Tagore, au cours de la session du Congrès national indien qui se tient en 1896. Elle devient l'hymne national de l'Inde indépendante en 1950.

Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya
Crédits : histoire

Crédits

Contenu sélectionné par Manisha Nene (directrice adjointe de la collection)
Vandana Prapanna (conservatrice principale)
Graphisme : Smita Parte, Prachee Sathe et Sneha Mestry
Assistante : Shannen Castelino (adjointe du conservateur principal, archéologie)
Sous la coordination de Nilanjana Som (conservatrice adjointe, art)

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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