Modes ! À la ville, à la scène

Centre national du costume de scène

Worth, Poiret, Lanvin, Chanel, Balmain, Balenciaga, Saint Laurent, Lacroix...autant de grands noms qui ont marqué l'histoire de la mode mais aussi celle du théâtre! Avec plus de 130 costumes provenant des collections du CNCS et de musées de modes, cette exposition retrace les grandes époques de mode à la ville et à la scène depuis XVIIIe siècle jusqu'aux icônes de théâtre telles Sarah Bernhardt, Cléo de Mérode, Madeleine Renaud, ou Isabelle Huppert.

Salon d'honneur
Le salon d’honneur du CNCS, propose un espace pédagogique avec des costumes à essayer, un glossaire des mots du costume et des miroirs facétieux qui transforment le costume de scène en tenue de ville et inversement.
Salle 1 : introduction de l'exposition
En introduction, cinq costumes illustrent le jeu de miroirs entre la ville et la scène. Dans chaque salle sont présentés des paravents richement illustrés de gravures, de dessins (originaux et reproductions) permettant de faire le lien avec les costumes des vitrines. La ville influence la scène et inversement.
Salle 2 : le 18e siècle d’hier à aujourd’hui, rêveries exotiques
Le théâtre règne en maître au XVIIIe siècle, dans les salles comme aussi chez les particuliers. Pas un château, pas un hôtel qui ne disposent d’un lieu aménagé pour y donner la comédie dont les rôles sont souvent tenus par les maîtres de maison. Les liens entre costumes de scène et de ville s’en trouvent encore renforcés : les spectateurs passionnés de théâtre font aussi la mode, et les costumes, au coût faramineux, ont la première place dans la mise en scène. Dans la vitrine, on découvre une robe volante représentée aussi par Antoine Watteau (gravure d’après L’Enseigne de Gersaint). Négligé transformé, la robe volante est appréciée autant par la dames fortunées que par les actrices. Avec elle naît le panier appelé à un grand succès.
Salle 3 : du règne de Louis XVI au Consulat (1770-1804)
Pour les pièces du répertoire (Molière, Racine…) et cela jusqu’en 1837, les comédiens du Théâtre Français s’habillent en vêtements contemporains. Pour certains rôles, dits comiques, se maintient au contraire la typologie du XVIIe siècle de sorte que sur scène règne une certaine cacophonie. Les pièces à sujet contemporain font la part belle à la robe de chambre accompagnée de son gilet, tenue élégante, appréciée à la ville par les messieurs. A la fin des années 1770, devenant progressivement l’expression du rôle, le costume de scène, sous l’influence du néoclassicisme, s’éloigne de celui de la ville
Salle 4 : l’époque romantique : une affaire de manches
Les « manches à crevés » en usage dès 1812 au théâtre - chez Mlle Mars en Célimène dans le « Misanthrope » - se retrouvent sur les robes et spencers (vestes courtes) des femmes mais sous la Restauration ! Apparaissent en 1823 à la scène comme à la ville les « manches en béret » : les ballons sont légèrement aplatis. Vers 1818, les élégantes mettent à la mode la « manche transparente » qu’elles glissent sous ou sur le ballon. Les actrices s’en emparent en exagérant progressivement leur volume. Quant à la « manche en gigot », elle est probablement née de la superposition d’une manche transparente sur le ballon. « La grosse manche bouffante », à la mode pour les dames à partir de 1829, est reprise du théâtre
Salle 5 : entre historicismeSalle 5 : entre historicisme et nouveautés, Sarah Bernhardt, créatrice de mode à la fin du XIXe siècle et nouveautés, Sarah Bernhardt, créatrice de mode à la fin du XIXe siècle
L’obsession de l’authenticité est devenue si prégnante dans la seconde moitié du XIXe siècle que les directeurs de théâtre acquièrent pour leurs acteurs des costumes anciens. Bientôt, les femmes, les imitant, font transformer en gilets et jaquettes des costumes, souvent de cour, de la fin du XVIIIe siècle, dénichés dans les greniers ou chez les fripiers.
Salle 6 : entre historicisme et nouveautés, Sarah Bernhardt, créatrice de mode à la fin du XIXe siècle
L’obsession de l’authenticité est devenue si prégnante dans la seconde moitié du XIXe siècle que les directeurs de théâtre acquièrent pour leurs acteurs des costumes anciens. Bientôt, les femmes, les imitant, font transformer en gilets et jaquettes des costumes, souvent de cour, de la fin du XVIIIe siècle, dénichés dans les greniers ou chez les fripiers.
Salles 7 & 8 : actrices, presse et haute couture...
Cléopâtre-Diane de Mérode dite Cléo de Mérode est une danseuse et une icône de beauté de la Belle Epoque. Elle devient célèbre grâce à la photographie. Ses clichés réalisés par deux grands noms Nadar et Reutlinger vont être exportés à l’étranger. La fin du XIXe siècle marque un essor de la presse, des revues de mode et de la publicité faite par les artistes. Les plus connues acceptent de poser pour représenter des marques de produits capillaires, de chapeaux, de corsets jusqu’au dentifrice ! Pour les remercier, les fournisseurs leur offrent des cadeaux comme le très bel ensemble présenté dans cette salle pour Cléo de Mérode de la part de la Fédération de la dentelle.
Salle 9 : bal, théâtre et ville : aller-retour
A la Belle Époque, les couturiers s’imposent aux théâtres hormis l’Opéra. Ils se cantonnent d’abord au répertoire contemporain puis signent à la fin des années 1890 des tenues historiques. La présentation de costumes à la mode est une très bonne publicité pour les maisons de couture qui exposent ainsi toutes leurs nouveautés. Chaque grande comédienne a son couturier mais elle peut en changer selon son humeur. Ainsi Marie-Thérèse Pierrat reste fidèle au couturier Redfern, à la différence de Cécile Sorel qui suit l’évolution de la mode en choisissant régulièrement une nouvelle griffe. Jusqu’à la fin des années 1930, il ne règne aucune cohérence entre les costumes d’un même ouvrage, car rares sont les couturiers qui peuvent réaliser l’ensemble de la production. Le pouvoir de la couture est tel qu’on exige parfois de l’auteur de la pièce l’intégration de publicités dans le texte de la pièce… Dans l’entre-deux guerres, la fabrication des costumes suit un processus complexe. Si les couturiers conçoivent des costumes, ils ne les réalisent pas nécessairement, cette tâche revenant au costumier du théâtre ou à des spécialistes. À l’inverse, Charles Bétout, costumier de la Comédie-Française entre 1919 et 1939, conçoit des maquettes réalisées par la maison de couture choisie par la comédienne
Salle 10 : Opéras et Ballets russes et la mode
La révolution des Opéras et des Ballets russes présentés de 1908 à 1927 à l’initiative de Diaghilev entre en résonnance avec les créations de couturiers comme Paul Poiret et Jeanne Lanvin. C’est probablement après avoir vu « Ivan le terrible » que Poiret achète lors de son voyage en Russie des nappes qu’il transforme en robes d’été (robe de Galliera). Coupe, motifs, techniques marquent profondément Jeanne Lanvin, passionnée de théâtre. La « robe de style » qu’elle décline longtemps est très probablement née des tonnelets- jupes portés par les danseurs des Ballets russes.
Salle 11 : bal, théâtre et ville : aller-retour
Trois costumiers sont devenus couturiers entre 1890 et 1925. Charles Bianchini, costumier dans de nombreux théâtres parisiens à la fin du XIXe siècle, ouvre une maison de couture en 1892 (cape, Palais Galliera). On relève deux dessinateurs de costumes pour les Ballets russes ; Léon Bakst est devenu momentanément styliste pour Paquin, mais ne subsistent que des dessins. Quant à Natalia Gontcharova, entre 1922 et 1925, elle conçoit et réalise des vêtements pour le salon Myrbor à Paris (manteau, Palais Galliera).
Salle 12 : couturiers-costumiers : 1950–2000
Dans les années 1950, le public se réfère moins au théâtre pour découvrir les couturiers à la mode, préférant rêver au cinéma devant les stars de Hollywood, à la frontière de la vie réelle et de la vie idéale. Dans l’industrie textile, le Tergal, les indéplissables, le nylon, participent à la démocratisation de la mode avec le développement de la confection. Ces progrès sont une aubaine pour les ateliers de costumes de scène qui s’en emparent pour créer des effets visuels efficaces, moins coûteux que les ennoblissements traditionnels – brillances, collages, matières synthétiques imitant la soie, le cuir ou la fourrure –, assurant confort et aisance pour les interprètes et facilité d’entretien. Les signatures existent toujours, et chaque création à la scène apporte son risque, entre clin d’oeil à la standardisation et nouveauté culturelle.
Salle 13 : Costumes de scène, un autre inventaire de la mode
La scénographie de cette dernière salle d’exposition vous plonge dans un univers très différent évoquant une revendication active et bienveillante de costumes de scène issus des réserves du CNCS, illustrée par des pancartes et tabourets à terre. Au centre de la salle, vous pourrez admirer neuf ensembles griffés haute couture, portés par Isabelle Huppert au théâtre de l’Odéon. Cette actrice incarne la mode au théâtre, effet de miroir entre la ville et la scène, sujet de cette exposition.
Crédits : histoire

www.cncs.fr

Remerciements : tous les supports
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