Les archives 

Meta-Morphosis

Pour comprendre Cheratte et les hommes qui ont fait vivre la mine durant plusieurs décennies, il est nécessaire de revenir sur l'Histoire du Charbonnage et des flux migratoires accompagnés de photos d'archives, cartes postales de l'époque et témoignages des anciens mineurs.

Histoire
Si l’édice de 1907 inspire encore tant de photographes et amoureux du patrimoine, c’est indéniablement en raison du soin  particulier qui a été apporté à la conception de ses façades de briques rouges, dans un style néo-médiéval qui leur confère un caractère presque romantique, a priori peu compatible à une affectation industrielle. 

Le 30 novembre 1962, 4 morts au charbonnage du Hasard

Le château de Cheratte, aujourd'hui protégé au titre des monuments classés, est une construction de style mosan du XVIIe siècle acquise en 1913 par le charbonnage auprès des descendants de la famille de Saroléa, et transformée en partie en hôpital pour son personnel et en logement de prestige pour son directeur-gérant.

Un autre chantier d’importance géré par le charbonnage est la construction, entre 1923 et 1926, d’une cité-jardin pour ses travailleurs. Elle est située entre le canal et la route menant de liège à visé. Bel exemple de l’évolution des conceptions de l’habitat ouvrier depuis la révolution industrielle, loin du modèle du coron, la cité se présente sous la forme d’un ensemble pavillonnaire de 200 maisons unifamiliale et d’une hôtellerie de 128 chambres pour les célibataires.

Une attention particulière a été portée au bien-être et au cadre de vie des habitants qui y jouissent d’un environnement arboré, d’un square central, de l’éclairage public et pour chaque habitation, inspirée de la mode anglaise des cottages, du raccordement à l’eau courante, à l’électricité et aux égouts, ainsi que deux espaces extérieurs : un jardin d’agrément du côté de la rue et un potager à l’arrière.

La vie dans les baraquements de Cheratte

Galibot : [galibo] n.m.
Enfant ou jeune manoeuvre employé aux travaux légers dans les galeries

À Cheratte, c’est le 31 octobre 1977 que le couperet est tombé pour les 589 travailleurs, dont 435 étrangers, du charbonnage du Hasard. Dans les années 1950, ils étaient encore plus de mille à hanter le fond.
Presque quarante ans plus tard, le site désaffecté de la mine de Cheratte, enserré au cœur de la localité entre une colline abrupte et la Meuse, reste toujours largement marqué par le souvenir de l’activité charbonnière qui a fait sa réputation.

Flux Migratoires
« Des hommes sont venus pour travailler au fond des mines wallonnes, afin d’occuper les emplois dont les autochtones ne voulaient plus. Ils sont venus en laissant derrière eux famille, mode de vie, amis, biens, avec pour unique objectif le salaire de l’exil afin de s’acheter une terre, un tracteur, une maison ou un commerce, afin de permettre à leur famille un mieux-être. » 

En 1946, un accord entre les gouvernements belge et italien permet à la Belgique de bénéficier d’une main-d’œuvre en grand nombre.

La pièce de théâtre: "Les Fils de Hasard, Espérance et Bonne Fortune" En Cie du Sud, d'après le Théâtre de la Renaissance, raconte l'arrivée des italiens à la mine.

En un peu plus d’un demi-siècle, la composition du village connaîtra de très amples transformations accueillant des populations d’expressions culturelles, linguistiques et religieuses très diverses. Si le village comptait 2 343 habitants en 1846, dès 1930, le nombre d’habitants atteint le chiffre de 3 775 et passe le cap des 5 000 dès le début des années 50. Au milieu de la décennie 70, on assiste cependant à une décroissance démographique à cause de la fin de l’activité minière.

1956 à 1967:
Suite à la catastrophe de Marcinelle, le 8 août 1956, qui cause la mort de 262 mineurs, dont 136 de ses ressortissants, l’Italie suspend sa politique d’émigration légale vers la Belgique. Cette décision entraine à partir de 1957 le recrutement de mineurs dans d’autres pays méditerranéens avec lesquels l’état belge passe de nouvelles conventions bilatérales, notamment l’Espagne, la Grèce, le Portugal, puis le Maroc et la Turquie. 1965, arrivée des turcs à Liège 

L’histoire d’un site comme le charbonnage de Cheratte ne peut bien entendu s’envisager uniquement du point de vue de l’évolution de l’entreprise ou de ses infrastructures. Quel aurait en effet été son destin sans la présence journalière de centaines de « gueules noires », dont le dur et courageux labeur a assuré pendant des décennies la prospérité d’une région entière ?

Photo: Arturo à Cheratte

La vie des travailleurs au charbonnage du Hasard n’a certainement pas été très différente de celle de beaucoup d’autres mineurs en Wallonie ou en Belgique à la même époque. Ici comme en bien d’autres lieux, elle constitue un chapitre de notre histoire sociale commune. Ce récit collectif est égrené d’événements du quotidien, souvent routiniers mais parfois violents ou dramatiques. Coup de grisou, raté de minage, éboulement, déraillement de wagonnet, inondation subite...

Photo: Avelino (à gauche), à Cheratte

Les incidents, ne sont pas rares au fond de la mine : aux alentours de mille chaque année qui, heureusement, s’avèrent loin d’être tous mortels – le journal la Meuse fait état d’une moyenne d’un tué par an en 1950. Certaines années, comme 1962, sont cependant particulièrement traumatisantes puisque le décès de six mineurs pris dans trois accidents est à déplorer.

Malgré les progrès techniques, le travail demeure difficile et dangereux et de nombreux jours de maladie ainsi que des périodes de grève sont régulièrement recensés tout au long de l’histoire du charbonnage.

Photo: A droite, Johan, alias Johnny au début des années 1960

Comme dans la plupart des entreprises, les motifs de revendications des syndicats, partagés à parts à peu près égales entre catholiques et socialistes à Cheratte, sont divers.
Parfois strictement locaux, ils s’intègrent souvent dans le cadre plus large de la politique nationale : combats pour de meilleures conditions salariales en 1932, pour le déplacement d’ouvriers en 1953, contre les médecins en 1956, contre la loi unique du gouvernement eyskens en 1960- 1961...

Photo: Deux mineurs à Cheratte au début des années 1960

Giuseppe alias Peppone, mineur à Cheratte de 1961 à 1964

Crédits : histoire

Photos d’archives : Musée de la vie Wallonne et de Visé

Flux migratoires: Altay Manço et Christophe Partoens

Avec le soutien de la Wallonie


Remerciements : tous les supports
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