May 2005

Costumes des Mille et une nuits

Centre national du costume de scène

Dessins de décors et de costumes, créant sur les scènes un Orient d’illusion théâtrale, animent lascénographie de cette exposition, qui présente des scènes extraites d’oeuvres tirées des Mille et uneNuits ou leur adaptation au théâtre : le harem de Shéhérazade, l’échoppe de Marouf, savetier duCaire, le jardin de la Bayadère, la caverne d’Ali Baba, le salon du Sultan, le port d’embarcation deSindbad le Marin, la halte de la caravane, la turquerie du « Bourgeois gentilhomme »…Tout ici tient à la fantaisie théâtrale, et à un fil de soie, celui des costumes.

A la veille du premier conflit mondial, Henri Rabaud crée Mârouf, opéra-comique qui remportera un grand succès. En 1928, l’ouvrage, transformé en opéra, entre au répertoire du Palais Garnier, où il fut donné jusque dans les années 1950.
Ce conte des Mille et une Nuits, l’un des plus populaires, est situé au Caire, dans le bazar où vivent et travaillent les marchands de toutes conditions sociales. Le métier de savetier n’est pas le plus prisé. Le malheureux Mârouf, de plus mal marié à une femme aigrie, en fait l’expérience quotidienne. Comme bien des héros des contes des Mille et une Nuits, il rêvera à un autre destin et l’obtiendra. Parti à l’aventure, il trouvera l’amour, le bonheur et la richesse. Et tout cela grâce à une caravane fantôme à laquelle un bon génie donnera vie !

Ali Baba et les Quarante voleurs est un des contes les plus connus. Il fut adapté à plusieurs reprises pour des pièces, des opéras, des ballets, des revues… avec d’innombrables variations, le plus souvent sur le mode plaisant. Le conte permet d’aligner des types comiques, les quarante voleurs peuvent être, chacun dans son genre, aussi différents que les sept nains de Blanche Neige.

Au pays des Mille et une Nuits, les créatures de rêve de toutes origines, de toutes couleurs abondent. Les lecteurs occidentaux voient en songe ces femmes superbes, nées dans un ailleurs de légende, dont l’amour ne cède qu’à la mort. Les poètes les chanteront et les entrepreneurs de spectacle les mettront à la scène.
Ballets et opéras-comiques reprennent cette scène de marché aux esclaves, où l’héroïne sera sauvée par son bien-aimé, après avoir traversé les pires dangers.
Mais parfois, la jeune femme succombe aux charmes du sérail, se soumet ou séduit son maître, comme dans Les Trois sultanes de Favart. Au tomber du rideau, le final est le triomphe de l’amour vrai, aussi difficile à trouver dans le sérail qu’au dehors.

Le monde des marchands et des artisans est omniprésent dans les contes des Mille et une Nuits qui furent écrits pour eux. Les drapiers et les tailleurs ont une clientèle féminine recherchée, dans leurs échoppes nombre d’intrigues se nouent.

En 1909, les Ballets Russes de Serge Diaghilev firent en une nuit la conquête de Paris. Ils renouvelaient un genre qui semblait exténué, combinaient violence, beauté, rythme et couleur en un philtre puissant qui agissait sur tous les publics. Milieux artistiques, intellectuels, mondains tombèrent sous le charme. Vaslav Nijinsky et Tamara Karsavina devinrent des icônes de la danse tandis qu’Alexandre Benois et Léon Bakst influencèrent durablement l’esthétique théâtrale.
De la scène à la salle se répondaient bien des échos de la mode. Vêtues de manteaux de type caftan, brodés de motif cachemire, coiffées de turbans surmontés d’aigrettes, métamorphosées par le couturier Paul Poiret, les belles spectatrices copiaient les attitudes de la sultane, avant de rentrer chez elles s’alanguir dans des boudoirs encombrés de coussins et de tentures.

Ali Baba, aux mains d’un marionnettiste - Spectacle de Geo Condé, 1953
Georges, Jean, Nicolas Condé dit Geo Condé (1891–1980) est un artiste aux talents multiples : musicien, architecte, peintre, dessinateur, modéliste pour les faïenceries de Lunéville et surtout connu comme marionnettiste.
Le canevas de la pièce de Geo Condé est une libre interprétation du conte Ali Baba et les quarante voleurs. L’auteur abandonne le principe de l’intemporalité du conte et l’épice à la fois d’un exotisme fantaisiste teinté d’humour et de références contemporaines.

Costume de Pace pour Jacques Charon, dans Le Bourgeois gentilhomme, de Molière et Lully, mise en scène de Jean-Louis Barrault, décors et costumes de Pace, Comédie-Française, 1972. Costume réalisé dans les Ateliers de Couture de la Comédie-Française. Collection Comédie-Française.

Une bourde diplomatique est la source de cette comédie-ballet, écrite par Molière et Lully « sur une idée » de Louis XIV. Le roi-soleil avait reçu en grande pompe un envoyé de la Sublime Porte, avant de s’apercevoir que ce prétendu ambassadeur n’était qu’un personnage de peu d’importance. Ne pouvant rester sur cette humiliation, il la fit tourner en farce. Cette comédie-ballet fut créée devant la Cour et le souverain, au château de Chambord, le 14 octobre 1670. Molière jouait le rôle de Monsieur Jourdain, Lully celui du Muphti.

Route des épices, route de la soie… Dans le répertoire des contes des Mille et une Nuits, ceux qui relatent des voyages sont très prisés, ils constituent l’évasion par excellence, le comble du merveilleux, l’antidote à la réalité.
Dans le monde des marchands, les plus riches, les plus puissants sont ceux qui font le commerce de produits précieux. Sindbad le marin est le héros de cette caste. Au cours de sept voyages, il parcourt plusieurs pays et s’amuse à raconter ses aventures.
Comme Sindbad, Huon, le héros d’Obéron, opéra de Weber, est un voyageur, envoyé par Charlemagne à la cour du calife Haroun al Rachid, à Bagdad, pour une mission impossible. Ses aventures s’emboîtent les unes dans les autres comme dans les contes des Mille et une Nuits. Le livret s’inspire d’une chanson de geste du XIIIe siècle.

Dans La Bayadère, Nikiya, danseuse sacrée, est convoitée par le Grand Brahmane. Elle aime Solor, fiancé à Gamzatti, la fille du Rajah. Gamzatti fera assassiner sa rivale, Solor désespéré s’enfuira et retrouvera sa bien-aimée au paradis des bayadères. En 1992, La Bayadère, créée à Saint-Pétersbourg plus d’un siècle auparavant, est entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris, dans la chorégraphie originale remontée par Rudolf Noureev.

Cadmus et Hermione, opéra de Jean-Baptiste Lully. Tragédie en musique en un prologue et cinq actes. Création à l’Opéra (Académie Royale de Musique) 27.IV.1673. Première à l’Opéra Comique, 21.I.2008. Mise en scène Benjamin Lazar. Scénographie Adeline Caron. Costumes Alain Blanchot. Costumes réalisés dans les Ateliers de l’Opéra Comique (responsable Christelle Morin, chef costumière Véra Boussicot-Lang). Répertoire Théâtre de l’Opéra Comique.

La caravane est une image des plus symboliques de l’Orient. Cette marche vers l’inconnu dans les sables du désert, au pas lent des chameaux, inspire peintres, musiciens, poètes… La halte de caravane est un des tableaux récurrents dans le catalogue des décors des œuvres théâtrales. Final de l’exposition « Costumes des Mille et Une Nuits », notre caravane rassemble des voyageurs venus d’horizons différents comme en témoignent leurs costumes. Elle illustre ces vers d’un poème de Théophile Gautier : « La caravane humaine au Sahara du monde, par le chemin des ans qui n’a pas de retour… ».

Credits: All media
The story featured may in some cases have been created by an independent third party and may not always represent the views of the institutions, listed below, who have supplied the content.
Translate with Google
Home
Explore
Nearby
Profile