Abraham Ortelius: l'inventeur de l'Atlas

Rockoxhuis

Au 448ème anniversaire du premier atlas, célébrons la vie et l'oeuvre du géographe.

Abraham Ortelius est un personnage clé dans l’histoire des connaissances.

Connu comme l’inventeur de l’atlas - livre comportant plusieurs cartes présentées sous un seul et même format - Ortelius fut le premier à émettre l’hypothèse de la dérive des continents.

À l’occasion de son 490e anniversaire, deux prestigieuses institutions Anversoises se réunissent pour célébrer l’héritage du géographe.

Le musée Plantin-Moretus, ancienne imprimerie de Christophe Plantin, qui abrite quelques-unes des plus importantes publications d’Ortelius...

… et le musée Rockoxhuis, demeure du maire et collectionneur Nicolas Rockox, grand ami d’Abraham Ortelius.


À travers cette exposition, les conservateurs du musée Plantin-Moretus vous font découvrir la vie et l’œuvre d’Ortelius, ainsi que les liens qu’il entretenait avec d’autres humanistes de l’époque tels que Christophe Plantin, imprimeur et éditeur.

Vie et œuvre
Au cœur de l’ère humaniste

Abraham Ortelius, ou Abraham Ortels, est né à Anvers le 4 avril 1527 et mort dans cette même ville en 1598.

Au cours de la première moitié du XVIe siècle, la ville d’Anvers connaît un grand essor économique. Il y règne une atmosphère optimiste et cosmopolite.


Hélas, cette ère ne dure qu’un temps.

La situation politique des Pays-Bas se dégrade considérablement à partir de l’an 1560.

Une révolte contre le roi d’Espagne éclate, et ainsi débute la guerre de Quatre-Vingts Ans. En conséquence, les Pays-Bas sont divisés une fois pour toutes. Anvers s’engouffre dans une période d’effondrement économique.


La famille d’Abraham est composée de ses parents, Leonard Ortels et Anne Harrewayers, et de ses sœurs, Anne et Elisabeth. La famille Ortels sympathise avec les idées des réformateurs.

Abraham est un enfant surdoué. Il sait parler le néerlandais, le grec, le latin, l’italien, le français et l’espagnol, et a des bases d’allemand et d’anglais.


Abraham et ses sœurs deviennent des kaartafzetters, qui se spécialisent dans la mise en couleur d’illustrations et de cartes.

En tant que kaartafzetter, Abraham développe une entreprise prospère.

Cette activité restera sa principale source de revenus jusqu’à la fin de ses jours.

Abraham vend également des antiquités, des pièces de monnaie, des cartes et des livres.


Le XVIe siècle est une période de grands changements.

Les voyages d’exploration, des inventions révolutionnaires et la redécouverte des auteurs de l’Antiquité font naître de nouvelles idées ainsi qu’une nouvelle vision du monde.

Cette gravure présente quelques-unes des plus grandes inventions et découvertes de la période humaniste. Au centre, par exemple, on peut voir une presse d'imprimerie.

Ortelius est un Humaniste.

Il étudie la littérature et l’histoire classiques et s’intéresse à l’évolution des sciences.

Il est fasciné par les découvertes faites en Amérique, en Afrique et en Asie.

Cette carte d’Ortelius, publiée en 1587, s’intitule « L’Amérique ou le Nouveau Monde : nouvelle description ».

Comme beaucoup d’autres humanistes, Abraham adopte la version latine de son nom de famille, de sorte que « Ortels » devient « Ortelius ».

Il est aussi un collectionneur passionné.

Dans son musée Ortelanium, il expose des livres, des estampes, des peintures, des cartes murales, des pièces de monnaie (comme celle représentée ici), des instruments scientifiques et un cabinet de curiosités.

La collection d’Ortelius grandit tant et si bien qu’il est contraint de déménager dans une maison plus spacieuse !


Ortelius échange des lettres avec plusieurs grands scientifiques de toute l’Europe.

Son « livre d’amis » (Album Amicorum) se lit comme un dictionnaire biographique de son temps.

Ici, une allégorie célèbre l’amitié entre Ortelius et Joris Hoefnagel, illustrant les intérêts humanistes partagés par les deux hommes.

Ses nombreux points d’intérêts et son large réseau permirent à Ortelius de faire de nombreux voyages : il visita l’Italie, la France, les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Irlande.

Lors de l’un de ses voyages, il est accompagné par le cartographe Gérard Mercator. C’est ce voyage qui le poussera à produire ses propres cartes.

Ici, on peut apercevoir Ortelius et ses compagnons en train de graver leurs noms sur un dolmen, lors d’un voyage à Poitiers.

Une fois de plus, on peut y distinguer le nom de Joris Hoefnagel. Saurez-vous le repérer sur la pierre ?


Les toutes premières cartes produites par Ortelius sont de vastes représentations du monde, de l’Egypte, de la Terre Sainte, de l’Asie, de l’Espagne ou encore de l’Empire romain.

Dès lors, ce sont les cartes qui occuperont la vie d’Ortelius.

Le premier Atlas
Theatrum Orbis Terrarum, ou le Théâtre du Monde

Abraham Ortelius est l’inventeur de l’atlas.

Il crée un nouveau type de livre qui réunit des cartes géographiques en les rassemblant toutes sous le même format.

Son premier atlas s’intitule Theatrum Orbis Terrarum, ou le Théâtre du Monde.


Au cours du XVIe siècle, les cartes du monde sont le moyen idéal pour représenter les nouvelles découvertes, tout en essayant d’illustrer la forme du monde.
À cette époque, les cartes ne sont encore qu’un mélange de faits, de spéculations et de représentations imaginaires.

La carte du monde (Typus orbis terrarum), la première de l’atlas d’Ortelius, est la plus célèbre de ses cartes.

Cette représentation du monde eut un impact gigantesque ; elle permit de regrouper toutes les dernières connaissances concernant la taille et la forme des continents.

Les contours du littoral africain étaient connus depuis la fin du XVe siècle.

La connaissance du continent asiatique se fondait sur les rapports du voyage de Marco Polo datant du XIIIe siècle.

Les voyages effectués par les explorateurs portugais permirent d’en savoir davantage sur les côtes d’Asie du Sud-Est et l’archipel indien.

Alors que les Espagnols partagèrent leur connaissance de l’océan Pacifique.


Monstres des mers !

Les monstres des mers et les créatures mythiques nous fascinent depuis l’Antiquité. Il est donc peu surprenant qu’ils apparaissent sur les cartes.

De plus, les cartes décorées d’animaux fantastiques se vendaient beaucoup mieux que les autres.


Le bout du monde

Sur cette carte, le méridien central traverse Cabo Verde, les îles du Cap-Vert.

Dans l’Antiquité, beaucoup de gens pensaient que le bout du monde se trouvait à cet endroit précis !
De nos jours, le méridien central traverse Greenwich, à Londres.

Amérique latine

Le scientifique Ortelius s'appuya sur toutes les dernières connaissances de son temps pour créer ses cartes.

Sur la carte de 1587, que vous pouvez voir ici, les contours de l’Amérique du Sud sont inexacts. Sur les cartes ultérieures, ils furent ajustés de sorte que le littoral latino-américain ressemble beaucoup plus à celui que nous connaissons aujourd’hui.


Le pôle Nord

Ici, le pôle Nord est constitué de quatre îles séparées par des rivières.

Au temps d’Ortelius, beaucoup de gens pensaient qu’il était possible de rejoindre l’Extrême-Orient en passant par le pôle Nord.


Les terres inconnues du Sud : Terra Australis Nondum Cognita

Déjà dans l’Antiquité, on considérait que la Terre était ronde. Étant donné qu’un continent se trouve au-dessus, il doit bien y avoir aussi des terres en-dessous. Dans le cas contraire, se disait-on, le monde serait en déséquilibre !

Toutefois, à l’époque d’Ortelius, personne n’avait encore exploré les océans du sud ; sur cette carte, les terres du Sud ne sont donc qu’hypothétiques.

Nouvelle-Guinée

Grâce au commerce d’épices, les Portugais arrivent en Nouvelle-Guinée en 1526-1527. Sur la carte, cette île est rattachée aux terres du Sud.

Le texte latin explique : « Nouvelle-Guinée, récemment découverte ». On ignore s’il s’agit d’une île ou d’une partie du continent du Sud.


Dérive des continents

Abraham Ortelius est le premier à observer la dérive des continents.

Il écrit : « les littoraux des continents sont tellement similaires qu’ils semblent s’être déchirés les uns des autres à un moment donné ».

Cette idée est bien visible sur l’atlas d’Ortelius lorsque l’on observe les côtes d’Amérique latine et d’Afrique.


La première édition de l’atlas d’Ortelius est publiée en 1570 et contient 53 cartes. Sa dernière édition date de 1622 et contient 167 cartes.

Ici, vous pouvez voir une carte d’Europe provenant de l’édition de 1587.


Tous font l'éloge du magnifique atlas et de ses cartes admirablement gravées par Frans Hogenberg.

Mercator écrit : « J’ai étudié votre Theatrum et je ne peux que vous féliciter du grand soin et de l’élégance avec lesquels vous avez embelli le travail de maints auteurs [...] ».

Le Theatrum est un véritable succès commercial.

Au cours de la vie d’Ortelius, pas moins de 24 éditions sont publiées. Dix autres suivront après sa mort.
Le livre, écrit en latin, est traduit en néerlandais, en français, en espagnol, en anglais et en italien.


Ortelius ajoute également un addendum (Latin Parergon) de cartes historiques : vous pouvez voir ici une carte de l’Empire romain.

Une édition de poche du Theatrum est mise en vente.

Le Spieghel der Werelt (Miroir du Monde) finira par être édité une trentaine de fois.
De nombreuses personnalités célèbres voyageaient munies de ce petit atlas.


Abraham Ortelius et Christophe Plantin
La rencontre de deux humanistes visionnaires

Christophe Plantin est connu comme l’un des intellectuels et hommes d’affaires les plus en vue de son époque.

Aux alentours de 1550, il déménage à Anvers où il établit une imprimerie nommée Officina Plantiniana.

L’entreprise de Plantin devient l’une des plus éminentes maisons d’édition du monde entier.

Plantin était célèbre pour l'exigence qu'il appliquait à son travail, garantissant un papier de grande qualité, une typographie exceptionnelle, des textes précis, ainsi que les meilleures illustrations.

En 1558, Abraham Ortelius acheta à Plantin un livre de Virgile, cet achat étant mentionné dans le journal de Plantin que vous pouvez voir ici.

C’est la toute première fois que les deux noms apparaissent ensemble. Ils deviendront meilleurs amis.

Saurez-vous trouver le prénom d’Abraham Ortelius dans ce document ?


Le talent de Christophe Plantin enchante Ortelius et son amour du savoir-faire.

Pour lui, Ortelius met en couleur les cartes de Gérard Mercator.


Plantin ne publia pas la première édition du Theatrum mais joua un rôle majeur dans la vente de l’atlas.

Il le vend notamment aux marchands d’Augsbourg, de Milan et de Gênes, comme l’atteste ce journal.

Plantin publie une édition espagnole du Theatrum et en présente plusieurs copies en couleur au roi Philippe II d’Espagne, qui règne alors sur les Pays-Bas.


Plantin publie également le dictionnaire des noms de lieux d’Ortelius, le Synonymia Geographica.

Cet important dictionnaire associe des noms de lieux anciens et modernes à leurs équivalents dans le langage populaire de l’époque.


Le musée Plantin-Moretus fut la demeure et le lieu de travail de Christophe Plantin et de la famille Moretus.

Beaucoup d’intellectuels, dont Abraham Ortelius, ont visité cette demeure en tant qu’amis et clients de Christophe Plantin.
Savoir et idées quittaient ce lieu pour voyager aux quatre coins du monde, par-delà les frontières européennes.

Pendant 300 ans, les livres furent le cœur et l’âme de ce lieu ; ils le restent encore aujourd’hui.

En bas, faites la connaissance de Christophe Plantin, grand penseur, homme d’affaires, gestionnaire, humaniste, éditeur et imprimeur.

À l’étage, admirez de plus près les beaux livres imprimés dans cette maison, des bibles richement illustrées aux simples almanachs, y compris l’œuvre révolutionnaire d’Abraham Ortelius.

Museum Plantin-Moretus
Crédits : histoire

This exhibit was curated by the Plantin-Moretus Museum.

To know more about Abraham Ortelius, Christophe Plantin and the other men and women who shaped the Humanist era, visit the Plantin-Moretus and Rockoxhuis museums in Antwerp!

More about Plantin-Moretus Museum here.

More about Rockoxhuis Museum here.


Remerciements : tous les supports
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