1615 – 1715

LOUIS XIV / NICOLAS FOUQUET : Une certaine histoire du goût

Château de Versailles - Château de Vaux-le-Vicomte

Si l'Histoire a toujours opposé Louis XIV à son ministre Nicolas Fouquet, leurs visions artistiques communes prouvent sans conteste un goût certain et affirmé, tant dans l'architecture, la décoration intérieure que dans l'art des jardins, entourés des meilleurs artistes de leur temps.

Amateur éclairé, Louis XIV n’eut de cesse – pour des raisons politiques évidentes, mais aussi par goût personnel – de favoriser les arts tout au long de son règne...

Homme politique, juriste et financier, Nicolas Fouquet (1615-1680) est aussi amateur d'art...

L'architecture
Chapitre I

Le premier projet de Louis Le Vau, architecte de Nicolas Fouquet, consistait en la création d’un bâtiment mêlant pierre et brique. Ce choix fut ensuite relégué aux deux communs, privilégiant uniquement la pierre et créant une transition dans l’histoire de l’architecture. La construction des bâtiments mi-pierre mi-brique fut en effet très en vogue au XVIe siècle. Le château de Vaux-le-Vicomte apparaît non bicolore comme ses contemporains, mais au contraire éclatant d’une couleur blanchâtre, étant constitué de pierre de Creil, ou plus précisément extraite de la carrière de Saint-Maximin, dans l’Oise. Les fondations sont quant à elles en grès. La toiture, restaurée en 2013, fut dès l’origine en ardoise.

Louis Le Vau instaure à Vaux-le-Vicomte, entre 1656 et 1661, un compromis entre Classicisme et Baroque. Deux ans plus tard, la couverture du dôme était achevée et en 1659, les fenêtres et huisseries.
En 1665, quatre ans après l’arrestation de Nicolas Fouquet, Le Vau est nommé Premier architecte et secrétaire de Louis XIV.

Louis XIV vient pour la première fois à Versailles en 1641 pour fuir une épidémie de petite vérole qui sévit à Saint-Germain. La Gazette de France mentionne une nouvelle venue en 1651 beaucoup plus détaillée.

À partir de cette date, le souverain revient régulièrement à Versailles dans le relais de chasse de son père qu’il commence à transformer. Cette vue présente les premiers aménagements après que le roi ait récupéré les trois principaux artistes du château de Vaux-le-Vicomte : Louis Le Vau pour l’architecture, Charles Le Brun pour les décors et André Le Nôtre pour les jardins.

Les travaux s'enchaînent très vite à partir de 1661 et Pierre Patel peut dès 1668 reproduire les grands ouvrages entrepris à Versailles. En 1662 Louis XIV fait réaménager l’avant-cour en construisant deux ailes dans le prolongement du château de son père, l’une pour les écuries au sud (à gauche) et l’autre pour les communs au nord (à droite), mais aussi en édifiant une nouvelle grille d’entrée, hiérarchisant ainsi l’accès au château par différentes cours. Se dessinent déjà les trois avenues, en forme de patte d’oie, convergeant vers la résidence. Ce plan préfigure l'urbanisme des villes modernes, notamment repris à Washington à la fin du XVIIIe siècle.

Afin d’orner la façade du château de Vaux-le-Vicomte , Le Vau choisit de créer un péristyle à trois arcades ouvert de part et d’autre du château, concevant une « transparence » ouverte sur les jardins. La profondeur et l’illusion d’optique sont imbriquées parfaitement dans une architecture à la fois baignée de tradition, reprenant les codes architecturaux antiques, et pourtant très moderne dans sa conception des espaces, des volumes.
Pour l’extérieur, Le Vau reprend le code architectural antique en imposant une architecture monumentale, rythmée par d’immenses pilastres ioniques et sculptées d’écussons « à l’écureuil » ou de deux « F » entrelacés, le chiffre de Fouquet.
L’année 1661 marque un tournant dans l’activité de Le Vau qui se destine désormais non plus à une clientèle de particuliers (Mazarin, Servien ou Fouquet) mais aux commandes royales.

A Versailles, le même principe de transparence est adopté au niveau de la galerie basse. Les arcades centrales, sous la terrasse, sont pleinement ouvertes au vent et ne seront fermées que bien plus tard.

Au contraire de Vaux-le-Vicomte, qui répond à une architecture moderne, le château de Versailles conserve côté ville un style démodé briques et pierres, déjà dépassé même au moment de sa construction sous Louis XIII. Son fils a toujours refusé de toucher à son intégrité, acceptant cependant çà et là quelques aménagements. Le château passant progressivement d'une résidence de plaisance à une résidence plus importante de la Cour, il faut l’agrandir. Le roi préfère, plutôt que de le détruire, enchâsser le vieux château d’une « enveloppe » que Le Vau construit en 1669-1670 tout autour sur les façades côté jardins, dans un style baroque italien que l’on aperçoit ici. Ce nouvel édifice permet alors de mettre en avant une transparence est-ouest, chère au souverain.

Le château de Vaux-le-Vicomte est mis sous scellé dès 1661. Nicolas Fouquet vit les dix-huit dernières années de sa vie en prison, enfermé dans la forteresse de Pignerol. A la mort de son fils en 1705, Marie-Madeleine de Castille, l’épouse de Nicolas Fouquet, vend le château au Maréchal de Villars, chef militaire et diplomate au service de Louis XIV. Il passe ensuite propriété de la famille Praslin avant de tomber peu à peu à l’abandon au cours du XIXe siècle. Il faut attendre 1875 et l’acquisition du domaine par Alfred Sommier, brillant industriel ayant fait fortune dans le sucre. Il ressuscite les jardins et le château pour lui redonner toute leur splendeur du XVIIe siècle. Plus grand domaine privé de France, Patrice de Vogüé ouvre dès 1968 le site au public, aujourd’hui géré par ses fils : Ascanio, Alexandre et Jean-Charles.

Bien qu’elle date de 1722, cette toile représente la vue la plus aboutie du château de Versailles tel qu’il apparaît à la fin du règne de Louis XIV. On peut y mesurer l’ampleur des travaux menés pendant plus de cinquante ans.

La décoration intérieure
Chapitre II

Le château de Vaux-le-Vicomte est bâti sous la forme d’un rectangle long de 72m sur 33m de profondeur, créant ainsi une longue enfilade de pièces d’apparat au rez-de-chaussée. Autour du Grand Salon, s’ouvre quatre antichambres aboutissant sur le cabinet des jeux à l’ouest et le cabinet du Roi à l’est. Charles Le Brun à Vaux-le-Vicomte a donc créé un parcours d’exception qui fait toute la particularité du château. L’agencement des salles en quinconce, tout comme la création d’un couloir central aux premier et second étages, sont novateurs.

A Versailles, le Grand Appartement du Roi se distribue en une enfilade de plusieurs salons. Charles Le Brun, Premier peintre du roi, a en charge la mise en place de tout le programme iconographique du décor intérieur des appartements royaux, nés de l’enveloppe de Le Vau. Chacun des sept salons en enfilade symétriques au nord chez le roi et au sud chez la reine prend le nom d’une des planètes du système solaire, comme au palazzo Pitti de Florence. Conçu au début des années 1670 et achevé à la fin de la décennie, ce décor – qui mêle Antiquité et planètes – ne répondait plus in fine à l’image que le roi se faisait de lui-même.

Le Brun se charge alors des peintures et des sculptures de Vaux-le-Vicomte mais aussi des tapisseries, des ornements ainsi que des meubles. Il exécute lui-même les principales fresques et dirige les jeunes artistes qui l’entourent. Il fonde à Maincy l’atelier de tapisseries qui deviendra plus tard l’atelier des Gobelins à Paris.

La tradition oblige tous propriétaires de château sur le territoire royal à consacrer une chambre au roi afin qu’il puisse demeurer chez chacun de ses plus importants sujets. A Vaux-le-Vicomte, l’emplacement de la chambre est symboliquement fort, ouvert sur le jardin et richement décoré. Composée d’une alcôve et d’une salle principale ouvrant sur une antichambre et un cabinet, la chambre du Roi présente un décor de peinture et de stuc réalisé par Le Brun, Girardon et Legendre.

Depuis 1701, la chambre du Roi au château de Versailles se situe au centre du palais. Tous les éléments du décor, très riche, reflètent le goût et le choix personnels de Louis XIV.

Ce tableau de Domenico Zampieri, dit le Dominiquin, est l’un des plus célèbres de la collection de peintures de Louis XIV. Très apprécié par le souverain, il est mentionné dans le Mercure galant de décembre 1682 dans le salon de Mercure, chambre de parade du Grand Appartement du château de Versailles. Lors du réaménagement de l’appartement intérieur du roi en 1684 sur la cour de Marbre, le roi le fit installer dans sa propre chambre.

Le tableau du Dominiquin gagne finalement la chambre de 1701 au centre du château, occupant la place prestigieuse à droite du lit royal au-delà du balustre. La symbolique était forte : roi amateur de musique, Louis XIV se retrouvait dans ce roi biblique jouant de la harpe qui symbolisait un monarque faisant régner l’harmonie dans son royaume grâce à son bon gouvernement.

Au sortir de la Renaissance italienne, le goût des "Antiques" est commun à Louis XIV et Nicolas Fouquet. A Vaux-le-Vicomte, le Grand Salon, au centre du château, est d'ailleurs d’inspiration italienne. Les décors en ronde-bosse garnis de cariatides monumentales et d’éléments mythologiques et astrologiques, sont agrémentés par des statues en marbre antique. De l’époque de Nicolas Fouquet, ne subsistent que quatre bustes placés sur des colonnes monumentales qui se font face.

Ce buste témoigne de la concurrence entre la France et l’Italie dans le monde des arts. Invité par la France en 1665, Gian Lorenzo Bernini, dit le cavalier Bernin, est amené à réfléchir au réaménagement du Louvre. Si ses plans ne sont pas retenus, Louis XIV souhaite en revanche avoir un buste le représentant réalisé par le plus grand sculpteur du XVIIe siècle. Trop fier pour le demander directement au Romain, le roi passe par son frère pour l’obtenir. Après quelques séances de pause et des croquis pris sur le vif, le travail commence fin juin et s’achève début octobre. Ravi par le résultat, le souverain installe le buste d’abord à Paris puis dans le salon de Diane à Versailles, immédiatement au débouché de l’escalier des Ambassadeurs.

Inspiré par l'Antiquité, l'architecte Louis Le Vau créé à Vaux-le-Vicomte le Grand Salon. Véritable exploit technique, cet espace est dès l'origine décoré de bustes antiques. Mis sous séquestres après l'arrestation de Nicolas Fouquet en 1661, il n'en reste aujourd'hui plus que 4 présentés sur des colonnes monumentales de part et d'autre de la pièce. Les douzes autres bustes, datant aussi du XVIIe siècle, sont achetés par Alfred Sommier, alors propriétaire du lieu, à la fin du XIXe siècle.

A Versailles, lors de la fin des travaux de décoration du Grand Appartement en 1678, l’idée de comparer Louis XIV aux empereurs romains est devenue obsolète, à l'instar de ce buste d'Auguste réalisé à Rome au début du XVIIe siècle. En effet, fort de ses succès guerriers et diplomatiques, le roi de France est devenu le souverain le plus puissant d’Europe et estime avoir dépassé ses prédécesseurs. Après l’âge des Césars vient le siècle de Louis le Grand, titre que la ville de Paris décerne au monarque en 1679.

Au moment de la construction de la galerie des Glaces de Versailles en 1678, dont le but premier est de relier l’appartement du roi à celui de la reine, un nouveau programme iconographique est donc décidé. Si les figures d'Apollon ou d'Hercule sont d'abord envisagées, ce sont finalement les hauts faits du roi depuis sa prise de pouvoir personnel jusqu’à la paix de Nimègue qui sont retenus. Charles Le Brun se charge alors de la composition qui parcourt toute la voûte de la Grande Galerie.

L'art des Jardins
Chapitre III

Lorsqu’il commence à travailler à Versailles vers 1661, André Le Nôtre est loin d’être un inconnu. Le jardinier, qui a fait ses preuves à Vaux-le-Vicomte pour Fouquet dès 1652, est déjà un homme du roi puisqu’il est en charge des Tuileries depuis 1637. Louis XIV lui confie la réorganisation de son parc afin de moderniser le domaine. Le Nôtre s’y attelle sans relâche, jusqu’à sa mort en 1700 et donne les grandes orientations du plan en faisant référence, comme dans les intérieurs, au mythe apollinien.

Le jardin de Vaux-le-Vicomte s’inscrit dans un rectangle de 350 mètres dans sa partie la plus large et s’étend, depuis la grille d’honneur jusqu’à l’Hercule Farnèse, sur un axe nord-sud de plus d'un kilomètre de long. Ce trait entraîne le regard vers l’horizon et procure au promeneur une sensation d’infini. C’est avec une science remarquable de la mise en scène que le jardinier André Le Nôtre, en collaboration étroite avec l’architecte Louis Le Vau, distribue sur ce plan et de chaque côté de cet axe, les voies d’accès, les bâtiments et le jardin qui en occupe le centre.
Depuis la terrasse du château, le visiteur a l’illusion que ce jardin s’étend sans s’interrompre jusqu’aux Grottes lointaines qui alimentent une pièce d’eau, le miroir carré, dit Arpent d’Eau.

Parmi les grands aménagements du parc de Versailles figure la grande perspective est-ouest et que l’on aperçoit ici sur le tableau de Patel. Totalement exagérée pour magnifier le site, elle semble infinie et se confondre avec des montagnes inexistantes dans la réalité. On y voit cependant le grand canal, bien réel, dans son premier état (creusé en 1668) avant son élargissement par deux grands bras au sud et au nord en 1671. Cet ensemble rappelle indéniablement les grandes réalisations de Le Nôtre, telle celle qu’il avait conçue pour Vaux-le-Vicomte une quinzaine d’années auparavant.

Dès les premiers travaux de Versailles, Louis XIV envisage d’y faire construire une orangerie afin d’orner les intérieurs et les extérieurs de son château. La première, sur des plans de Le Vau, est bâtie à partir de 1663. Elle est remplacée par un plus grand bâtiment d’Hardouin-Mansart, édifié entre 1684 et 1686.

Ces espaces abritent l’hiver les orangers mais aussi toutes sortes d’arbres rares comme les citronniers ou encore les lauriers. Très préoccupé par ceux-ci, le roi se soucie personnellement de leur approvisionnement et n’hésite pas à en acheter régulièrement. C’est ainsi qu’arrive à Versailles les orangers de Vaux-le-Vicomte, rachetés aux héritiers du surintendant.

L’eau est omniprésente dans les jardins de Le Nôtre, tant par la quantité des bassins que par leurs dimensions et leurs formes ; le regard est sans cesse surpris par l’étendue d’eau qui paraissait minime au sortir du château de Vaux-le-Vicomte. Le rond d’eau central est encadré par les deux canaux perpendiculaires à l’axe Nord-Sud, et ouvre sur les bassins des Tritons. Le visiteur arrive ensuite au miroir d’eau dans lequel se reflète à merveille le château, oubliant tous les dénivelés successifs et sans se douter que la prochaine étape de la promenade est la découverte d’un long canal.

A Versailles aussi, les miroirs d'eau permettent de jouer sur les reflets imaginés par Le Nôtre.

Au cours de l’aménagement du parc de Versailles, Louis XIV se soucie fort de l’aspect technique et spectaculaire que doivent avoir ses fontaines. S’il est fier de ses différentes collections d’objets d’art, il l'est encore plus des prouesses que réalisent ses jeux d’eau. Parvenu à faire acheminer de l’eau dans un lieu qui en a peu, il réussit le pari de faire jouer des fontaines avec des ajutages complexes. Ces derniers font jaillir des jets à des hauteurs importantes comme il n'en existe nulle part ailleurs à l’époque.

Lieux de divertissements de Louis XIV, les bosquets de Versailles sont l’une des principales caractéristiques des jardins dits « à la française » réalisés par Le Nôtre. Ils participent aux effets de surprise voulus par le jardinier, dans la mesure où on les découvre au dernier moment.
Avec l'arrivée d'Hardouin-Mansart sur les chantiers versaillais, les bosquets se "minéralisèrent" de plus en plus, à l'instar de la Colonnade.

Nicolas Fouquet sait s’entourer des meilleurs artistes du XVIIe siècle dont Nicolas Poussin, Mathieu Lespagnandelle, Philippe de Buyster et Michel Anguier, pour créer un jardin de sculptures immergé dans un parcours de buis et de fontaines. Il évoque ce lieu en ces termes : "C’était une terre que je considérais comme mon établissement principal où je voulais laisser quelques marques de l’état où j’avais été".

Les artistes
Chapitre IV

Le poète et fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695) entre au service du surintendant Fouquet en 1658, comme pensionné. Il rédige dès lors un texte en l’honneur de la demeure du ministre, Le Songe de Vaux, demeuré inachevé en raison de l’arrestation de Fouquet en septembre 1661. Fidèle à son patron, La Fontaine essaie de s’entremettre avec Louis XIV pour plaider la cause de Fouquet, en publiant notamment en 1662 une Ode au Roi ou encore L’Élégie aux nymphes de Vaux. Rien n’y fait. Cela lui attire même les foudres du pouvoir et le poète épouse la disgrâce de son protecteur. Il fait toutefois paraître en 1669 un roman, Les amours de Psyché et de Cupidon, lequel fait référence aux premiers travaux versaillais.

Très proche de Nicolas Fouquet (on leur prête même une liaison infondée, la marquise ne cédant jamais aux avances du surintendant), Madame de Sévigné lui reste fidèle même après sa disgrâce. Sans jamais résider à la cour, la veuve vertueuse est toutefois très bien renseignée sur ce qu’il s’y passe et s’y fait recevoir sans difficultés. En brillante épistolière, elle peut ainsi croquer fidèlement les mœurs de Versailles.
Fort impressionnée par les travaux pharaoniques entrepris, elle écrit le 12 février 1683 à sa fille : « Je reviens de Versailles. J’ai vu ces beaux appartements ; j’en suis charmée. Si j’avais lu cela dans quelque roman, je me ferais un château en Espagne d’en voir la vérité. Je l’ai vue et maniée ; c’est un enchantement. (…). Tout est grand, tout est magnifique (…). J’étais nouvelle venue ; on se fit un plaisir de me montrer toutes les raretés et de me mener partout. Je ne me suis pas repentie de ce petit voyage. »

Molière (1622-1673) est intimement lié au premier Versailles, alors que la résidence est encore le lieu de divertissements privés par excellence du souverain. Il vient très tôt s'y produire et La Grange, qui tient les registres de la troupe, mentionne une fête organisée à la demande du roi en octobre 1663. Y sont jouées notamment les pièces le Prince jaloux ou Don Garcie, Sertorius, L'école des Maris (créée et jouée pour la première fois devant la cour à Vaux en juillet 1661), Les Fâcheux, L'Impromptu de Versailles. Molière est à nouveau sollicité pour Les Plaisirs de l'Île enchantée en mai 1664 ou encore lors du Grand divertissement royal en juillet 1668.

Jean Racine (1639-1699) est sans doute le dramaturge et le tragédien le plus célèbre du siècle de Louis XIV. Auteur janséniste formé à Port-Royal, que combattra plus tard le souverain, le jeune orphelin fait jouer dès 1664 La Thébaïde et, l’année suivante, Alexandre le Grand qui lui vaut d’être remarqué par le roi. Il y perd cependant l’amitié de Molière.
Lancé et élu en 1672 à l’Académie française, l’auteur écrit une dizaine de pièces à succès jusqu’à Phèdre en 1677, date à laquelle il abandonna l’écriture pour se consacrer à sa charge d’historiographe du roi. Ce ne fut qu’à la demande de Madame de Maintenon qu’il revient à la tragédie.

Artiste méconnu, Michel Anguier est un sculpteur originaire de Normandie. Il se forme à Rome afin de maîtriser l’art antique et se rapprocher des artistes français présents en Italie tels que Nicolas Poussin et François Duquesnoy. Anguier intègre l’Académie Royale de sculpture à Paris où il enseigne.
Michel Anguier connut un succès considérable dans les années 1650-1680, travaillant notamment pour Nicolas Fouquet à partir de 1655 pour sa demeure de Saint-Mandé, puis à partir de 1658 à Vaux-le-Vicomte. Parmi les chefs-d’œuvre du sculpteur, nous pouvons encore admirer notamment les sculptures des façades Nord et Sud du château : Apollon et Rhéa en façade, ainsi que les quatre allégories de la côté jardin.

Très respectueux du Classicisme, Girardon est un artiste associé aux ensembles sculpturaux des jardins de Versailles. Il n’en est pas moins un artiste de génie qui fut toujours fidèle à l’art de Poussin et aux Antiques romains qu’il put découvrir lors de son voyage en Italie. Il réalise à la demande de Nicolas Fouquet des croquis d’objets utilitaires tels que des bougeoirs. Le château de Vaux-le-Vicomte conserve une statue équestre en bronze figurant Louis XIV ; cette œuvre, reprise de la statue du Bernin, représente le roi tel Hadrien haranguant ses troupes (et non un geste de paix comme la tradition orale le perpétue).

Louis XIV est resté à la postérité comme un roi mécène et encourageant fortement les arts. À sa mort, on voulut rappeler cet aspect de sa personnalité en créant une œuvre assez éclectique. Réalisé entre 1718 et 1721, ce groupe sculpté en bronze par Garnier représente Le Parnasse français à la tête duquel se tient Louis XIV sous les traits d’Apollon, dieu des Poètes. On y voit la synthèse artistique de son règne avec la représentation notamment de Mlle de Scudéry, de Molière, de Racine, de La Fontaine ou encore de Lully. Augmentée sous Louis XV, la sculpture accueillit de nouvelles figures contemporaines pour être plus au goût du jour.

Épilogue

17 août 1661 : Fête de Vaux-le-Vicomte

« Pendant ce temps, Louis XIV visitait les appartements accompagnés de Fouquet. Rien de pareil n’existait au monde : il vit des tableaux, œuvres d’un peintre de talent qu’il ne connaissait pas ; il vit des jardins, œuvres d’un homme qui dessinait avec des arbres et des fleurs et dont il ne savait même pas le nom ; le surintendant lui faisait remarquer toutes ces choses, croyant exciter son admiration et n’éveillant que son envie.

- Comment se nomme votre architecte ? demanda le roi.
- Levau, sire.
- Votre peintre ?
- Lebrun.
- Votre jardinier ?
- Le Nôtre.

Louis plaça ces trois noms dans sa mémoire et continua de marcher. Il rêvait Versailles. »
Alexandre Dumas, Louis XIV et son siècle


Quelques semaines plus tard, le 5 septembre 1661, Louis XIV fait arrêter Fouquet, conformément à une décision prise dès le mois de mai précédent, et non pas en raison de la magnificence de la fête de Vaux racontée ici de façon surréaliste par Alexandre Dumas. Par ce coup de majesté – l’arrestation d’un ministre accusé d’enrichissement personnel – il marque pleinement sa prise de pouvoir personnel.

Palace of Versailles and Palace of Vaux-le-Vicomte
Crédits : histoire

Catherine Pégard, Présidente du château, du musée et du domaine national de Versailles

Ascanio de Vogüé, Gérant du château de Vaux-le-Vicomte

Béatrix Saule, Directrice du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Marie Journet, Directrice d’exploitation du château de Vaux-le-Vicomte

Thierry Gausseron, Administrateur général du château de Versailles

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Commissaires de l'exposition :

Lynda Frenois, Responsable du château de Vaux-le-Vicomte et des collections

Mathieu da Vinha, Directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles

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Alexandre de Vogüé, Directeur du mécénat et communication du château de Vaux-le-Vicomte

Ariane de Lestrange, Directrice de la communication du château de Versailles

Paul Chaine, chef du service du développement numérique

Maïté Labat, chef de projet numérique du château de Versailles

Scarlett Greco, assistante de projet numérique du château de Versailles

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Crédits Audio :

Lynda Frenois, Responsable du château de Vaux-le-Vicomte et des collections

Mathieu da Vinha, Directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles

Voix américaine : Asia Chantal Aniwanou

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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