4 juil. 2016

Une famille royale qui déménage !

Abbaye Royale de Fontevraud

Parcourez l'histoire de Fontevraud à travers les déplacements successifs des gisants de la dynastie des Plantagenêts. Un voyage au sein de Fontevraud mais aussi à Paris et New-York.

L'origine des gisants
Un gisant est une sculpture funéraire, peinte, placée sur un tombeau. L'effigie représente une image idéale du défunt, couché, serein et généralement endormi. L'objectif est de laisser une trace, une image idéale de soi et de son règne : souvent dans une posture royale ou de prière. Avant sa mort en 1204, Aliénor d'Aquitaine commande son propre gisant, ainsi que ceux d'Henri II et de Richard. La souveraine fait de l'Abbaye Royale une nécropole royale, implantée au cœur des possessions continentales des Plantagenêts.  L'historien Alain Erlande-Brandenburg a réalisé un article dans cet ouvrage collectif, page 561 : https://books.google.fr/books?id=1RIAeAMUJywC&lpg=PA417&dq=exposition%20the%20year%201200&hl=fr&pg=PA417&output=embed
L'installation dans l'église
Les gisants des Plantagenêt reposent depuis le 13e siècle dans le chœur des religieuses, dans la nef. Mais en 1638, l'abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon fait construire le Mausolée du cimetière des rois qui accueille alors les 4 gisants. Installé au coeur de l'église abbatiale de Fontevraud, ce mausolée sera détruit à la révolution.
Un séjour de 40 ans dans les cuisines romanes
En 1814 l'Abbaye Royale de Fontevraud est transformée en prison. Les gisants qui ont été miraculeusement épargnés à la Révolution Française sont alors transférés dans les cuisines romanes. Elles étaient considérées à l'époque comme une chapelle funéraire par l’historien local, Jean-François Bodin.
Une excursion dans le cloître
En 1834, Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques fait classer les gisants. Après un court séjour à Paris de 1846 à 1849 pour y être restaurés, les gisants reviennent à Fontevraud et sont installés près de la salle capitulaire. Petite anecdote : en 1867, Napoléon III propose d'offrir les gisants à la reine Victoria d'Angleterre, convaincu qu'ils seraient mieux mis en valeur au Royaume-Uni.  Mais une vague de protestation d'intellectuels français  l'empêche de concrétiser ce projet.
Retour dans l'église abbatiale
En 1860 l'Abbaye Royale de Fontevraud est classée monument historique et bien qu'elle soit toujours une prison des travaux de restauration débutent. Entre 1902 et 1914, l’architecte Lucien Magne restaure l'église abbatiale. Il y fait démolir les planchers qui avaient permis la mise en place de dortoirs pour les prisonniers afin de retrouver le volume originel de l’église. Les gisants retrouvent ainsi leur emplacement premier. Une donation permet en 1922 de les présenter sur des socles, enfermés derrière une grille dans une des absidiole du chœur de l'église.
Les gisants exposés dans la nef de l'église
En 1930, les travaux débutés par Lucien Magne s’achèvent par la pose d’un nouveau dallage dans l’église abbatiale. Cet aménagement permet de reconsidérer la présentation des gisants. Une nouvelle disposition voit le jour, à proximité du mausolée du cimetière des rois dont il subsiste une peinture murale. 
Direction Paris & New-York
 En 1962, le gisant d’Aliénor quitte Fontevraud pour le musée du Louvre dans le cadre de l'exposition "Cathédrales", puis pour New-York en 1970 pour l'exposition "The year 1200". Pour en savoir plus sur l'exposition (page 15 pour le gisant d'Aliénor d'Aquitaine) : https://books.google.fr/books?id=ZDhmk3ntSkwC&lpg=PP1&hl=fr&pg=PP1&output=embed
Retour dans le transept
En 1975, un nouveau déménagement, dont on ignore la motivation, mène les 4 gisants dans le bras Sud du Transept, à proximité de l’ancienne sacristie. Curieusement, cette nouvelle disposition n’intègre aucune mise à distance des visiteurs.
Spectateurs des fouilles dans l'abbatiale
En 1990, les campagnes de fouilles archéologiques menées dans l’abbatiale depuis 5 ans, conduisent  les restaurateurs à déplacer de nouveau les effigies. Présentés provisoirement dans la croisée du Transept, ils sont toutefois protégés par une surface vitrée.
Installés au coeur de l'église
Avril 1992 : Les effigies royales sont installées dans la 4e travée de la nef. La pose d’un nouveau dallage parachève cette nouvelle disposition proposée par l’architecte en chef des monuments historiques, Pierre Prunet. Ce déplacement donne lieu à une restauration des gisants.
Quelle sera la prochaine destination des gisants ?
Aujourd’hui, le repos des gisants est seulement troublé par les centaines de visiteurs de l'Abbaye Royale. "Was ist das ?", un gîte installé dans le creux d'un pilier de l'abbatiale permet de partager, pour une nuit, la compagnie des effigies royales. Ces dernières sont également mises à l'honneur dans la Maquette du temps de François Delarozière (créateur des Machines de l'Île de Nantes).
Abbaye de Fontevraud
Crédits : histoire

Droits réservés
Cyb'air vision
David Darrault

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
Traduire avec Google
Accueil
Explorer
À proximité
Profil