1897 – 1900

Une construction titanesque

Rmn - Grand Palais

Le chantier colossal du Grand Palais représente un défi technique et humain. Malgré les difficultés, le bâtiment est érigé en seulement trois ans. 

Un chantier sous le feu des projecteurs
Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition universelle, déclare : « La construction du Grand Palais est l'une des opérations les plus hardies (...) entreprise à Paris au XIXe siècle ».
Les fondations
Les problèmes surviennent dès les travaux de terrassement. Côté Seine, les sondages révèlent une couche de sable argileux plus importante que prévue : le sol doit être renforcé. 

Henri Deglane (l'architecte chargé de la partie principale du bâtiment et de la nef) et son équipe ont recours à la technique ancestrale des pilotis. Le chantier prend huit mois de retard.

Jour et nuit, 3 400 pieux de chêne de 10 mètres de long et 30 centimètres de diamètre sont enfoncés dans le sol par des marteaux à vapeur. 300 à 400 coups sont nécessaires par pieu.
Tout le quartier vibre !

Pendant trois ans, l'édifice devient l'emblème d'une ville qui va bientôt accueillir le monde entier.

La presse suit l'avancement des travaux. Des prouesses techniques aux retards dus aux intempéries, des revendications salariales en passant par les visites officielles, le récit devient un véritable feuilleton.

Le chantier attire les curieux. Dès 1898, des tramways à cheval sont autorisés à circuler le dimanche sur le Cours-la-Reine : ils sont pris d'assaut quel que soit le temps !

Les élévations
Il faut rattraper le temps perdu. Les murs sont montés en même temps que la charpente en acier. Les murs de maçonnerie sont constitués de deux parois : celle extérieure, en pierre de taille provenant de toute la France ; celle à l’intérieur, en moellons ou en briques. 
Des moyens ultra-modernes
Le chantier marque son temps par sa modernité : grues géantes, pont roulant, treuils électriques, scies oscillantes... Les moyens humains sont également impressionnants : lors du terrassement, plus de 1 500 ouvriers sont embauchés.

Les éléments de la charpente en acier sont coulés en usine et acheminés par péniche. Déchargés en contrebas du chantier, ils arrivent par wagonnets jusqu'à leur zone de montage.

Trois grues mobiles (sur rails et plateforme tournante) et fonctionnant à la vapeur sont
utilisées.
Avec son bras balancier de 10 mètres, la plus grande (28 mètres) soulève jusqu'à 6 tonnes.

Une grue soulève les pièces les plus lourdes, les plus « légères » sont portées à dos d'homme jusqu'au sommet de l'échafaudage. Là, elles sont assemblées par rivetage : environ 200 000 rivets ont été posés.

À 50 mètres de haut, les ouvriers fixent un par un les milliers de rivets à côté d'un brasero : un apprenti chauffe le rivet à blanc puis un riveteur l’enfonce dans la perforation d’un coup de maillet et un troisième ouvrier écrase aussitôt l’autre extrémité. C'est un gigantesque jeu de Meccano !

Trois entreprises de construction se partagent le travail : Daydé et Pillé ; la Société des Ponts et Travaux en Fer ; Moissant, Laurent, Savey et Compagnie.

Mais il faut accélérer le rythme des travaux de maçonnerie. On fait appel à la force animale traditionnelle : les chevaux acheminent d'énormes blocs de pierre de taille depuis la Seine.

La grande grève de l'automne
16 septembre 1898. Les ouvriers se mettent en grève : pour la plupart provinciaux et étrangers (Belges et Italiens), ils demandent un meilleur salaire pour compenser le coût de la vie à Paris, un règlement des heures supplémentaires et des cadences moins infernales.

Persuadés que les grévistes fléchiront, les entrepreneurs tardent à réagir. Les positions se radicalisent. L'armée est appelée pour garder les chantiers. Le 16 octobre 1898, les négociations à la Bourse du travail aboutissent enfin : le salaire journalier augmente et les heures supplémentaires seront payées.

Les sculptures
Le bâtiment est abondamment orné de sculptures de toutes tailles, hauts-reliefs comme bas-reliefs. On dit qu'il y aurait plus de 1 000 œuvres et des centaines de mètres de frises. Elles ont été réalisées sur place par les plus grands sculpteurs de l'époque et leurs ateliers. La plupart sont des allégories sur le thème de l'art : la Peinture, la Sculpture, l'Architecture, la Musique, le Dessin, etc. 

Les façades sur les avenues sont ornées de mosaïques. De l'archéologie à la période contemporaine, toutes les époques et tous les styles artistiques sont évoqués. C'est un grand livre d'images colorées sur une façade classique.

L'escalier d'Honneur
L'escalier d'Honneur mène au salon du même nom. Ses dimensions sont adaptées à celles imposantes de la nef. La structure à double volée rappelle les escaliers classiques mais la ferronnerie est digne d'un palais baroque ! Ses décors forment comme des bouquets fantasques au-dessus des colonnes de porphyre.
Une cathédrale de verre et d'acier
Le Grand Palais est la preuve que l'architecture industrielle a sa place dans la capitale. La nef est magnifiée par la lumière ! La première fois qu'on y pénètre, l'effet est tel qu'on oublie le poids de l'acier et du verre de ce qui reste la plus grande verrière d'Europe, sa coupole culminant à l'extérieur à 60 mètres ! Pour la petite histoire, le premier étage de la Tour Eiffel s'élève à 57 mètres.
Un bâtiment parisien
À l'extérieur, le Grand Palais est habillé de pierre pour se fondre dans le décor de la capitale. Sur sa façade principale, le porche d'entrée à colonnes classiques est surmonté d'un fronton moderne qui annonce l'architecture métallique intérieure.

La colonnade est inspirée de celle du Louvre. Elle est rythmée par des statues allégoriques figurant les arts.

Crédits : histoire

Nous souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à la conception de ce parcours Grand Palais et celles qui ont apporté gracieusement leur(s) information(s) et documents reproduits.

Remerciements : tous les supports
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