Vènerie, art et tradition

Château de Montpoupon

La chasse à courre au Château de Montpoupon

Qu'est ce que la vènerie?

La vènerie appelée aussi chasse à courre est un mode de chasse très ancien. Elle consiste à chasser un animal, à pied ou à cheval, à l'aide d'une meute de chiens. Les pratiquants de la chasse à courre sont appelés veneurs.


Ce mode de chasse se pratique de septembre à mars.
Disposant d'un vocabulaire spécifique et complexe il est profondément enraciné dans notre patrimoine culturel.

Partons à la découverte d'une journée de chasse...

La chasse à courre se pratique en groupe. Ce-dernier composé des chevaux, des chiens, des veneurs et du piqueux est appelé équipage.

Les chiens sont les acteurs principaux de ce mode de chasse. Ce sont eux qui chassent l'animal jusqu'à sa prise éventuelle, les veneurs ne sont là que pour les servir.
Le piqueux est en charge du soin des chiens et de leur dressage. Il est ici en tête d'équipage à gauche.

On compte six animaux de vènerie: le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard, le lièvre et le lapin. Un équipage ne chasse qu'une seule espèce.

La première étape de la chasse est l'invitation. Le maître d'équipage informe les veneurs, appelés aussi boutons, de la date et du lieu de rendez-vous.

Au Château de Montpoupon, l'équipage a été créé en 1873 par Monsieur Emile de la Motte Saint-Pierre, alors propriétaire du domaine.
A sa dissolution en 1949, c'est la Vénerie du Berry qui prendra la suite et viendra chasser le cerf à Montpoupon.

Aujourd'hui encore, une douzaine de chasses à courre sont organisées à Montpoupon chaque année.

La tenue et les accessoires.

En vènerie, tenue et accessoires sont essentiels. Ils permettent de définir le rôle de chacun durant la chasse mais aussi de reconnaître les équipages et leurs spécificités.

On utilise un vocabulaire particulier pour parler des tenues. Les couleurs, par exemple, changent de nom. Le rouge devient cerise, le beige ventre de biche et le jaune jonquille.

La tenue du Rallye Montpoupon est cerise, parements (poches et col) amarante.
Elle est composée d'une redingote en drap de laine épais très résistant pour faire face aux intempéries et au froid de l'hiver.

Les femmes ont une tenue adaptée lorsqu'elle monte en amazone.

Pour les invités, une tenue spéciale est de rigueur : pantalon blanc et veste noire.

Les bottes de vènerie en cuir sont hautes pour protéger les genoux des cavaliers.

Le gilet de vènerie en velours reprend les couleurs de l'équipage. Le gilet du Rallye Montpoupon, par exemple, est amarante et bordé de galons de vènerie or et argent or.

La cape (ici, celle de Bernard de la Motte Saint-Pierre, maître d'Equipage du Rallye Montpoupon), ou toque, est portée par les hommes.

La cape du piqueux se reconnaît par le galon de vènerie (liseré argent or argent) qui le borde.

Les femmes coiffent un tricorne.

Le bouton de vènerie, considéré aujourd'hui comme l'un des principaux signes distinctifs d'un équipage, n'apparaît qu'au XVIII° siècle.
Sont inscrits sur le bouton les attributs, la devise et/ou le nom de l'équipage.

L'épingle de vènerie sert à fixer le noeud de cravate.

Le fouet est porté par les piqueux et les boutons. Avec la voix et la trompe il permet de communiquer avec les chiens, de les arrêter pour les rameuter. Un bon veneur ne donne du fouet qu'avec parcimonie.

Autre accessoire indispensable du veneur : la trompe de chasse.

Elle permet aux veneurs de communiquer entre eux lors d'une chasse. Il existe de nombreuses fanfares (morceaux de trompe) correspondant à chaque étape de la chasse... Chaque équipage a également sa propre fanfare. La trompe permet aussi de communiquer avec les chiens qui connaissent parfaitement la conduite à tenir selon la fanfare sonnée.

Fanfare de Montpoupon

En vènerie on parle de trompe de chasse et non de cor.
La trompe apparaît au XVII° siècle pour donner plus de faste aux chasses à courre.
Faite en laiton ou en cuivre, elle mesure 4,545m et sonne en ré.
On distingue trois évolutions dans la fabrique des trompes :
- la Dampierre, créée au XVII° siècle est enroulée à un tour et demi
- la Dauphine, au XVIII° siècle est enroulée à 2 tours et demi
- la d'Orléans, apparue au XIX° siècle est le modèle toujours utilisé dans les chasses à courre, elle est enroulée à 3 tours et demi

Préparation et départ d'une journée de chasse.

Au matin de la chasse, un veneur va faire le bois avec son chien. Il repère les traces que les animaux ont laissé en forêt dans la nuit et en informe les autres membres de l'équipage lors du rapport.

Le rapport permet de décider quel animal sera chassé. On ne choisit qu'un seul animal qui sera reconnaissable par les chiens grâce à son odeur. Le rapport est également l'occasion de donner les consignes de chasse.

Lors du départ, les chiens se tiennent derrière le piqueux.

Rapport et départ de chasse au Château de Montpoupon.

La chasse.
Durant la chasse, l'animal déploie de nombreuses ruses pour échapper aux chiens et aux veneurs. En moyenne, tout animal confondu, 3 fois sur 4 il sort vainqueur.

La mise à la voie : les veneurs emmènent les chiens à l'endroit où les indices laissés par l'animal ont été vus le matin.

La chasse a commencé. Les chiens suivent la trace d'un seul animal. A sa vue les veneurs sonnent une fanfare : la vue.

La vue

Les ruses : l'animal chassé va user de ruses pour perdre chiens et veneurs. Il débuche, c'est-à-dire qu'il sort du bois pour tenter de distancer les chiens dans la plaine, il revient sur ses pas, se mêle à d'autres animaux pour dissiper son odeur...

Fanfare du débuché

Lorsque les chiens ont perdu l'odeur de l'animal on dit qu'ils tombent en défaut. Malgré les efforts des veneurs et de la meute, l'animal n'est pas forcément retrouvé. La chasse s'arrête, c'est le cas 3 fois sur 4 en moyenne.

La retraite manquée

L'animal s'est battu, il a rusé, mais ce jour-là les chiens ont été meilleur que lui. Il leur fait face et sera servi par le veneur.

Fanfare de l'hallali sur pied

Parmi les nombreux usages et traditions en vènerie, celle de rédiger après chaque chasse le parcours réalisé par l'animal permet de faire de chaque chasse un moment unique.
Parfois ces comptes rendus sont illustrés, ce sont de véritables oeuvres artistiques.

Après la chasse. 

La vènerie ne se limite pas à la journée de chasse, c'est un art de vivre à part entière. De nombreux objets de notre quotidien évoque ce mode de chasse ancestral : des tapisseries du XVII° siècle aux créations contemporaines.

La vènerie s'évoque dans la salle à manger, comme au Château de Montpoupon, en Val de Loire, lieu de retrouvailles après la chasse.

La vaisselle s'inspire de la vènerie...

... mais également la porcelaine...

... ou encore les créations plus originales comme ce chandelier en bois de cerf réalisé au XXI° siècle dont vous pouvez retrouver plusieurs exemplaires au Château de Montpoupon.

Etre veneur c'est aussi respecter un ensemble de codes destinés à faire de la chasse à courre un mode de chasse respectueux de l'environnement, des animaux, mais aussi des hommes et de leur travail sur un territoire.

Depuis toujours, de nombreux traités existent et définissent les principes fondamentaux de la chasse à courre. Aujourd'hui, la Société de Vènerie édite des chartes à destination des veneurs, des photographes, et de toutes les personnes qui suivent les chasses à courre.

Chartes de la vènerie

La vènerie a toujours inspiré les artistes : tableaux, dessins, sculptures,...
Le Musée du Veneur de Montpoupon, en Val de Loire, rassemble une grande collection d'oeuvres de Jules Finot, de la famille la Verteville, de Karl Reille, de Henri de Linarès et bien d'autres !

La vènerie participe également au maintien de savoir-faire français et offre à de petits artisans la possibilité d'exercer leur talent : selliers, maréchaux-ferrants, taxidermistes, tailleurs ... continuent à vivre grâce à la vènerie.


Tradition séculaire, la vènerie est bien plus qu'un simple mode de chasse. Elle participe à la préservation des forêts et des espèces mais aussi des savoir-faire artisanaux.

A Montpoupon, au coeur des Châteaux de la Loire, la vènerie continue de vivre à travers le Musée du Veneur (classé parmi les quatre plus grands musées de chasse de France), les manifestations comme la fête de la chasse en août mais aussi grâce aux veneurs qui y chassent chaque hiver depuis des siècles...

Plus d'informations: Château de Montpoupon

Château de Montpoupon
Crédits : histoire

La famille Louvencourt, propriétaires du Château de Montpoupon

L'Association des Amis du Musée du Veneur de Montpoupon

La Société de Vènerie


Clémence Bevand, réalisatrice de l'exposition


Crédits photographiques:
Jean-Paul Payreault
Société de Vènerie
Château de Montpoupon

Crédits audio:
Trompes de Montpoupon

Crédit vidéo:
Château de Montpoupon

Remerciements : tous les supports
Il peut arriver que l'histoire présentée ait été créée par un tiers indépendant et qu'elle ne reflète pas toujours la ligne directrice des institutions, répertoriées ci-dessous, qui ont fourni le contenu.
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