Acquisitions 2017 du Musée de la musique

Philharmonie de Paris

En 2017, de nouveaux objets ont rejoint les collections du Musée de la musique.

Le Maître du Temps - Pierre Boulez dirige « Mémoriale » est une œuvre vidéographique de Robert Cahen achevée en 2011. Conçue comme un hommage au compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, elle propose une expérience inédite sur le passage du temps.
Pierre Boulez dirige ici son œuvre Mémoriale, composée en 1985 pour flûte et huit instruments, et dédiée à la mémoire de Lawrence Beauregard, flûtiste de l’Ensemble Intercontemporain. Cette élégie consacre le souvenir de celui qui, selon les mots du maître, offrait le « modèle de ce que devrait être, idéalement, tout musicien du futur ».
Filmé en pied, de face et de dos, Pierre Boulez se présente seul au regard, nettement détaché d’un fond noir. Selon les propos de Robert Cahen : « Aucune image des instrumentistes ne vient troubler cette solitude, mais la musique est bien là et l’écoute du spectateur peut être dirigée par la précision de la gestuelle codée du Maître, Le Maître du Temps ». Ainsi Robert Cahen tente-t-il de rendre lisible le langage musical de Pierre Boulez.

Ce fragment de violon est un vestige exceptionnel du pillage du Palais des Tuileries lors de la Révolution de Juillet 1830.
Il est également un témoignage d’une commande royale reçue par le luthier Nicolas Lupot, figure emblématique de la lutherie française du violon, fondateur de l’école moderne de lutherie en France. Surnommé le « Stradivarius français », il fut le luthier de Baillot, Kreutzer, et de très nombreux musiciens. Son influence fut décisive sur la lutherie du violon, et est encore sensible aujourd’hui. Parmi ses différentes charges, il fut également luthier de la Musique du roi Louis XVIII.
Ce fragment de caisse est une opportunité unique de reconstituer partiellement un instrument déjà présent dans la collection du musée depuis 150 ans (juin 1873) par un manche de violon reçu en don d'un autre grand nom de la lutherie : Jean-Baptiste Vuillaume ; manche de violon (n° d'inv. E.485), dont la mention manuscrite, de la main de Vuillaume, indique qu'il provient "d’un violon de Lupot de la Chapelle de Charles X, brisé aux Tuilleries [sic] à la Révolution de 1830".

Deux saxophones Selmer
Ces deux saxophones Selmer émanent d’une maison dont la renommée s’est notamment fondée sur cette famille d’instruments. Ils ont appartenu à Marcel Mule, fondateur de la classe de saxophone au Conservatoire de Paris et musicien considéré comme le père de l’école de saxophone française, ce qui leur confère un intérêt patrimonial tout particulier. Ils ont été conservés au sein de la famille Mule jusqu'à ce don. Marcel Mule est par ailleurs étroitement lié au développement du saxophone chez Selmer en tant qu’essayeur et conseiller technique, tout d’abord de 1923 à 1928, puis de 1948 à 1968, date à laquelle il prend sa retraite. Il participa notamment à la conception du fameux modèle Mark VI, qui a longtemps été le fleuron de la maison Selmer. C’est à ce titre que M. Mule a bénéficié de ces saxophones qu’il a joués pendant toute sa carrière.

Ce modèle est bien caractéristique des premiers saxophones fabriqués par les ateliers Selmer. Issu du modèle 22, il ne diffère de celui-ci que par l’adoption d’un nouvel écusson de bocal et d’une forme de clé de bocal dite, par sa forme, wishbone. Comme le modèle qui le précédait, il aurait pu être fabriqué en collaboration avec la maison Adolphe Sax fils, avant que cette dernière ne soit rachetée par Selmer en 1929.

Les archives Selmer ne permettent pas de dater avec précision la période de production du modèle mais il pourrait cependant s’agir de l’instrument utilisé par Marcel Mule lors de la création du Boléro de Ravel, le 22 novembre 1928.
Les archives Selmer ne permettent pas de dater avec précision la période de production du modèle mais il pourrait cependant s’agir de l’instrument utilisé par Marcel Mule lors de la création du Boléro de Ravel, le 22 novembre 1928.

Considéré comme le premier saxophone moderne, le modèle Balanced action de Selmer représente un important jalon dans l’histoire du saxophone puisque les nouvelles configurations développées par cette maison (clétage entièrement revu, nouvelle disposition des clés de si et si bémol…) contribueront à standardiser la fabrication du saxophone. Rapidement adopté par les musiciens, tous répertoires confondus, ce modèle impose Selmer sur la scène internationale.
Les archives de la maison Selmer permettent de préciser que l’instrument a été terminé le 29 janvier 1853. Tout d’abord fabriqué dans une finition argentée, il a été vraisemblablement recouvert par la suite d’un placage à l’or fin, spécifiquement pour l’usage de Marcel Mule.

Le lot d’instruments à vent suivant représente une évocation des échanges commerciaux et technologiques qui ont existé au sein de cette industrie entre la France et l’Angleterre dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ils permettent également de mieux comprendre le fort développement d’orchestres de plein air en Angleterre à cette époque, souvent sur le modèle français, toujours très en vogue dans les pays anglo-saxons de nos jours.

Cet instrument est bien représentatif du cornet à pistons tel qu’on pouvait le trouver à Londres de 1840 à 1860. Il s’inspire de l’instrument inventé à Paris au début des années 1830 et dont la vague immense s’exporta en Angleterre en peu de mois.
Ce cornet à pistons émane de la maison londonienne Köhler & sons, fondée dans les années 1780 par John Köhler (vers 1754-1801), facteur en provenance d’Allemagne. C’est son fils John Augustus (1805-1878), auteur de cet instrument, qui, par ses innovations et l’adoption des pistons peu de temps après leur apparition, permettra un rapide essor de l’atelier paternel et le transformera en véritable manufacture.

Ce cornet à pistons est un très bon archétype du cornet à pistons de facture anglaise, tel qu’on pouvait le trouver dans la seconde moitié du XIXe siècle, à la fois dans les orchestres symphoniques et dans les fanfares, alors en plein développement. Cet instrument a été fabriqué par la maison Henri Distin, l’une des deux entreprises londoniennes les plus importantes à cette époque, la seconde étant Besson, d’origine française.

Ce petit bugle de belle facture émane d’un auteur très peu documenté, absent jusqu’à présent des collections nationales. Les membres de la famille Carnaud étaient jusqu’à aujourd’hui plus identifiés comme des musiciens et des pédagogues, puisque l’on connaissait plusieurs méthodes de Jules Carnaud (1807- ?) ou de Félix Carnaud (1815-1890), toutes consacrées à des instruments à vent de la famille des cuivres. Cependant, la qualité de la réalisation de ce bugle montre une réelle maîtrise des techniques de facture instrumentale.

De facture plus simple que les autres instruments qui font partie de cet ensemble de cuivres, ce clairon basse constitue néanmoins l’un des archétypes de la musique de parade et de fanfare, très en vogue en France au cours du XIXe siècle. Peu diffusé dans les autres pays, où il était remplacé par des instruments de type bugle, il a été fabriqué par la grande majorité des facteurs français, dont Evette & Schaeffer.
Cet important groupe, qui alliait facture instrumentale et éditions musicales, était né du rachat de la maison Buffet-Crampon par Paul Evette et Ernest Schaeffer en janvier 1885. L’activité de cette maison, qui s’est fait notamment connaître par des saxophones et des clarinettes de bonne facture, a perduré jusqu’en 1929.
Ce clairon basse témoigne de cette histoire puisqu'il porte sur son pavillon l’inscription des deux marques Buffet-Crampon et Evette & Schaeffer.

Instrument ayant contribué à installer la notoriété d’Adolphe Sax (1814-1894) de son vivant, plus encore que le saxophone, le saxhorn avait été conçu comme une famille constituée, offrant parmi les différentes tessitures, un timbre unifié. C’est avec ce type d’instrument que les membres du Distin quintet avaient bâti leur renommée.
De petit format, cet exemplaire correspond à la version la plus évoluée des saxhorns, qui avait notamment permis à Adolphe Sax d’être appointé facteur des armées de Napoléon III. Sur le pavillon, ce saxhorn porte l’inscription du seul Grand prix qui fut décerné à un facteur d’instruments de musique lors de l’Exposition universelle de Paris de 1867.
Il enrichit la remarquable monographie consacrée à Adolphe Sax conservée au musée de la musique, riche d'un ensemble de 100 instruments, l’une des plus importantes collections de cet auteur qui aient été assemblées au niveau mondial.

Présentées au public pour la première fois en 1928, les ondes musicales Martenot constituent l’un des tout premiers instruments de musique électroniques. Leur apparition a marqué la société musicale de façon très durable, puisque l’instrument est toujours utilisé de nos jours. Depuis le début des années 1930, plus de mille œuvres lui ont été consacré, dans des répertoires très variés tels que la musique contemporaine, la musique de film, le théâtre, la publicité, la pop music ou le rock and roll.

Daté du début de l’année 1937, notre exemplaire appartient à la première génération d’instruments Martenot, aujourd’hui d’une extrême rareté. Portant le numéro 146, il constituait le 46e exemplaire d’ondes fabriquées, soit l’avant-dernier de cette série avant que ne soit présenté un nouveau modèle lors de l’Exposition de Paris de 1937.

Il est à noter que le N°146 constitue un modèle de transition, le meuble et l’électronique appartenant au millésime 1936, le clavier étant déjà celui qui sera adopté dans le modèle 1937. Il présente l’intérêt supplémentaire d’être resté au sein de la même famille depuis son acquisition et de n’avoir subi aucune transformation.

Cette flûte traversière émane de l’un des membres de la dynastie Lot, célèbre famille de facteurs d’instruments à vent du XIXe siècle, dont la qualité des instruments produits a longtemps conféré à la facture française une reconnaissance internationale. Louis Lot, oncle d’Isidor Lot, peut notamment être considéré comme le père de la flûte moderne, aux côtés de Theobald Boehm.
Cette flûte en ut est un modèle dit Tulou, en référence au flutiste virtuose et facteur d’instruments Jean Louis Tulou (1786-1865), qui mit au point ce type de flûte vers 1835. Considérée comme l’apogée de la flûte romantique, elle est dotée de 12 clefs et présente une perce inversement conique, s’opposant en cela à la flûte Boehm inventée en 1847, équipée d’une perce cylindrique et de clefs à anneaux.
Souvent considérée aujourd’hui comme un modèle ayant été rapidement supplanté par la flûte Boehm, notre flûte témoigne au contraire de la persistance de son utilisation tout au long du XIXe siècle, et même très au-delà, son donateur l’ayant jouée sans discontinuité de 1942 à 1997 !

La firme japonaise Roland Corporation est de longue date associée au monde de la synthèse sonore. Dès le début des années 1970, Roland produit des boîtes à rythme et des synthétiseurs qui feront au fil du temps la réputation de la marque. Les premières guitares synthétiseurs sont commercialisées en 1977 et par la suite, Roland n’a cessé d’améliorer ses modèles, proposant également des capteurs (GK pickups) MIDI (Musical Instrument Digital Interface) pouvant être adaptés à toute guitare électrique.

La guitare synthétiseur G-707 et son pédalier GR 700 furent proposés sur le marché en 1984. La compagnie avait misé gros sur son look futuriste et ses innovations technologiques, notamment deux micros double bobinage pouvant être couplés au capteur MIDI et de nombreuses possibilités de réglages offrant une très riche palette sonore, mais son prix exorbitant conduit à un échec commercial. Il n’en demeure pas moins que la guitare G-707 est un instrument professionnel haut de gamme qui a marqué son époque et attiré de célèbres musiciens comme Jimmy Page ou encore Pat Metheny.

Cette rare guitare représente un important jalon dans l’histoire de la firme Roland qui, si elle mit fin à la fabrication d’instruments de grande qualité, sut s'imposer comme le leader mondial en matière de capteurs numériques. Ainsi la célèbre marque Fender propose une version guitare-synthétiseur de son fameux modèle Stratocaster, implémenté avec le système Roland.

Credits: Story

Équipe Conservation du Musée de la musique.

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