Apr 4, 1873 - Oct 29, 1937

Elie Faure, père des Atlantes

Les Reclusiennes, Musée virtuel de la pensée

Musée virtuel de la pensée du Pays foyen

La passion d’ Elie Faure c’est l’exploration de toutes les formes d’Art. A 31 ans, Faure publie son premier ouvrage sur le peintre espagnol Velasquez, puis écrit des monographies d’artistes,  des essais sur des philosophes, écrivains ou personnalités qu’il admire, dans un  style inclassable de « savant et poétique » comme le qualifie son contemporain Georges Duhamel.

« Je  vais écrire une épopée de l’art et de l’homme »

Elie Faure s’implique dans  diverses universités populaires de Paris où il enseigne l’histoire de l’Art. De ses conférences devant un public non initié naitra de 1909 à 1921 la gigantesque Histoire de l’ Art en 4 tomes, l’art antique, l’art médiéval, l’art renaissant  et l’art moderne),  qui s’achève en 1927 par l ’ouvrage de synthèse: L’Esprit des formes.

Elie Faure, esthéticien intuitif, est parmi les premiers  à classer les œuvres ethniques relevant alors de l’ethnographie, dans le domaine de l’Art ; tout comme il comprend et défend dans l’arrivée du cinéma, la naissance d’un art nouveau.

Régulièrement rééditée, l’Histoire de l’Art est toujours une référence.

De l'enfance à la médecine

Elie Faure nait à Sainte Foy la Grande, en Gironde, le 4 avril 1873. Son père Pierre tient un négoce de vin.

 Sa mère Suzanne Reclus est  la sœur des anarchistes Elisée, le géographe, et Elie l’ethnologue.

L’illustre et sage Elisée lui conseille  de se garder de réussir, pendant qu’Elie son doux parrain, un temps conservateur de la Bibliothèque Nationale de France durant la Commune de Paris, lui raconte non sans malice qu’ils descendent de leur voisin Montaigne, comme tous les natifs du canton.

Attendant l’âge de fréquenter le collège protestant de la ville, dans un cahier d’écolier , le jeune Faure écrit  Mémoires d’une fourmi.

Il poursuit sa scolarité  à Paris au lycée Henri IV, ayant pour condisciple un certain  Léon Blum et comme professeur de philo Henri Bergson. Piètre étudiant, Elie s’ ennuie. L’élite n’est pas encore pour lui. Ses évasions au musée du Louvre lui font découvrir l’univers de l’art dans lequel, il ne voit d’abord que des peintures hideuses.

L’écrivain a pour amis le peintre Eugène Carrière, les sculpteurs   Antoine Bourdelle et Charles Despiau, le photographe  Félix Nadar qui l’introduisent chez Rodin, Renoir, Mirabeau et dans le monde parisien des Lettres et des Arts.

De ces conférences devant un public non initié naitra de 1909 à 1921 la gigantesque Histoire de l’ Art en 4 tomes   (l’art antique , l’art médiéval  , l’art renaissant  et l’art moderne),  qui s’achève en 1927 par  l ’ouvrage de synthèse : L’Esprit des formes.

 Régulièrement rééditée, l’Histoire de l’Art est toujours une référence  (en 2010 les  éditions Barillat  publient les 5 tomes en un seul volume de 1185 pages.)

C’est un travail totalement novateur en France, , ce domaine était réservé jusqu’alors aux historiens allemands.

 

 Les ouvrages sont abondamment illustrés. Elie Faure aborde cette tâche en autodidacte, s’appuyant sur son  sens de la vue :  « C’est par les yeux ( et non les oreilles) que la vie universelle m’atteint. Je suis un œil. Voir tout est là. »

L'essayiste historien d'art

L’art et l’homme sont un.  

Je  vais écrire une épopée de l’art et de l’homme.

Les ouvrages sont abondamment illustrés. Elie Faure aborde cette tâche en autodidacte, s’appuyant sur son  sens de la vue :  « C’est par les yeux ( et non les oreilles) que la vie universelle m’atteint. Je suis un œil. Voir tout est là. »

Elie Faure, ce protestant agnostique, un peu rigide fuyant les mondanités de la vie parisienne connaitra cependant quelques belles fréquentations  et collaborations professionnelles dans les années 20 : Derain, Matisse, Braque, Le Corbusier , Abel Gance et Picasso  qui lui fait son portrait  en 1922.

Pour d’autres, ce sera des amitiés plus profondes : avec Chaïm Soutine peintre asocial  et secret qu’il considère  un temps comme un fils et dont la porte de la maison familiale de Prats sur les bords de Dordogne lui est ouverte ; avec Diego Rivera qu’ il accueille l’été 1920 en ses terres foyennes.

Diego Riviera, le plus grand peintre muraliste que le monde ait connu depuis la renaissance disait-on de lui.

 Rivera vit à Paris depuis 1911. Rentrant au Mexique l’année suivante, il abandonne deux femmes et sa fille en parrainage à Faure chargé de son éducation. Dans une lettre du 11 janvier 1922, Elie lui écrit : « Depuis que tu es parti, il me semble qu’une source de légendes d’un monde surnaturel a disparu ; que cette nouvelle mythologie dont le monde a besoin est en train de dépérir ; que la poésie, la fantaisie, l’intelligence sensitive et le dynamisme de l’esprit sont morts . J’ai le cafard-tu vois- depuis que tu es parti. »

En 1931, fatigué de Paris, Elie Faure entame un tour du monde qui durera 7 mois. Chaque étape l’embarque dans un tourbillon de réceptions, conférences, fêtes, visites, dédicaces : ses livres sont traduits dans plusieurs langues. Sur tous les continents c’est une star. A son retour, il publiera  “Mon périple”.

 Transformé et conscient de l’arrivée des  fascismes,  l’ancien Dreyfusard dont la jeunesse a baigné dans les idées libertaires, renoue avec le militantisme révolutionnaire et apporte son soutien aux Républicains durant la guerre d’Espagne  et se rendra deux fois sur le front.

Elie Faure, l'homme

Vers la fin de son roman Tropique du Capricorne paru en 1938, l’écrivain américain  Henri Miller écrit : « J’étais sur le point d’accoster à la plage qui borde ce grand océan français qui s’appelle Elie Faure, océan que les français eux- même ont peu couvert de leur navigation et qu’ils ont dû prendre par erreur semble-t-il pour une mer intérieure.[…]

Il m’apparaissait que cet homme était ce Zeus, père des Atlantes que j’avais cherché en vain jusqu’alors. Je l’ai appelé océan ; c’était aussi une symphonie du monde[…]. Il avait foi dans la race humaine. Il la grandissait d’une coudée, lui rendant sa dignité, sa force, son besoin de créer[…]

Quelle ne fut pas ma stupeur quand, quelques années plus tard, lors de ma venue en France, je m’aperçus qu’on ne lui avait érigé aucun monument, qu’aucune rue ne portait son nom. Pis que cela : durant huit années pleines, je n’ai pas entendu un seul français prononcer son nom."

Le film de Michel Godard, sorti en 1964, débute par un plan de Jean-Paul Belmondo lisant un passage de l'Histoire de l'art d'Elie Faure sur le peintre Velasquez dans le tome 4, L'Art moderne.

“Vélasquez est le peintre des soirs…” Pierrot le fou, Godard, 1964

Elie Faure, esthéticien intuitif, est parmi les premiers  à classer les œuvres ethniques relevant alors de l’ethnographie, dans le domaine de l’Art ; tout comme il comprend et défend dans l’arrivée du cinéma, la naissance d’un art nouveau.

Charles Chaplin rend un vibrant hommage à Elie Faure dans la préface qu’il écrit pour “De la cinéplastique à son destin social”, publication posthume  en 1953  de son dernier essai sur le cinéma.

« Nul n’est prophète en son pays. Et de cela le destin d’Elie Faure est une bonne illustration. Poète, essayiste, critique d’art, son œuvre admirable est, en France, presque ignorée, tandis qu’aux Etats-Unis Elie Faure a trouvé un véritable public. N’est-ce pas lui, qui le premier, reconnut dans le cinéma une des grandes formes de l’art…

Une imagination de poète magnifie ces essais, et il règle ses vues sur des valeurs élevées mais toujours humaines,  avec le don de discerner, dans ce que la vie offre de plus banal, l’extraordinaire et la beauté.

Jadis, dans ma jeunesse, pour me faire une opinion sur le goût littéraire et la culture de quelqu’un, je lui demandais s’il avait lu l’Anatomy of Melancholy de Burton, ou les essais d’Elie Faure...»

Le docteur Faure meurt le 29 octobre 1937 à Paris. Sept jours plus tard le foyen de retour  dans sa terre natale, est inhumé dans le cimetière familial de Saint Antoine de Breuilh.

« J’ai beaucoup fréquenté Charlot, celui de l’écran lumineux. Et je prie de croire que je ne plaisante pas le moins du monde si j’affirme que depuis Montaigne, Cervantès et Dostoïevski, c’est l’homme qui m’a le plus appris »

Le Musée Virtuel de la Pensée est porté par l’association Cœur de Bastide à Sainte Foy la Grande

Partenaire culturel et financier:  Région Aquitaine, Projet soutenu dans le cadre de la Fabrique BNSA – Région Aquitaine

Credits: Story

Musée virtuel de la pensée — Marc Sahraoui, Pascal Rey
Vidéo — Antonio Marques
Scénario — Pascal Rey, Judith Cossin, Danièle Provain
Remerciements — Madame  Marie-Elisabeth Hoffenberg,      Mairie de Saint Seurin de Prats,                     Jean-Claude Faure  (médiathèque de Ste Foy la Grande), le Musée du Pays Foyen, L'Atelier 104.

Credits: All media
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