1570 - 2015

Le Petit Luxembourg entre petite et grande histoire

French Senate

Bâti vers le milieu du XVIe siècle, cet hôtel fut acquis en 1570 par François de Luxembourg, duc de Piney, et revendu en 1612 à la régente Marie de Médicis, qui fit construire, à côté, un plus grand palais. Le duc a laissé son nom à ces deux bâtiments. L'ancien hôtel est appelé "Petit Luxembourg" pour le distinguer du "Palais du Luxembourg".  

En 1625, Marie de Médicis installe un couvent à côté du Palais pour accueillir la congrégation des Filles du Calvaire. La chapelle de la Reine est aujourd'hui le seul vestige de ce couvent. 

Restaurée en 1850 par l'architecte Alphonse de Gisors dans un style néo-baroque, la chapelle a accueilli un temps l'église maronite libanaise.

Sous l'Empire, l'ancien cloître du couvent devient jardin d'hiver. La végétation luxuriante de ce lieu lui a donné une nouvelle identité. 

En 1627, Marie de Médicis fait don du Petit Luxembourg au cardinal de Richelieu. Mais leurs relations se dégradent. Lors de la journée des dupes, en novembre 1630, Louis XIII choisit le camp du cardinal contre sa mère. Marie de Médicis est contrainte de quitter le Palais du Luxembourg.

Les propriétaires se succèdent. Le cardinal de Richelieu le lègue en 1639 à sa nièce, Marie de Combalet, duchesse d'Aiguillon. Passé par héritage, en 1674, au Grand Condé, puis à Henri-Jules de Bourbon-Condé, le Petit Luxembourg doit attendre le début du XVIIIe siècle et Anne de Bavière, princesse de Palatine, pour être agrandi.

De 1710 à 1713, Germain Boffrand, à la demande d'Anne de Bavière, double la superficie des lieux et donne au Petit Luxembourg l'aspect qu'il a encore aujourd'hui. Cet escalier éblouit les visteurs de l'époque. Boffrand préfère une balustrade de pierre à une rampe forgée : l'effet en est des plus grandioses.

Le plafond voûté de l'escalier Boffrand abrite une peinture allégorique d'Hippolyte Berteaux.

En haut de l'escalier, on accède à de vastes salons en enfilade, redécorés au XVIIIe siècle.

En 1791, lors de la Révolution française, le comte de Provence (frère de Louis XVI) fuit son domicile du Petit Luxembourg et quitte Paris pour les Pays-Bas autrichiens où il devait y retrouver le roi. Mais la fuite de ce dernier se termine à Varennes.

Au temps du Directoire, le Petit Luxembourg héberge quatre directeurs dont Sieyès. C'est là que se prépare le coup d'Etat du 18 brumaire.

Le coup d'Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) marque la fin du Directoire et le début du Consulat. 

Trois jours plus tard, Napoléon Bonaparte, désormais Premier Consul, et Joséphine de Beauharnais emménagent au Petit Luxembourg.

Avant de partir aux Tuileries, Bonaparte a probablement installé son cabinet de travail dans ce bureau, aujourd'hui occupé par le Président du Sénat.

Le Sénat Conservateur siège au Petit Luxembourg de 1800 à 1814 en attendant de s'installer au Palais du Luxembourg.

En 1825, le Petit Luxembourg est acquis par l'État pour y loger le Président de la Haute Assemblée, alors Chambre des Pairs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Etat-major de la Luftwaffe occupe le Palais du Luxembourg et au Petit Luxembourg s'installe son chef, le maréchal Speerle, jusqu'au 25 août 1944. 

Félix Gouin, Président du 3ème gouvernement provisoire du 26 janvier au 12 juin 1946, s'installe au Petit Luxembourg © INA

Le Petit Luxembourg est aujourd'hui le lieu de travail du Président du Sénat et de ses collaborateurs. 

Credits: Story

Remerciements —
Sara GALLETTI, historienne, professeure à l'Université Duke (Caroline du Nord)
Direction de la Bibliothèque et des Archives du Sénat
Direction de l'Architecture, du Patrimoine et des Jardins du Sénat
Christophe CAZAUBON, Vidéo drone international

Credits: All media
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