La forteresse restituée entre science et imaginaire

Château d'Angers

Au travers d'images actuelles et de reconstitutions de la forteresse, découvrez ce qu'elle est,  ce qu'elle a pu être, et ce qu'elle a inspiré ....

La forteresse aujourd'hui
Construite au XIIIe siècle, elle a fait l'objet de modifications importantes au XVIe siècle. Ses tours ont alors perdu leurs toits et 10 m de hauteur. Cette amputation a suscité de nombreux travaux, débats scientifiques et archéologiques pour restituer ou imaginer les parties hautes !

Vue générale actuelle de la porte des champs du château d'Angers après la suppression des toits, intervenue au XVIe siècle pour adapter la forteresse à l'artillerie.

La courtine est avec les jardins qui ont pris place dans les fossés.

Le front nord avec la porte de ville qui est actuellement l'entrée du monument.

La forteresse restituée : les maquettes, un outil didactique
Les maquettes présentées au château, élaborées à partir des textes et connaissances archéologiques des années 1990, présentent l'évolution architecturale de la forteresse des origines au XVIe siècle.
A partir de 1230, Blanche de Castille, mère de Louis IX, fait ériger une forteresse impressionnante. Sa forme pentagonale, correspond à celle du promontoire rocheux qui lui sert de fondation. D’importants moyens sont déployés pour la construction de cette forteresse impressionnante : dix-sept tours de 12 à 13 mètres de diamètre, surmontées de toits en poivrière, hauts et pointus. Elles sont reliées par un chemin de ronde couvert de galeries amovibles en bois. La forteresse a deux portes : la porte de Ville et la porte des Champs, qui était l’entrée principale à l’époque de la construction. Elles sont protégées par des barbacanes, palissade extérieure en bois en demi-cercle. 
À la fin du XIVe siècle, le château devient une résidence régulière des ducs d’Anjou. Ils aménagent l’intérieur de la forteresse (chapelle, logis royal, châtelet et bâtiments de communs). A l’extérieur, des bastions en pierre remplacent les barbacanes en bois devant les portes. Un troisième bastion est édifié au pied du château, afin de contrôler le trafic fluvial. Au sommet des remparts apparaissent des mâchicoulis, construction en pierre saillante percée d’ouvertures pour lancer des projectiles. 
A la fin du XVIe siècle, des modifications importantes interviennent sur l’enceinte afin de l’adapter aux progrès de l’artillerie : abaissement de la hauteur des tours et suppression de leurs toits, remparement (=épaississement) des murs et création de terrasses d’artillerie. Les meurtrières, agrandies, forment des canonnières. Des échauguettes, petites guérites rondes, sont placées en surplomb du rempart. Au milieu de la grande cour prennent place de nouveaux bâtiments militaires fonctionnels (casernes, écuries, arsenal). 
La forteresse restituée... à partir de données scientifiques
Ces images de synthèse restituent la construction et l'état de la porte des champs au XIIIe siècle. Elles ont été élaborées à partir des découvertes archéologiques  faites lors du chantier de restauration de la porte des champs et du front sud de la forteresse en 2012 - 2013
Le chantier de construction du château est exceptionnel par les moyens financiers et les matériaux mis en œuvre : par endroits, les tours sont constituées de blocs de grès de 150 kg et de blocs de schiste de 600 à 700 kg. Pour monter ces pierres, on utilise un système d’échafaudage hélicoïdal. Les courtines sont quant à elles édifiées en plaquettes de schiste de petites dimensions. 

La porte des champs en cours de construction avec l'échafaudage hélicoïdal.

La porte des champs et le système d'acheminement des pierres du chantier.

Pose des chaînages de pierre au cours de la construction de la porte des champs.

Transport des blocs de pierres mis en oeuvre sur le chantier de la porte des champs.

La forteresse est impressionnante avec ses 17 tours surmontées de toits en poivrière. Elles sont reliées par un chemin de ronde couvert de galeries amovibles en bois appelées hourds, auquel on accède depuis le deuxième niveau des tours. Au pied de la forteresse, un fossé, jamais mis en eau, a été creusé dans le schiste. La hauteur du rempart, ajoutée à la profondeur du fossé, était suffisamment dissuasive. 
Devant la porte des champs, un ouvrage de franchissement rattrapait le dénivelé du terrain. Ce système était constitué d’un pont levis à deux niveaux, d’un ravelin (ouvrage défensif avancé) puis d’un second pont levis.
La forteresse rêvée... essais de reconstitution imaginaire
Redonner à la forteresse toute la hauteur de ses tours a longtemps nourri fantasme et imagination. Cette série de cartes postales du XXe siècle du château a servi de support à des restitutions imaginées par un anonyme, peut être un architecte, en tout cas un passionné d'histoire.

Essai de restitution des hauteurs de tours et des toits en poivrière sur l'ensemble de la forteresse.

Essai de restitution des toits sur la porte des champs. Au premier plan, la statue (19e siècle) du roi René, le dernier des ducs d'Anjou qui est né au château en 1409.

Au premier plan, le pont de Basse-Chaine. A l'arrière plan, le château avec l'essai de restitution des tours.

Des baraquements militaires à l'intérieur de l'enceinte ainsi que les maisons du quai aujourd'hui disparues sont visibles.

Château d'Angers
Crédits : histoire

Cette exposition virtuelle a été réalisée par les équipes du Centre des monuments nationaux, avec la contribution des équipes du Château d’Angers, l’appui des équipes du pôle images et la coordination du pôle numérique. Les images sont extraites de Regards - Banque d’images des monuments © Centre des monuments nationaux

Remerciements : tous les supports
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