2015

Le piano en pleines formes

Philharmonie de Paris

Si, aujourd’hui, on connait surtout le piano droit, à queue, demi-queue, ouquart de queue, il fut un temps où l’instrument donnait dans les formes les plus fantaisistes. Car, au 19e siècle, le piano entendait ne pas rester discret et occuper la place privilégiée qui lui revenait à la maison : au cœur du salon.

Des instruments spectaculaires
Fiers de leurs formes spectaculaires et de leurs hauteurs vertigineuses, les pianos-girafes, les pianos-pyramidaux, les pianos-harpe et les pianos verticaux « Euphonicon » permettaient de réduire l’encombrement, tout en amenant une touche décorative certaine.

Ce piano pédalier a été mis à la disposition dès 1853 du compositeur et pianiste virtuose Charles-Valentin Alkan qui le jouait régulièrement dans les salons d'Erard. L'instrument lui fut confié en 1873 et il le conserva jusqu'à sa mort en 1888.

Ce piano possède un clavier à pédales qui, à l’instar de celui des orgues, permet d’enrichir le jeu polyphonique. À une époque où les frontières entre les sphères privées et publiques, mais aussi profanes et sacrées, étaient amplement questionnées, la création de cet instrument hybride permit d’interpréter au piano des répertoires habituellement réservés à l’orgue.

Des instruments à double emploi
A l’inverse, si le piano pouvait plutôt se camoufler en meuble bourgeois, et servir aussi de table, de bureau ou d’armoire, cela représentait finalement un double-emploi précieux, tout en résolvant également les problèmes de place !

Qu’ils soient qualifiés de pianos « en vis-à-vis », « double », « grand double », « en regard », « à claviers opposés » ou « double de concerts », les instruments possédant deux claviers se faisant face traduisent une attention portée au répertoire de duos et la volonté d’en faciliter l’exécution – en particulier par l’homogénéisation du timbre.

Construits dans une même caisse et pour une seule table d’harmonie, les instruments à deux claviers sont à certains égards les héritiers de spécimens plus anciens encore, construits par des facteurs flamands au début du XVIIe siècle. Ces derniers lièrent clavecin et virginale dans un même corps mais les instruments qu’ils créèrent, tels les les virginales à deux claviers « mutter und kind » ne rendaient pas possible le vis-à-vis. Ils permettaient en revanche d’associer des timbres et des étendues différentes.

La proximité permise par cet instrument s’accompagne d’une liaison mécanique. Cette particularité agit d’un clavier sur l’autre par l’effet d’une tirasse accouplant les jeux d’étouffoirs. Ainsi, les effets de sympathie s’accentuent et créent des résonnances que deux pianos séparés ne pourraient avoir. La table unique permet en effet une grande fusion harmonique entre le jeu des deux pianistes. En revanche, la tension extrême qui résulte du montage de deux plans de cordes sur un seul cadre fragilise l’instrument.

Alexandre Tharaud et Zhu Xiao-Mei, jouent sur le double piano le Menuet, extrait de la Petite suite composée par Claude Debussy (1862-1918) ; transcription pour deux pianos d'Henri Büsser.
Credits: Story

Nous remercions l'équipe de documentation et l'équipe de conservation du Musée de la musique.

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