Les origines du musée des impressionnismes Giverny

En
1992, un premier musée ouvre ses portes à Giverny. Il a été dessiné par
l’architecte Philippe Robert et l’agence Reichen et Robert & Associés. Daniel
Terra, homme d’affaires américain et grand collectionneur, rapatrie les œuvres
de la colonie des peintres américains sur le lieu de leur conception. En 2009,
le Musée d’Art Américain Giverny fait place au musée des impressionnismes
Giverny, dont la vocation est de faire connaître les origines, le rayonnement
géographique et l’influence de l’impressionnisme.

Portrait de Claude Monet (1888/1890), Theodore RobinsonMusée des impressionnismes Giverny

Quand Claude Monet décide, en 1883, de s’installer définitivement dans la maison du Pressoir à Giverny, il ignore que son choix va donner un rayonnement mondial à ce modeste village normand de la Vallée de l’Epte.

Giverny - L'Hôtel Baudy par A. LavergneMusée des impressionnismes Giverny

De 1885 à 1915, le village de Giverny attire plus de trois cent cinquante artistes venus de dix-huit pays dont les États-Unis, l’Angleterre, l’Autriche, l’Irlande, le Canada, l’Australie, mais aussi l’Allemagne, la Suède, la Belgique, la Norvège, l’Espagne, la Pologne, la Russie….De nombreux artistes, pour la plupart américains, s’y implantent à leur tour.

Quand ils ne logent pas à l’hôtel Baudy, ils louent des maisons entourées de jardins. Attirés par la présence du maître de l’impressionnisme, ils ont eux aussi choisi de travailler en plein air. Le mouvement atteint son apogée au tournant du siècle, Giverny devenant alors une véritable colonie d’artistes.

Daniel J. Terra devant le Musée d’Art Américain Giverny (1992)Musée des impressionnismes Giverny

En 1986, l’homme d’affaires américain et grand collectionneur, Daniel J. Terra (1911-1996), achète une première propriété à Giverny.

Plan masse montrant l’implantation des volumes dans le site par Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

Le Hameau est la première propriété acquise par Daniel J. Terra. Il s’agit de la maison qui jouxte le Pressoir de Claude Monet, et, où ont séjourné notamment les artistes américains Lilla Cabot Perry, Mary Wheeler et Frederick Carl Frieseke.

Très vite, le collectionneur imagine ouvrir un musée dans le village, pour y présenter les nombreux tableaux de peintres américains exécutés à Giverny, et figurant dans sa collection.

Giverny, près de Vernon. Vue depuis la colline par A. LavergneMusée des impressionnismes Giverny

En 1987, Daniel J. Terra fait l’acquisition de la parcelle de terrain située en face du Hameau, à flanc de colline, dans le but d’y édifier le Musée d’Art Américain Giverny.

Dessin d’étude montrant les toitures-terrasses du Musée d’Art Américain Giverny (1990), Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

Daniel J. Terra confie à l’architecte Philippe Robert, de l’agence d’architecture Reichen et Robert & Associés, concepteur de la Grande Halle de la Villette, du Pavillon de l’Arsenal à Paris, du siège social de Nestlé France et de l’ambassade de France au Qatar, l’étude et la réalisation du musée.

« Ma rencontre avec le mécène Daniel J. Terra, et la liberté qu’il m’accorda, m’ont permis de réaliser cette œuvre dans les meilleures conditions pour un architecte. L’intégration du musée dans le paysage de Giverny illustre en quelque sorte la discrétion et l’élégance de son commanditaire, et sa volonté de faire connaître les peintres américains qui se sont installés à Giverny à l’époque de Claude Monet. »
Philippe Robert, février 2019

Dessin d’étude montrant les toitures-terrasses du Musée d’Art Américain Giverny (1990), Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

Le projet architectural consiste à inscrire le bâtiment dans la pente naturelle du terrain à flanc de colline.

Coupe transversale sur le site par Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

Les constructions semi-enterrées s’échelonnant sur plusieurs niveaux permettent ainsi d’obtenir un volume émergeant moins important.

Le Musée d’Art Américain Giverny en construction (1991)Musée des impressionnismes Giverny

Le chantier de construction du futur musée est lancé en 1990. En plus de l’édifice principal, le projet prévoit un réaménagement complet du terrain, transformé en jardin paysager.

Le Musée d’Art Américain Giverny (1992)Musée des impressionnismes Giverny

Le bâtiment est livré en 1992 et s’inscrit avec discrétion dans son environnement, ne laissant apparaître que quelques murs en pierre calcaire beige et des terrasses plantées de bruyères, prolongées par des parterres entourés de haies.

Dessin d’étude montrant les toitures-terrasses du Musée d’Art Américain Giverny (1990), Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

« La dalle de couverture du musée est recouverte de cinquante centimètres de terre végétale et plantée. »
Philippe Robert, février 2019

Jardin et architecture du musée des impressionnismes Giverny (2018)Musée des impressionnismes Giverny

« La terre assure une inertie thermique ainsi qu’une protection efficace de l’étanchéité multicouche. »
Philippe Robert, février 2019

À côté de l’édifice, une prairie visible depuis les salles d’exposition, établit un lien entre le musée et la campagne qui l’entoure.

Jardin et architecture du musée des impressionnismes Giverny (2018)Musée des impressionnismes Giverny

« Nous avons beaucoup travaillé pour que notre architecture soit inexistante. Le plus grand compliment serait que l’on nous demande où est notre travail. » 
Philippe Robert cité par Jean-Louis Perrier, « Giverny, cimaises d’Amérique », Le Monde, 13 avril 1991.

Dessin montrant l’éclairage naturel des salles d’exposition par Reichen et Robert & Associés, architectes - urbanistesMusée des impressionnismes Giverny

L’ensemble s’organise autour d’un hall vaste et lumineux. À gauche, trois salles d’exposition dont les plateaux sont décalés en fonction de la pente du terrain. Un mur réflecteur renvoie par un plafond légèrement incliné la lumière naturelle, diffusée uniformément.
« Les galeries d’exposition reçoivent un éclairage naturel sans rayons solaires directs, grâce à des baies en partie haute qui transmettent la lumière naturelle par réflexion sur une surface de pierre verticale. En complément, des rails d’éclairage permettent l’installation de projecteurs spécifiques. »
Philippe Robert, février 2019

Vue des salles d’exposition depuis la collineMusée des impressionnismes Giverny

À l’intérieur du bâtiment quelques baies orientées au Nord ouvrent sur la colline et laissent entrer la lumière naturelle.
Les architectes ont instauré un dialogue constant entre la lumière, l’architecture et la végétation qui l’entoure.

Dessin explicitant le concept et le choix des végétaux du jardin du musée par Florence Robert paysagisteMusée des impressionnismes Giverny

Le jardin en façade a été imaginé par la paysagiste Florence Robert, en concertation avec l’équipe de Reichen et Robert & Associés.

Dessin explicitant le concept et le choix des végétaux du jardin du musée par Florence Robert paysagisteMusée des impressionnismes Giverny

Il se compose de parterres carrés de couleurs qui se succèdent de manière symétrique. L’ensemble évoque une palette d’artiste, ou une vaste boîte d’aquarelles.
Les plantations du jardin commencent en 1990.

Vue oblique depuis le côté Ouest, montrant la succession des jardins closMusée des impressionnismes Giverny

En 1991, Judith et Daniel J. Terra font appel à l’architecte paysagiste américain Mark Rudkin, auteur notamment du réaménagement des jardins du Palais Royal à Paris. Rudkin conserve la longue allée centrale et l’idée des parterres géométriques fleuris.

Jardin du musée des impressionnismes Giverny (2018)Musée des impressionnismes Giverny

Chaque parterre est séparé par des haies où alternent hêtres et thuyas d’émeraude. L’espace est ainsi divisé en « pièces » de couleurs chaudes et froides. Au jardin blanc succèdent des pièces bleues, jaunes et rouges. Au fil des années, les responsables du jardin, Didier Brunner et Emmanuel Besnard, y ont apporté de nouveaux éléments : un espace de plantes aromatiques, un parterre de rosiers et, enfin, à l’ouest du jardin, des fleurs et des plantes sauvages. Cette zone plus dégagée, dite « jardin fou », sert habilement de transition avec une prairie de coquelicots ou de meules selon la saison. Celle-ci, visible depuis les salles du musée, rend un hommage appuyé à deux des sujets chers aux impressionnistes.

Jardin et architecture du musée des impressionnismes Giverny (2018)Musée des impressionnismes Giverny

En 2009, le Musée d’Art Américain Giverny fait place au musée des impressionnismes Giverny. La vocation du musée est de faire connaître les origines, le rayonnement géographique et l’influence de l’impressionnisme.

Crédits : histoire

Nous adressons nos plus vifs remerciements à :

Katherine Bourguignon, Flora Boyer, Elizabeth Glassman, Corine Malec Vautier, Catherine Ricciardelli, Philippe Robert, Francesca Rose.

Chicago, Terra Foundation for American Art
https://www.terraamericanart.org/

Reichen et Robert et Associés
https://www.reichen-robert.fr/

Crédits : tous les supports
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