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3ème Congrès International de Femmes pour la Paix et la Liberté

Mundaneum

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Mons, Belgium

3ème Congrès International de Femmes pour la Paix et la Liberté Vienne 10-16 juillet 1921, Musikvereinsge-Bäude 1 Karlsplatz Renseignements et billets pour hommes et femmes au Bureau de la ligue Internationale de Femmes 1., Hofburg, Michaelertor, Vienne Illustration de F. Zerritsch Imp. J. Weiner, Vienne Contexte historique Un pacifisme né de la Grande Guerre Les syndicats européens, anticapitalistes, se positionnent à l’écart de l’Internationale où règnent les partis politiques et fondent en 1901 le Secrétariat syndical international (S.S.I.). En 1913 s’organise à Berlin la Fédération syndicale internationale (F.S.I.), qui déménage au début de la guerre à Amsterdam. La plupart des syndicalistes, comme les socialistes, soutiennent alors l’effort de guerre en dépit des résolutions du congrès extraordinaire pour la paix tenu à Bâle en novembre 1912. Mais après-guerre, les internationalistes renouent avec le pacifisme d’autant plus violemment qu’une génération traumatisée ne veut « plus jamais ça ! ». Théodore Alexandre Steinlen (1859-1923), qui a dessiné sans fard et sans relâche la société en guerre, accepte de créer en 1922 une affiche sur le thème « guerre à la guerre » qui fait alors florès. Les internationalistes ne sont pas les seuls à se battre contre la guerre. Dès le 15 avril 1915, 1136 déléguées provenant de 12 nations se réunissent à La Haye, en dépit des obstacles placés sur leur route par leurs gouvernements respectifs. Leur programme prévoit déjà l’édification d’une Société des nations. Le second congrès se réunit à Zurich en même temps que la Conférence « de la paix » à Versailles. Les déléguées de 19 nations fondent la Ligne internationale des femmes pour la paix et la liberté ; le siège, à Genève, sert de base pour des missions dans toute l’Europe et le lobbying auprès de la S.D.N.. Vienne, capitale d’une Autriche qui a perdu complètement son empire, accueille le IIIe congrès de Ligue en 1921. Fritz Zerritsch (1865-1938), artiste viennois, se charge de réaliser l’affiche qui annonce cet évènement aux femmes européennes. L’annonce du Troisième congrès international des femmes pour la paix et la liberté a été créée en Autriche et traduite en français en usant d’une police qui évoque l’écriture grecque classique. De fait, l’image au centre représente, plutôt qu'une femme réelle, une statue allégorique aux dimensions parfaites, inspirées de l’Antiquité. Nue comme la vérité, cette figure de profil se tourne vers la gauche, espace des évènements passés qu’elle repousse en arrière de son bras tendu. Dans la main gauche, elle tient une colombe tenant dans son bec un rameau d’olivier, symbole de paix. Interprétation L’internationale des pacifistes Les femmes qui ont largement contribué à l’effort de guerre, et pas seulement en tant qu’infirmières, peinent après-guerre à se voir reconnaître un rôle social renouvelé. Pourtant, rares sont les nations européennes – France, Yougoslavie, ... – qui n’ont pas encore accordé le droit de vote aux femmes. Poursuivant une politique hostile à tout mouvement internationaliste, les autorités françaises refusent ainsi « patriotiquement » de laisser entrer sur le territoire national les déléguées allemandes au IIe congrès de la Ligue, d’où sa tenue à Zurich. Le IIIe congrès s’inscrit dans le nouveau mouvement international porté par les Quatorze points du président américain Wilson (désarmement, droit des peuples y compris coloniaux) et vise à refonder les principes de vie en commun. Les déléguées de la Ligue partagent une même foi en l’éducation, la traduction et la recherche d’une langue internationale commune, et ont pour projet la purge des manuels scolaires de tout militarisme. Elles revendiquent le droit à exprimer en tant que femmes leur pacifisme, différent de celui des anciens combattants. Sur le territoire neutre de la Suisse, à Zimmerwald (1915), puis à Kienthal (1916), seule une mince frange de révolutionnaires pacifistes s’est insurgée contre la guerre, avec à leur tête Lénine et Trotski. Cette ligne de fracture se retrouve dans l’Europe en reconstruction. Réformiste, la FSI qui compte 22 millions d’adhérents en 1920 refuse d’adhérer au Profintern, équivalent syndical du Komintern, proposé en 1921 aux syndicats européens par les bolcheviks russes. Cela n’empêche pas la « Fédération d’Amsterdam » à laquelle adhèrent de nombreux anciens combattants de promouvoir un pacifisme sans concessions et de tenter de mettre en œuvre une autre mobilisation culturelle, contre la guerre autant que pour la paix. Steinlen avait fréquenté avant-guerre socialistes et anarchistes et même illustré la couverture d’un ouvrage de Kropotkine. Sa dénonciation de la misère quotidienne du peuple dans Le Petit sou ou des ravages de la guerre trouve sa suite logique dans une affiche qui ne peut que frapper un public familiarisé avec son style et ses prises de position

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