] Je suis un hétéro convaincu. (...) Ma quatrième femme,
qui est très belle et dynamique, me fait pratiquer
tout le sport nécessaire pour que je reste en forme.[
crer à la politique, à la gestion, au développe-
ment culturel, et ceci depuis deux ans. Pour
l'instant, ça marche bien
Depuis que vous êtes entré en politique,
avez-vous l'impression d'avoir sacrifié vos
rêves de jeunesse ?
Non, franchement, ça va ! (Rire.) Je suis un
homme de soixante-deux ans, j'ai une certai-
ne expérience, je connais les réalités de la vie,
j'essaye de maintenir mon degré de satisfac-
tion quelles que soient les dispositions de la
vie. J'essaye de me détacher de la dramatisa-
tion excessive liée aux affaires du monde, j'es-
saye de vivre ma vie de l'intérieur, avec une
certaine joie de vivre, car vivre est déjà satis-
faisant en soi ! Avoir la santé, une bonne
condition physique, c'est très important ! Je
fais très attention à mon alimentation, à faire
du sport à être bien psychologiquement aussi,
grâce à ma famille, ma femme... La musique
est tout aussi importante, même si je pratique
moins aujourd'hui.
OK, en ce qui vous concerne, tout va bien,
mais pour le reste?
Eh ! Je travaille ! J'ai une équipe, des projets,
des idées, l'opinion publique qui me suit! Ce
sont des motifs de satisfaction ! Pour moi, ce
que je fais est sensé, mesure, raisonnable ! Si
je n'y croyais pas, je m'en irais !
Est-ce que le virus politique serait assez fort
pour qu'on vous imagine un jour président du
Brésil ? Après tout, vous êtes tres populaire !
GILBERTO GIL
TRACK LIST
Discographie référence de la carrière
de Gilberto Gil, sélectionnée par le lapin.
1. Eletracústico - Warner Music (2004)
2. Tropicalia 2 - Universal (1993)
3. Realce - WEA (1979)
4. Expresso 2222 - Phonogram (1972)
5. Louvação - Philips (1967)
ARMANDO COXE
1 (Rire.) Je suis déjà ministre, et pour en arri-
ver où vous dites, il faut un sacré jeu de cir-
constances, et surtout une volonté personnel
le. Or, je ne l'ai pas. Si cela se présentait com-
me une opportunité dans la vie de devoir ser-
vir son pays, pourquoi pas, mais par goût
personnel, jamais !
Un des probleme auquel est confronté le Bré-
sil aujourd'hui est celui de la violence. Vous
dites à ce sujet : "Ou le Brésil finira dans la
violence, ou la violence en finira avec le Bré-
sil." Est-il facile de réprimer cette violence
quand on a votre conviction qu'elle est d'abord
d'origine sociale?
C'est un avis partagé par beaucoup ! Nous
savons que la question de la violence, de la
rebellion, de la révolte, qui est complexe, sera
résolue grâce à des réponses plus sociales que
policières ! Ne voir le probleme de la violence
que sous l'angle répressif est une erreur. Il faut
des lois et des gens qui obéissent aux lois. Il
faut imposer une participation sociale via des
règles données, il faut arriver à un système ou
chacun ait sa chance de gravir les échelons de
la société.
[ On reproche aujourd'hui au gouvernement
brésilien de rechigner à l'ouverture des
archives de la dictature militaire ? Pourquoi ?
Non, ça se discute maintenant ouvertement.
Il faut bien sûr prendre la température sociale
concernant une telle question, mais la posi-
tion du gouvernement est désormais claire et
établie. Ca viendra prochainement.
[ Musicalement parlant, vous êtes plutôt un
ministre rock, rasta ou samba?
1 Comme ministre du Brésil, je dois normale-
ment être plus samba ! Je dois représenter
mon pays ! La "brésilianité" !
Avec David Byrne, l'ex-membre du groupe
Talking Heads, vous avez sorti en septembre
dernier un CD "Prière de copier", comme pour
faire un pied de nez aux grosses maisons de
disques qui penalisent la copie ? Seriez-vous
vous un ministre pirate?
1 Cette pratique est légale, puisque nous en
donnons l'autorisation. Je ne suis pas un pira-
te ! C'est la "flexibilisation autorisée légale-
ment" de la propriété intellectuelle. Nous
avons besoin d'adapter le droit de reproduc-
tion, de le rendre plus souple afin de s'adapter
aux nouvelles technologies, au besoin naturel
de partage des connaissances et des cultures.
Le partage, c'est le progrès ! Il faut trouver et
garantir un équilibre entre la dimension indi-
viduelle de la propriété et son utilisation
publique
[ Bahia, ou vous êtes né, est la ville de la fete.
Est-ce pour cette raison que vous êtes devenu
un artiste ?
Certainement ! J'aurais peut-être eu la possi-
bilité de devenir un artiste ailleurs, mais le fait
que je sois de Bahia a joué. La dimension festi-
ve, artistique, tout cela appartient vraiment à
Bahia. Et j'en suis un pur produit.
[ La plus grande richesse du Brésil, finale-
ment, n'est-elle pas ce sens incroyable de
la fete qu'on ne retrouve nulle part ailleurs
et qui dépasse tous les clivages sociaux ou
culturels ?
1 Oui, je pense que certains peuples ont cette
faculté de célébrer la dimension de vivre com-
me une chose essentielle, quelles que soient
les conditions de vie par ailleurs. Le simple
fait de vivre, de respirer, d'aimer, d'être en
contact avec la nature, nous donne cette capa-
cité. Cela appartient à l'humanité en général,
mais certains peuples plus que d'autres sont
concernés par cette qualité-là. Le peuple bré-
silien appartient à cette catégorie.
En tant qu'artiste, quel est votre souvenir le
plus marquant de votre longue carrière ?
Il y en a beaucoup, bien sûr. Celui qui me
tient particulièrement à ceur concerne un
concert à Bahia, dans ma ville natale, juste
avant de partir en exil. Comme quoi, la vie
est faite de paradoxes. C'est un de mes
meilleurs souvenirs, un moment d'émotion
intense. C'était en 1969.
Vous qui etes un fan de Bob Marley et qui
avez repris nombre de ses chansons, l'avez-
vous jamais rencontré ?
1 Non, malheureusement ! L'occasion s'est
présentée une fois, en 1978, lorsque je suis
allé le voir en concert à Los Angeles, au Greek
Theater... Après le spectacle, j'ai filé en cou-
lisses, mais il était déjà parti !
Quand on est artiste, et qu'on s'appelle Gil-
berto Gil, le succès est assuré, non ? Quel est
votre type de femme ?
J'aime les femmes ! Je suis. (Rires.) un
hétéro convaincu ! Je suis sexuellement, abso-
lument, du côté du féminin ! La femme idéale,
c'est celle que j'ai à mes côtés. Nous sommes
mariés depuis maintenant 22 ans. C'est mon
quatrième mariage et c'est celui qui dure ! J'ai
3 enfants, ma femme est très dynamique, très
belle, et elle me donne le sport nécessaire
pour que je reste en forme !
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