Jean Carriès, modeste orphelin lyonnais, connaît le succès dès ses premiers envois de sculptures aux Salons. Il découvre la céramique japonaise à l’Exposition universelle de 1878 et décide, dix ans plus tard, son aisance matérielle assurée, de se consacrer complètement au grès émaillé. Il s’initie chez le céramiste Ernest Chaplet, en compagnie de Paul Gauguin, puis il quitte Paris et s’installe dans la Nièvre, à Saint-Amand-en-Puisaye, village connu pour son argile siliceuse. Ses premiers grès émaillés sont des tirages de ses œuvres. Il produit aussi des masques et des animaux étranges, montrant l’influence de l’art gothique et de l’art japonais. Ces pots et vases, pièces uniques, sont décorés de superpositions de glaçures et de coulures, parfois soulignées d’un liseré doré. Ils ont été donnés au musée par le céramiste Émile Grittel en 1934.