Coiffure typique du soldat français depuis 1852, le képi, adopté et décrit le 30 octobre 1884, équipe en août 1914 l'infanterie métropolitaine, à l'exception des chasseurs alpins. Le 19 septembre 1914, un nouveau képi de fabrication simplifié, bandeau et turban confectionnés en seule pièce, et de la nouvelle nuance gris bleuté, est adopté. Mais certains fabricants vont continuer à produire des képis selon l'ancienne coupe du modèle 1884 avec des chutes de drap d'uniforme gris de fer bleuté à l'image de ce képi du 319e régiment d'infanterie.
Placée à l'intérieur de ce képi, particulièrement endommagé par un éclat d'obus, la calotte métallique, ou cervelière, a sauvé la vie du caporal Marcel Delesques de la 18e compagnie du 319e régiment d'infanterie, blessé le 31 mai 1915 en s'élançant à l'assaut du « Labyrinthe », une position allemande au sud de Neuville-Saint-Vaast formée d'un dédale de boyaux et de tranchées entourant des ouvrages fortement défendus.
En décembre 1914, le sous-intendant Adrian a présenté au général Joffre une calotte métallique à insérer sous le képi destinée à préserver le crâne contre les éclats de projectiles car, après la stabilisation du front en 1914 et le début de la guerre de tranchée, les projectiles utilisés pour ce type de guerre explosaient en lançant autour d'eux de nombreux éclats. Le nombre des blessures à la tête n'a pas tardé à devenir considérable (dans certains secteurs, 77 % des blessés portent des lésions du crâne ou de la face). En février 1915, le commandement a passé une commande de 700 000 calottes. En juillet 1915, les blessures du crâne ne représentaient plus qu'environ 40 % des blessures ayant motivé l'évacuation.
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