Née à Calais, elle part étudier à Paris à l’École des Beaux-Arts et à l’École des Arts Décoratifs. Après la Première Guerre mondiale, elle remporte plusieurs bourses de voyage qui vont lui permettre de trouver sa voie. Elle visite notamment l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce et surtout la Tunisie. Célibataire et sans enfant, elle voyage seule, fait rare pour une femme à cette époque. Ces voyages autour de la Méditerranée l’inspirent pour le reste de sa carrière et elle ne cesse de représenter ses séjours passés dans ses œuvres.
Professeur de dessin pour la ville de Paris de 1915 à 1948, elle peint de nombreux décors historiques réalisés pour sa ville natale et d’autres villes du Pas-de-Calais.
Elle reçoit plusieurs prix : grand prix à l’École des Arts Décoratifs, le prix Chenavard, le prix James Bertrand et une médaille d’argent en 1920 au Salon des artistes français.
Sa palette se caractérise par des couleurs chaudes et colorées, autant pour les œuvres historiques que pour les œuvres orientalistes.
Elle participe à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, mise en relation avec des groupes de résistants par une consœur artiste peintre. Jeanne Thil fait circuler tracts et journaux clandestins et participe à un réseau de production de faux papiers.
Son petit-neveu a réuni 170 de ses œuvres et a prévu de léguer cet ensemble à la ville de Calais à sa mort. Pour lui rendre hommage, la rue où elle a habité est rebaptisée Jeanne Thil.
Récemment, on a pu voir ses œuvres dans deux expositions, en 2020 au musée des Beaux-Arts de Calais : Peintures des lointains paysage de Jeanne Thil et en 2023 au Palais Lumière d’Évian puis au musée de Pont-Aven : Artistes voyageuses, l’appel des lointains – 1880-1944.
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