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Va ton chemin, Oggetto 115

Lonzi Marta1995

La Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea

La Galleria Nazionale d’Arte Moderna e Contemporanea
Roma, Italy

Bozze e stesure delle traduzioni in lingua francese realizzate da Michèle Causse di Vai pure. Presente corrispondenza professionale con Jaqueline Vodoz.

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  • Title: Va ton chemin, Oggetto 115
  • Creator: Lonzi Marta
  • Date Created: 1995
  • Transcript:
    - ou bien que tu es sans ton oeuvre, ou que la personne est occupée à faire autre chose - voilà que vous êtes deux étrangers. P. - C'est sûr. C. - Donc il y a vide du rapport humain. Il y a un vide total. P. - Mais l'artiste est toujours plus fragile que le spectateur. L'artiste est sans défense, c'est lui qui subit le traumatisme de rencontrer le collectioneur au marché, tandis que pour le collectionneur, rencontrer l'artsitse au marché ne crée pas ce trouble. C. - Ca pose pareillement un problème au collectionneur. Parce qu'en réalité, à lui, il ne reste pas grand chose...Il sent qu'en s'éloignant, il perd en conviction, il l'oublierait cet art, il n'y croierait presque plus, il ne lui appartient pas....Et il est infériorisé par l'artiste parce qu'il sait que celui-ci, vingt quatre heures sur vingt quatre, est artiste. P. - Pas pour ça. Mais parce qu'il sait...Tu te rappelles ce que didsait Marta?...Que tout humilie l'artiste. L'artiste s'humilie tout de suite, à la première négligence, à la première distraction. C. - Cela, le spectateur ne le sait pas et ne peut le comprendre, parce que s'il comprenait cela, il comprendrait que lui est toujours humilié. On est étrabger au geste qu'on mythifie, on le mythifie justement parce qu'il est étranger, donc on ne peut percevoir aucune humanité dans ce geste parce qu'il nous semble que la personne en cause devrait toujours se sentir tellement heureuse de s'être réalisée dans une condition pour nous irréalisable. P. - Non, Ninetta, non. C. - De toute façon, ceci n'est pas intéressant parce que ça nous mène un peu hors du sujet, non? P. - Quand nous étions à Reggio Calabria et que j'ai parlé dans cette école d'art, j'ai dit justement que d'abord on nous sensibilisait en nous instruisant, en portant notre sensibilité à des exigences, et puis qu'après, au contraire, on nous construisait des villes laides. Donc les personnes les plus touchées, c'est nous, qui sommes sensibilisés tandis que les autres s'en foutent qu'on leur fasse une ville laide, ça ne les intéresse même pas. Au contraire, l'artiste est celui qui s'investit de ce besoin latent, qui est en tous les hommes, d'être sensible à des choses qui font du bien à l'esprit. C'est cela qui lime, affine le goût. L'artiste a cette fonction éducative aussi, c'est une personne qui vit toute sa vie en s'affinant, en maintenant toujours vives des exigences. Et en ceci, il est une structure de la société. C. - Mais cela, je ne le discute pas. Ce que je discute, c'est le processus tel que tu l'interprètes: cette manière de créer le climat, de soutenir l'artiste. Si tu l'appelles moment de grâce, pour moi, il ne l'est pas. Ensuite reste le problème: alors, l'artiste, que doit-il faire? Ce sera à lui d'y penser, ce n'est pas à moi de le faire. Et ce n'est pas que je veuille nier l'art, ce n'est pas cela, P. - Mais qu'est-ce que tu nies, alors?
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