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Demi-armure, travail français, vers 1560-1570 Vue de dos

Musée de l'Armée - Hôtel des Invalides

Musée de l'Armée - Hôtel des Invalides
Paris, France

Cette pièce est, à deux titres, un véritable vestige. La tradition accompagnant sa remise en cadeau à Napoléon III par l'Impératrice indiquait qu'au château d'Hooc, d'où elle est sensée provenir, elle tenait lieu de jardinière, ce qui explique son très médiocre état de conservation. Par ailleurs, elle constitue sans doute un des derniers témoignages de la vogue pour ces décors « aux rinceaux », restés vivaces dans l'art de l'armurerie de goût français pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle. Le poids très réduit de cette demi-armure dénonce son statut de simulacre, soigneusement mais légèrement façonné dans une tôle fine pour une « course à la bague » ou un carrousel. Cette oeuvre, composée d'un armet, d'un corselet avec plastron et dossière et de la partie supérieure des défenses des bras, nous est parvenue privée d'au moins deux, voire de trois des lames supérieures de chaque épaulière, dont les prolongements postérieurs ont été de surcroît maladroitement découpés. D'anciennes lacunes dues à la corrosion ont été comblées avec des bandes de fer lisse. Ces altérations contrastent avec le décor de qualité couvrant la totalité de ce harnois : sur un fond semé de petits cercles estampés, se déploient des rinceaux repoussés et ciselés enroulés en volutes. Des figures tirées de la mythologie, de l'histoire romaine ou des Métamorphoses d'Ovide et traitées à une assez grande échelle se détachent sur cette ornementation végétale. Sur le plastron, Mucius Scaevola faisant face à Porsenna, plonge sa main (gauche !) et son épée dans un foyer ardent. Sur la dossière, Marcus Curtius se précipite à cheval dans le gouffre, représentation d'ailleurs inspirée de l'estampe gravée en 1586 sur le même thème par Hendrik Goltzius. Jupiter et Mars, le défi de Pan à Apollon devant le roi Midas, le Jugement de Pâris, Léda et le cygne et Vénus et l'Amour figurent sur l'armet, tandis que des épisodes tirés d'Ovide sont représentés sur les épaulières : l'Envie rendant Aglaure jalouse de sa soeur Hersé et Mercure apportant à Junon la tête d'Argus. La composition de ces ornements repoussés en assez fort relief et notamment la présence d'un foyer ardent occupant le centre du plastron, comme la frise de feuilles d'acanthes bordant les pièces principales de cette armure, la rapprochent beaucoup de celle attribuée à Henri III conservée à la Rüstkammer de Vienne (inv. A 1697). Comme cette dernière, le harnois du musée de l'Armée était entièrement doré, enrichissement qui n'a subsisté qu'à l'état fragmentaire dans les creux de la dossière. Le busc du plastron et la verticalité de son arête centrale plaident en revanche en faveur d'une datation approchant le début du XVIIe siècle. Si son répertoire au bestiaire particulièrement riche et les grotesques hantant les rinceaux relèvent de cette ornementation de goût français, le système d'armature orthogonale, à jonctions élargies et repercées, scandant le décor du plastron, évoque quant à lui les compositions flamandes et nous entraînerait à proposer pour ce harnois tardif une origine septentrionale.

Details

  • Title: Demi-armure, travail français, vers 1560-1570 Vue de dos
  • Date Created: between 1560 and 1570
  • Location Created: France
  • Physical Dimensions: With support: 0,85 (w) x 1,74 (h) x 0,45 (l) m
  • Provenance: acquisition date: May 26, 1880 (allocation); previous collection: Napoleon III
  • Subject Keywords: Protection, Ornament, Napoleon III
  • Type: Armet
  • Rights: Photo (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Fanny Reynaud
  • Medium: Fer, Ciselé, Repoussé, Doré
  • Inventory: 3419 I

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