Conception : Château de Talcy
Château de Talcy
Les propriétaires et l’évolution de l’architecture
Bernard Salviati, une architecture héritée du Moyen-âge
En 1517, Bernard Salviati, riche banquier florentin au service du roi François Ier achète la seigneurie de Talcy et lui donne sa configuration actuelle. En 1520, il reçoit l’autorisation de construire une maison forte garnie d’éléments défensifs. L’aspect extérieur du château en fait une demeure austère, des éléments de l’architecture médiévale défensive subsistent, tant dans l’organisation que dans leur fonction. Alors qu’elle fleurit à Blois et à Chambord, la Renaissance reste rustique dans ce havre de paix. L’archaïsme de Talcy, avec son domaine et sa constellation de fermes pourrait même participer d’une conception de la demeure de campagne sans opulence ni maniérisme qu’elle conservera au fil des siècles et des propriétaires.
Les réaménagements d’Isabelle Salviati
Des travaux de réfection et d'agrandissement
Château de Talcy, 1er étage, chambre de Catherine de Médicis, panneau sculpté au chiffre d'Isabelle Salviati, "YS" (2006-02-13), Bordes DavidChâteau de Talcy
En 1623, Isabelle Salviati achète à sa mère le domaine qui compte alors près de 600 hectares et lui assure des revenus confortables. A partir de 1638, des travaux de réfection sur le pignon de l’église sont l’occasion d’agrandir le château en ajoutant à l’est une aile moderne. Elle y réside, s’y ménageant une chambre et un cabinet. Son chiffre « YS » est sculpté sur les portes intérieures de la tour-porche.
André Burgeat, une demeure « à la moderne », un mobilier d’exception
Les vastes travaux des Burgeat pour moderniser le château
A partir de 1730, à la suite de son père, André Burgeat entreprend de vastes travaux pour aménager le château « à la moderne » tout en respectant le style ancien de la demeure, redonnant une nouvelle jeunesse au domaine.
Château de Talcy, Élisabeth Gastebois, mère d'Élisabeth Pauline Vincens (1742), BérinChâteau de Talcy
La filiation Gastebois-Vincens
On recherche un plus grand confort, avec de grandes ouvertures percées au premier étage, des circulations modifiées pour aménager des pièces plus petites aux fonctions différenciées. Le mobilier et le décor des sols et des murs sont renouvelés et mis au goût du jour, les dépendances réaménagées. Le domaine reste dans la même famille pendant deux siècles
La veuve Elisabeth Gastebois acquiert le domaine de Talcy auprès d’André Burgeat en 1780. Dès lors, le domaine restera dans la même famille, des Gastebois aux Vincens et enfin aux Stapfer, au gré des mariages et héritages jusqu’à la vente à l’Etat par Valentine Stapfer, dernière propriétaire.
Château de Talcy, 1er étage, chambre de Catherine de Médicis, panneau sculpté au chiffre d'Isabelle Salviati, "YS" (2006-02-13), Bordes DavidChâteau de Talcy
Les dates clés
1517 : Achat du château par Bernard Salviati
1552 : Les Amours de Pierre de Ronsard
28 et 29 juin 1562 : Conférence de Talcy, au cœur des guerres de Religion, Catherine de Médicis réunit les partis catholiques et protestants pour une unique tentative de réconciliation qui se révèla un échec.
1572 : Blessé lors d’une rixe sanglante, Agrippa d’Aubigné est soigné sur la table de la cuisine.
1616 : Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné
1638 : Travaux d’agrandissement par Isabelle Salviati
Château de Talcy, salle des gardes dite grande salle, enseigne (2006-10-17), Bordes DavidChâteau de Talcy
1730-1735 : Importants travaux intérieurs et aménagement du jardin par la famille Burgeat.
1780 : Vente du domaine d’André Burgeat à la veuve Elisabeth Gastebois.
1870 : Le Général Chanzy est invité à Talcy par Albert Stapfer par conviction républicaine en vue d’organiser la résistance des armées de la Loire face aux Prussiens.
1844 : Reprise du château par Albert Stapfer
1933 : Achat par l’État.
Talcy et les poètes : Ronsard et Cassandre L’histoire du château de Talcy est marquée par deux aventures amoureuses ayant inspiré de célèbres poètes du XVIe siècle. Cassandre Salviati, fille du banquier Bernard Salviati, a touché le cœur de Pierre de Ronsard : elle le rencontre lors d’un bal donné à la cour de Blois en 1544 et devient la muse de nombreux de ses poèmes, en particulier le recueil « Les Amours » (1522). Durant les guerres de religion, le domaine appartient aux héritiers Salviati, dont la fille Diane est aimée et chantée par Théodore Agrippa d’Aubigné qui séjourne au château entre 1572 et 1573.
Le salon et le cercle d’amis des Stapfer Derniers propriétaires, protestants d’origine suisse, les Stapfer, de Philippe Albert à Valentine, occupent le château de 1835 à 1933, y demeurant à l’année. D’une famille comptant plusieurs professeurs de théologie, Philippe Albert Stapfer adopte les idées de la Révolution et est nommé ministre plénipotentiaire de Suisse en France pour négocier face à Napoléon Ier en 1800. Ami de François Guizot qui sera le précepteur de ses enfants, il est lié à un vaste cercle d’intellectuels et de scientifiques, de Benjamin Constant, Madame de Staël, à Alexander von Humboldt ou André Marie Ampère.
Digne fils de son père, Albert Stapfer compte, parmi ses amis qu’il réunit à Talcy, Stendhal, Delacroix, François Arago, Etienne Delécluze, Adolphe Thiers ou Prosper Mérimée.
Village et château de Talcy (1850), Cadet PatrickChâteau de Talcy
Albert Stapfer : la daguerréotypie
Journaliste au Globe et proche des idées de l’opposition, Albert Stapfer monte sur les barricades en 1830 à Paris. En 1827, Goethe le félicite pour sa traduction de Faust, dans une édition illustrée par Eugène Delacroix. Il développe très tôt un intérêt pour la daguerréotypie (ancêtre de la photographie sur plaque métallique non reproductible) et réalise un certain nombre de vues intérieures et extérieures du château et une vue unique par sa rareté du château de Chambord. Son appareil datant de 1839 (prêt collection Debaste-Brisacier) est exposé dans le petit salon.
Cette exposition virtuelle a été réalisée par les équipes du Centre des monuments nationaux, avec la contribution des équipes du Château de Talcy, l’appui des équipes du pôle images et la coordination du pôle numérique.
Les images sont extraites de Regards - Banque d’images des monuments © Centre des monuments nationaux
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